Tantôt espiègle, tantôt sage,
mon ombre s’amuse.
Elle traverse le chant des cigales,
sous les ailes caniculaires de l’errance.
Là, la fleur encore fraîche habille mes yeux de couleurs franches
et dépose à mes narines son nectar sirupeux.
Sur ma langue affleure un désir sans nom.
Les oiseaux piquent le ciel.
La chantepleure fait chanter son bronze.
Chaque goutte creuse le silence.
Le temps s’enracine dans les aiguilles des pins.
La chaise longue épouse de nouveau le creux de mon absence.
Alors je m’efface.
Je rejoins le cimetière des ombres,
où je laboure mes feuilles blanches.
J’y plie une cocotte dans un papier vert,
comme on confie un vœu au vent.
Peut-être une ombre y prendra naissance,
assez légère pour revenir
avec un poème
d’amour
et d’écologie.
Je n’ajoute rien.
Le silence connaît la suite.
Et tant que mon ombre continuera de jouer,
la rose des vents au milieu des cigales,
mon cœur retrouvera toujours
le chemin.
*
Version 4
Tantôt espiègle, tantôt sage,
mon ombre s'amuse.
Elle traverse le chant des cigales
sous les ailes caniculaires de l'errance.
Là, une fleur encore fraîche
habille mes yeux de couleurs franches
et dépose à mes narines
son parfum de miel sauvage.
Sur ma langue affleure
un désir sans nom.
Les oiseaux piquent le ciel
comme pour en sonder la profondeur.
La chantepleure
fait chanter son bronze.
Chaque goutte
creuse le silence.
Le temps,
couturier invisible,
coud les heures à la lumière.
La chaise longue
épouse de nouveau
le creux de mon absence.
Alors je m'efface.
Je rejoins
le cimetière des ombres,
où je laboure
mes feuilles blanches.
J'y plie une cocotte
dans un papier vert,
comme on confie un vœu au vent.
Peut-être une ombre
y prendra naissance,
assez légère pour revenir
avec un poème
où les arbres respirent encore,
où les abeilles retrouvent leurs fleurs,
où l'amour apprend
le langage des saisons
et où la terre se souvient
qu'elle n'est vivante
que sous les pas de ceux qui l'aiment.
Je n'ajoute rien.
Le silence connaît la suite.
Et tant que mon ombre
continuera de jouer
parmi les cigales,
sous la rose des vents,
mon cœur retrouvera toujours
le chemin de la lumière.
Version 5
Tantôt espiègle, tantôt sage,
mon ombre s'amuse.
Elle traverse le chant des cigales
sous la chaleur vacillante des chemins.
Là, une fleur encore fraîche
habille mes yeux de couleurs franches
et dépose à mes narines
son parfum de miel sauvage.
Sur ma langue affleure
un désir sans nom.
Les oiseaux piquent le ciel
comme pour en sonder la profondeur.
La chantepleure
fait chanter son bronze.
Chaque goutte
creuse le silence.
Le temps,
couturier invisible,
coud les heures à la lumière.
La chaise longue
épouse de nouveau
le creux de mon absence.
Alors je m'efface.
Je rejoins
le cimetière des ombres,
où je laboure
mes feuilles blanches.
J'y dépose
un pli de papier vert,
comme on confie un vœu au vent.
Peut-être une ombre
y prendra naissance,
assez légère pour revenir
avec un poème
où les arbres respirent encore,
où les abeilles retrouvent leurs fleurs,
où l'amour apprend
le langage des saisons
et où la terre se souvient
qu'elle n'est vivante
que sous les pas de ceux qui l'aiment.
Je laisse au vent
l'encre de mes silences.
Le reste appartient
aux racines de la lumière.
Et tant que mon ombre
continuera de jouer
parmi les cigales,
sous la rose des vents,
mon cœur retrouvera toujours
le chemin de la lumière.
Version chanson
Tantôt espiègle, tantôt sage,
mon ombre s'amuse.
Elle glisse au chant des cigales,
sous les ailes de l'errance.
La fleur, encore fraîche,
habille mes yeux de couleurs franches,
offre à mes narines son parfum de miel.
Ma langue laisse éclore un désir sans nom.
Tant que mon ombre s'amuse,
je suivrai le vent.
Tant que mon ombre s'amuse,
je vivrai pleinement.
Tant que mon ombre s'amuse,
je marcherai vers la lumière ;
mon cœur ouvre le chemin,
et le vent devient prière.
Les oiseaux piquent le ciel,
comme pour en sonder la profondeur.
La chantepleure fait résonner son bronze ;
chaque goutte élargit le silence.
Le temps, couturier invisible,
coud les heures à la lumière.
La chaise longue
garde encore le creux de mon absence.
Tant que mon ombre s'amuse,
je suivrai le vent.
Tant que mon ombre s'amuse,
je vivrai pleinement.
Tant que mon ombre s'amuse,
je marcherai vers la lumière ;
mon cœur ouvre le chemin,
et le vent devient prière.
Je rejoins le cimetière des ombres.
J'y laboure mes feuilles blanches,
comme on prépare un printemps.
Je façonne une cocotte
dans un papier vert,
fragile promesse d'avenir.
Je plante mes silences
pour récolter des oiseaux.
Peut-être renaîtra une ombre,
assez légère pour porter
un poème d'amour et d'écologie.
Les mots savent parfois s'effacer
pour laisser grandir la lumière.
Alors je laisse
le silence achever la chanson.
Tant que mon ombre s'amuse,
je suivrai le vent.
Tant que mon ombre s'amuse,
je vivrai pleinement.
Et lorsque viendra le soir,
dans le silence des vivants,
mon ombre ouvrira le chemin
que connaît déjà le vent.