Qui suis-je ?
- James perroux
- La poésie est une suspension du temps, une clarté fugitive posée sur le monde. Un puits sans fond où puiser, sans mesure, la palette entière des émotions humaines. J’essaie, sans reprendre la recette des éloges, d’écrire de la poésie — ou du moins de m’en approcher, de frôler ce qui, pour moi, en porte le nom. Je me love dans cette matière à la fois sibylline et mouvante. Sibylline, parce qu’elle me parle dans une langue étrange, souvent indéchiffrable. Mouvante, parce qu’elle m’échappe, indomptable, refusant toute maîtrise. À la hauteur de mes moyens, j’essaie simplement d’être celui que je choisis d’être : le témoin de ce qui m’habite et de ce qui m’entoure. Je ne suis rien de plus qu’un être en besoin d’expression, offrant ce que la vie consent à me laisser croire, ressentir et partager.
Vous trouverez sur ce blog toutes mes humeurs poétiques, de la poésie plus ou moins libre selon l'état d'esprit du moment...
« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »
Si vous souhaitez lire l’essentiel, cliquez sur l’onglet « tous mes recueils en libre accès sous format PDF »
Les écrits et les illustrations numériques sont de ma plume. Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont j’ignore les auteurs ; je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer. Il peut arriver aussi qu'un vers se glisse et qu'il ne m'appartienne pas, par pur hasard ou pas, je l'indique lorsque je pense qu'il en est nécessaire. En bas du blog, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre... Attention je ne tiens pas à jour tous les liens... Et souvenez vous que la poésie est une suspension qui éclaire le monde !
Copyright numéro 00048772-1
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Tous mes poèmes
samedi
Si les choses avaient des ailes
jeudi
L'invitée fragmentée
Pas dans la tête, plus bas, là où ça fond sans bruit.
Elle circule comme si elle savait rester sans jamais se noyer.
Et l'amour ne marche pas droit.
Il dérive, bête marine, sans contour.
Je la regarde.
Sa tête cherche des lèvres
et j'embrasse non pas une bouche,
mais une lumière qui hésite à devenir matière.
Insomnie.
Le téléphone a redémarré tout seul.
Le corps devient trop étroit pour la nuit.
Ça cogne contre les parois internes, ça insiste, ça colle.
On recouvre nos nuits de draps blancs en croyant disparaître.
Mais quelque chose revient toujours :
une buée, un reste, un minuscule animal sous la glace.
Ça craque.
Ça brûle froid.
Et ça dit : continue.
Alors j'obéis.
Je laisse derrière des silhouettes incomplètes.
Certaines tiennent debout une seconde,
puis se défont sans bruit dans la pièce.
La boue devient mousse sous mes pas imaginaires.
Je tiens mal la nuit elle tient mieux que moi.
Je tiens.
J'avale des flocons.
Écrire n'est pas un choix.
C'est rester.
Quand je ne peux plus, j'écris quand même.
Je dérive sur une mer immobile, page ouverte.
Et l'invitée est encore là.
Pas une présence. Pas une idée.
Un battement sans origine.
Puis quelque chose bascule.
Elle ne tient plus dans la forme.
Elle devient eau.
Je n'ai pas répondu.
Il y avait un message non lu que je n'avais pas ouvert.
Paume ouverte (Chanson)
Avec les yeux — peut-être —
quelque chose s’arrime
sec, presque coupant,
à la lisière des cils.
Puis ça décroche.
Sans prévenir.
Comme une trace de froid
qu’on croit tenir
et qui glisse hors du contact.
Je ne sais pas où ça bascule
quand ça cède —
mais la paume, elle,
reste entrouverte,
habitée d’un reste de chaleur
qui ne correspond plus à rien.
Sur les doigts,
une odeur âpre,
comme si la peau avait frotté
contre une pièce trop longtemps oubliée.
Dans la gorge :
une vibration basse,
pas un son —
plutôt un animal immobile
qui refuse de partir.
Puis la lumière tranche.
Net.
Comme si l’espace lui-même
se retirait d’un coup.
J’ai voulu serrer.
Les phalanges blanchissent —
ça imprime,
ça entame,
mais ça ne retient rien.
Alors je laisse passer.
De travers.
Ça accroche.
Les mots viennent en morceaux,
comme une présence collée au noir —
on la devine dans la pression de l’air
avant qu’elle prenne forme,
sans savoir
si elle tiendra.
Parfois je m’acharne.
Je pousse —
et tout se défait d’un bloc.
Alors j’abandonne.
J’attends
que ça lâche de l’intérieur,
que ça desserre
ce nœud têtu
dans la poitrine.
Accepter
de ne pas localiser
ce qui insiste,
ni même ce que c’est.
Et quand enfin ça affleure,
c’est déjà hors de portée :
il n’y a plus de prise.
C’est passé.
Le corps, lui,
réagit trop tard —
comme s’il reconnaissait
une empreinte retirée.
Mais déjà
ça n’a plus de forme.
Combustible d'un parfum (Chanson)
Chair contre chair
dans la nuit tiède
nos corps parlaient
sans faire de bruit
Un souffle ouvert
un feu qui cède
et tout vacille
quand tu me suis
Sous les étoiles
je t’ai goûtée
comme une faille
dans la clarté
Et nos deux cœurs
à la dérive
cherchaient encore
à rester libres
Chair contre chair
combustible d’un parfum
Te souviens-tu
de ce vertige en nous
Nos cœurs dans l’air
emportés plus loin
Encore et encore
hors du temps
Cheveux mêlés
lente collision
une main nuit
l’autre horizon
L’aube hésitait
sur nos épaules
et la lumière
nous rendait fauves
On respirait
cendre et neige
un monde étrange
au bord du rêve
Et sans défense
sans détour
on s’inventait
un autre jour
Chair contre chair
combustible d’un parfum
Te souviens-tu
de ce vertige en nous
Nos cœurs dans l’air
emportés plus loin
Encore et encore
hors du temps
Combien de temps
seras-tu refuge
contre le vent
Combien de temps
seras-tu lumière
dans le présent
Toi, entre fleur et arbre
moi, suspendu à ton odeur
Tu me souris
mais le temps insiste
Chair contre chair
combustible d’un parfum
Te souviens-tu
de ce vertige en nous
Nos cœurs dans l’air
emportés plus loin
Encore et encore
hors du temps
La forêt a pris feu (Chanson)
Sur moi les griffes de la nuit
Un trou noir dans le silence
Un refuge d’écorce et de bruit
Je compte mes doigts sur le sol
Je suis une arme fatiguée
Debout sans vraiment comprendre
Et je tombe encore une fois
Sans savoir pourquoi
La forêt a pris feu
La forêt a pris feu
Les branches sont hors-la-loi
Et mes yeux s’ouvrent ailleurs
La forêt a pris feu
Le temps ne tient plus debout
Je perds mes repères dans le bois
Et je m’échappe de tout
Ça monte derrière mes yeux
Comme une fièvre lente
Des images qui cherchent le sol
Des murs ouverts dans ma tête
Ton nom passe comme un éclair
Sur une veine trop rouge
Et tout devient horizontal
Même le chaos bouge
La forêt a pris feu
La forêt a pris feu
Les branches sont hors-la-loi
Et mes yeux s’ouvrent ailleurs
La forêt a pris feu
Le temps ne tient plus debout
Je perds mes repères dans le bois
Et je m’échappe de tout
Réduire le champ de bataille
Juste toi, juste moi
Revenir à l’origine
Sans bruit autour de nous
Faire taire les éclats
Respirer sous la peau
Avant l’impact, te voir rougir
Et tout recommencer
Entre les draps de soie
Je monte lentement
Vers un sommet de vertige
Où tout devient vivant
Tes gestes font des prières
Dans un langage sans nom
Et mon corps devient multiple
Perdu dans ton frisson
Putain mon dieu, qu’est-ce que tu fais
Là, maintenant, contre moi
Ça brûle encore dans mes veines
Et ça s’ouvre en toi
La forêt a rendu son jugement
Mais je ne sais plus pourquoi
Un rêve bleu au bord du jour
Nous retient encore là
*
Version 2
Sur moi les griffes de la nuitUn trou noir dans le silence
Un refuge d’écorce et de bruit
Je m’efface sous le sol
Je suis une arme fatiguée
Debout sans comprendre
Je tombe encore
Dans un vide sans fond
La forêt a pris feu
La forêt a pris feu
(silence / suspension)
Et personne ne m’entend
La forêt a pris feu
Le temps ne tient plus debout
Je perds mes repères
Dans le bois qui me fuit
Ça monte derrière mes yeux
Une fièvre sans forme
Des images contre la peau
Et tout se fissure en moi
Ton nom traverse — éclair froid
Sur une veine trop rouge
Et tout bascule sans bruit
Même le chaos recule
Réduire le champ de bataille
À la distance de nos doigts
Faire taire le monde entier
Dans ton souffle contre moi
Suspendre l’impact du monde
Dans la chaleur de ta peau
Voir naître un incendie lent
Sans qu’il monte trop haut
Entre les draps de silence
Je monte lentement
Vers un vertige immobile
Où tout devient brûlant
Tes gestes font des prières
Dans un langage sans nom
Et mon corps se défait
Perdu dans ton frisson
Mon dieu — dis-moi
Ce que tu fais de moi
Ça brûle encore
Mais personne ne m’entend
La forêt a rendu son jugement
Je ne sais plus pourquoi
Un rêve bleu au bord du jour
Nous retient encore là
mercredi
L'angle mort du jour (Chanson)
je t’ai trouvée.
Pas comme on trouve —
avant même d’ouvrir les yeux.
Tu n’es pas une lumière,
tu es ce qui la rend nécessaire.
Depuis,
le vent a oublié comment parler,
il bégaie ton absence
dans mes oreilles pleines de toi.
Tu t’es installée
dans mes silences les plus précis,
ceux que je gardais
pour ne pas tomber.
Et maintenant,
je tombe —
Tu es ce lac
que même les déserts n’osent imaginer,
une contradiction vivante,
une réponse sans question.
Je m’accroche à toi
comme une idée refuse de mourir,
comme une racine
perce la pierre sans demander pardon.
Et mes nuits…
mes nuits ne dorment plus.
fait semblant d’avancer,
mais il ment.
Parce qu’à chaque seconde avec toi,
il hésite.
Dis-moi —
Ou simplement un regard de plus
posé sur tes tempêtes ?
Et toi…
es-tu cette folie douce
qui m’apprend enfin
à ne plus me retenir ?
Parce que depuis toi,
je ne suis plus entier —
je suis vivant.
mardi
Les restes de lumière sous la peau
quelque chose s’arrime
sec, presque coupant,
à la lisière des cils.
Puis ça décroche.
Sans prévenir.
Comme une trace de froid
qu’on croit tenir
et qui glisse hors du contact.
Je ne sais pas où ça bascule
quand ça cède —
mais la paume, elle,
reste entrouverte,
habitée d’un reste de chaleur
qui ne correspond plus à rien.
Sur les doigts,
une odeur âpre,
comme si la peau avait frotté
contre une pièce trop longtemps oubliée.
Dans la gorge :
une vibration basse,
pas un son —
plutôt un animal immobile
qui refuse de partir.
Puis la lumière tranche.
Net.
Comme si l’espace lui-même
se retirait d’un coup.
J’ai voulu serrer.
Les phalanges blanchissent —
ça imprime,
ça entame,
mais ça ne retient rien.
Alors je laisse passer.
De travers.
Ça accroche.
Les mots viennent en morceaux,
comme une présence collée au noir —
on la devine dans la pression de l’air
avant qu’elle prenne forme,
sans savoir
si elle tiendra.
Parfois je m’acharne.
Je pousse —
et tout se défait d’un bloc.
Alors j’abandonne.
J’attends
que quelque chose cède de l’intérieur,
que ça relâche
ce point dur
planté sous les côtes.
Accepter
de ne pas localiser
ce qui insiste,
ni même ce que c’est.
Et quand enfin ça affleure,
c’est déjà hors de portée :
il n’y a plus de prise.
C’est passé.
Le corps, lui,
réagit trop tard —
comme s’il reconnaissait
une empreinte retirée.
Mais déjà
ça n’a plus de forme.
jeudi
Nadine et Bruno Boipeba (Chanson)
La beauté n’habite pas le miroir,
Elle voyage sans dire au revoir,
Comme un oiseau léger, presque invisible,
Elle s’envole vers l’imprévisible.
Elle quitte la peau, douce illusion,
Pour trouver une autre vision.
Dans une pupille étrangère, elle se pose,
Et tout à coup, le monde explose.
Et dans tes yeux, je vois naître
Un feu que je ne peux pas taire,
Un éclat qui me fait renaître,
Comme si tout devenait clair.
Oh Nadine, Bruno, dansez sous la lumière,
Vos regards font tourner la terre entière.
C’est pas le monde — c’est vous qu’on voit,
Quand vos deux cœurs battent comme ça.
Oh Nadine, Bruno, brûlez sans bruit,
Dans cet incendie doux de la vie,
Et que l’amour vous invente encore,
À chaque regard, plus fort, plus fort.
Oh Nadine, Bruno, dancem sob a luz,
Os vossos olhares fazem girar o mundo inteiro.
Não é o mundo — são vocês que vemos,
Quando os vossos dois corações batem assim.
Oh Nadine, Bruno, ardam em silêncio,
Neste doce incêndio da vida,
E que o amor vos renasça,
A cada olhar, mais forte, mais forte.
Ce n’est pas le visage qu’on retient,
Mais la flamme qui tremble au loin.
Derrière les yeux de celui qui regarde,
Un univers entier qui s’attarde.
Nous ne sommes que des paysages,
Des promesses, des mirages,
Et l’autre devient notre ciel,
Celui qui nous rend éternels.
Quand tu me vois, je deviens
Tout ce que je n’étais pas encore,
Et ton amour trace le chemin
Vers un horizon plus fort.
Oh Nadine, Bruno, dansez sous la lumière,
Vos regards font tourner la terre entière.
C’est pas le monde — c’est vous qu’on voit,
Quand vos deux cœurs battent comme ça.
Oh Nadine, Bruno, brûlez sans bruit,
Dans cet incendie doux de la vie,
Et que l’amour vous invente encore,
À chaque regard, plus fort, plus fort.
Oh Nadine, Bruno, dancem sob a luz,
Os vossos olhares fazem girar o mundo inteiro.
Não é o mundo — são vocês que vemos,
Quando os vossos dois corações batem assim.
Oh Nadine, Bruno, ardam em silêncio,
Neste doce incêndio da vida,
E que o amor vos renasça,
A cada olhar, mais forte, mais forte.
Et si demain, tout change autour,
Gardez ce feu, gardez l’amour.
Car dans les yeux de l’un et l’autre,
Vous êtes déjà mille vies, mille nôtres.
Oh Nadine, Bruno, chantez à pleine voix,
Que le monde danse avec vous ce soir-là,
Car la beauté vit là, entre vous,
Dans chaque regard un peu fou.
Oh Nadine, Bruno, que ça dure toujours,
Ce feu léger qu’on appelle amour,
Et que vos yeux, à chaque détour,
Réinventent le monde autour.
Oh Nadine, Bruno, cantem a plenos pulmões,
Que o mundo dance convosco nessa noite,
Pois a beleza vive ali, entre vós,
Em cada olhar um pouco louco.
Oh Nadine, Bruno, que isso dure para sempre,
Essa chama suave a que chamamos amor,
E que os vossos olhos, a cada recanto,
Reinventem o mundo à vossa volta.
mardi
On n’apaise pas la nuit
jeudi
Souffle qui respire
plis du drap, matin suspendu.
Quelque chose glisse
dans la pliure du cœur,
silence qui respire.
Les mots tremblent,
tombent —
poussière de feuilles mortes sur la pierre froide.
Parfums collés aux regards,
visages aimés suspendus
dans le souffle gelé que je traverse.
L’incertitude roule sous mes pas,
routes sans balises,
horizons effacés.
Départ incandescent :
un train s’élance,
la lumière le dévore,
la terre fond derrière lui.
Chaque seconde goûte
sa première fois,
murs d’arbres serrés
comme des mains qui protègent
du mistral et du sirocco,
tous ces frissons qui me traversent.
Mille gestes invisibles
me pardonnent
d’être machine à poèmes :
inspirer comme pour respirer la vie.
Berceau en cicatrices.
Matin suspendu.
Quelque chose glisse
dans le cœur.
Silence.
Mots tombés —
feuilles mortes
sur pierre froide.
Visages.
Un souffle gelé.
Routes sans signes.
Un train —
lumière.
La terre disparaît.
Une seconde.
Des arbres serrés
comme des mains.
Le vent passe.
J’inspire.
Encore.
mercredi
Quelque chose veille
mardi
La neige tient encore
jeudi
Le silence à des dents
parce que le silence a des dents,
entre tes pensées.
Le canapé t’engloutit jusqu’aux genoux,
l’horloge mastique les secondes
comme un chien affamé sous la table,
ses dents claquant dans le vide.
L’écran s’allume :
un œil de néon crache des visages flottants,
ombres qui se débattent
dans des vies volées.
Les images tombent,
pluie d’aluminium froissé,
scintillante, crépitante,
tranchant tes yeux et ta peau,
empoisonnant tes oreilles,
et la pensée tente de pousser
comme herbe verte
entre les dalles sèches d’un monde cassé.
La lampe penche la tête,
comme un vieux sage épuisé
qui voit tout et ne dit rien.
Tu regardes la télé —
parce que l’ennui est un serpent invisible,
serpentant dans la pièce,
reniflant, froissant tes idées,
sifflant entre tes côtes.
La télé n’est qu’une boîte lumineuse
où l’on jette des poignées de lumière
Mais parfois,
entre deux publicités,
un silence tombe de l’écran
comme une pluie noire.
Pendant une seconde,
le monde entier devient
une question oubliée,
une brûlure douce derrière les paupières,
un souffle où la pensée
pousse enfin, sauvage,
comme un feu vert à travers la poussière.
lundi
Cliché d'hiver (Chanson)
L’heure est d’atteindre le jour
À l’interstice azur
L’air me chante une chanson d’amour
De cette lumière
Enveloppée d’une grâce mystérieuse
Naissent des images majestueuses
Dont les filigranes s’envolent
Jusqu’au bain migrateur
Où des yeux d’outre-mer
S’immergent à la marine
Lucide et vertigineuse
Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et si le vent emporte nos heures,
Qu’il garde au moins cette lueur :
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson d’amour.
À l’orée du syndrome
Fragilité aérienne
L’amour est bien cet aéronef
Où les nuages
Boivent le suc laiteux des anges
Hument leurs encensés parfums
Et passent au-dessus du monde
Comme des rêves sans fin
Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et si le vent emporte nos heures,
Qu’il garde au moins cette lueur :
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson d’amour.
Si hier
Au crépuscule du foyer condamné
De la chambre noire
La libellule changeait de cadre
Se détestait
Parlait toute seule
Je veux qu’on me laisse
Avec mes grains scarifiés
Qui protègent mes ailes
Du cyclone humain
Aujourd’hui
À fleur d’espérance
Au sein de son anticyclone
Le cliché d’hiver la réconforte
Sous son ciel de lit en bois de rose
Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et quand quelqu’un frappera à la porte,
Que la mémoire nous emporte,
Car la diapositive dans nos cœurs
Reste reine du monde disparu
À quelques centimètres du vide... « Suspendre le temps »
Le matin est un poisson violet
Qui nage dans les coins de sa chambre.
Le chat à trois yeux a oublié son nom
Et ses chaussures ont disparu sous le plafond.
Sa peau flotte dans un verre d’eau
Où nagent des horloges molles
Qui comptent les battements d’une étoile cassée.
Le vent souffle des lettres mortes
Dans les interstices de ses doigts.
Les lampadaires ont des visages
Et sourient quand le bitume éternue.
Le soleil pèse des oranges rouges
Dans sa poitrine
Et le ciel a des cordes
Pour tirer les souvenirs
Hors de ses cheveux.
Elle marche sur des rivières figées
Qui rêvent de marcher à sa place.
Ses gestes deviennent des constellations
Et chaque étoile est un souffle
Qui la retient ou la repousse.
Rien ne fuit.
Rien ne reste.
Tout tremble
Dans un battement trop grand pour sa cage thoracique.
Changer ?
Changer est une tache d’encre
Qui se dilue dans le vert des murs
Et se moque de ses pieds nus.
Elle suspend le temps
À quelques centimètres du vide
Où les pierres rient et les nuages hurlent
Que tout est déjà arrivé
Avant d’être imaginé.
Et peut-être que tenir
N’est pas respirer
Mais se fondre
Dans le fracas
Et la lumière
Et l’absence.
*
Version 2
Mais le trottoir parle encore.
Rien n’a changé.
Alors elle se tait.
Le matin est un poisson violet
qui nage dans les coins de sa chambre.
Le chat à trois yeux a oublié son nom,
et ses chaussures se sont glissées sous le plafond.
Sa peau flotte dans un verre d’eau
où nagent des horloges molles
qui comptent les battements d’une étoile cassée.
Le vent souffle des lettres mortes
entre ses doigts.
Les lampadaires ont des visages
et sourient quand le bitume éternue.
Le soleil pèse des oranges rouges
dans sa poitrine.
Le ciel a des cordes
pour tirer les souvenirs
hors de ses cheveux.
Elle marche sur des rivières figées
qui rêvent de marcher à sa place.
Ses gestes deviennent des constellations,
chaque étoile un souffle
qui la retient ou la repousse.
Rien ne fuit.
Rien ne reste.
Tout tremble
dans un battement trop grand pour sa cage thoracique.
Changer ?
Changer est une tache d’encre
qui se dilue dans le vert des murs
et se moque de ses pieds nus.
Elle suspend le temps
à quelques centimètres du vide,
où les pierres rient
et les nuages hurlent
que tout est déjà arrivé
avant d’être imaginé.
Et peut-être que tenir
n’est pas respirer,
mais se fondre
dans le fracas,
la lumière,
l’absence.
jeudi
La pluie apprend à hurler
Le jeune loup est tombé,
Ou peut-être n’est-il jamais né.
Les arbres se penchent pour écouter le silence,
Comme si le monde retenait son souffle.
Les feuilles deviennent vent.
Les racines s’ouvrent comme des mains dans la terre humide.
Le ciel pleure à rebours,
Et les étoiles se défont lentement dans l’ombre.
Un rapace tourne.
Le temps, sous ses ailes, se relâche et coule.
Ses yeux sont deux astres éteints.
Son cri fend l’air… Puis plus rien.
Les chiens errants avancent sans bruit.
Leurs crocs ne blessent plus :
Ils dessinent des signes invisibles
Sur la peau du sol.
Les biches et les cerfs se dénouent dans la brume.
Leurs ombres glissent vers les rivières
Et s’y déposent comme un secret.
Le jeune loup traverse les saisons
Comme une cendre portée par le vent.
Ses pattes frôlent des restes de mémoire.
Ses yeux — deux lueurs fragiles —
Cherchent un reflet dans l’eau noire.
Hurler serait inutile.
Les hurlements descendent dans la terre.
Ils deviennent racines.
Les racines deviennent paroles.
Les paroles se dissolvent en pluie,
Et la pluie recommence la forêt.
J’écris avec la sève des feuilles.
Je lis les branches lentement.
Je parle aux pierres.
Parfois, je me tais.
Chaque souffle est un vers.
Chaque pas, une strophe brève.
Le jeune loup marche dans mes phrases
Sans laisser de trace visible.
Rien ne sera plus jamais pareil.
Le sol respire doucement.
Les arbres rêvent debout.
Les rivières hésitent avant de couler.
Et moi, je marche parmi leurs ombres,
La voix du loup ouverte en lumière discrète
Qui tombe, simplement,
Sur mes paupières closes.
L’amour traverse les ombres
Qui traverse les ombres.
lundi
Bleu
Bleu,
Souffle froid
À l’horizon de mes artères.
Pourpre aux joues
Nées des premiers frimas.
Tu descends.
Silence
Sur mes tempes agitées.
Bleu,
Distance presque irréelle,
Clarté d’un ciel
Où ma pensée se défait.
Rêve cristallin
Au bord de ta bouche,
Qui t’a initiée
Aux hauteurs sans retour ?
Bleu.
Tendresse nue.
Turquoise frôlant nos âmes
En secret frisson.
Tu poses une eau fraîche
Sur la braise du front.
Nos fièvres reculent.
Bleu,
Peau d’air tendue
Sur la lumière.
Onde brève.
Tu révèles
Ce qui tenait dans l’ombre.
Tu passes
Et mon regard s’abîme
En ton possible.
Bleu,
Drap froissé d’une nuit originelle,
Éclat d’amande et de saphir clandestin.
Parure offerte
À la gorge secrète de la lumière.
Source sans visage.
Laisse-moi
Me dissoudre.
vendredi
L'énigmatique Elle
mardi
Ce n’est pas la Belle qui tremble
lundi
On dit que tout va bien
On dit beaucoup de choses
Quand on n’écoute plus rien.
Pas dans le sang.
Dans la fatigue.
Des classes pleines.
Des têtes lourdes.
Des cerveaux en veille.
On apprend à cocher
Avant d’apprendre à douter.
On apprend à répondre
Avant d’apprendre à questionner.
On fabrique des compétences,
Pas des consciences.
Des profils,
Pas des esprits libres.
La colère naît tôt.
Très tôt.
Elle est déjà là
Au berceau.
Mais sans carte.
Sans nord.
Sans main tendue.
Elle brûle.
Elle éclaire.
Puis elle consume
Celui qui la porte.
D’ouvrir les mains
Avant de lever le poing.
Si on accepte
De penser ensemble
Avant de s’affronter.
Parce que la solution
N’est peut-être pas
Dans ce qu’on crie…
Où on recommence
À s’écouter.
On dit que tout va bien.
Comme si on fermait les volets trop tôt,
pour ne pas voir la lumière qui baisse.
On dit que ça va passer,
comme une averse d’été,
alors que l’humidité reste dans les murs.
On dit beaucoup de choses.
Des mots qui tombent juste,
mais jamais au bon endroit.
La culture ne meurt pas.
Elle fermente.
Comme un fruit oublié derrière une vitre,
trop mûr pour être mangé,
pas assez mort pour disparaître.
On crée. Ou plutôt —
on remplit le vide avec du bruit.
Avant, fragile.
Aujourd’hui, sûr de plaire.
Par peur. Par fatigue. Par silence.
Je repense à une salle de classe.
Un matin de novembre.
L’air trop chaud, les manteaux encore sur les chaises.
Un élève fixe la fenêtre.
Mais il regarde son reflet.
Comme s’il vérifiait qu’il est encore là.
Un autre scrolle sous la table.
Son pouce a pris de l’avance sur sa pensée.
Quelqu’un répond.
Juste. Rapidement.
La bonne réponse.
Pas forcément la bonne question.
On avance dans le programme
comme on coche une liste de courses.
Comprendre ?
On verra après.
Douter ?
On n’a pas le temps.
L’éducation s’use.
Comme une craie trop courte
qu’on continue d’utiliser
jusqu’à écrire avec la peau des doigts.
On apprend à être fonctionnel.
Efficace. Adaptable.
Et doucement,
presque sans s’en rendre compte,
on devient capable de tout faire
sauf de s’arrêter.
Dehors, les discours tournent.
Droite. Centre. Gauche.
On n’écoute plus pour comprendre.
On écoute pour confirmer ce qu’on savait déjà.
La distance s’infiltre,
comme une fuite lente dans un mur porteur.
La violence surgit.
Dans un regard.
Dans un geste qu’on ne fera pas.
Dans un film au lieu d’un acte.
La colère commence tôt.
Silence trop long. Chaise vide.
Elle éclaire, puis déforme.
Elle désigne des coupables.
Soulage un instant.
Alors — fin ?
Peut-être pas.
Peut-être commence-t-on
par une main ouverte.
Une question posée.
Sans réponse immédiate.
Accepter de ne pas avoir raison seul.
Crier, on sait.
S’opposer aussi.
Écouter vraiment — rare.
Et ça fait peur.
Ce n’est pas une solution.
C’est une responsabilité.
Un espace qu’on rouvre —
sans garantie qu’il reste habitable.
Pour entendre
ce qui était couvert par le bruit.
Et voir,
s’il reste assez de voix
ou de silence
pour recommencer à vivre.
Résonances
Mon travail effaçait les traces de la boue, tandis qu’une petite fille à la chevelure blanche demeurait là, immobile, au milieu des champs de betteraves. Elle aimait la solitude. Elle contemplait la pluie, s’immergeait dans les nuances du soleil, observait le monde avec son chat posé à la fenêtre. Puis elle s’endormait, paisiblement, sur la margelle du temps.
L’éternité, comme les almanachs, semblait avoir atteint sa dernière page. Elle continuait pourtant de hanter les craintifs, les autels des sorcières, les infirmières dévouées et les amoureux de la mythologie. Si loin et si proche à la fois, elle n’était qu’un bref intermède offert aux cinq sens.
Pendant qu’elle savourait une dernière chicorée, le coin de la pièce se réchauffait lentement. Une libellule s’approchait, réclamant des dettes de caresses, des baisers oubliés, des poésies longtemps retenues.
Ne parlons pas trop. Il n’existe jamais plus de temps que celui qu’il faut pour tout perdre. Dans le sac, je rangeais ce désir discret de contrebande intérieure, tandis que la longévité continuait de nous échapper. Nous ne vivons qu’une fois, et pourtant nous mourons plusieurs fois. Alors, apprenons des maîtres de l’immatériel l’art fragile de prédire sans tromper. Cherchons notre boule de cristal : non pour connaître l’avenir, mais pour déjouer la routine et le conformisme.
Elle est honnête, et je l’accueille.
Elle est empathique, et je l’apprends.
Elle est exigeante, et je l’accepte.
Dans cet accord silencieux, le temps consent enfin à se taire.
Deepfakes ou la libellule du réel
Posée sur le fil du temps.
Mes yeux…
mosaïque,
mille vérités à la fois.
Et pourtant…
je peine
à distinguer l'homme
de son reflet.
Autrefois :
masques immobiles.
Ailes peintes sur du verre.
Aujourd'hui :
ils battent l'air.
Le faux apprend
le vol stationnaire.
Il n’entre plus dans l’image.
Il habite la durée.
Le temps réel :
mare tiède.
Visages synthétiques
vibrent à la surface…
Je vois :
voix sans corps,
corps sans fatigue,
regards qui savent
quand se poser.
Ce n’est plus ressemblance.
C’est chorégraphie.
Gestes répétés,
hésitations copiées…
comme le battement de mes ailes
quand je fais semblant de réfléchir.
Humains…
plissent les yeux.
Scrutent les pixels.
Cherchent des larves
dans une eau troublée.
Moi…
insecte du présent.
Je sais :
ce n’est pas l’image qui ment.
C’est la continuité.
Les défenses viendront d’ailleurs…
Signatures invisibles,
gravées plus profondément
que la lumière.
Machines parleront aux machines.
Pour décider
qui est né
et qui a été calculé.
Moi…
je plane.
Au ras de vos écrans.
Témoin minuscule
d’un monde
où tout peut imiter le vivant
sans jamais mourir.
Depuis mon fil fragile :
mensonges battent des ailes…
l’humanité devra apprendre
à vérifier avant de croire.
Grave…
mais un peu drôle.
Je suis une libellule.
Et même moi…
je n’avais pas prévu
que les humains
auraient besoin
d’un certificat d’authenticité
pour prouver
qu’ils sont bien réels.
*
Je suis une libellule
Sur le fil du temps
Mes yeux en mosaïque
Voient mille maintenant
Je regarde l’homme
Et son reflet
Deux battements d’ailes
Je ne sais plus lequel est vrai
Refrain
Ça bat, ça bat dans l’air
Le vrai, le faux se confondent
Ça bat, ça bat dans l’air
Même les mensonges ont des ailes
Couplet 2
Autrefois les masques
Dormaient sur le verre
Aujourd’hui ils respirent
Ils savent quand se taire
Le faux reste immobile
En plein vol
Il ne passe plus l’image
Il dure, il colle
Refrain
Ça bat, ça bat dans l’air
Le vrai, le faux se confondent
Ça bat, ça bat dans l’air
Même les mensonges ont des ailes
Pont (parlé ou chanté lent)
Voix sans corps
Corps sans fatigue
Gestes copiés
Regards stratégiques
Ce n’est pas l’image
Qui ment encore
C’est le fil du temps
Qui ne se rompt pas
Couplet 3
Les humains plissent les yeux
Devant l’eau trouble
Cherchent une preuve
Quand tout redouble
Moi je plane bas
Au bord des écrans
Petit témoin fragile
Du présent
Dernier refrain (plus doux)
Ça bat, ça bat dans l’air
Il faudra apprendre à voir
Ça bat, ça bat dans l’air
Vérifier avant de croire
Outro
Je suis une libellule
Je n’avais pas prévu
Qu’il faudrait un papier
Pour prouver qu’on est humain
vendredi
Bise et silence
mercredi
Génération X
Autour de lui, les alliances se dénouent.
Les maisons se vident de promesses anciennes,
les anneaux glissent des doigts,
l’amour change de forme
comme on change de saison.
Les femmes marchent dehors, debout dans la lumière,
leurs pas résonnent sur le pavé du travail,
et le monde, surpris, réapprend son propre équilibre.
La libellule sur son épaule
compte les naissances que l’on retient,
les berceaux restés silencieux par choix,
les ventres qui décident,
la pilule minuscule
comme une planète maîtrisée.
La foule cesse de croître à l’infini,
le futur respire moins vite.
La nuit, des écrans projettent
des enfants au regard d’orage,
innocence retournée comme un gant,
peur mise en scène pour dire
ce que l’on n’ose plus nommer.
Même l’enfance devient un miroir inquiet.
Il a appris autrement.
Pas en ligne droite,
mais en éclats, en détours,
dans une éducation qui ouvre
au lieu de refermer.
Pourtant, les portes se ferment ailleurs,
les écoles dressent leurs prix comme des murs,
le savoir devient altitude,
réservée à ceux qui peuvent grimper.
Puis le bruit sourd des blocs s’effondre.
La guerre froide fond dans les archives,
les ennemis changent de visage,
le monde ne sait plus très bien
contre quoi se tendre.
Alors l’homme regarde la libellule.
Elle ne gouverne rien,
ne possède rien,
mais traverse l’air avec justesse.
Elle lui apprend cela :
vivre dans l’instable,
accepter la métamorphose,
tenir l’équilibre sur l’instant.
Et dans le battement fragile de ses ailes,
il reconnaît sa propre époque —
incertaine, fragmentée,
mais encore capable de lumière.
*
Version Chanson
Cliquez ici pour écouter la chanson
Il avance.
Il avance.
Ailes de verre sur le dos.
Avatar libellule
dans un monde
trop lourd
pour rêver léger.
Ses yeux font double.
Double regard.
Double fond.
Il voit les fissures sous le vernis,
la confiance qui fuit des palais,
les institutions en playback,
où diriger
ne fait plus lever
ni les foules
ni les têtes.
Autour de lui
les liens lâchent.
Les alliances craquent.
Les maisons rendent les promesses,
les bagues glissent,
l’amour mute,
change de peau
comme on change de saison
sans demander pardon.
Les femmes marchent.
Elles marchent dehors.
Debout.
En plein jour.
Leurs pas cognent le pavé du travail,
et le monde, surpris,
boîte,
cherche encore
son équilibre.
Sur son épaule
la libellule compte.
Elle compte ce qu’on retient.
Les naissances suspendues.
Les berceaux muets par choix.
Les corps qui décident.
Une pilule minuscule
pour freiner l’infini.
La foule ralentit.
Le futur
reprend
son souffle.
La nuit,
les écrans vomissent des enfants d’orage,
innocence retournée,
peur scénarisée
pour dire en fiction
ce qu’on tait en face.
Même l’enfance
nous regarde
de travers.
Il a appris autrement.
Pas droit.
Pas sage.
En éclats.
En détours.
Une éducation qui ouvre —
mais ailleurs
les portes se ferment.
Les écoles dressent leurs prix
comme des murs,
le savoir devient une altitude,
réservée
aux grimpeurs.
Et puis—
BOUM.
Les blocs tombent.
La guerre froide fond dans les cartons,
les ennemis changent de masque,
le monde ne sait plus
où poser
ses poings.
Alors il regarde la libellule.
Elle ne gouverne rien.
Rien.
Elle ne possède rien.
Rien.
Mais elle traverse l’air
juste.
Elle lui apprend ça :
tenir dans l’instable,
aimer la métamorphose,
rester debout
sur l’instant.
Battement d’ailes.
Encore.
Battement d’ailes.
Toujours.
Et dans ce fragile mouvement,
il reconnaît son époque :
brisée,
mouvante,
incertaine…
mais encore
capable
de lumière.
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