« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »
Bienvenue sur mon blog... Mon nom de domaine a été piraté ou autre effet papillon ! Mais le contenu est préservé... Je tiens à remercier et salue encore toutes les personnes qui naviguent sur mes pages par bonheur et sans se noyer !
Vous trouverez sur ce site tous mes mots « poétiques » :
- Des proses et ou poésies d'amours, loufoques, tristes, engagés, satiriques , d'amitiés et autres...
- Des chansons à l'état brut.
- Des citations personnelles.
- Des lettres ouvertes.
- Des bas et des hauts.
Tous les écrits et dessins sont de ma plume à l'exception de certains dessins notifiés en bas du texte. Cependant je peux oublier certains détails car je ne suis qu'un « entremetteur » de mots et d'images... Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont je n'ai pas d'informations sur les auteurs, je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer, si vous les connaissez (Nota : en bas du blog ou du texte, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre).

Tous mes poèmes

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vendredi

L’envol d'un songe d'enfant

À l'aube d'une présence
Un sourire
Déborde de chaleur
Jours et nuits
Résonne des prénoms
Ai-je besoin d'une seule chose
Celle de vous aimer

Et au-dessus de la plaine
À la vigne dorée
Par-delà les montagnes
À la neige éternelle
À fleur des cimes
De la forêt de sapins
Dans une cabane perchée
En bois flottés
Sur le rebord de la fenêtre
Il y a des miettes
Pour les oiseaux
Comme il y a des graines
Pour les voyageurs
Et tout finit par germer
Au bon endroit
Au bon moment
Peu importe le sens du vent
Et de ses sentiments
L'amour tombe-là
Où il a décidé de tomber
Un point c'est tout

On accompagne M. à l’aéroport
Un petit garçon de cinq ans
Il est inquiet
Car personne ne partira avec lui
Et on lui murmure à l’oreille
N’aie pas peur M.
L'amour t’attend à l’arrivée
Sa voix d’enfant ses pleurs
C’est bien lui
Et je me réveille ébranlé
Car M. c’est moi
Je n’ai plus cinq ans mais quarante-cinq
Et à la larme facile
Celui que j’étais dans mon enfance
Un enfant peureux et inquiet
Serait-il devenu courageux
Prenant les siens
Sous ses ailes généreuses

Mon inconscient les avait réunis
Le temps d'un voyage initiatique
Le temps d’un vol d’amour

La course contre les étoiles

Fontaine scellée par le gel
Chemins effacés par les flocons
L’alpe de mes rêves est dorénavant
Un royaume de soleil et de silence
Ouvert aux seules courses du vent
Et du lièvre blanc
Vous souhaite une merveilleuse année 2012
La course contre les étoiles
Est annoncée
Celle où le cœur insufflera
Juste l'amour

A l'arête de mon être


Un fil de neige étiré contre le ciel
A une altitude moyenne
Entre l’aiguille de minuit et de midi
Gouffres d’ombre et de lumière solides
Les pentes plongent
De part et d’autre de l’arête
De mon cœur pèlerin
Au Nord comme au Sud
Glisse vers la combe de la belle
Au pied de mon joli jardin d’hiver
Planté dans le flanc
Au-dessus de la vallée
Tout au bout de l’avenue de brumes bouillonnantes
Reine et maîtresse de mes nuits
Pôle inévitable de mes panoramas
Ouvert désormais aux foules innombrables
De mes envies dominantes hivernales
Dôme de lumière éclatante
Arrondi contre la voûte du ciel
Môle de glace lubrique vient battre tempête
A ma source inspiratrice
Fleuve figé et pourtant vivant
Alcôve bleue à l'éternelle beauté
Où flotte encore la vapeur de l'encens
De nos dernières tentations
Aiguille déchiquetée paroi verticale
Satellite méridional
Découvrirais-je un jour sans nuit
La fameuse coupole sommitale

mercredi

A l'adret d'un songe

Elevant le regard de la feuille
Dont ses cils bruns mêlent les lettres
La voyageuse hivernale la découvre
Imprimé sur la montagne 
Neige écrite
Dans un langage universel
Merveilleusement lisible

Et
A l'adret d'un songe
A l'abri du temps
Fondent au bout de sa langue
Des mots d’amour

Le rêve libérateur d’M.

Elle errait sans destination
Sur un long plaisir inachevé
Parcourant des milliers de comètes
Seins et pieds nus
Noirs désirs
Le rêve
Se métamorphose en ascenseur
Dans un allées et venues confus
La chose lui prend la main
Elle reconquiert l’air d’un amour pur
Et respire son odeur

La musique grave qui lui faisait peur
Et la terrifiait s’échappe
Elle s'éveille plein de voix
Dans le silence de la nuit
Elle est retournée en rêve
Dans les profondeurs de ses cinq ans
Tout était blanc
Un fantôme dans une pièce
Recouvrait une page illisible
Elle vient de deviner
Qui est l’auteur de son errance

Enfants


Enfants contemplez le ciel
Les nuages la neige les colombes
Traversant l'arc-en-ciel
Et laissez respirer votre cœur sur cette tombe

Enfants baissez les mains
Cueillir les fleurs Noël sous le sapin
Enveloppés dans vos pulls en laine
Et mangez vos madeleines

Enfants gardez vos souvenirs
Dans l'armoire bleue
Au fond de vos yeux
Vous en serez heureux pour ne pas souffrir

Enfants je vous aime
Dans le fourmillement de mes poèmes
Un seul sentier mène haut dans votre regard
Les autres mènent partout et nulle part
Il faudra bien les prendre parce que nous sommes des êtres errants
Mais obstinément
Dans notre cœur l'âme revient au galop
Emplit de voix lointaines chantant mes mots
Et pur de sa vocation inspirée
Enfants soyez aimé

Rouge-gorge

Hier, sans le vouloir, un vent amoureux a soufflé si fort qu'il a déposé un voile de neige sur la montagne de mon cœur. En même temps, je crois avoir attrapé au vol un virus, un rouge dans ma gorge, un chuchotement blanc presque sourd... Mais ce matin, un sentiment d'une clarté que seul le soleil mon amour peut offrir, a baigné de ses éclats mon âme, et mon rouge-gorge s'est envolé à nouveau libérant mes voix lactées; je ne suis plus enrhumé et l'angine s'est évaporée.

La niche des roses et ses poils de pinceaux

Et sa zibeline à la cime
Glissant d’une couleur à l’autre
De la neige à la chrysalide
Mélange l’air du temps
L’hypnose fauve d’un papillon de nuit
Et sa soie à la fleur éteinte
Couchant son huile solitaire
Comme un doux édredon
Réveille l’essence
Un lambeau alangui de chair
Et son petit-gris brun de Kazan
Contournant l’oiseau bleu de Prusse
De la mer Caspienne à la Baltique
Apprivoise le steak d’un tartare
Sur la plaine d’un vernissage
Et son poil de blaireau au ciel
Traversant son cœur et celui du monde
Caresse le vitrail de sa foi
Murmure l’âme du poète
Où la dryade se vêt d’un glacis
Et son chiendent féroce balai-brosse
Mouchetant la vaste toile
En perdition sur le fleuve noire
Redresse le voile d’un bateau
L’étincelle d’une flamme oubliée
Et parmi tous ses poils
Je récure et peins les araignées
D’un même mouvement
Sur toutes mes toiles
Pendues au-dessus de ma bouche
Une écarlate confession
D’un arbre gerbant le kitch
Trône en haut de la rue
Infiniment solitaire
En son lieu d’asile
Et une ondine blanche de peau piétine
Hors de l’espace enclos sous la neige
Hâte-toi vers la niche des roses
A l’ombre de mon ombre empale-toi
Sur mon œuvre en métamorphose
Reste avec moi
La porte du garage va se refermer
Retire-toi avant l'aube

lundi

Le club Khanin Levi-Strauss

501 basket costard
Guépard Cougar
Anthropolgues Ethnologues Carembar
Cherchent (Wanted) beau nectar
Entre deux cigares

Des jeunes filles de lettres
Ou analphabètes
Des petites vedettes
Si possible muettes
Inadmissible toutes suffragettes

Toilettage à huit-clos comme précaution
Direction le chenille en cas de perquisition
Aller retour en cage par avion
Sans avis de réception
Ni pourboire de compensation

Les petites vedettes
Ainsi font font font
Les petites vedettes
Ainsi font font font
Trois p'tits passes et puis s'en vont

Le train arrière bombé
Sautez sautez
Les petites vedettes
Recommencez
Vous aurez des croquettes

La taille courbée
Tournez tournez
Les petites vedettes
Recommencez
Vous aurez des croquettes

La queue alléchée
Sucez sucez Les petites vedettes
Recommencez
Vous aurez des croquettes
Les petites vedettes

Ainsi font font font
Les petites vedettes
Ainsi font font font
Trois p'tits passes et puis s'en vont

Il ne repassera plus

Dehors, tombe la neige, Eole frappe sur mes volets et j'entends sa voix. Il est un vêtement pour moi comme je suis un vêtement pour lui. Pourtant, il y a des jours, je me sens totalement nue; assourdie de ne plus entendre le son de ses mots doux. J'ai peur ! Et bousculée dans ma vie, meurtrie dans mon cœur, j’ai froid et je compte les heures et toutes ses minutes qui s’ajoutent à ma tristesse. Me serais-je trompée, j'ai osé; osé franchir l'interdit, aller à l'encontre de mes valeurs. Je n'avais rien prémédité, un pur hasard. Des années de fidélité absolue ! J'ai cru à nouveau en l'amour vrai, sincère, profond et partagé, mais j'ai oublié que le rêve et la réalité ne pouvaient cohabiter.
Je me suis laissé emporter comme un oued qui retrouve le son de l’eau roulant dans son lit. J'ai fait confiance, je me suis livré et je me réveille d'un songe merveilleux, magique où le temps s’arrêtait dès que j’étais avec lui. Nous nous sommes croisés à un moment où nos destins se ressemblaient. Il y a des choses que l’on ne comprend pas et pourquoi elles viennent nous frapper droit dans le cœur. Nous avons partagé nos peines, nos peurs, et nous sommes tombés amoureux. Une année de magie, de réel bonheur, jamais je n'oublierai ces moments partagés ! Je fonds comme un sucre gorge sur sa langue et ses mots lorsqu’il me murmure dans le cou :
« Quand la nuit s’approche chacun de tes mots me dévorent; je viens à toi pour déserter mon corps. Tu es mon devenu mon asile et alors je deviendrais sage et viril. Quand l’aube survient tes envies exhalent le silence; je ne ressens que ta présence. Tu es mon désir ma douceur et alors je me réveillerais serein et de bonne humeur. Quand le soleil de midi éclaire ton âme en écritoire; je reste immergé dans ton ombre pour la boire. Tu es mon esprit ma source et alors je me nourrirais de ta lumière et de ton essence. Quand le crépuscule trace notre amour entre ciel et terre; je ne suis plus moi en clair. Tu es mon ange mon alliance et alors je volerais vers toi pour t’emporter en haute fréquence !

Mais, je le sens s'éloigner, et j'ai peur de le perdre ! Nous nous étions promis sincérité; et ce soir, je doute... J'interprète... Je me trompe peut-être. Je ne crois pas. Pourquoi ne pas dire clairement les choses ? L'amour ne peut- il donc jamais être sincère, partagé ? J'ai vraiment mal... Et, je suis là debout en chemise blanche et pieds nus sur le seuil de la porte, sur la dalle en ardoise, les orteils tordus sous le froid de l'hiver.

Etait-elle encore consciente ou abattue.

Le prénom de celui que j'aime, je le cache dans mon cœur, nul ne le sait que moi-même, c'est mon secret, mon bonheur et je le pleure. Il y a des jours, je me sens totalement perdue ! Je ne voulais pas rêver à tous ses pires jours qui devaient justes restés enterrés sous la neige sans jamais plus ressurgir. Au bout du compte, j’ai eu ce dont je courrais toujours après, ce dont je courrais toujours après…Je crois dans mon délire, entendre sa voix qui soupire plus suave que jamais, sifflant l'hymne à l'amour à travers mes cheveux, murmurant des je t'aime sur ma peau, serpentant ses notes sur les lambeaux de mes derniers vœux.

Aimerait-elle croquer la vie à pleines dents sans finir folle ? On en rajoute souvent à force de nous assister et de jouer avec nos émotions, on a perdu l’essentiel, celui de vivre sans cloche artificielle…

Et j'accumule les désillusions. Alors je m'écroule, j'avoue. Je croyais en sa sincérité, en son amour et ce soir, je doute de tout de lui de moi du monde !
Alors oui, je vais suivre ton conseil et le questionner. Trouvera-t-il du temps pour me répondre ? Il me manque terriblement et je voudrais croire qu'il tient encore à moi, je dois les avoir, je dois effectivement lui poser clairement la question ? Mais j'ai peur, peur de sa réponse, peur du vide et de l'absence ! Je me sens nulle en racontant mes problèmes de cœur; j'ai l'impression d'en être arrivée au point de devoir quémander pour être aimée. C'est ridicule : totalement absurde ! Ce n'est pas moi, je ne suis pas ainsi. Je veux redevenir moi-même, réaliser mes rêves, croire encore en l'amour fou, l'amour vrai, sincère, profond, durable. Je tiens énormément à lui mais je dois savoir, savoir ce qu'il attend, ce qu'il espère, ce que je représente à ses yeux. S'il m'aime véritablement ou si l'amour s'est envolé, parti en fumée.

C'était pour eux une bulle au-dessus de la mêlée ! Une histoire de plus où ils ont beaucoup aimé chacun de leurs moments partagés et ils aimeraient en vivre d'autres ainsi, ici ou jusqu'au paradis. Il est vrai que c'était fantastique, énigmatique, irréel léger et tendre à la fois. On ne sera jamais vraiment pourquoi si ce n’est qu’il faut être disponible dans sa tête et son corps pour pouvoir apprécier ces moments forts. Ils ne se sentent pas ouvert en ce moment. Ils n'oublient rien à cet instant et gardent au fond d'eux, chaque geste, chaque regard et chaque caresse. Ils repartent chacun en allégresse comme de vieux amants, tranquille sur un pas nonchalant...

Je dois rester forte, mais rien qu'en écrivant ces mots, je pleure... Fragilité féminine, je me croyais plus solide... Et Noël arrive à grand pas, l'occasion de lui offrir un cadeau pour ranimer la flamme... Le plein de vide s'enchaîne à mon cou sur mon cœur; mes yeux se cernent en naufrage sur mon visage; tout le rouge ardent de mon amour s'engouffre dans ma bouche au fond de ma gorge amère; après quelques somnifères, je m'endors; je vois dans l'eau de mon sommeil, une esquisse de caresse qui s'évanouit et se renverse sur moi, sur les empreintes de ses pas afin que je m'en souvienne à jamais. D'un geste lent et d'effacement, je dissimule l'oubli par pincée. Et seule, au creux de mon amour passé, au bord de mon oreiller, je n'entends plus le vent d'hiver mais je sens qu'il neige encore sur mes vers. Il était un vêtement pour moi et j’étais un vêtement pour lui.

dimanche

A des songes de neige

Serait-ce l’œuvre d’un geste
Entre la toile et le pinceau
Ou le point de contact
Une explosion de flocons
Cette chute de soie
Recouvre mon front
L’hiver s’impose
Il est un vêtement pour moi
Comme je suis un vêtement pour toi
C’est le maquillage flou
Mon visage s’absente
Dans l’infusion des choses
Pour tout doucement dégager
Un parfum d'herbe mouillée
Le goût d’hier dans ma bouche
D’un amour peu farouche
La dernière feuille brune
De ce tableau nu et furtif
Tire sa révérence à la lumière
Et mon regard capture l’ange
Mes mains ses ailes
Et l’ensevelissent dans mon cœur
C’est la fin d’un ciel noir
Et dans l'or du brouillard
Je m’assoupis dans ses pensées
Promesse d’une musique éloquente
D’une langueur riche d’air pur
D’une rencontre secrète
Entre une statue intérieure
Et mon exhumation intime
Enduit d’huile neigeuse
Ses amples tissus
L’hiver s’impose
Il est un vêtement pour moi
Comme je suis un vêtement pour toi

mercredi

L'échographie d'un cheveu blanc

Au cœur d'un son canonial
Viendra l'heure de l'évanescence
L'instant d'une renaissance
Ephémère d'un papillon astral
Tatoué sur le creuset rénal
D'une peau blanche cérébrale

Et mes cheveux poivres et sels
Migreront avec cette hirondelle
Au sommet d’un pain de glace
Glisser dans ses traces
Au confins de la mer Egée
S’allonger sur un sable étoilé
En lisière d'une forêt équatoriale
Danser avec sa sève impériale
Au bord d’une rivière
S’enrouler sur des galets verts

Et mes cheveux poivres et sels
Migreront avec cette hirondelle
Au milieu d’un champ mirliflore
Cueillir un bouquet multicolore
Au près d'une vague de fond
M'étaler l'écume sur mon front
A l'encolure d'une terre de sienne
Me réchauffer l'âme sœur en peine
A l'épicentre d’un ouragan imprévu
M’envoler à nouveau vers l’inconnu

Et c’est l’heure du réveil
Des cheveux blancs
Enfouis sous une neige de printemps
Est-il mort le soleil
Me questionne l'échographie
Voudrait-elle oublier ses soucis
M'emmener chez elle
Dans son repère d'hirondelle
Voir de plus haut encore
Ses magnifiques décors
Sur le clapotis de son étang
Voir briller nos reflets d’argent
Mêler le vert avec le bleu
D'une eau gorgée de vœux  
Effacer le gris du ciel
Dessiner un arc-en-ciel
Sous la pluie et le soleil

Et c’est l’heure du réveil
De l' échographie d'un cheveu blanc
D'une réflexion face au temps
Car il y a encore une beauté de la nature
Suspendue sur cet amour si pur

lundi

Convalescence


Sous l'aubépine
Les insectes ne chantent plus
Place au cerlce d'hiver
D'un mortel combat
De la crête du nuage s'écoule
Un sein blanc
Le frimas d'une chair
Où une cénelle rouge danse
Sous la caresse pulpeuse
D'une douce escarmouche frivole
L'amour fleurit

Danse à cœur ouvert


Noyée dans une nuit profonde
Une troublante mèche cuivrée
Danse à cœur ouvert
Une lueur ventrue et ténébreuse
Derrière cette paroi enflammée
Sous la magie diffuse d’une bougie
Se cacherait-il l’amour

Et face à cette flamme tournoyante
Il y a toi
Et trois façons de la conquérir
Quels cheminements choisir

Celui de la bravoure
En sautant par-dessus
Comme la clarté du jour
Perçant le gris nuage
Obscur et foudroyant

Celui de l’opportunité
En le contournant
Comme le silence
Battant le pouls de Dieu
Invisible et présent

Celui du pragmatisme
En empruntant une échelle
Comme ce conte
De Jack et l’Haricot magique
Chanceux et clairvoyant

Dans ce trop plein d’idées reçues
De légendes amères et cavalières
Entretenues par des rêves dissolus
A travers tous ces raccourcis
D’ombres et de lumières
L’amour n’est pas une illusion
Juste une rencontre de deux cœurs
Et il suffit d’un geste pour l’animer
Celui de les ouvrir sans contrefaçon

Réveillée par un soleil radieux
Danse à cœur ouvert
Une fleur épanouie et heureuse
Devant toi
L’amour s'est consumé

dimanche

Le péril jeune


La restauration rapide
C'est trop plein de vide
Le baromètre mondial
Du péril jeune
C'est l'île aux enfants
Belle et grasse
Sans Casimir ni bodega
Juste burger frite et coca
Et des cadeaux « merding China » 
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
Le « king » de la pub
Une cotation à la bourse
Pour toujours plus
De fric de débit
D'emplois précaires
Tu peux faire carrière
Avant le cimetière
Comme fossoyeur
De chefs cuisiniers
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
De gras saturé
D'huile de palme
Tuant l’orang-outan
Des peuples
Des enfants
Profitant à quelques « Big Mac »
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
De professeur tournesol
Augmentant insidieusement ton cholestérol
Et ta parabole ventrale
Une présence qui fuit
La graisse qui coule
Une odeur qui pue
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
C'est faire croître une vraie tension
Sans avoir l'estomac sous pression
Avec une élégance impitoyable
Après de nous avoir pris pour des cannibales
Ils nous prennent aujourd'hui pour des ruminants
Avec leur salade équilibrée
Elle nous déculpabilise
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
Du « merding France »
De l'engrais pour l'industrie agricole
Une concession d'un sol qui se dérobe
Un piège sanitaire
Une mondialisation sectaire
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
Bon appétit
Joyeux Noël
Et vive la dinde
Même si nous sommes tous marrons
Et le foie bien gras
Et pour ceux qui veulent voir encore des grands singes
Direction Disney Paris
Ou la Floride
Pour ceux qui cultivent l'oseille
Et qui ne connaissent pas Corneille
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
A obtenu la palme d’or
Non pas pour la belle plume de Donald
Mais pour la vraie semblance du poil
Avec celui du dernier orang-outan
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
La chronique d'une bouffe asptisée
Le péril jeune
Un remake de l'aile ou la cuisse
Où la réalité a tué la fiction
Les doigts remplacés
Couteaux et fourchettes
La paille
Le goût et le tire bouchon
C'est le diner presque parfait du péril jeune

vendredi

Une place de la liberté


Un écueil blanc de peau
Sans domicile ni couverture
Fixe le feu follet tricolore
Dans la lumière bleue
Au venin qu’elle injecte
Dans le verrou de son sang
Ce beau récif à fleur de peau
Saigne au sein de la fontaine
Son vert d’eau terre de sienne
Reflète les corbeaux en pierre
De la cathédrale en friche
Sous un milliard d’étoiles amères

Proche d’un lampadaire aveugle
Un clignement liquide de ses yeux
S’appuie une danseuse épuisée
A l’ombre de son recueil
Une pluie d’algues douces
Nourrit le regard de cette corolle
Son cœur en émoi s’échappe
Se dépose sur la main forte
Pleine d’utopies de l’âme sœur
Un sucre liquide coule dans sa gorge
Un papillon s’inscrit sur son front
Chantant un message libérateur

Partons ensemble sans contrefaçon
Sous ce milliard d’étoiles amères

mercredi

Flocons d'un rêve


A la fois loin
Et si proche de moi
Un nuage de soie
S’approche à grand pas
Un hiver comme horizon
Et des flocons
Tombent sur mon front
Sur les cils de mes vœux
Suis-je comme eux
Sur l’accord du silence
L’heure glisse
Dans l’écoulement
Presque blanc
Quelle est cette façon de manier le jour
Lorsque la nuit nous entoure
Et silencieuse
L’heure tourne
Son ombre sur son axe
Déroule le tapis
Et je regarde bien cette captive
Marquée par des lignes singulières
Une douce intimité frôle mon visage
Des mains innocentes
Nues de toutes ambiguïtés
Tourbillonnent sur elle-même
Car minuit va s’accomplir
Sur tout mon corps
Douze frémissements
Et ses pas
Dont je perçois le galop
Déjà lointain est son silence

mardi

Tout d'Y. (Nouvelle)

C'est l'histoire d'Y ou d'une maladie d'amour dans un quartier chaud qui finit au bled dans un quartier froid ... Bonjour.
Je suis une jeune fille d'origine contrôlée Monsieur Guéant ! (Avec un T à la fin comme Tintin ou avec un D comme Débile, on s'en fout, la terre sera toujours ronde n’est-ce pas et la femme l'esclave de sa douceur ? ).
J'ai la vingtaine comme seul horizon; je ne suis pas blonde; je suis brune teinte en blonde car j'habite Marseille ! C'est une tendance qui dure, ma grand-mère et ma mère se déguise de la même manière, seule mon arrière-grand-mère garde ses beaux cheveux corbeau et brillants sous son voile ! C'est comme pour les tatouages et les percings que j'ai abondamment semé sur mon corps entre mes arabesques d'henné dessinées par ma tante. C'est chic et ethnique, je partage un sentiment qui représente un clan et dégage une force, c'est important ce mode de transmission des cultures. Et si c'est un signe de reconnaissance pour moi, c'est aussi un signe de détresse intérieure. Je voulais dire, mais il ne faudra pas le répéter, sinon ils vont me casser la gueule : « mes tatouages fantaisistes sont faux, c'est mon frère qui me donne ses transferts malabar... ».
Et je tiens à dire aussi, que je ne suis pas une « cagole ! » juste une jeune femme qui survit dans un quartier chaud, où il faut être au diapason sans faire trop salope mais un peu quand même !
Et je voudrais me sortir de cette spirale infernale qu'est la tristesse et le ridicule, de toute cette merde qui n'est pas moi. Car l'habit ne fait pas le moine et le maquillage le clown ! Je ne suis qu'une jeune femme qui joue à la grande sauterelle, à la « râpeuse de strass ! ». Comme j'aimerais trouver l'âme sœur sans ses frères son père et sa mère sur le dos, comme j'aimerais revoir un père au boulot et une mère au fourneau ! Juste quelqu’un de bien pour me sortir de ce ghetto !

Le temps s'écoule... Je mûris sans arbre sur une branche cachée derrière un vieil écran d'ordinateur. Et si ma mère a repris le balai mon père ne fait rien. Il commence sa retraite...

Et j’ai rêvé d’un asile sans psychiatrie, d’un monde parfait où l’on serait libre au milieu de balles de coton et non de plomb, à l'abri, sous les ailes d'un ange; et, comme racontait mon grand père : « Les Anges ont été créés à partir de la lumière, le djinn a été créé à partir d'un feu pur, et Adam a été créé à partir de ce qui vous a été décrit. ». Et pour moi, seul le désir d'aimer me parcourait les sens.

J'ai une maladie, une tristesse qui dure depuis deux ans et qui me chevauchent l’esprit et le cœur ; tenace et qui me ronge peu à peu comme le fibrome et l’utérus de ma sœur... Encore un malheur qui j'ajoute !
Deux ans c'est long. Je sèche comme la chair anorexique de ma copine et grossis comme Bobos le fils du marchant de kebab et de mouches !

Tout démarre d'une histoire d'amour. C'était mon rayon de soleil au milieu de ma misère quotidienne. C'est un garçon merveilleux. De mon âge, ambitieux, intelligent, d'une famille relativement aisée. Je le trouve parfait. Moi, je suis d'un tempérament un peu triste, introverti. Lui n'a pas peur de parler de ses sentiments. Je préfère le faire à l'écrit. Parfois c'est grinçant, car je parle surtout de mes craintes, de mes chagrins. Des blogs dont il a connaissance, et qu'il a du mal à accepter. Pourtant j'écris encore... Nous nous entendons bien, nous nous aimons, ça ne fait aucun doute !

Mon rêve se poursuit dans les méandres de mes nuits…
Le temps s'écoule...
J'aime sous l'arbre un ange sur une couverture dénudée.

L'ange passe, un choc ! J'apprends que je suis enceinte. Je lui annonce...
La réponse est sans appel : « Et tu penses faire quoi ? ». Là c'est la descente aux enfers qui commence... Évidement j'avorte. Hors de question que je le garde...
Nous ne travaillons pas, nous habitons chacun chez nos parents qui ne se connaissent pas. Nos familles d’origines ne sont pas compatibles ! Lui, doit terminer des études de haut niveau. Je sens comme une pression de la "belle famille"...
Si je ne le fais pas ça sera le drame. Alors je le fais...
Et le remord et l'amertume s'emparent de moi. Nous n'avons pas réfléchie une seule fois à une autre solution que l'IVG. Il est clair que personne n'en voulait de ce bébé. Sauf moi ! C’était mon sauveur… Mon ange libérateur !

Le rêve s’achève…

Quelques semaines se sont écoulées. Je ne rêve plus. Rien ne va plus entre nous... Moi je doute de tout. Jusqu'à sa fidélité...
Je deviens intrusive et suspicieuse...
Lui ne me fait aucun cadeau. Il est rude...
Je fuis...
Nous faisons un break. Nous décidons de garder contact et de se rester fidèle. C'est même lui qu'il me l'a demandé...
J'écris toujours. C'est de plus en plus grinçant. Je me complais à faire des pamphlets sur les hommes en général. Lui y vois des attaques personnelles...
Cela n'est pas le cas...
Il me quitte au bout de deux mois, me disant qu'il ne m'aime plus. Il m'insulte de tous les noms, me dis que je suis folle, j'ai besoin de me faire soigner ! Il me dit que je peux bien crever, que je suis une bonne à rien, que je rate tout, même mes études...
C'est probable, il ne parlait pas de moi à ses amis... Tous des futurs médecins, experts comptables et compagnie...

A travers ses paroles c'est sa mère qui prend le relais . Elle finit de m'achever, pense que j'ai détruit son fils, et me menace de main courante !

Un an environ s'est écoulé depuis. Et je pleure toujours. Je l'aime toujours. Il a été l'amour de ma vie... Je n'ai plus jamais eu de nouvelle...
Et j'essaye d'en avoir désespérément.
Je passe des heures parfois sur le net à essayer de retrouver une trace de lui, à essayer de savoir ce qu'il devient. Sans le contacter pour autant. Je sais simplement qu'il s'est réinscrit sur le site de rencontre sur lequel on s'est rencontré...
Moi je m'invente une vie depuis sur mes blogs, mon site copain d'avant « En couple, en ménage et heureuse ». Dans l'espoir qu'il le voit...
Que ça lui fasse du mal. Seulement le temps passe. Et je crois que lui m'a tout bonnement oublié... Depuis un moment déjà...
Tout est devenu difficile. Ma vie, mes études, mon quotidien. Je suis toujours dans ce quartier où le vent souffle toujours sur les mêmes imbéciles et amours.
Je ne pense qu’à lui, je ne rêve que de lui. Je le vois revenir toutes les nuits. C'est un combat de tous les jours. Je n'ai plus envie de rien, ni de manger, ni de m'habiller, mon année scolaire est un fiasco et mon père me frappe mon frère m’interdit de sortir…
Et heureusement qu’ils ne savent pas tout !
Comment me sortir de là. Je prépare mes études à domicile, ce qui me rend encore plus vulnérable. Je ne vois personne. Hormis lui, dans ma tête.
Combien de temps pour guérir d'un chagrin d'amour ? J'espère trouver de l'aide, car je n'en peux plus. Je suis toute jeune, et j'ai l'impression de porter déjà tant de chagrin sur mes petites épaules !
Un jour je reçois une photo. Le flou de cette photo me fait penser à une vieille photo de quelqu'un de connu d'une beauté troublante !
Je parlerai plus du grain de la photo comme celle de sa peau ; et je l'imagine ouatée très beau, onctueuse comme un tapis de neige fraîche aux cristaux tièdes qui fondent sous ma couverture, mais je ne le connais pas. Sans doute à cause de cette noirceur qui a bercé mon cœur depuis tout petite dans ce monde de brut et de cet amour perdu, je suis devenu aussi sche que son os.
Ah ! Comme j'aimerais bien rentrer dans le cadre, ce qui m’éblouirait mes pensées les plus folles et douces car tu es vraiment beau mon ange !
Je baisse les stores gris de ma chambre, c’est l’heure de partir… Vers cet homme que je ne connais pas !

A tout d'Y.

dimanche

Le murmure d'un amour


Ici sur la plage
Mauve et grise
Orange et bleu
Le mistral est frais
Et il s'enroule
A un amour fou
Sur la jetée d'un rêve
Où ton âme
A ses arcanes
Comme ta vie
A ses inconnus
Il n'y a pas de secret
Peu importe le vent qui court
Quand l'amour entre deux êtres
Eteint le soleil
Eclaire la nuit
Car rien n'égale l'amour
Ce présent restera toujours accroché en nous
Un amour éternel
Un moment cousu de dentelle
Et si le malheur est sans espoir
C'est parce que j'ai dû le tuer
Et personne ne le saura
Moi-même j'ai fini par le croire
Toujours à tes côtés
Et pourtant solitaire
Je viens de dépasser la frontière
Sans jamais rien demandé
Pour avoir tant reçu
Doux et tendre
Déterminé et aphone
C'est le murmure de l'amour qui s'élève sur nos pas
Rentrons
Il fait froid

Doux amer

Dans la mer
Il y a les sirènes
Les monstres marins
Et l'Atlantide
Sur terre
Il y a la vie
La mort
Et la poussière
Dans le ciel
Il y a le vide
L'espace
Et l'éternité

jeudi

Histoire de ne rien dire avant de mourir

Je viens vous dire que l'espoir est vain et je viens vomir tout ce trop-plein. Je viens vous dire qu'il est l'heure et si la lune se lève au milieu d'étoiles peu farouches, l'homme sur terre meurt comme une vieille souche.
Et pourtant, même sans arrosage, le chérubin nous pousse vers notre aride fin, et l'école maternelle nous semble désormais si loin ; antonyme insouciance pauvre temps.
J'ai découvert que la forme lyrique me collait à la peau comme le sable à la crème solaire, cela peut être désagréable mais très utile pour ne pas se brûler les ailes.
Je ne suis pas forcément l'acteur principal, mais je ne suis jamais très loin du coup de soleil et pour le coup de foudre, j’attends l'orage tropical. Et les seconds rôles sont souvent plus humains.

Et si l'on revenait à la mort lente rapide ou classique un peu comme une partition musicale d'un orchestre symphonique ; la mort est-elle le contraire ou l'associée de nos vies ?
Elle s'immerge dans le même océan ! Aucune angoisse à avoir, avant de naitre nous ne savions pas ce qu'était le néant et dans la mort nous n'éprouverons pas d'angoisse non plus puisque nous irons rejoindre ce même inconnu qui a priori ne nous a pas laissé de traces concrètes qui nous auraient perturbé.
Seul notre mental créé de l'angoisse. Peut-on vraiment négliger le fait qu'il y a peut-être quelque chose qui existe après la mort, une réincarnation vraie semblable, une métamorphose improbable ou un décollement de la rétine qui nous amuserait à voir une vie toujours rose ; un nouveau cœur battant la chamade jour et nuit ou un corps élastique qui nous emmènerait faire le tour du monde en 80 jours sans ballon, kérosène et pétrole ! Voilà tous ces rêves qui s'emmagasinent dans ma commode sous mes cheveux grisonnant. L'âme qui perdure, j'y crois en tout cas !
Et pour celui qui veut garder son âme d'enfant, les tiroirs regorgent de fantaisies, le temps est subjectif et celui de la maternelle n'est pas si loin finalement.
Observez les enfants, reprenez vos vieilles photos d'école et vous aurez certainement des souvenirs qui vous reviendront en tête ! Puis, en vous concentrant sur l'état d'esprit que vous aviez enfant, vous allez certainement retrouver ces sensations que vous pouvez vous réapproprier à l'âge adulte, ce n'est pas interdit ! Il n'y a qu'à sentir, lâcher-prise et se laisser envahir !
A force de se prendre au sérieux on perd la réalité des choses, d'essentiel comme l'amour, la pureté, l'innocence et la spontanéité !
Je rebondis vers un autre sujet, un automne comme horizon, si vous êtes comme S. sur l’accord du silence dans un écoulement presque noir, S. une secrétaire bilingue, avait pris l'habitude d'alimenter son blog durant ses heures de travail, commentant indirectement ce qui se passait dans son entreprise.
Et les heures glissent, silencieuses. L’heure tourne et son ombre sur son axe déroule la panoplie gestuelle mimique et obsessionnelle au cœur de cette entreprise. Regarde bien cette captive marquée par des lignes singulières.
Et une lettre recommandée tombe dans sa boite à lettres... C'est souvent pour annoncer des mauvaises nouvelles. Ses supérieurs n'ont pas apprécié d'être évoqués ainsi sur le net et ont immédiatement renvoyés la jeune femme. Celle-ci a porté plainte pour licenciement abusif et a gagné son procès. Elle est depuis devenue romancière pour les éditions britanniques T.M.
Et une douce intimité frôle son visage, ses mains innocentes nues de toute sagesse, tourbillonnent sur elle-même car midi va s’accomplir sur tout son corps, voilà enfin douze frémissements. Et ses pas, dont ils perçoivent le galop, déjà lointain est son silence S. rigole et s'écrie : « Messieurs mes supérieurs, regardez mon cul car il vous contemple pour la dernière fois ! »

Comme la romancière S, je reviens sur mon blog. Il est 22 heures 32 minutes, les secondes ne sont pas indiquées en bas à droite de mon écran « iiyama prolite E2407HDSV » et une ombre arrive derrière « Window 7 » ou la fenêtre sept pour les réfractaires à la langue de William Shakespeare et à l'informatique.
Qui viendrait à cette heure tardive ?
Les pompiers pour le calendrier de fin d’année ou la poste (non la poste après 16 heures, ils dorment même privatisés, ils gardent les heures creuses pour combler le vide ou pour se coller des timbres antidépresseurs) ; Zorro sans cheval chapeau et masque ou Dieu accompagné de ses pédophiles ou un anarchiste avec son cocktail Molotov ; un fasciste à la chemise noire et à l’œil de verre ou un rouge gorge perdu dans le noir caché derrière ses lunettes de Ceausescu ; une pastèque rouge dedans et verte à l'extérieur un écologiste transformiste ou un Barbapapa court long et carré ; un bossu de Lourdes portant la vierge Marie… Tout est possible car le monde est pluriel !

Serions-nous tous des bâtards et vous messieurs les porte-drapeaux bien-pensants !

Et même chez les bâtards, il y a des castes sociales hiérarchisées, endogames et héréditaires, c’est le maillon d’une chaine du plus faible au plus fort, c’est toujours une histoire de pyramide même si la démocratie existe la perversité du système régie.
Le monde est un melting pot de chair et d’esprit, c’est la grande richesse du trousseau ! Mais certaines clés nous mettent en cage, à partir de là, c'est les serrures les plus chanceuses ou machiavéliques qui réussissent.

La vie se passe-t-elle dans le combat ou dans l'assistanat ? Quand la vache n'a plus de lait parce qu’elle n’a plus d’herbe et d'eau c'est la faute à Rousseau, alors tu tues la vache pour manger et après tu fais quoi ? Tu tues le voisin car tu n'as plus rien. Alors que si tu donnes à manger à la vache parce que tu as la force et du caractère c'est la faute à Voltaire, alors tu auras du lait, tu pourras te nourrir et vendre le surplus au voisin ou lui échanger ton lait avec ses légumes dans les deux cas tu en auras plein les poches c'est la faute à Gavroche.
Comment vivre ensemble voilà le grand défi qui nous attend !
On sortira la tête de la boue des puits asséchés en cherchant des idées ensemble, riches et pauvres et surement pas en épuisant nos dernières ressources ou en ce montant les uns contre les autres.  Pour l'un comme pour l'autre, le numéro gagnant est le complémentaire !
La gravité n'est pas de faire des erreurs mais c'est de ne pas les corriger, et pire, de continuer comme si rien ne pouvait être renversé !
L'exemple absurde qui me vient à l'esprit est le nucléaire, peu importe, et je ne joue pas au ni oui ni non, juste pour dire que si les Allemands arrêtent les centrales, nous Français, nous ne les arrêterons pas, mais les nuages traverserons le Rhin et une partie de l'Allemagne sera touchée ! Comment faire un monde propre si certain n'utilise pas le bon papier cul ; je ne suis pas vulgaire, je me sens moins vulgaire qu'un politique qui prend les gens pour des cons !

Je suis un notaire c'est la faute à Voltaire, je suis un petit oiseau c'est la faute à Rousseau, je suis une anicroche c'est la faute à Gavroche.

Du notaire du petit oiseau à l'anicroche celui qui n'a pas peur est un fou ou un homme dangereux, seuls les cailloux non pas peur ... Alors êtes-vous prêt pour un voyage nucléaire civil car la navette a déjà fait le tour du monde plus d'une fois et qu'elle est partie à la retraite. Et un Amstrong à poser les pieds sur la lune au-dessus du Nil c'est la faute à Neil; un autre l'a chanté sur le Mississippi c'est la faute à Louis et le dernier « EPO » à fait le tour de France c'est la faute à Lance.
Juste pour vous dire que c'est à votre tour de voir mourir la planète bleue est-ce la faute à Dieu ?
Le spectacle se chantera sous un angle décoiffant où le végétal est en fer, le fer une coulée de lave et la lave un océan de cadavres ! Attention départ, le grand voyage vous interpelle :

« L'encre noire de ma plume
Déverse une larme sombre
Dessinant un dernier arbre
Une dernière fleur d'agrume

Ma pensée noue l'amertume
Sous laquelle suinte une ombre
Alimentant une insoluble brume
Une matière grise funèbre

Fini le temps des cathédrales
Où l'homme était une renaissance
Passant du visible à l'invisible
A travers des vœux d'obligeances

Et il attend l'algèbre furieusement
Sur le divan ni rouge ni sang
Juste blanc que le fameux nuage
Exfoliant termine son vernissage

Et il meurt à l'étouffée sagement
A cause d'une addition salée
Recouvert d'un linge transparent
Par des marionnettes zélées

Effaçant à jamais ce bonheur
Et les siens sans honneur
Il part en chair liquéfiée
Rejoindre le cortège sacrifié »

Et je meurs comme tout un chacun malgré l'œil encore avide de beauté et d'amour.

mardi

Souffrance d'un amour perdu

Lieu de souffrance où le vent de ta solitude s'est échoué et a érodé un premier amour d'ombre et de lumière. Ta vie est si pâle qu’il me semble que ton corps ne respire plus le même air que moi. 
La courbure burlesque de tes épaules, l'inquiétude dans ton regard, le secret de ton faux sourire m'exaspèrent. Quel doute germe et geint encore dans ton cœur ?  
Et tu es seule comme un cri dans la gorge; seule témoin de ta douleur, seule vivant chez les morts; seule en toit de toi, seule comme est vide ton ciel imaginaire. 
Et plus je te regarde, plus tu ressembles à cette fleur aux désirs exponentiels gravitant jour et nuit sur une pensée mélancolique, riche et profonde, à la recherche des derniers rayons de soleil pour ne pas mourir ; un peu comme une étoile filante qui chercherait à se déposer sur le cœur d'un être disparu, d'un parent pour à nouveau revivre et briller, pour ne pas se perdre aux confins d'un univers sordide.
Tous les univers sont sordides, à partir de l'instant où tu ne fais rien, atermoyant le vide pour qu'il te remplisse le cœur.
Ce matin, les premières gelées sont apparues au milieu de ce champ de bataille souligné d’un grand rectangle bleu de Prusse encadré par ta fenêtre de bois blond face à ta couche. Un ciel qui a découvert un lit froid et défait comme après un long sommeil au milieu d'une tempête de neige.
Et affalée, les yeux hagards, tu essaies sans cesse de te rappeler du bon battement de ses cils et de son cœur ici ou ailleurs pour qu’il te ramène à lui.
Serais-tu un scintillement d'espoir et d'amour assis sur un fil téléphonique attendant un appel ou l’exode comme un rang d’oiseau migrateur cherchant le bon moment pour décoller ?
Tu vis encore à travers tes souvenirs sans qu’il te les souffle à nouveau avec des mots ou te les dépose sur ta peau. 
Il te reste de lui un filigrane, une image nébuleuse... Et tu devrais tourner la page ! Car cette destinée en absence de signes te rend si dépressive. Je connais cette difficulté à vivre normalement alors que nos pensées ne sont jamais avec nous.
Le temps est là pour me faire dire qu’il ne reviendra plus te caresser ton corps de porcelaine ni te baiser tes lèvres pulpeuses ; et de jour en jour, j’aperçois avec douleur ton sourire s’atrophier d’amertume au milieu de ton visage jadis si emblématique.
Oublier, ne serait-il pas le verbe le plus approprié pour ne pas mourir d'une maladie d’amour lointaine ?
Tu es tellement accrochée à cet homme à présent, qu’il vient se noyer dans tes larmes comme s'il était devenu un mythe perpétuel à tes yeux. S'il aura été ton âme sœur pour un temps dans ta jeunesse, désormais il se consumera pour toujours dans la fiction. 
Alors, je te souhaite profondément de réussir le bon envol, qu'il soit un véritable oubli et t'offre ta liberté.

vendredi

Papa ... Pourquoi il est bleu le ciel

Le bleu du ciel est le résultat de la diffusion de la lumière solaire par l'atmosphère.
Si celle-ci n'existait pas, on verrait une voûte céleste toute noire et les étoiles seraient visibles en plein jour.

Et si la poésie n'existait pas, le monde serait de quelles couleurs ?
Et quand le soleil brille ... La nuit est-elle toujours là ?
Et moi, qui suis-je ?

Quand le soleil brille les nuages se cachent la lune rigole et une lumière blanche vient se décomposer sur le prisme de ma vie en une multitude de couleurs.
C’est un faisceau de lumière solaire, un spectre brillant qui à l’instar de celui qui révèle l’arc-en-ciel Ô combien coloré, celui-ci serait-il réduit par habitude à la série traditionnelle des sept couleurs dites primitives, le rouge, l’orangé, le jaune, le vert, le bleu, l’indigo et le violet. Ces couleurs habituellement s’enchainent les unes aux autres, si l’on observe de plus près on s’aperçoit des raies obscures dans le spectre du soleil. Elles se retrouvent d’une fixité absolue, lorsque la lumière du jour réfléchie par les nuages ainsi dans celle de la lune, ces raies constituent un caractère indélébile.
Et si ma vie était dictée par ses sept couleurs, un peu comme un chemin de croix, une représentation de la passion en vers quelque chose d’inconnu et d’irrémédiable.

Je ne suis qu’une poussière dans le milieu interstellaire mais parmi les hommes qui suis-je ?

Je suis rouge quand une fille me fait les yeux doux, est-ce de la timidité ? Et puis le rouge c’est la passion. Etre passionné, c’est comme être pris par un frisson d’hiver avec de la température et une sensation de chaleur parcourant le corps et l'esprit. La passion fait-elle moins de mal que l'ennui, la passion tendrait-elle toujours à diminuer, tandis que l'ennui tendrait-il toujours à s'accroître ? Je le crois et j’attise mes brûlures pour ne pas être mangé par les vers.
Je suis orangé quand le soleil me caresse tendrement la peau, suis-je issue d’une addition entre deux caractères distincts, une carotte ou un âne qui court après, une vitamine C ou un amas d'agrumes juteux lorsqu’on me presse … Acide et sucré voilà sans doute la dualité de mon caractère.
Je suis jaune quand je suis primaire ou malade, une écorce de citronnier spontanée, un avertissement, serais-je un péril ou une croisière tout dépend de la météo ?
Et je me prends au jeu des couleurs et je crée un label, je commence par le bleu.

Bleu couleur froide à l'horizon de mes artères
Violettes joues aux premiers frimas de l'hiver
Invite au calme et à la détente
Serais-tu une Tibétaine à la sagesse transcendante
Bleu sensation d'éloignement et d'immatérialité
Ciel clair mélancolique et rêve glacé de ta féminité
Procure une sensation d'introspection sur soi
Serais-tu une déesse aux forces vitales détenues par l'esprit du Roi
Bleu symbolique de tendresse et d'idéale à foison
Turquoise caressant notre sensibilité en émotion
Purifie nos âmes capricieuses en transparences
Serais-tu demi-dieux en équilibre sous notre correspondance
Bleu portant le voile céleste dans le ciel
Azur heureux révélant nos énergies irréelles
Calme et fuyant tu ne bloques pas mon regard
Serais-tu me laisser me perdre en elle sans crier gare
Bleu drap teinté froissé vestige d'une nuit amniotique
Parure qui révèle l'éclat de ta sensualité analgésique
Vague perlée de saphir amoureux
Bleu reflet pure et limpide je te veux

Je complète et poursuis avec le rouge, la couleur de la fusion.

Rouge couleur chaude par excellence
Carmin dévoilant tes lèvres en turbulence
Sensation de proximité
Capteur de ton attention survoltée
Rouge éclair sanglant de nos nuits
Rose dentelle dévoilant ton corps nu épanoui
Étoffe légère soulignant tes fesses rondes
Surprend et invite à la fronde
Rouge vibration intense et dominante
Jaune passion et joie de vivre virevoltante
Silence de colère sur ton expression toute entière
Chaleur de tes mains au cœur de nos ébats aurifères
Rouge omniprésent dans le feuillage automnal
Auburn cheveux sur tes épaules apétales
Vin d'un cépage d'une bonne terre
Couleur d'ivresse de tes artères
Rouge en déclinaison
Camaïeu de mes pulsions
En hiver le rouge te va si bien
Du soir au matin

Je pourrais continuer à me coller ces sept couleurs sur la peau ou sur mes pensées peu importe, le monde s’en fout de savoir ce que je ressens, qui je suis, le monde marche si vite et si seul. Plus nous sommes nombreux plus on évite les autres, comme si l’autre devenait un adversaire à abattre, une couleur négative ou une nuance sans importance, comme si nous étions soit noir soit blanc. Serions-nous sur le déclin, sur une pente où seule la victoire compte ? Nous n’avons jamais autant aimé les pyramides, pourvu que l’on se trouve au sommet, à dominer la poussière, à faire jeu égal avec les nuages et toucher au plus près ces fameux faisceaux de lumière solaire. Comme si nous voulions à la fois être purifié et assener la vérité absolue ...

Alors, qui suis-je ? Sans doute qu'une poussière qui pense aux autres avant de penser à elle !

Et j’aimerai conclure sur cette nuance si pure qu’est le blanc.
Blanc serais-tu dans l'atmosphère la somme de nos couleurs vitales
Un arc-en-ciel en irisation
Le passage de nos nuits horizontales
Où la page de nos jours sans imagination
La blancheur de ton sourire
Vient se poser sur ma bouche
A chaque fou rire
A chaque fois que l'on se touche
Blanc serais-tu un secret en correspondance à notre lumière intérieure
Un mariage d'une beauté tout en douceur
Une représentation de la sagesse
Où un antonyme sacrifice tout en finesse
Alors mes bras d'ivoires plongent sur ma bien-aimée
Vers ce corps cotonneux immaculé
Où mes pensées rejoignent cette divinité
Aux pentes innocentes et aux formes chahutées
Blanc serais-tu le cycle nycthéméral de notre vie par défaut
Une blanche silhouette aux parois enneigées
En passant du matin à la matité de sa peau
Au soir à la brillance de sa pureté
Avec toi je vois le noir en blanc
Les nuages en transparence
Où la lune flirte avec le ciel et ses nuances
Sous ton regard bienveillant
Blanc serais-tu notre amour éthéré
Au-delà de tout raisonnement
Notre invisible échiquier
Où l'archange annoncerait notre fusion éternellement dévouée
Blanc neutralité de mon for intérieur
Tu es mon porte bonheur
Alors continue à me délivrer une âme candide
Pour vivre encore longtemps sur cette Atlantide

mardi

Le poète déchu engendre un acte d'amour


J’aimerais écrire une belle prose
C’est drôle pour le début d’une pose
Je distingue une page blanche
Etendue et légère devant moi
Se dissimulant les hanches
Aux bords lisses comme un fil de soie
Attendrait-elle la pointe de mon Stabilo
Bien qu’aujourd’hui je n’aie rien à dire
Je ne comprends plus très bien ce besoin d’écrire
J’ai beau me l’avoir expliqué avec mes mots
Dans « le synopsis d’une plume »
Je reste perplexe envahi d’un rhume
Les matins sont plus froids l’hiver s’approche
Et ma pensée reste coincée dans ma poche
Celle-ci ne me parle plus comme hier
Elle a changé de caractère
Elle ne pense plus de la même façon
Elle pense plus à Troy Davis
Qu'à la coupe Davis
A l'enfer qu'au paradis
Bref je change de tamis
Pour que l'eau coule plus vite sous les ponts
J’écrirais bien pour ne rien raconter
Mais n’est-ce pas là le fruit défendu
Du poète déchu
Qu’aimeriez-vous me dire sans vous cacher
Derrière votre voilage virtuel
Corps céleste pluriel
Je suis arrivé là avec la passion libre
Et je repars en déséquilibre
Pendu sur l’arbre de ma vie réelle
Inondé par mon amertume virtuelle
Prisonnier d’une paire d’ailes
Ailes du désir
Ailes déployée sans avenir
Ailes pour souffrir
Je suis arrivé là avec la passion libre
Et je repars en déséquilibre
Suspendu aux nuages noirs sans pluie
Immergé par un fluide glacial sans autonomie
Prisonnier d’une paire d’ailes
Belle comme le jour
Belle comme l’amour
Belle comme un cœur d’hirondelle
Et je suis parti sans être là avec la désillusion
Et je ne reviendrais pas peu m’importe l’occasion
Irrésolu sentiment d’un être fuyant
Vaincu d’un mirage trop élégant
Vais-je continuer à écrire une belle prose
C’est drôle pour le début d’une pose
Je ne distingue plus ma page blanche
Détendue et légère sous moi
Se caressant les hanches
Au rebord ronronnant comme un chat siamois
Attendrait-elle la pointe de mon Stabilo

lundi

L'annonce d'Everest Smoking

Après quelques tentatives de « speed dating », Everest Smoking passe de la minuterie d'un « Pub » tombée dans un anonymat infernal à une annonce mondiale sans prise «RJ45» , une annonce lumineuse littéraire sur une page Web. Une sorte de grande cour de récréation Wifi où toute la planète vient courir, jouer et surfer sans contraintes ni obligations et cordon ombilical.
Et c'est sur une étagère bleue ciel et blanche d'une page vierge Word à travers sa main droite déterminée, qu'il s'exprime et dépose sans encre ni assaut vertigineux son appel au secours.
Et d'un « copié collé » sa prose se calque sur cette feuille, où la plume de son cœur a compilé ces quelques phrases humoristiques :

« L'homme qui ne tombe jamais à pic est intéressé par vous et par un minimum de culture au sens large de sa collection de boules à neige, d'assiettes souvenirs et de râteaux de plage.
Après avoir dévoré jour et nuit toutes les collines et ruelles du pays d'Aglaé et Sidonie orchestré en si bémol avec alcools et fumées, il s'accorderait volontiers une cure de jouvence amoureuse stable et sans arrières pensées avec un manche souple et de caractère, s'il n'est pas en fer car il préfère le paradis.
En réalité, un manche en bois ou en corne de muse enrobé d'une robe mousseline couverte de pétales d'un cœur d'artichaut qui aimerait l'art comme le cochon et les autres aspects désastreux de notre civilisation lui conviendrait.
Libre ou pas, peu importe, à partir du moment que le vent danse en duel sur la neige et le sable, car une congère même éphémère gèle moins vite qu'une frustration de chair et fond comme chocolat sous les feux de l'amour.
Si gravir une pente en plein milieu de la nuit à la belle étoile réjouit votre libido, l'homme à l'artifice sublimera sans concessions votre aurore ; et il osera croire et même dire alors, que vous serez à cet instant sa face Est, son levé de soleil tant désiré.
Et, c'est sans contrefaçon, que ses volets vous attendent, ceux de ses sensibles et beaux horizons.
L'homme tombera-t-il à pic ?  Amoureusement votre Everest Smoking ».

Il vous transmettra, si cette libre annonce sans filet vous a séduite, sa vie sous clé USB, en textes et images 3D, alors munissez-vous d'une paire de lunette adaptée car un éléphant ça trompe énormément.

jeudi

Funérailles

C’est l’apothéose du dernier exercice
Sans peeling ni laser
Ni feu d’artifice
Sur un fil de lumière
Défile en équilibre
En ce mois de novembre
Entre sapins et bouleaux
Une éclatante peau
Un teint uni de jeune fille
Un esprit ascensionnel
Une force de la nature
Un cœur en devanture
On n’est pas un saint
Sans qu’un grand bonheur
S’en soit mêlé le jour de la Toussaint
Et il est l’heure
De l’ascension
De la plus grave erreur de la création
De la dernière bataille
Quelque chose de très proche
De nos funérailles
C’est l’appel de l’amour
Et de l'ombre sans détour
A l’abri-sous-roche
Où l’on coupe le cordon ombilical
Où la lumière cautérise le mal
Nous essuierons toutes larmes
De nos yeux sous son charme
Nous resterons accrochés à ses bras
Dans tout ce qu’il souhaitera
Et de mort il n'y en aura plus
Car l'ancien monde s'en est allé
Pour retrouver l'éternité
A travers ses eaux du lac éperdues
A travers ses montagnes enchantées
A travers ses champs fleuris et verts
Et à travers ces derniers vers

A mon Grand-père Maternel.
1916-2011.

mercredi

Ma bibliothèque maternelle

En ce jour ensoleillé d'automne
Sur le rebord de notre monde
Se mêlent le vide et le plein
Le présent et le passé
L'absence et la présence
Les yeux ruissellent et s'illuminent
Les cœurs balancent et battent
Les mains se crispent et caressent
Les jambes tremblent et marchent
Les ventres se tordent et ronflent
Les bouches pleurent et sourient
Les paroles bégaient et brûlent
Les mots s'égrènent et se soudent
Et
Sur le bord du lac
Ma bibliothèque maternelle
Celle de mes souvenirs heureux
De mes rires
De mes joies
De mes apprentissages
De mes valeurs
A quitté le plancher des vaches
Pour rejoindre celui des anges
Sur le rebord de l’autre monde
En ce jour ensoleillé d'automne
Je laisse couler mes larmes
Egoïstement

mardi

Vivre à tout prix

Passe un nuage
Devant ma tombe
Un message
De toi
Ma destinée

Pour mon enterrement
Il y a aura des larmes de fleurs
Remplies de pollens de souvenirs
Une femme chrysanthème
Et un ange chutera du clocher
Pour recueillir mon âme
Et vivre à nouveau
Sur un nuage





lundi

Diaphragme

Sur l’accord du silence
Un cliché
Caresse nos absences
Figées
Dans l’écoulement presque noir
D’un jour de Bise
Une dentelle d’écume ivoire
Recouvre la table basse où gisent
Bourbon et pistache
Et en spirale
Se détache
Une idée de martingale
Porteuse d'amour
Du velours
De tes yeux

Et heureux
L'iris s'oxyde
Sur le cuivre
De ta peau ivre
Bercée sous l'abside


*


Bise : La Bise est un vent caractéristique de secteur Nord à Nord-Est qui souffle sur le Plateau suisse, le bassin lémanique ainsi qu'en région lyonnaise ainsi que dans toute la Franche-Comté.
Relativement froid et sec, il est réputé avec raison comme vent de beau temps, à la différence de la Bise noire qui souffle par temps bouché et même parfois pluvieux.

366 jours année bissextile

Je poserai bien une question stupide comme : « Qu'aimeriez-vous changer en vous ? ».
Et je reçois une vague de réponses … Elles me répondent brunes et blondes, la tête dans la lune ou sur les épaules, fausses ou vraies comme est la vie aujourd’hui. Une vie un peu mythomane ; une vie qui s’organise autour d’une névrose de la personnalité. Serait-ce la cause d’un manque d’affectivité et d'émotivité ?

«(…) Depuis petite je suis complexée. Parce que je ne grandissais pas aussi vite que les filles de mon âge. Je me trouvais petite, je détestais cette situation. Et maintenant, je mesure 1m60 environs et j'en suis très contente. Mes copines ne sont pas beaucoup plus grandes que moi et les filles plus grandes, je ne les envie pas.
J'ai une copine dans ce cas-là, et, elle galère à trouver un homme à sa taille ...

J'aime être petite et me sentir fragile dans les bras d'un homme !
Si je pouvais changer quelque chose, je me ferais refaire les seins. Je fais du C mais j'aimerais encore plus gros !
Je me ferais refaire le nez.
Je déteste ma tâche de naissance sur mon genou gauche, j'aimerais l'enlever, mais elle est grande et ça coute cher. L'assurance ne prend pas sa en charge car cela relève de la chirurgie esthétique !
Mais j'adore mes yeux, mon visage dans l'ensemble et je suis assez bien dans mon corps.

Si je pouvais, j'aimerais bien changer sa mère par une autre.

Ma peau qui suit un peu trop mes sautes d'humeur je ne la supporte plus ! Il suffit que je sois stressée, triste ou malade pour que je vois apparaître rougeurs et petites imperfections ! ... Et oui, j'ai hérité d'une peau lunatique !
J'ai deux gros complexes : ma taille et ma petite poitrine.
Tout simplement parce que parmi mes ami(e)s, je suis une des plus petite. Quant à ma poitrine, j'aimerais passer au C, car j'ai pas mal de hanches et cette intervention rééquilibrerait un peu mes courbes du coup ! A part ça, j'ai hérité du nez de ma mère, un peu grand, un peu rond, bref je ne l'aime pas non plus celui-là !
Ah, j'oubliais, mes vergetures au niveau des cuisses, je n'ai que 18 ans et je dois les trimbaler depuis mes 13 ans suite à une perte de poids ! J'ai tout essayé mais elles ne partent pas.

J'avais un complexe avec mes doigts, car je me rongeais les ongles, ce qui n’est pas top du tout pour une fille ...
Mais mon plus gros complexe reste mon ventre. Toujours ballonnée, je ressemble à une femme enceinte, moi qui aie du mal à avoir un bébé. Donc, si j'avais une baguette magique, je gommerai ce ventre !
J'ai aussi mes pieds, que j'aimerai avoir plus fins, pour pouvoir mettre n'importe quel escarpin !

A mon homme, je ne lui changerai rien, il est beau et grand avec une belle bouche et de belles dents, et de beaux cheveux.
Et croyez-moi, il est beau partout ! Je ne vois vraiment pas ce que je pourrais faire de plus pour l'améliorer, je suis vraiment gâtée et j'en remercie la vie chaque jour.

Ce qui est certain, c’est que les réponses se focalisent autour du physique hormis l'épisode de la belle-mère. L’esprit et le comportement quant à eux ne changeront pas. Avec cette tendance de placer le physique au sommet de l’affiche, nous finirons tous hystériques et névrotiques. Seuls les chirurgiens esthétiques et autres acolytes aujourd’hui se frottent les mains.
Et je vous rappelle que je ne suis pas psychologue ni sociologue. Et puis cette question m’entraine vers la folie et des scies, je me referais bien le « porc trait » :

« Si on ne choisit pas sa tête
Peut-on choisir ses amis
C'était un jour de fête
Par ici les amis
Je vous annonce que je vais changer
D'abord mon nez
Je ne toucherai plus tes seins Paméla
Ni ton cul en latex
Où ton vernis Bondex
Ailleurs ou sous mes draps
Quand je vous ferai la bise à vous mes stars Nathalie, Isabelle, Catherine, Emmanuelle
Je me sentirai moins un Cyrano virtuel
Et vous d'avoir une pipe au bout de vos lèvres
En bec de lièvre
Et les oreilles
Ah Mickey j'en ai marre de lui piquer la vedette
Bref pas bête la bête
Cela ne sera plus pareil
Comme avec la coiffeuse Mireille
Mathieu sympa ta coupe de cheveux
Elle dure tu fais des envieux
Et pas un seul cheveu blanc
Teinture à la fiente de pélican
Ou un truc comme cela
Bah
Je vais me faire aussi des implants
J'éviterai d'être un crâne d'œuf
Comme Monsieur Franck Lebœuf
A la fin je ressemblerai sans doute à Titeuf
Pour finir aussi con que Barthez le Mac Donald de Laurent Blanc
Bon et pour les dents
Je vais me mettre l'aligneur
D'Invisalign pour faire « cheese » comme les acteurs
D'Hollywood chewing-gum « what else Nespresso »
C'est quasimodo
Non c'est le beignet
Qui George Clooney
Eliot Ness avait prévu Etienne Daho
Mais il est tombé Be bop pieds nus sous la lune et pour la France
Moi avec ma nouvelle gueule à la Bodganoff j'aimerais courir nu dans le stade de France
Ou alors passer à temps X en live pour faire la pub à Meetic
Laissez tomber j'ai trouvé Paris Hilton une extraterrestre son pseudo MissTic
Always seins plats gonflés à l'hélium
Une foutue blonde et je finirai sans freak comme le cirque Barnum ».

Ce n’est pas fini ce cirque ? Non, j’ai bien peur que nous n’avons pas tous vus !

Et moi, je répondrai comme Julio Iglésias : « non je n’ai pas changé, je suis toujours ce jeune homme étranger … » .
J’essaie d’écrire des romances et je suis un peu fou comme vous. Par contre, j’ai attrapé un virus, celui d'écrire partout et n'importe où, dans mon lit, allongé sur le tapis, au bureau, dans les salles d'attentes, au bord de l'eau, sur les bancs publics, en mangeant sur les quais de gare, sur les murs des toilettes publiques, oui c’est moi...
J'écris des lettres à contre temps, des morceaux de phrases verbales ou pas, contre des courants d’airs ou le temps, à contre sens des saisons, contre toutes attentes, j'écris.
J'écris, des vers vides ou pleins, sans substances ni alcool ou fumées, de la prose, des bouts de textes, des expressions, des citations, des fragments d'eau douce en court-bouillon.
Je n’ai jamais envoyé quelques morceaux éparpillés ou de papiers déchirés à la poubelle comme un papier de chocolat.

Le jour sans idée, l’envie arrivera celle de ne plus pouvoir écrire quelque chose, alors j'imagine le voyage de ces mots glissés dans la soie d’une enveloppe tabac carrée et cet imprévisible décalage du temps, tout a pu changer, l’état d’esprit de l’instant, l’écriture, l'homme...

Faut-il ouvrir ce tiroir secret où les émotions, les sentiments et les colères sont couleur d’encre bleue de la mer méditerranée ?
Faut-il s’inscrire dans ses tempêtes et ses fracas obscurs des naufrages ?
Le texte voyage entre deux respirations, la sienne la mienne.

A un clavier froid et impersonnel, je préfère le contact du papier le crissement de la pointe de mon Stabilo PointVisco orange à la pointe ronde qui bave quand il fait trop chaud.
J’aime la lettre manuscrite, si rare, glissée au milieu de prospectus sur la table basse de mon dentiste, oui, je cache des mots et j’attends les réponses à ces nombreuses questions sans importance. Qui aime le dentiste ? Qui aimerait lui dire : « monsieur, vous êtes si délicat que je peux plus me passer de vous ».

J’ai reçu une réponse, je l’ouvre comme un dessert, je le savoure avec délice, je la renifle pour savoir si je reconnais le parfum, je déteste cette lassitude de l’attente d’une réponse, j’aime la page blanche indécente, juste dans sa nudité obscène avec un petit numéro de téléphone disant : « appelle moi et écris moi encore… ».
Peut-on écrire les silences et l’attente dans laquelle les mots se dissolvent ? J'adorerais le croire.
Écrire avec le désir de vous plaire, de vous séduire, mettre des odeurs sous mon Stabilo paré d’artifices d’une plume pour ombrer vos yeux de mes couleurs d’anges transfigurées et lumineuses.
Lettre interrompue jetée au dernier rendez-vous chez le dentiste, là où le message peut être cueilli et lu.
Tous les mots posés ici, sont voués à l’errance, à la solitude d’une caresse sans fin, une naissance et une mort, étroitement mêlées.
Serait-ce un stratagème pour susciter un attendrissement, entrer dans l’âme du lecteur et s’y dissoudre vers une recherche d'affection et d'admiration ?
Les mots partent à la dérive sur un navire, sans voile ni gouvernail, déchirés par les écueils lacérés, par les vents contraires, petite bouteille remplie de vers à la mer, rejetée sur un rivage sans nom, chahutée par les vagues qui écrivent sur le sable des éphémères dentelles, mousseline blanche où ces mots s’abandonnent à la floraison, écume d'émaux jusqu’à en épouser la transparence.

Invisible, serais-je devenu ici sur cette terre ? Alors j'écris jusqu’à plus d’encre pour exister...

Et puis, j’ai reçu ce message un jour sous un de mes textes :
«(…) j'ai lu ton poème trois fois depuis hier soir et je voulais te dire à quel point il m'a touché par l'amour qu'il dégage et à quel point ton père était une personne qui a compris que la vie puise son sens dans la joie et le partage avec les siens et les autres.
Le plus merveilleux est qu'il a réussi à te transmettre son message de la vie, donc je dis qu'il a réussi sa vie tout court.
Ainsi son esprit continue à se manifester à travers toi et puis à travers ses petits enfants! En lisant cet hommage à ton père, j'ai dû penser à mon propre père qui - selon les dires de ses frères et amis - réunissait certains traits de caractère du tien ce qui me fait sentir une parenté spirituelle avec ton père. Le mien est parti à l'âge de quarante ans, fauché par un accident de voiture.
Est-ce injuste? Est-ce un Dieu extérieur qui nous infligerait nos souffrances? Chacun trouvera sa réponse au moment voulu(…)».

Le premier avril j'ai perdu une amie qui avait mon âge et avec qui je montais à cheval. Elle a connu une longue galère due à un cancer à la jambe pendant une dizaine d'années. Au moment où elle croyait être sortie du tunnel pour recommencer une nouvelle vie avec une jambe en moins, un autre cancer qui s'est déclaré à l'endroit de l'amputation l'a fauchée en l'espace de huit mois. Pour son enterrement j'avais rédigé un texte dont voici un extrait :

«(…) Toutes les personnes qui ont connu V. étaient impressionnées par la lourdeur de sa maladie, mais aussi par sa combativité et son courage face à cette maladie, et même le personnel de « l’hôpital des cancéreux » qui pourtant est confronté quotidiennement aux cas les plus difficiles, lui témoignait son affection et son admiration. Il est facile de parler de courage, mais il faut toujours être conscient que ne peut être courageux que celui qui a connu la peur.
Et la peur était sûrement un des plus fidèles compagnons des dernières années de la vie de V. Mais je pense que même à ce niveau-là, le cheval l’a aidée souvent à surmonter bien des moments de découragement car un cavalier qui tombe doit toujours surmonter sa peur en remontant tout de suite sur le dos de celui qui l’a fait tomber. Et pendant longtemps c’est l’idée de remonter un jour sa jument G. qui l’a motivée à se battre encore et encore.
Alors que dire d’une histoire comme celle de V. Que la vie est injuste ? Que la vie est dégueulasse ? Qu’elle n’a vraiment pas mérité ça ? Qui parmi nous ne l’a pas pensé à un moment donné en voyant sa galère ? Qui ne s’est pas dit : et si c’était moi, serais-je capable d’affronter cela ? V.et sa maladie nous ont obligés à nous questionner sur nous-mêmes, sur le sens de tout cela, sur le sens de la vie, sur le sens de notre vie et sur qui nous sommes.
Et si sens il y a, pourrait-on dire qu’il résidait dans le partage ? Dans le partage de sa vie qui s’entrelaçait avec celle de chacun de nous, chacun à sa façon et à un niveau particulier. Et que tout cela n'arrivait pas par hasard. Pourrait-on dire qu’il y avait une sorte d’interaction entre tous ceux qui ont touché la vie de V, une sorte d’entrelacement qui engendrait l'époustouflante tapisserie de sa vie.
Chaque fil suit sa voie, mais croire que chaque fil est "seul" ne serait-ce pas se méprendre immensément sur le processus de la création de la Grande Trame ? Je crois profondément qu’au moment de quitter son corps, V. a découvert la belle face du grand tableau de sa vie, elle a compris que chaque chose avait sa place et se trouvait exactement au bon endroit, qu’elle n’a jamais été seule et qu’elle ne sera jamais seule, alors que nous, nous sommes encore en train d’essayer de comprendre à quoi peuvent bien servir ces bouts de fils et ces nœuds qui pendent à l’arrière du cadre et qui semblent non seulement n’avoir aucun sens à nos yeux mais qui nous attristent dans leur imperfection. V. nous voulait joyeux et non pas abattus. Savait-elle déjà que le tableau qu’elle allait découvrir dépasserait tout ce qu’elle a pu imaginer en beauté, en lumière et en amour ?

Et si V. m’a appris quelque chose à travers ces années de maladie et surtout pendant les derniers mois de sa vie c’est que vivre l’instant présent ne revêt de sens que s’il est vécu dans l’amour(…)».

Un vieux proverbe nous raconte que les talents de quelqu'un ne sont jamais assez reconnus par les siens. Et naît la bulle internet ! Et l'idée d'y écrire à l'intérieur comme dans une bande dessinée me brûle les doigts et m’asperge l’esprit aussi d'y voir toutes ces images fixent ou animées.
J'emmagasine et j'attends une brûlure vive pour que quelqu'un, ou soyons fous, pour que tout le monde reconnaisse mes cris mon écriture ... Virtuellement, certes mais c'est toujours ça de pris.
De toute façon, l'écriture reste virtuelle, elle n'est qu'un support à l'action. Et c'est grâce à l'action que l'homme survit.
Sur la toile du web, il y a tant d'horizons, d'origines, d'amour et de haine toutes ces contradictions ne peuvent pas mentir. Il ne faut pas être dupe, juste un peu rêveur et savourer l'instant, car bien souvent la mariée est trop belle.

Quand la brûlure est artificielle car avec le temps j'ai appris à doser mon exposition, je me soigne en restant près du feu de l'automne à l'hiver pour finir de consommer les calories en trop, c'est ma cure de jouvence et d'espoir, un remède assainissant à la fois spirituel et corporel.

Et vous êtes heureux, le temps passe et lorsque vous démarrez pour arrêter cet amour sous la fenêtre, l'écran redevient noir comme l'espoir d'y avoir cru.

Mais quoiqu'il arrive la poésie reste belle, même la nuit ; et il suffit de lire dans les étoiles, les messages subliminaux que les anges nous envoient et attendre l'archange qui nous les sublime à travers nos sentiments.
Si l'on est curieux et généreux, les anges savent nous récompenser à notre juste valeur.

Et je viens de glisser un dernier mot sans être le chevalier de l'ordre du mérite ; je ne suis qu'un poète clandestin qui navigue sans sextant sur cette pluie d'automne où l'encre se dilue moins vite que mes pensées. Alors je m'accroche aux dernières feuilles qui tourbillonnent dans ce vent chaud et humide automnal. Et là l'homme rayonne et se questionne pour savoir où est notre terre promise.

Et c'est à cette minute que j'appelle encore une fois la chanteuse dérivant sur le lac des cygnes qui chante sans cesse les cendres, le sang, la haine entre les lignes, d'enfants aux blessures de feu, sous son limpide ciel bleu. Et au sortir de la vague déferlante, je la supplie de leur offrir une étoile et de leur immerger une lumière céleste sur leur miséreuse île ; de délivrer ces enfants de la peur un nouveau monde sans armures et une perle d’émeraude enchâssée dans un écrin de verdure.
Aidez-moi à les sortir de la cité oubliée où les arbres sont en béton mâché ; où la mauvaise herbe pousse entre le bitume volatilisé ; où le loisir est le plaisir de se sacrifier et où leurs rêves s'épuisent à forcer la porte de la cage d'ascenseur. Comme s'ils ne voulaient plus s'envoler en apesanteur.
Tague-leur sur le champ une étincelle de fierté et dessine-leur une clé de voûte sur une arche de fraternité.

Et je me souviens qu'ici, près du lac au fond de l'allée derrière un portillon en bois gris, se tenait un beau verger bordé d'un majestueux platane.
Allongé sous son ombre de titane, des songes en mots au jus de citron, j’ai gravé sur son tronc tous mes mots d’amoureux dans la joie dans la peine d'être né libre et heureux. Et toujours il me rappelle la liberté de penser sous la grâce de la belle.
Ce soir je suis passé près de lui, seul dans la nuit. Une nuit de pleine lune ce soir, j’ai recouvert mes yeux d'un voile superstitieux et ses branches chuchotaient comme si elles m’appelaient : « Tout contre moi mon ami, tu trouveras la force un coin de paradis ».
Et la brise légère continue à chanter sous ses feuilles devenues ombrage, tout droit sur mon visage. Mon esprit chagrin s’envola, je ne l’ai pas accompagné sur le lac des cygnes tant aimé.
Aujourd'hui mon platane vient d'être coupé, vingt ans après le verger où la cité est née. Pour voir à la place pousser un amas de tôles ondulées où ils vendent des fruits provenant des quatre coins du monde ; où ces racines vivantes chantaient hier encore la vraie nature du monde.

Et si l'homme de génie inventa la roue, il a inventé aussi le mépris et le dégoût envers la terre qui ne tourne plus dans le bon sens.
Mes racines mourront-elles sans qu'il en prenne conscience et ma révolte partira-elle en fumée ?
Sans doute sous le joug coupable d’une humanité anesthésiée et par une planche à billets lobbyistes nébuleuses.

Et me voilà au cœur d’une légende comateuse, où mon pèlerinage poétique contre le mal, se métamorphose en un voyage astral m’infligeant des blessures de trompe-la-mort ; je le sens dans mon corps qu'un déchirement envahit mon être argileux. Je vois ma chair qui saigne, mes os se tordent frileux et des poils me recouvrent le visage.
Me transformerais-je en loup-garou ? Serais-je devenu un esclave parmi les loups ? Où sont mes philtres magiques intemporels ? Où est mon aspect contemplatif originel d’homme cueilleur pieds nus et libre ?
Je ne cherche qu'un brin d’herbe en équilibre. Je ne suis pas un apôtre logorrhée, je suis juste un poète concerné qui ne baissera pas les mains ni les yeux même devant le diable et Dieu.
Certains me disent que si je continue à cimenter cette bulle d'amour je vais finir chez Eiffage prisonnier dans le béton ... Comme constructeur de châteaux de cartes !
Mais je ne vois rien dans les cartes, je vois seulement un bout de terre dans une bulle encore belle et humaine ...
Alors je m'y accroche et je vous y invite en essayant d'écrire et de construire votre vie dedans en prenant garde à cette mariée trop belle qu'est internet et de se rappeler que nul n'est prophète sur terre ; car même si l'homme sait faire des bulles avec un chewing-gum, bien souvent elles lui éclatent au visage.
Et c’est le vol au-dessus du lac des cygnes à la rencontre du troisième type. Un jour de départ sous un grand ciel bleu. Un bleu outremer intense couronnant les montagnes brunes vêtues d’une couverture blanche avec à l’horizon une ligne épaisse grise et franche.
Annoncerait-elle déjà l’arrivée du mauvais temps au profil inquiet de mes yeux ?

Je les ferme un instant pour oublier et décolle sans en connaître la raison. Libéré de la gravité, je gagne l’apesanteur sans contre-épreuve, mon corps fait corps avec cet esprit invisible en combinaison venu d’ailleurs les bras et les jambes écartés comme l’homme de Vitruve.
Je flotte comme la plume d’un cygne au-dessus du lac d’Annecy.
Serais-je en train de danser à mille pieds le ballet de Tchaïkovski ?
Lecteur rappelle-toi de la visse aérienne de Léonard de Vinci.
Serais-je vu de la terre habillé de cette invention d'un blanc immaculé et toujours en vie ou suis-je tout simplement un fou du volant en plein ciel nerveux ?
Je suis un être à la fois pur tendre léger volatile voluptueux et nuageux. Je ne suis pas Alphonse de Lamartine au bord du lac du Bourget mais un ovni croisant pavillon sur « les pages web poétiques » pour mon culte éternel à la poésie. Et d'elle de mon manège romantique et virtuose qui ne s’achèvera pas ici en plein vol si j’ose en névrose pour proclamer mon amour fidèle à la chose.
Je n'ai plus aucun trouble même les pieds dans l’eau.
Je les garde sur terre avec mon petit oiseau sans appréhender le moindre nouveau trouble.
Et le clan est né, cette idée nouvelle de ne plus reculer mais d’avancer. Et j’écris une lettre enluminée pour le paradis car j'ai toujours pensé que ce qui donnait un sens à la vie d'un homme, c'était de protéger une femme :

« Serais-je une enveloppe au bout d’une corde
Sans adresse ni destination
Sans timbre de voix en ballade
Une simple lettre écrite au jus de citron
Serais-je une ombre au bout d’un chemin
Sans traces ni flambeaux à nos pas
Sans signal de détresse enfin
Un ver luisant comme seul repas
Serais-je une stèle au bout d’une scène
Sans décor ni sujet d’adaptation
Sans lumière à l’ombre obscène
Une statue démembrée en perdition
Serais-je une mèche au bout d’un fumigène
Sans amour ni trait d'union
Sans fluide pour nourrir mes veines
Un cerveau asséché en irrigation
Serais-je une carpe au bout du fleuve
Sans oxygène ni hameçon polymère
Sans mots immergés à mes épreuves
Une langue endormie sous une surface amère

Et puis le coup de tonnerre la femme tant désirée
Née pour m'aimer à tort ou à perdre la raison
Née pour cultiver jour et nuit une destinée
Née pour vivre et mourir ensemble une passion
J'oblitère la flamme de son sceau d'espoir
La foudre joyeuse cautérise mon âme écorchée
L'adresse s'inscrit sur mon miroir
L’écriture apparaît sous le feu de cette illuminée
Elle a des yeux merveilleusement remplis d'humanité
Deux astres radieux étincellent ma pénombre
Théâtre sublime d'un cœur réanimé
Eblouie mes poèmes épicées de novembre
La bonté qu’elle envoie m’irradie
Je ne vois plus qu’elle en fermant les yeux
Déesse limpide à la pureté infinie
Corps de sagesse providence des cieux
Elle guide ma pensée sous sa bonne étoile
M'aperçoit rêver imaginer jubiler
Se rapproche cachée derrière mon voile
Et sème mes cendres fertiles en gaieté
Je reprends le souffle à nouveau
Réinvente le sel de la vie
Surfe sur les flots à nouveau
Revis ... et vive la vie ».

Et une voix lointaine proche de l’ancien verger répond : « J'aime le doute qui se profile à chacun de tes vers puis l'amour comme une révélation, ta muse a su t'inspirer un très beau poème ».
Et je me dis, si la perfection n'était pas chimérique, elle n'aurait pas tant de succès.
Comme il n’y a qu'un remède à l'amour : aimer davantage car l'amour excuse tout dans un cœur enflammé. Enfin j’ose l’imaginer.
Et si on parlait de l’année bissextile ; c’est une année comptant 366 jours au lieu de 365, tous les quatre ans, il a une année comprenant un 29 février, ce qui entraine une moyenne de 365,25 jours. On résout ce problème en comptant tous les quatre ans un jour de plus. Tout le monde s’en fout et si on changeait d’heure ?

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