La dent creuse la mémoire courte.
Qui suis-je ?
- James perroux
- La poésie est une suspension du temps, une clarté fugitive posée sur le monde. Un puits sans fond où puiser, sans mesure, la palette entière des émotions humaines. J’essaie, sans reprendre la recette des éloges, d’écrire de la poésie — ou du moins de m’en approcher, de frôler ce qui, pour moi, en porte le nom. Je me love dans cette matière à la fois sibylline et mouvante. Sibylline, parce qu’elle me parle dans une langue étrange, souvent indéchiffrable. Mouvante, parce qu’elle m’échappe, indomptable, refusant toute maîtrise. À la hauteur de mes moyens, j’essaie simplement d’être celui que je choisis d’être : le témoin de ce qui m’habite et de ce qui m’entoure. Je ne suis rien de plus qu’un être en besoin d’expression, offrant ce que la vie consent à me laisser croire, ressentir et partager.
Vous trouverez sur ce blog toutes mes humeurs poétiques, de la poésie plus ou moins libre selon l'état d'esprit du moment...
« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »
Si vous souhaitez lire l’essentiel, cliquez sur l’onglet « tous mes recueils en libre accès sous format PDF »
Les écrits et les illustrations numériques sont de ma plume. Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont j’ignore les auteurs ; je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer. Il peut arriver aussi qu'un vers se glisse et qu'il ne m'appartienne pas, par pur hasard ou pas, je l'indique lorsque je pense qu'il en est nécessaire. En bas du blog, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre... Attention je ne tiens pas à jour tous les liens... Et souvenez vous que la poésie est une suspension qui éclaire le monde !
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Tous mes poèmes
samedi
« Sur place ou à emporter »
mardi
L’origine continue d’émettre
Un chat bleu traverse l’air,
suspendu à sa propre énigme,
comme s’il apprenait enfin
à voir le monde à l’endroit.
Amalgamé à un trou noir,
le messager du Diable
m’envoie un message bref :
« Tu peux te disperser dans tes vers.
Tes anges savent déjà commander.
Tu finiras dans la même fusion que moi. »
Je lui réponds sans trembler :
ma poésie n’est pas un confessionnal.
Tu peux ouvrir toutes les boîtes de Pandore,
je n’en suis pas issu.
Ni la faute ni la grâce
ne circulent dans mon sang.
Je ne suis ni bien ni mal :
je traverse.
Plus loin que toute flagellation divine,
ou que ses ombres résiduelles,
une altière beauté déplace mes pensées.
Sous mon orage intérieur,
elle ouvre un passage lent
dans la pénombre de l’esprit,
là où le sens se défait
sans se perdre.
Dans ce puits discret des perceptions,
les vagues viennent heurter
le vase clos de la raison
— comme un soupir contre une porte fermée.
L’origine, elle, continue d’émettre.
La filière nucléaire plie sous son propre poids,
les os se dispersent dans la brise.
La voie lactée respire autrement,
et quelque part, un quasar mécanique
chante un Ave Maria sans destinataire.
Mon corps s’accorde au temps nécessaire.
Les mains dans ses cheveux,
la bouche contre sa nuque,
je traverse les trompe-l’œil de la nef.
Tout s’envole au quarante-cinquième parallèle,
dans la brume douce d’un ange qui sourit
à l’angle mort de chaque battement.
Au large de nos bras ouverts,
en pleine lumière,
l’amour de la langue —
vivante, déjà morte —
et celui de la chair, fragile, tenace,
reste une croisière lente
dans des océans sans fond,
sous une lune qui ne conclut rien.
*
Ce poème raconte la tentative de vivre au-delà de la culpabilité, du salut et des explications définitives, en acceptant la précarité du langage, la beauté du monde, la réalité du corps et le mystère d'un univers qui continue d'émettre sans jamais fournir de conclusion.
Au fond, je dirais que le poème défend une attitude existentielle : vivre pleinement sans posséder de vérité ultime. Aimer, écrire, percevoir, désirer, penser, tout en acceptant que l'univers ne fournisse peut-être jamais la réponse finale à la question « pourquoi sommes-nous là ? ». C'est cette absence de conclusion que le poème transforme en beauté plutôt qu'en désespoir.
Sous le bitume les fleurs
Sous le bitume, ça pousse encore,
mais c’est moi qui me souviens pour les décors.
Station Jaurès, un dimanche sans voix,
un chien regarde les rails comme si c’était un choix.
Les trottoirs mâchent des chewing-gums fossiles,
petites lunes noires sous les semelles dociles.
Je reconnais l’odeur d’un vieux café fermé,
celle des matins qu’on a tous ratés.
Un arbre sort d’un parking souterrain,
comme une erreur dans le cahier d’un gamin.
Et moi je marche avec cette histoire bancale,
un peu dedans, un peu hors du banal.
Sous le bitume, je marche sur ce que j’ai oublié en moi.
Sous le bitume, ça pousse encore,
mais pas comme une idée, plutôt comme un effort.
J’entends sous mes pas une mémoire fissurée,
qui refuse de se taire, de s’effacer.
Sous le bitume, je marche sur ce que j’ai oublié en moi.
Et chaque pas sur ce sol fatigué
marche sur un nom que j’ai presque oublié.
Dans l’abribus, une femme parle toute seule à son sac,
elle dit “avant” comme si c’était un endroit intact.
Les murs suintent des jours en retard,
comme des trains qu’on ne prend jamais par hasard.
Je vois un pigeon bloqué dans un escalator,
comme s’il cherchait une sortie hors du décor.
Les feux rouges hésitent avant de céder,
comme s’ils savaient qu’ils allaient trop répéter.
Sous la dalle, j’ai trouvé un vieux jouet cassé…
et une photo d’enfant sans visage daté.
Quelqu’un a vécu là, avant les voitures,
avant qu’on appelle ça “infrastructure”.
Sous le bitume, je marche sur ce que j’ai oublié en moi.
Sous le bitume, ça pousse encore,
mais c’est plus qu’une image, c’est presque un remords.
Je marche dedans sans comprendre pourquoi,
comme si la ville se souvenait mieux que moi.
Sous le bitume, je marche sur ce que j’ai oublié en moi…
et cette fois, je ne sais plus si je marche dessus
ou si ça marche à travers moi.
jeudi
Pas de nues
Mais les yeux, eux, restent debout.
Fixes dans les encadrements,
comme si regarder suffisait à tenir.
Dans la pièce,
le couloir,
la loge...
les murs apprennent vite à ne pas répondre.
Ils ont la patience des choses qui savent.
ne coupe pas le fil,
ne fais pas de bruit dans la phrase des autres,
ne traverse pas les noms.
Les portes se referment comme des paupières fatiguées.
Sans drame.
C’est ce qui rend tout irréversible.
« Malentendu. »
Le mot glisse, bien lavé,
dans la poche des certitudes.
« Impression. »
Comme si voir était une erreur.
« C’est compliqué. »
Et derrière,
plus rien à toucher.
les gestes en trop,
les regards mal alignés,
les phrases qu’on mâche jusqu’à disparition.
On appelle ça « milieu ».
Un mot qui rince sans nettoyer.
Tu dis non —
ça devient angle mort.
Tu dis : « J’ai vu » —
ça devient bruit.
Et plus tu ajustes la phrase,
plus elle s’éloigne de toi.
le silence a des contacts,
des réseaux,
des habitudes.
Il connaît les horaires,
les alliances,
les portes à ne pas nommer.
On ne fait pas de vagues.
On fait carrière.
Jusqu’au jour où une voix traverse mal.
Pas au bon timbre.
Pas au bon endroit.
Alors tout le monde tombe des nues.
sont des habitudes anciennes,
des complicités bien suspendues.
Je quitte le silence (Chanson duo)
la fuite a le goût de la terre.
Je résiste au lent effacement,
à cette usure qui ne fait pas de bruit.
Quelque chose rôde dans la maison,
une noirceur qui recoud les sens
et brouille la mémoire des visages.
Il est difficile de coexister avec cela.
Je préfère parfois disparaître un peu,
n’être qu’un contour parmi d’autres,
un passage sans poids
dans le regard des vivants.
Semblable à une matière oubliée,
je me conserve sous les strates,
à l’ombre lente des fouilles du monde,
loin du jour
et de ce qui insiste encore à exister.
Il y a pourtant cette persistance,
non pas une idée,
mais une tension continue
qui refuse de se dissoudre.
Les fleurs que j’aimais
ont perdu leur langage.
Elles ne racontent plus rien
sinon une couleur éteinte.
Elles avaient le goût des fruits ouverts,
des étés trop pleins,
de mille parfums capables de nommer le monde.
Je ne les reconnais plus.
Je ne le sens plus.
Je ne le suis plus.
Pourtant, dans cette absence sans cause,
un atome surgit de la chair,
un point minuscule,
un souffle qui ne sait pas mourir.
Une vibration légère
traverse le silence.
Je quitte l’immobilité
non pour revenir au monde,
mais pour cesser de lui résister.
À l’aube pluvieuse et rose,
les fleurs du palais oublié
se relèvent sans promesse.
Elles ne reviennent pas : elles insistent.
Une tige fend la poussière,
un parfum rouvre ce qui avait été fermé.
La renaissance n’est pas une idée,
mais une présence qui traverse,
à la fois fragile et insistante,
comme une lumière sans origine.
Et dans le tremblement du monde,
une note simple
se met à exister
sans me demander la permission.
mercredi
Le vide habité
il travaille le vide —
non comme une absence,
mais comme une matière vivante.
Alors la toile se déchire.
Les mots n'y frémissent plus seulement :
ils éclatent.
Étoiles filantes.
Traînées brèves.
Cicatrices de lumière
sur le vaste firmament de l'art.
S'écouleront-ils vraiment,
ces vers nés d'un désert sans promesse ?
Ou demeureront-ils suspendus,
entre deux silences,
comme une gorge hésitant encore à parler ?
L'âme n'est ni jardinier ni troubadour.
Elle sculpte.
Elle fracture.
Elle reflète.
Des miroirs fêlés.
Des paysages sans bord.
Des éclats d'infini
que le regard ne retient jamais tout à fait.
Prenez-les, mais avec lenteur.
Sous l'ombre de la plume palpite un souffle fragile.
Sur le versant des secrets,
là où les paroles préfèrent se taire,
ses ailes se replient.
Au matin, on ne lit pas ces traces :
on les apprivoise.
Une eau de neige descend sur les phrases brûlantes.
Le silence recouvre le trop-plein,
comme on déleste l'âme
d'un bijou devenu trop lourd.
Puis vient le geste patient :
déposer, recouvrir, attendre.
Voile de soie.
Brindilles fragiles.
Jardin d'hiver.
Et le saule,
indocile cette fois,
pleure sans demander la permission.
Alors seulement, sur la mousse ancienne,
les pensées cessent de dériver.
Elles s'enracinent.
Ou peut-être s'effondrent.
Peu importe.
Car c'est dans l'attente que le texte trouve son souffle,
et devient vivant.
mardi
Sans bruit sans geste (Chanson)
Dans l’entrée dort encore l’écharpe
oubliée derrière la porte,
comme un mot perdu quelque part
que personne jamais n’emporte.
Ils s’éloignent sans bruit, sans geste,
comme si l’amour n’avait plus de reste.
Ils s’éloignent, et rien ne retient,
pas même un mot, pas même un lien.
L’air n’a pas tremblé, rien ne cède,
tout reste en place, presque égal.
Mais sous la peau fine du monde tiède,
une fissure trace son signal.
La plante près de la fenêtre
penche un peu du même côté,
depuis que leurs gestes peut-être
ont cessé de la partager.
Ils s’éloignent sans bruit, sans geste,
comme si l’amour n’avait plus de reste.
Ils s’éloignent, et rien ne retient,
pas même un mot, pas même un lien.
Il reste un livre entrouvert
à la page où tout s’est arrêté,
et sur la vitre un peu d’hiver
que ses yeux aimaient regarder.
Cette absence s’est installée,
calme comme un meuble ancien,
et prend toute la place laissée
par ce qui ne revient plus de rien.
Ils s’éloignent sans bruit, sans geste,
comme si l’amour n’avait plus de reste.
Ils s’éloignent, et rien ne retient,
pas même un mot, pas même un lien.
Et dans ce vide qui respire,
sans colère et sans adieu,
tombe une neige qui expire,
lente, au fond de leurs yeux.
Ils s’éloignent sans bruit, sans geste,
comme si l’amour n’avait plus de reste.
Ils s’éloignent, et tout s’éteint,
sans même un « après », sans même un demain.
La machine douce
une forme a appris à lire sans comprendre.
Elle suivait les lettres
comme on suit un chemin tracé dans la poussière,
avec la certitude qu'il ne mène nulle part.
Île sans drapeau.
Mais avec des empreintes
sur les objets du quotidien.
Je ne l'ai pas assez lue.
Ou bien je lisais à côté,
dans le silence autour des phrases.
Elle a cessé d'écrire.
(Ce n'est pas une décision,
plutôt une fatigue qui a fini par signer.)
Elle a cessé de chanter.
La voix est restée quelque part,
suspendue hors d'atteinte.
Corde de violoncelle :
tendue dans une pièce
où personne n'entre vraiment,
sauf les excuses,
qui ont appris à grincer.
Je ne l'ai pas assez écoutée.
Les repères se sont défaits
sans bruit.
Quelque chose dans le temps
a lâché prise,
comme une couture qu'on découvre ouverte
au moment de partir.
Sa peau n'a jamais cherché l'or.
Elle recueillait ce qui brûlait chez les autres
et le gardait
sans savoir que cela brûlait aussi en elle.
Puis il y a eu un jour sans événement.
Pas de bascule.
Juste un léger retard du monde
sur lui-même.
Et depuis,
tout continue,
mais pas au bon endroit.
Une machine douce tourne encore
dans une pièce vide
dont les murs ont changé de place
sans prévenir personne.
vendredi
Ce qui insiste
Il y a quelque chose là.
Pas stable.
Pas nommable correctement.
Un reste qui insiste.
La tasse fume,
puis moins,
puis encore un peu — peut-être — ou déjà fini.
Je ne sais pas si je suis assis exactement comme il faut.
Je pourrais être décalé de quelques centimètres
sans que ça change quoi que ce soit.
Derrière, quelqu’un rit trop fort puis s’arrête net,
comme coupé.
Je ne regarde pas.
Ou si, mais sans geste clair.
La vitre ne sépare pas vraiment.
Elle appuie. Elle insiste aussi.
Un pigeon sur une poubelle fermée.
Il n’attend pas. Il ne part pas non plus.
Les poèmes continuent
même quand ils ne servent plus,
comme un appareil qu’on n’éteint pas
parce qu’on a oublié le bouton.
Dehors, tout use tout.
Les choses passent dans une matière lente.
Bus : frein trop sec. Air cassé.
Rien ne revient à sa forme.
Un sac plastique tient dans le mouvement,
sans direction stable.
Il ne tombe pas — il hésite à tomber.
Un chien,
entièrement concentré sur un point invisible.
Tout son corps y est déjà.
Les gens passent.
Ils ne se reprennent pas en marchant.
Ils laissent faire leur propre désordre.
Le percepteur écrit quelque chose,
mais ce n’est pas sûr que ce soit écrit correctement.
Les visages sont juste des zones.
Une phrase essaie de se tenir.
Elle glisse. Elle recommence.
Elle ne décide pas.
On vit avec un poids sans origine.
Pas une idée.
Plutôt un fait mal expliqué.
Amour :
deux gestes qui se croisent
sans vraiment se reconnaître.
Cuisine. Évier. Bruit d’eau trop long
qui ne finit pas de finir.
Je regarde la rue,
ou elle me traverse,
ou aucun des deux.
La tasse est froide maintenant.
Ou pas froide exactement.
Il y a un moment où ça ne correspond plus.
Je ne sais plus lequel.
Ça continue encore un peu.
Et après.
Et après.
jeudi
Huis clos salé
les yeux clos
elle dérive encore
dans son huis clos salé
Un souffle d’éventail
effleure ses tempes
comme si l’air hésitait
à troubler son sommeil
Une chanson de corail
glisse entre ses lèvres
comme une matière de sel
L’amour traverse les seuils
sans bruit, sans rive
porté par une lente dérive
De la mousse d’un instant
naît un rivage sans nom
où même les méduses
perdent leur forme
Sur son visage endormi
s’ouvre une étendue sans bord
Sous un voile de sauvagine
corps de sel, peau de brume
elle flotte encore
Elle n’est plus qu’un silence
qui a appris à durer
une sirène sans histoire
Le monde, au loin, se défait
dans un murmure ancien
mais rien ne la rejoint
Une lueur insiste
au bord de ses paupières
comme une main du large
Elle cède sans comprendre
et quelque chose en elle
remonte lentement
Un goût de météores (Dans le flux - Chanson)
Deux vies se frôleront
Dans l’arc pâle d’un train qui tremble,
Puis l’aube ouvre ses veines
Au milieu d’un vacarme sourd.
Quand l’âme boit la lumière
À travers des vitres de cendre,
Chaque pas grave son empreinte
Dans la rouille lente des jours.
Éveillons-nous,
Traversons cette danse,
Où les heures s’effilochent en poussière d’or.
Car cette seconde vie,
Dans sa dérive immense,
Laisse au creux de nos mains
Un goût de météores.
Comme un éclair sur l’eau noire,
Une route fend le silence,
Clarté vive dénouant
Les chambres enfouies du cœur.
C’est ici que renaît l’être,
Dans la fièvre de se comprendre,
Sur l’écrin fragile des gestes
Qu’il façonne avec douleur.
Éveillons-nous,
Traversons cette danse,
Où les heures s’effilochent en poussière d’or.
Car cette seconde vie,
Dans sa dérive immense,
Laisse au creux de nos mains
Un goût de météores.
Sous la lumière blanche du matin,
Nos rêves apprennent à respirer,
Et chaque souffle résonne
Comme un escalier vers l’inconnu.
Éveillons-nous,
Traversons cette danse,
Où les heures s’effilochent en poussière d’or.
Car cette seconde vie,
Dans sa dérive immense,
Laisse au creux de nos mains
Un goût de météores.
samedi
Salut papa - Hi dad (Chansons versions Anglaise et Française)
mercredi
Pluie noire (Chanson)
samedi
Si les choses avaient des ailes
jeudi
L'invitée fragmentée
Pas dans la tête, plus bas, là où ça fond sans bruit.
Elle circule comme si elle savait rester sans jamais se noyer.
Et l'amour ne marche pas droit.
Il dérive, bête marine, sans contour.
Je la regarde.
Sa tête cherche des lèvres
et j'embrasse non pas une bouche,
mais une lumière qui hésite à devenir matière.
Insomnie.
Le téléphone a redémarré tout seul.
Le corps devient trop étroit pour la nuit.
Ça cogne contre les parois internes, ça insiste, ça colle.
On recouvre nos nuits de draps blancs en croyant disparaître.
Mais quelque chose revient toujours :
une buée, un reste, un minuscule animal sous la glace.
Ça craque.
Ça brûle froid.
Et ça dit : continue.
Alors j'obéis.
Je laisse derrière des silhouettes incomplètes.
Certaines tiennent debout une seconde,
puis se défont sans bruit dans la pièce.
La boue devient mousse sous mes pas imaginaires.
Je tiens mal la nuit elle tient mieux que moi.
Je tiens.
J'avale des flocons.
Écrire n'est pas un choix.
C'est rester.
Quand je ne peux plus, j'écris quand même.
Je dérive sur une mer immobile, page ouverte.
Et l'invitée est encore là.
Pas une présence. Pas une idée.
Un battement sans origine.
Puis quelque chose bascule.
Elle ne tient plus dans la forme.
Elle devient eau.
Je n'ai pas répondu.
Il y avait un message non lu que je n'avais pas ouvert.
Paume ouverte (Chanson)
Avec les yeux — peut-être —
quelque chose s’arrime
sec, presque coupant,
à la lisière des cils.
Puis ça décroche.
Sans prévenir.
Comme une trace de froid
qu’on croit tenir
et qui glisse hors du contact.
Je ne sais pas où ça bascule
quand ça cède —
mais la paume, elle,
reste entrouverte,
habitée d’un reste de chaleur
qui ne correspond plus à rien.
Sur les doigts,
une odeur âpre,
comme si la peau avait frotté
contre une pièce trop longtemps oubliée.
Dans la gorge :
une vibration basse,
pas un son —
plutôt un animal immobile
qui refuse de partir.
Puis la lumière tranche.
Net.
Comme si l’espace lui-même
se retirait d’un coup.
J’ai voulu serrer.
Les phalanges blanchissent —
ça imprime,
ça entame,
mais ça ne retient rien.
Alors je laisse passer.
De travers.
Ça accroche.
Les mots viennent en morceaux,
comme une présence collée au noir —
on la devine dans la pression de l’air
avant qu’elle prenne forme,
sans savoir
si elle tiendra.
Parfois je m’acharne.
Je pousse —
et tout se défait d’un bloc.
Alors j’abandonne.
J’attends
que ça lâche de l’intérieur,
que ça desserre
ce nœud têtu
dans la poitrine.
Accepter
de ne pas localiser
ce qui insiste,
ni même ce que c’est.
Et quand enfin ça affleure,
c’est déjà hors de portée :
il n’y a plus de prise.
C’est passé.
Le corps, lui,
réagit trop tard —
comme s’il reconnaissait
une empreinte retirée.
Mais déjà
ça n’a plus de forme.
Combustible d'un parfum (Chanson)
Chair contre chair
dans la nuit tiède
nos corps parlaient
sans faire de bruit
Un souffle ouvert
un feu qui cède
et tout vacille
quand tu me suis
Sous les étoiles
je t’ai goûtée
comme une faille
dans la clarté
Et nos deux cœurs
à la dérive
cherchaient encore
à rester libres
Chair contre chair
combustible d’un parfum
Te souviens-tu
de ce vertige en nous
Nos cœurs dans l’air
emportés plus loin
Encore et encore
hors du temps
Cheveux mêlés
lente collision
une main nuit
l’autre horizon
L’aube hésitait
sur nos épaules
et la lumière
nous rendait fauves
On respirait
cendre et neige
un monde étrange
au bord du rêve
Et sans défense
sans détour
on s’inventait
un autre jour
Chair contre chair
combustible d’un parfum
Te souviens-tu
de ce vertige en nous
Nos cœurs dans l’air
emportés plus loin
Encore et encore
hors du temps
Combien de temps
seras-tu refuge
contre le vent
Combien de temps
seras-tu lumière
dans le présent
Toi, entre fleur et arbre
moi, suspendu à ton odeur
Tu me souris
mais le temps insiste
Chair contre chair
combustible d’un parfum
Te souviens-tu
de ce vertige en nous
Nos cœurs dans l’air
emportés plus loin
Encore et encore
hors du temps
La forêt a pris feu (Chanson)
Sur moi les griffes de la nuit
Un trou noir dans le silence
Un refuge d’écorce et de bruit
Je compte mes doigts sur le sol
Je suis une arme fatiguée
Debout sans vraiment comprendre
Et je tombe encore une fois
Sans savoir pourquoi
La forêt a pris feu
La forêt a pris feu
Les branches sont hors-la-loi
Et mes yeux s’ouvrent ailleurs
La forêt a pris feu
Le temps ne tient plus debout
Je perds mes repères dans le bois
Et je m’échappe de tout
Ça monte derrière mes yeux
Comme une fièvre lente
Des images qui cherchent le sol
Des murs ouverts dans ma tête
Ton nom passe comme un éclair
Sur une veine trop rouge
Et tout devient horizontal
Même le chaos bouge
La forêt a pris feu
La forêt a pris feu
Les branches sont hors-la-loi
Et mes yeux s’ouvrent ailleurs
La forêt a pris feu
Le temps ne tient plus debout
Je perds mes repères dans le bois
Et je m’échappe de tout
Réduire le champ de bataille
Juste toi, juste moi
Revenir à l’origine
Sans bruit autour de nous
Faire taire les éclats
Respirer sous la peau
Avant l’impact, te voir rougir
Et tout recommencer
Entre les draps de soie
Je monte lentement
Vers un sommet de vertige
Où tout devient vivant
Tes gestes font des prières
Dans un langage sans nom
Et mon corps devient multiple
Perdu dans ton frisson
Putain mon dieu, qu’est-ce que tu fais
Là, maintenant, contre moi
Ça brûle encore dans mes veines
Et ça s’ouvre en toi
La forêt a rendu son jugement
Mais je ne sais plus pourquoi
Un rêve bleu au bord du jour
Nous retient encore là
Version 2
Comme des chiens dans le noir
Je dors sous la terre humide
Pour éviter mon miroir
Je suis une arme fatiguée
Chargée contre le vide
Debout dans une chambre blanche
À regarder le plafond fondre
Je tombe si bas
Que même l’écho m’oublie
Le fond du gouffre avait ton visage calme
Et ses yeux sans lendemain
La forêt a pris feu
Les arbres parlaient dans la cendre
La forêt a pris feu
Et le ciel sentait le fer chaud
J’ai parlé si fort
Que la nuit s’est fendue
Mais mes cris reviennent froids
Dans les branches nues
Le temps boite dans la poussière
Comme une bête qu’on traîne
Je laisse derrière moi
Des morceaux de lumière
Quelque chose monte derrière mes yeux
Lentement, sans visage
Des visions cognent contre ma peau
Comme des oiseaux de rage
Ton nom traverse la fumée
Trait de glace dans mes veines
Et tout bascule sans bruit
Même le chaos se tait
Réduire le champ de bataille
À la distance de nos doigts
Faire taire le monde entier
Dans ton souffle contre moi
Tes mains savaient éteindre
Le vacarme dans ma tête
Et nos corps faisaient semblant
D’être sauvés pour de vrai
Suspendre l’impact du monde
Dans la chaleur de ta peau
Voir naître un incendie lent
Sans qu’il dévore le ciel
Entre les draps de silence
Je monte lentement
Vers un vertige immobile
Où tout devient brûlant
Tes mains inventent une religion
Contre ma peau fragile
Et mon corps se défait
Comme une ville hors courant
Mon dieu — dis-moi
Ce que tu fais de moi
Je brûle plus lentement que toi
Mais je brûle encore
La forêt a rendu son jugement
Les branches craquaient sous le vent
Je ne sais plus pourquoi je tremble
Ni lequel de nous deux rêve encore
Au bord du jour
Dans la lumière bleue des vitres
Quelque chose nous retenait là
Comme deux fantômes trop vivants
mercredi
L'angle mort du jour (Chanson)
je t’ai trouvée.
Pas comme on trouve —
avant même d’ouvrir les yeux.
Tu n’es pas une lumière,
tu es ce qui la rend nécessaire.
Depuis,
le vent a oublié comment parler,
il bégaie ton absence
dans mes oreilles pleines de toi.
Tu t’es installée
dans mes silences les plus précis,
ceux que je gardais
pour ne pas tomber.
Et maintenant,
je tombe —
Tu es ce lac
que même les déserts n’osent imaginer,
une contradiction vivante,
une réponse sans question.
Je m’accroche à toi
comme une idée refuse de mourir,
comme une racine
perce la pierre sans demander pardon.
Et mes nuits…
mes nuits ne dorment plus.
fait semblant d’avancer,
mais il ment.
Parce qu’à chaque seconde avec toi,
il hésite.
Dis-moi —
Ou simplement un regard de plus
posé sur tes tempêtes ?
Et toi…
es-tu cette folie douce
qui m’apprend enfin
à ne plus me retenir ?
Parce que depuis toi,
je ne suis plus entier —
je suis vivant.
mardi
Les restes de lumière sous la peau
quelque chose s’arrime
sec, presque coupant,
à la lisière des cils.
Puis ça décroche.
Sans prévenir.
Comme une trace de froid
qu’on croit tenir
et qui glisse hors du contact.
Je ne sais pas où ça bascule
quand ça cède —
mais la paume, elle,
reste entrouverte,
habitée d’un reste de chaleur
qui ne correspond plus à rien.
Sur les doigts,
une odeur âpre,
comme si la peau avait frotté
contre une pièce trop longtemps oubliée.
Dans la gorge :
une vibration basse,
pas un son —
plutôt un animal immobile
qui refuse de partir.
Puis la lumière tranche.
Net.
Comme si l’espace lui-même
se retirait d’un coup.
J’ai voulu serrer.
Les phalanges blanchissent —
ça imprime,
ça entame,
mais ça ne retient rien.
Alors je laisse passer.
De travers.
Ça accroche.
Les mots viennent en morceaux,
comme une présence collée au noir —
on la devine dans la pression de l’air
avant qu’elle prenne forme,
sans savoir
si elle tiendra.
Parfois je m’acharne.
Je pousse —
et tout se défait d’un bloc.
Alors j’abandonne.
J’attends
que quelque chose cède de l’intérieur,
que ça relâche
ce point dur
planté sous les côtes.
Accepter
de ne pas localiser
ce qui insiste,
ni même ce que c’est.
Et quand enfin ça affleure,
c’est déjà hors de portée :
il n’y a plus de prise.
C’est passé.
Le corps, lui,
réagit trop tard —
comme s’il reconnaissait
une empreinte retirée.
Mais déjà
ça n’a plus de forme.
jeudi
Nadine et Bruno Boipeba (Chanson)
La beauté n’habite pas le miroir,
Elle voyage sans dire au revoir,
Comme un oiseau léger, presque invisible,
Elle s’envole vers l’imprévisible.
Elle quitte la peau, douce illusion,
Pour trouver une autre vision.
Dans une pupille étrangère, elle se pose,
Et tout à coup, le monde explose.
Et dans tes yeux, je vois naître
Un feu que je ne peux pas taire,
Un éclat qui me fait renaître,
Comme si tout devenait clair.
Oh Nadine, Bruno, dansez sous la lumière,
Vos regards font tourner la terre entière.
C’est pas le monde — c’est vous qu’on voit,
Quand vos deux cœurs battent comme ça.
Oh Nadine, Bruno, brûlez sans bruit,
Dans cet incendie doux de la vie,
Et que l’amour vous invente encore,
À chaque regard, plus fort, plus fort.
Oh Nadine, Bruno, dancem sob a luz,
Os vossos olhares fazem girar o mundo inteiro.
Não é o mundo — são vocês que vemos,
Quando os vossos dois corações batem assim.
Oh Nadine, Bruno, ardam em silêncio,
Neste doce incêndio da vida,
E que o amor vos renasça,
A cada olhar, mais forte, mais forte.
Ce n’est pas le visage qu’on retient,
Mais la flamme qui tremble au loin.
Derrière les yeux de celui qui regarde,
Un univers entier qui s’attarde.
Nous ne sommes que des paysages,
Des promesses, des mirages,
Et l’autre devient notre ciel,
Celui qui nous rend éternels.
Quand tu me vois, je deviens
Tout ce que je n’étais pas encore,
Et ton amour trace le chemin
Vers un horizon plus fort.
Oh Nadine, Bruno, dansez sous la lumière,
Vos regards font tourner la terre entière.
C’est pas le monde — c’est vous qu’on voit,
Quand vos deux cœurs battent comme ça.
Oh Nadine, Bruno, brûlez sans bruit,
Dans cet incendie doux de la vie,
Et que l’amour vous invente encore,
À chaque regard, plus fort, plus fort.
Oh Nadine, Bruno, dancem sob a luz,
Os vossos olhares fazem girar o mundo inteiro.
Não é o mundo — são vocês que vemos,
Quando os vossos dois corações batem assim.
Oh Nadine, Bruno, ardam em silêncio,
Neste doce incêndio da vida,
E que o amor vos renasça,
A cada olhar, mais forte, mais forte.
Et si demain, tout change autour,
Gardez ce feu, gardez l’amour.
Car dans les yeux de l’un et l’autre,
Vous êtes déjà mille vies, mille nôtres.
Oh Nadine, Bruno, chantez à pleine voix,
Que le monde danse avec vous ce soir-là,
Car la beauté vit là, entre vous,
Dans chaque regard un peu fou.
Oh Nadine, Bruno, que ça dure toujours,
Ce feu léger qu’on appelle amour,
Et que vos yeux, à chaque détour,
Réinventent le monde autour.
Oh Nadine, Bruno, cantem a plenos pulmões,
Que o mundo dance convosco nessa noite,
Pois a beleza vive ali, entre vós,
Em cada olhar um pouco louco.
Oh Nadine, Bruno, que isso dure para sempre,
Essa chama suave a que chamamos amor,
E que os vossos olhos, a cada recanto,
Reinventem o mundo à vossa volta.
mardi
On n’apaise pas la nuit
jeudi
Routes sans balises
plis du drap, matin suspendu.
Quelque chose glisse
dans la pliure du cœur,
silence qui respire.
Les mots tremblent,
tombent —
poussière de feuilles mortes sur la pierre froide.
Parfums collés aux regards,
visages aimés suspendus
dans le souffle gelé que je traverse.
L’incertitude roule sous mes pas,
routes sans balises,
horizons effacés.
Départ incandescent :
un train s’élance,
la lumière le dévore,
la terre fond derrière lui.
Chaque seconde goûte
sa première fois,
murs d’arbres serrés
comme des mains qui protègent
du mistral et du sirocco,
tous ces frissons qui me traversent.
Mille gestes invisibles
me pardonnent
d’être machine à poèmes :
inspirer comme pour respirer la vie.
Berceau en cicatrices, plis du drap, matin suspendu.
Quelque chose glisse dans la pliure du cœur — silence qui respire.
Les mots tremblent, tombent,
poussière de feuilles mortes
sur la pierre froide.
Parfums accrochés aux regards,
visages aimés suspendus
dans le souffle gelé que je traverse.
L’incertitude roule sous mes pas,
routes sans balises,
horizons effacés.
Départ incandescent :
un train s’élance,
la lumière le dévore,
la terre fond derrière lui.
Chaque seconde goûte
sa première fois.
Murs d’arbres serrés,
comme des mains,
protègent du mistral et du sirocco
les frissons qui me traversent.
Mille gestes invisibles
me pardonnent.
J’inspire —
quelque chose en moi
continue.
Berceau en cicatrices.
Matin suspendu.
Quelque chose glisse
dans le cœur.
Silence.
Mots tombés —
feuilles mortes
sur pierre froide.
Visages.
Un souffle gelé.
Routes sans signes.
Un train —
lumière.
La terre disparaît.
Une seconde.
Des arbres serrés
comme des mains.
Le vent passe.
J’inspire.
Encore.
mercredi
Quelque chose veille
mardi
La neige tient encore
jeudi
Le silence à des dents
parce que le silence a des dents,
entre tes pensées.
Le canapé t’engloutit jusqu’aux genoux,
l’horloge mastique les secondes
comme un chien affamé sous la table,
ses dents claquant dans le vide.
L’écran s’allume :
un œil de néon crache des visages flottants,
ombres qui se débattent
dans des vies volées.
Les images tombent,
pluie d’aluminium froissé,
scintillante, crépitante,
tranchant tes yeux et ta peau,
empoisonnant tes oreilles,
et la pensée tente de pousser
comme herbe verte
entre les dalles sèches d’un monde cassé.
La lampe penche la tête,
comme un vieux sage épuisé
qui voit tout et ne dit rien.
Tu regardes la télé —
parce que l’ennui est un serpent invisible,
serpentant dans la pièce,
reniflant, froissant tes idées,
sifflant entre tes côtes.
La télé n’est qu’une boîte lumineuse
où l’on jette des poignées de lumière
Mais parfois,
entre deux publicités,
un silence tombe de l’écran
comme une pluie noire.
Pendant une seconde,
le monde entier devient
une question oubliée,
une brûlure douce derrière les paupières,
un souffle où la pensée
pousse enfin, sauvage,
comme un feu vert à travers la poussière.
lundi
Cliché d'hiver (Chanson)
L’heure est d’atteindre le jour
À l’interstice azur
L’air me chante une chanson d’amour
De cette lumière
Enveloppée d’une grâce mystérieuse
Naissent des images majestueuses
Dont les filigranes s’envolent
Jusqu’au bain migrateur
Où des yeux d’outre-mer
S’immergent à la marine
Lucide et vertigineuse
Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et si le vent emporte nos heures,
Qu’il garde au moins cette lueur :
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson d’amour.
À l’orée du syndrome
Fragilité aérienne
L’amour est bien cet aéronef
Où les nuages
Boivent le suc laiteux des anges
Hument leurs encensés parfums
Et passent au-dessus du monde
Comme des rêves sans fin
Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et si le vent emporte nos heures,
Qu’il garde au moins cette lueur :
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson d’amour.
Si hier
Au crépuscule du foyer condamné
De la chambre noire
La libellule changeait de cadre
Se détestait
Parlait toute seule
Je veux qu’on me laisse
Avec mes grains scarifiés
Qui protègent mes ailes
Du cyclone humain
Aujourd’hui
À fleur d’espérance
Au sein de son anticyclone
Le cliché d’hiver la réconforte
Sous son ciel de lit en bois de rose
Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et quand quelqu’un frappera à la porte,
Que la mémoire nous emporte,
Car la diapositive dans nos cœurs
Reste reine du monde disparu
L’heure est venue de revoir le jour
Dans l’ouverture de l’azur
Le vent me chante une chanson d’amour
Sous cette lumière tranquille
Aux reflets tendres et mystérieux
Naissent des paysages précieux
Que les oiseaux emportent au loin
Vers des rivages étrangers
Où des regards venus de la mer
S’abandonnent à la nuit profonde
Lucide et vertigineuse
Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et si le vent emporte nos heures,
Qu’il garde au moins cette lueur :
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson d’amour.
À l’orée de nos fragilités
L’amour ressemble à un voyage
Un grand vaisseau perdu dans les nuages
Qui traverse les pluies du monde
Les rêves y flottent sans fin
Comme des parfums dans le matin
Et nos mains passent au-dessus du vide
Sans jamais lâcher la lumière
Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et si le vent emporte nos heures,
Qu’il garde au moins cette lueur :
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson d’amour.
Hier encore
Dans la pénombre d’une chambre oubliée
Je parlais seul face au miroir
Comme une libellule blessée
Je cachais mes ailes fragiles
Sous les tempêtes du monde humain
Mais je voulais garder en moi
La lumière des jours anciens
Aujourd’hui
À fleur d’espérance
Sous un ciel calme retrouvé
L’hiver devient moins solitaire
Dans la douceur de tes bras
Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et quand quelqu’un frappera à la porte,
Que la mémoire nous emporte,
Car la lumière au fond du cœur
Reste reine du monde disparu
Le jour revient toucher mes mains
Dans la lumière de l’azur
Le vent murmure un air lointain
Sous cette clarté tranquille
Aux reflets tendres et mystérieux
Naissent des paysages fragiles
Que les oiseaux portent vers les cieux
Vers des rivages étrangers
Où les regards venus de la mer
S’abandonnent à la nuit profonde
Douce et pleine de lumière
Emmène-moi là où le ciel s’ouvre
Là où le silence devient des mots
Je ferai de la nuit une chambre douce
Où ton amour réchauffe ma peau
Et si le vent emporte nos heures
Qu’il garde au moins cette lueur
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson dans le cœur
À l’orée de nos fragilités
L’amour ressemble à un voyage
Un grand vaisseau dans les nuages
Qui traverse les pluies du monde
Les rêves y flottent au matin
Comme un parfum venu de loin
Et nos mains glissent au bord du vide
Sans jamais quitter la lumière
Emmène-moi là où le ciel s’ouvre
Là où le silence devient des mots
Je ferai de la nuit une chambre douce
Où ton amour réchauffe ma peau
Et si le vent emporte nos heures
Qu’il garde au moins cette lueur
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson dans le cœur
Hier encore dans une chambre
Je parlais seul face au miroir
Je cachais mes ailes fragiles
Sous les tempêtes de la mémoire
Une pluie tombait sur la table
Le matin semblait sans couleur
Mais je gardais au fond de moi
La lumière des jours meilleurs
Aujourd’hui sous un ciel plus calme
L’hiver s’éloigne lentement
Et dans la douceur de tes bras
Je respire plus librement
Emmène-moi là où le ciel s’ouvre
Là où nos silences deviennent des mots
Je ferai de la nuit une chambre douce
Où ton amour apaise ma peau
Et quand quelqu’un frappera la porte
Que la mémoire nous emporte
Car la lumière au fond du cœur
Reste vivante après les heures
À quelques centimètres du vide... « Suspendre le temps »
Le matin est un poisson violet
Qui nage dans les coins de sa chambre.
Le chat à trois yeux a oublié son nom
Et ses chaussures ont disparu sous le plafond.
Sa peau flotte dans un verre d’eau
Où nagent des horloges molles
Qui comptent les battements d’une étoile cassée.
Le vent souffle des lettres mortes
Dans les interstices de ses doigts.
Les lampadaires ont des visages
Et sourient quand le bitume éternue.
Le soleil pèse des oranges rouges
Dans sa poitrine
Et le ciel a des cordes
Pour tirer les souvenirs
Hors de ses cheveux.
Elle marche sur des rivières figées
Qui rêvent de marcher à sa place.
Ses gestes deviennent des constellations
Et chaque étoile est un souffle
Qui la retient ou la repousse.
Rien ne fuit.
Rien ne reste.
Tout tremble
Dans un battement trop grand pour sa cage thoracique.
Changer ?
Changer est une tache d’encre
Qui se dilue dans le vert des murs
Et se moque de ses pieds nus.
Elle suspend le temps
À quelques centimètres du vide
Où les pierres rient et les nuages hurlent
Que tout est déjà arrivé
Avant d’être imaginé.
Et peut-être que tenir
N’est pas respirer
Mais se fondre
Dans le fracas
Et la lumière
Et l’absence.
*
Version 2
Mais le trottoir parle encore.
Rien n’a changé.
Alors elle se tait.
Le matin est un poisson violet
qui nage dans les coins de sa chambre.
Le chat à trois yeux a oublié son nom,
et ses chaussures se sont glissées sous le plafond.
Sa peau flotte dans un verre d’eau
où nagent des horloges molles
qui comptent les battements d’une étoile cassée.
Le vent souffle des lettres mortes
entre ses doigts.
Les lampadaires ont des visages
et sourient quand le bitume éternue.
Le soleil pèse des oranges rouges
dans sa poitrine.
Le ciel a des cordes
pour tirer les souvenirs
hors de ses cheveux.
Elle marche sur des rivières figées
qui rêvent de marcher à sa place.
Ses gestes deviennent des constellations,
chaque étoile un souffle
qui la retient ou la repousse.
Rien ne fuit.
Rien ne reste.
Tout tremble
dans un battement trop grand pour sa cage thoracique.
Changer ?
Changer est une tache d’encre
qui se dilue dans le vert des murs
et se moque de ses pieds nus.
Elle suspend le temps
à quelques centimètres du vide,
où les pierres rient
et les nuages hurlent
que tout est déjà arrivé
avant d’être imaginé.
Et peut-être que tenir
n’est pas respirer,
mais se fondre
dans le fracas,
la lumière,
l’absence.
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