Ma langue fatigue
Pendant que le charme fait son travail.
On m’assure que le monde décent
N’aime ni les poésies mort-nées
Ni les corps noyés.
On parle
De quotas,
De mères louées,
De brevets sur le vivant,
De forêts en cendres,
D’abeilles disparues.
Et mon cul balance commerciale.
Je voudrais pourtant
Du beurre dans l’herbe rose,
Du lard sur le pain béni.
Alléluia.
De l’exploitation à l’aliénation
Je compte les barreaux.
Un démocrate garde ses frontières
Et ouvre sa porte.
Il demande d’où l’on vient,
Sert le vin.
Au-dessus de la table
Les drones veillent.
Les marchés décident.
Ne soyez pas dupes.
Entre la guerre et l’amour
Je cache ma douleur
Dans une forêt qui rêve encore.
La vie a le goût du chocolat
Et du poison.
Ce soir
Je me laisse porter.
Je l’aime.
Et c’est l’amour
Qui traverse les ombres.

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