
Quand vous viendrez à Penetralia
Dans le trouble brûlant de l’été,
Vous ne manquerez pas
Ce sublime bronze,
Au creux de l’oreille
Du grand pavillon blanc.
Cherchez-le bien,
En silence.
Il est dans mon jardin de curé,
Derrière la colonie d’agapanthes violines,
Sur la gauche,
Lumineux,
Discret,
Et puissant tout à la fois.
Le bronze est là,
Sous vos yeux,
Solaire et pervers,
Comme un habitant secret du jardin,
Un jardin de senteurs qui recueille,
Dans sa matière veloutée,
Le ciel et la verdure.
Ce beau corps des limbes,
Cru et ironique,
Au terme d’un long chemin
Pavé des plus grands succès,
Une présence qui détonne.
Et vous,
Incandescente apparition,
Allongée sur l’autel,
Le corps rutilant,
Enlaçant la beauté
De ce bronze dressé,
Comme un dialogue muet
Entre la chair et le bronze,
Où la force se fait caresse
Et la lumière demeure.
Regardez ces formes mobiles,
Suspendues dans l’air du plafond
De ma Chapelle Sixtine,
À l’aplomb du débat,
Dont l’une, faite de coquilles d’œufs,
Maintenue par un fil d’or,
D’une fragilité extrême,
D’une générosité égale.
Je vous le confie :
Il vous attendait.











