Qui suis-je ?

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La poésie est une suspension du temps, une clarté fugitive posée sur le monde. Un puits sans fond où puiser, sans mesure, la palette entière des émotions humaines. J’essaie, sans reprendre la recette des éloges, d’écrire de la poésie — ou du moins de m’en approcher, de frôler ce qui, pour moi, en porte le nom. Je me love dans cette matière à la fois sibylline et mouvante. Sibylline, parce qu’elle me parle dans une langue étrange, souvent indéchiffrable. Mouvante, parce qu’elle m’échappe, indomptable, refusant toute maîtrise. À la hauteur de mes moyens, j’essaie simplement d’être celui que je choisis d’être : le témoin de ce qui m’habite et de ce qui m’entoure. Je ne suis rien de plus qu’un être en besoin d’expression, offrant ce que la vie consent à me laisser croire, ressentir et partager.

Vous trouverez sur ce blog toutes mes humeurs poétiques, de la poésie plus ou moins libre selon l'état d'esprit du moment...

« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »

Si vous souhaitez lire l’essentiel, cliquez sur l’onglet « tous mes recueils en libre accès sous format PDF »

Les écrits et les illustrations numériques sont de ma plume. Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont j’ignore les auteurs ; je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer. Il peut arriver aussi qu'un vers se glisse et qu'il ne m'appartienne pas, par pur hasard ou pas, je l'indique lorsque je pense qu'il en est nécessaire. En bas du blog, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre... Attention je ne tiens pas à jour tous les liens... Et souvenez vous que la poésie est une suspension qui éclaire le monde !

Toutes les fautes d'orthographes sont corrigées au fur et à mesure des rencontres... Et toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite

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mercredi

Pluie noire (Chanson)

 
Dans quel courant ton cœur s’éloigne-t-il,
fée des pluies aux paumes froides ?

Tu passes dans mes nuits sans frapper,
comme une rame vide dans une gare éteinte.

La ville s’égoutte lentement sur les toits,
et les néons tremblent sans raison.

Je reste sous l’abri des heures,
à écouter ton nom dans l’eau qui tombe.

Ô pluie, reviens encore une fois.

Tu portes des orages calmes,
des éclats de ciel noyés dans les yeux.

Parfois tout s’effondre autour de nous,
mais je reconnais encore ton souffle.

Je marche dans les ports du matin,
quand les mouettes ont froid et se taisent.

Les cafés sentent le métal et la veille,
et le monde n’a pas encore décidé de vivre.

Je revois tes mains sur la vitre embuée,
dessinant des terres fragiles.

Au loin, les cargos passent lentement,
comme s’ils hésitaient à partir.

Ô pluie, reste un peu.

Même si demain efface nos promesses,
je suivrai le fil de tes eaux.

Tu es ce calme avant la chute,
ce silence juste avant le bruit.

Et quand tout se resserre autour de nous,
je trouve encore un passage dans ton humidité.

Ô pluie, marche sur les toits rouillés,
fais trembler les lampes des quais vides.

Ton nom revient sous ma peau,
simplement, sans chercher à briller.

Et si le ciel tombait d’un seul bloc,
je construirais encore dans tes marées grises
une ville faite de mémoire, 
car dans chacun de tes silences,
quelque chose continue de remuer.

Comme une bouteille qui roule encore
sur l’asphalte mouillé des rues désertes.

Ô pluie, emporte-moi plus loin,
là où les voix deviennent rivière.

Je veux renaître dans ton passage,
entre tes mains, sans résistance.

Et même au dernier jour du monde,
tes eaux porteront encore nos visages vers la mer.

 

Droit d'auteur

samedi

Si les choses avaient des ailes

Les choses que nous avons portées
ne parlent pas.
Elles coincent seulement
dans les gestes.

Une casserole trop chaude,
un matin sans visage,
des carreaux qui coupent le froid
avant même la lumière.

Quelque part, une chaise
a bougé toute seule
dans le noir —
ou peut-être pas.

Les manteaux savent mieux.
Ils retiennent
la forme exacte de l’abandon,
la courbure d’un dos absent.

Un fil tiré d’une manche
refuse de finir.
Il dérive,
poussière accrochée à sa propre mémoire,
minuscule dérive de lumière sale.

Dans les armoires, ça respire mal :
boutons sans adresse,
savon devenu sec comme une idée,
feuilles molles
qui ont oublié ce qu’elles attendaient.

Les clés, elles, ont cessé de choisir.
Elles tombent sans urgence,
fruits trop lourds
dans une herbe qui ne demande rien.

Et plus loin —
quelque chose continue
sans nous ressembler,
une manière de tenir encore
dans le pli des objets,
sans nom pour le dire.

jeudi

L'invitée fragmentée

Il y a une invitée plantée dans la neige tiède de mes songes.
Pas dans la tête, plus bas, là où ça fond sans bruit.

Elle circule comme si elle savait rester sans jamais se noyer.
Et l'amour ne marche pas droit.
Il dérive, bête marine, sans contour.

Je la regarde.
Sa tête cherche des lèvres 
et j'embrasse non pas une bouche,
mais une lumière qui hésite à devenir matière.

Insomnie.
Le téléphone a redémarré tout seul.

Le corps devient trop étroit pour la nuit.
Ça cogne contre les parois internes, ça insiste, ça colle.

On recouvre nos nuits de draps blancs en croyant disparaître.
Mais quelque chose revient toujours :
une buée, un reste, un minuscule animal sous la glace.

Ça craque.
Ça brûle froid.
Et ça dit : continue.

Alors j'obéis.

Je laisse derrière des silhouettes incomplètes.
Certaines tiennent debout une seconde,
puis se défont sans bruit dans la pièce.

La boue devient mousse sous mes pas imaginaires.
Je tiens mal la nuit elle tient mieux que moi.
Je tiens.
J'avale des flocons.

Écrire n'est pas un choix.
C'est rester.

Quand je ne peux plus, j'écris quand même.
Je dérive sur une mer immobile, page ouverte.

Et l'invitée est encore là.

Pas une présence. Pas une idée.
Un battement sans origine.

Puis quelque chose bascule.
Elle ne tient plus dans la forme.
Elle devient eau.

Je n'ai pas répondu.
Il y avait un message non lu que je n'avais pas ouvert.

Paume ouverte (Chanson)

 Avec les yeux — peut-être —
quelque chose s’arrime
sec, presque coupant,
à la lisière des cils.

Puis ça décroche.
Sans prévenir.
Comme une trace de froid
qu’on croit tenir
et qui glisse hors du contact.

Je ne sais pas où ça bascule
quand ça cède —
mais la paume, elle,
reste entrouverte,
habitée d’un reste de chaleur
qui ne correspond plus à rien.

Sur les doigts,
une odeur âpre,
comme si la peau avait frotté
contre une pièce trop longtemps oubliée.

Dans la gorge :
une vibration basse,
pas un son —
plutôt un animal immobile
qui refuse de partir.

Puis la lumière tranche.
Net.
Comme si l’espace lui-même
se retirait d’un coup.

J’ai voulu serrer.
Les phalanges blanchissent —
ça imprime,
ça entame,
mais ça ne retient rien.

Alors je laisse passer.
De travers.
Ça accroche.

Les mots viennent en morceaux,
comme une présence collée au noir —
on la devine dans la pression de l’air
avant qu’elle prenne forme,
sans savoir
si elle tiendra.

Parfois je m’acharne.
Je pousse —
et tout se défait d’un bloc.

Alors j’abandonne.

J’attends
que ça lâche de l’intérieur,
que ça desserre
ce nœud têtu
dans la poitrine.

Accepter
de ne pas localiser
ce qui insiste,
ni même ce que c’est.

Et quand enfin ça affleure,
c’est déjà hors de portée :
il n’y a plus de prise.

C’est passé.

Le corps, lui,
réagit trop tard —
comme s’il reconnaissait
une empreinte retirée.

Mais déjà
ça n’a plus de forme.

 

Droit d'auteur 

Combustible d'un parfum (Chanson)

 Chair contre chair
dans la nuit tiède
nos corps parlaient
sans faire de bruit
Un souffle ouvert
un feu qui cède
et tout vacille
quand tu me suis
Sous les étoiles
je t’ai goûtée
comme une faille
dans la clarté
Et nos deux cœurs
à la dérive
cherchaient encore
à rester libres

Chair contre chair
combustible d’un parfum
Te souviens-tu
de ce vertige en nous
Nos cœurs dans l’air
emportés plus loin
Encore et encore
hors du temps

Cheveux mêlés
lente collision
une main nuit
l’autre horizon
L’aube hésitait
sur nos épaules
et la lumière
nous rendait fauves
On respirait
cendre et neige
un monde étrange
au bord du rêve
Et sans défense
sans détour
on s’inventait
un autre jour

Chair contre chair
combustible d’un parfum
Te souviens-tu
de ce vertige en nous
Nos cœurs dans l’air
emportés plus loin
Encore et encore
hors du temps

Combien de temps
seras-tu refuge
contre le vent
Combien de temps
seras-tu lumière
dans le présent
Toi, entre fleur et arbre
moi, suspendu à ton odeur
Tu me souris
mais le temps insiste

Chair contre chair
combustible d’un parfum
Te souviens-tu
de ce vertige en nous
Nos cœurs dans l’air
emportés plus loin
Encore et encore
hors du temps 

 

Droit d'auteur 

La forêt a pris feu (Chanson)


Sur moi les griffes de la nuit
Un trou noir dans le silence
Un refuge d’écorce et de bruit
Je compte mes doigts sur le sol

Je suis une arme fatiguée
Debout sans vraiment comprendre
Et je tombe encore une fois
Sans savoir pourquoi

La forêt a pris feu
La forêt a pris feu
Les branches sont hors-la-loi
Et mes yeux s’ouvrent ailleurs

La forêt a pris feu
Le temps ne tient plus debout
Je perds mes repères dans le bois
Et je m’échappe de tout

Ça monte derrière mes yeux
Comme une fièvre lente
Des images qui cherchent le sol
Des murs ouverts dans ma tête

Ton nom passe comme un éclair
Sur une veine trop rouge
Et tout devient horizontal
Même le chaos bouge

La forêt a pris feu
La forêt a pris feu
Les branches sont hors-la-loi
Et mes yeux s’ouvrent ailleurs

La forêt a pris feu
Le temps ne tient plus debout
Je perds mes repères dans le bois
Et je m’échappe de tout

Réduire le champ de bataille
Juste toi, juste moi
Revenir à l’origine
Sans bruit autour de nous

Faire taire les éclats
Respirer sous la peau
Avant l’impact, te voir rougir
Et tout recommencer

Entre les draps de soie
Je monte lentement
Vers un sommet de vertige
Où tout devient vivant

Tes gestes font des prières
Dans un langage sans nom
Et mon corps devient multiple
Perdu dans ton frisson

Putain mon dieu, qu’est-ce que tu fais
Là, maintenant, contre moi
Ça brûle encore dans mes veines
Et ça s’ouvre en toi

La forêt a rendu son jugement
Mais je ne sais plus pourquoi
Un rêve bleu au bord du jour
Nous retient encore là 

 

 

Version 2


 
 Sur moi les griffes de la nuit
Comme des chiens dans le noir
Je dors sous la terre humide
Pour éviter mon miroir

Je suis une arme fatiguée
Chargée contre le vide
Debout dans une chambre blanche
À regarder le plafond fondre

Je tombe si bas
Que même l’écho m’oublie
Le fond du gouffre avait ton visage calme
Et ses yeux sans lendemain

La forêt a pris feu
Les arbres parlaient dans la cendre
La forêt a pris feu
Et le ciel sentait le fer chaud



J’ai parlé si fort
Que la nuit s’est fendue
Mais mes cris reviennent froids
Dans les branches nues

Le temps boite dans la poussière
Comme une bête qu’on traîne
Je laisse derrière moi
Des morceaux de lumière
Quelque chose monte derrière mes yeux

Lentement, sans visage
Des visions cognent contre ma peau
Comme des oiseaux de rage
Ton nom traverse la fumée

Trait de glace dans mes veines
Et tout bascule sans bruit
Même le chaos se tait
Réduire le champ de bataille
À la distance de nos doigts

Faire taire le monde entier
Dans ton souffle contre moi
Tes mains savaient éteindre
Le vacarme dans ma tête
Et nos corps faisaient semblant
D’être sauvés pour de vrai

Suspendre l’impact du monde
Dans la chaleur de ta peau
Voir naître un incendie lent
Sans qu’il dévore le ciel

Entre les draps de silence
Je monte lentement
Vers un vertige immobile
Où tout devient brûlant

Tes mains inventent une religion
Contre ma peau fragile
Et mon corps se défait
Comme une ville hors courant

Mon dieu — dis-moi
Ce que tu fais de moi
Je brûle plus lentement que toi
Mais je brûle encore

La forêt a rendu son jugement
Les branches craquaient sous le vent
Je ne sais plus pourquoi je tremble
Ni lequel de nous deux rêve encore

Au bord du jour
Dans la lumière bleue des vitres
Quelque chose nous retenait là
Comme deux fantômes trop vivants
 

mercredi

L'angle mort du jour (Chanson)


Dans l’angle mort du monde,
là où le bruit n’a plus d’autorité,
je t’ai trouvée.

Pas comme on trouve —
comme on devine une présence
avant même d’ouvrir les yeux.

Tu n’es pas une lumière,
tu es ce qui la rend nécessaire.

Depuis,
le vent a oublié comment parler,
il bégaie ton absence
dans mes oreilles pleines de toi.

Tu t’es installée
dans mes silences les plus précis,
ceux que je gardais
pour ne pas tomber.

Et maintenant,
je tombe —
mais différemment.

Tu es ce lac
que même les déserts n’osent imaginer,
une contradiction vivante,
une réponse sans question.

Je m’accroche à toi
comme une idée refuse de mourir,
comme une racine
perce la pierre sans demander pardon.

Et mes nuits…
mes nuits ne dorment plus.
Elles t’attendent.

Le temps, lui,
fait semblant d’avancer,
mais il ment.
Parce qu’à chaque seconde avec toi,
il hésite.

Dis-moi —
suis-je celui qui transforme tes fissures en vitraux ?
Ou simplement un regard de plus
posé sur tes tempêtes ?

Et toi…
es-tu cette folie douce
qui m’apprend enfin
à ne plus me retenir ?

Parce que depuis toi,
je ne suis plus entier —

je suis vivant.
 
 

mardi

Les restes de lumière sous la peau

Avec les yeux — peut-être —
quelque chose s’arrime
sec, presque coupant,
à la lisière des cils.

Puis ça décroche.
Sans prévenir.
Comme une trace de froid
qu’on croit tenir
et qui glisse hors du contact.

Je ne sais pas où ça bascule
quand ça cède —
mais la paume, elle,
reste entrouverte,
habitée d’un reste de chaleur
qui ne correspond plus à rien.

Sur les doigts,
une odeur âpre,
comme si la peau avait frotté
contre une pièce trop longtemps oubliée.

Dans la gorge :
une vibration basse,
pas un son —
plutôt un animal immobile
qui refuse de partir.

Puis la lumière tranche.
Net.
Comme si l’espace lui-même
se retirait d’un coup.

J’ai voulu serrer.
Les phalanges blanchissent —
ça imprime,
ça entame,
mais ça ne retient rien.

Alors je laisse passer.
De travers.
Ça accroche.

Les mots viennent en morceaux,
comme une présence collée au noir —
on la devine dans la pression de l’air
avant qu’elle prenne forme,
sans savoir
si elle tiendra.

Parfois je m’acharne.
Je pousse —
et tout se défait d’un bloc.

Alors j’abandonne.

J’attends
que quelque chose cède de l’intérieur,
que ça relâche
ce point dur
planté sous les côtes.

Accepter
de ne pas localiser
ce qui insiste,
ni même ce que c’est.

Et quand enfin ça affleure,
c’est déjà hors de portée :
il n’y a plus de prise.

C’est passé.

Le corps, lui,
réagit trop tard —
comme s’il reconnaissait
une empreinte retirée.

Mais déjà
ça n’a plus de forme.

jeudi

Nadine et Bruno Boipeba (Chanson)

 Cliquez sur (Nadine et Bruno) pour écouter la chanson


 
 
Parole de « Boipeba »

La beauté n’habite pas le miroir,
Elle voyage sans dire au revoir,
Comme un oiseau léger, presque invisible,
Elle s’envole vers l’imprévisible.
Elle quitte la peau, douce illusion,
Pour trouver une autre vision.
Dans une pupille étrangère, elle se pose,
Et tout à coup, le monde explose.

Et dans tes yeux, je vois naître
Un feu que je ne peux pas taire,
Un éclat qui me fait renaître,
Comme si tout devenait clair.

Oh Nadine, Bruno, dansez sous la lumière,
Vos regards font tourner la terre entière.
C’est pas le monde — c’est vous qu’on voit,
Quand vos deux cœurs battent comme ça.
Oh Nadine, Bruno, brûlez sans bruit,
Dans cet incendie doux de la vie,
Et que l’amour vous invente encore,
À chaque regard, plus fort, plus fort.

Oh Nadine, Bruno, dancem sob a luz,
Os vossos olhares fazem girar o mundo inteiro.
Não é o mundo — são vocês que vemos,
Quando os vossos dois corações batem assim.
Oh Nadine, Bruno, ardam em silêncio,
Neste doce incêndio da vida,
E que o amor vos renasça,
A cada olhar, mais forte, mais forte.

Ce n’est pas le visage qu’on retient,
Mais la flamme qui tremble au loin.
Derrière les yeux de celui qui regarde,
Un univers entier qui s’attarde.
Nous ne sommes que des paysages,
Des promesses, des mirages,
Et l’autre devient notre ciel,
Celui qui nous rend éternels.

Quand tu me vois, je deviens
Tout ce que je n’étais pas encore,
Et ton amour trace le chemin
Vers un horizon plus fort.

Oh Nadine, Bruno, dansez sous la lumière,
Vos regards font tourner la terre entière.
C’est pas le monde — c’est vous qu’on voit,
Quand vos deux cœurs battent comme ça.
Oh Nadine, Bruno, brûlez sans bruit,
Dans cet incendie doux de la vie,
Et que l’amour vous invente encore,
À chaque regard, plus fort, plus fort.

Oh Nadine, Bruno, dancem sob a luz,
Os vossos olhares fazem girar o mundo inteiro.
Não é o mundo — são vocês que vemos,
Quando os vossos dois corações batem assim.
Oh Nadine, Bruno, ardam em silêncio,
Neste doce incêndio da vida,
E que o amor vos renasça,
A cada olhar, mais forte, mais forte.

Et si demain, tout change autour,
Gardez ce feu, gardez l’amour.
Car dans les yeux de l’un et l’autre,
Vous êtes déjà mille vies, mille nôtres.

Oh Nadine, Bruno, chantez à pleine voix,
Que le monde danse avec vous ce soir-là,
Car la beauté vit là, entre vous,
Dans chaque regard un peu fou.
Oh Nadine, Bruno, que ça dure toujours,
Ce feu léger qu’on appelle amour,
Et que vos yeux, à chaque détour,
Réinventent le monde autour.

Oh Nadine, Bruno, cantem a plenos pulmões,
Que o mundo dance convosco nessa noite,
Pois a beleza vive ali, entre vós,
Em cada olhar um pouco louco.
Oh Nadine, Bruno, que isso dure para sempre,
Essa chama suave a que chamamos amor,
E que os vossos olhos, a cada recanto,
Reinventem o mundo à vossa volta.

 

 


Écrit le 01 avril 2026 à Boibepa.
Copyright numéro 00048772-1 


mardi

On n’apaise pas la nuit

Elle a choisi.
Moi, j’entends : elle a été laissée seule.
Seule.

Pas sans monde autour.
Sans point d’appui.

Marcher pieds nus
sur un sol qui recule.

Ses jours glissent.
Sans prise.
Sans relief.

Vingt-cinq ans.
Vingt-cinq.
À cet âge, on brûle.
Pas disparaît dans une case.

Noelia —
Ton prénom claque.
Pas un point final.
Un courant d’air.
Un doute qui reste.

On parle de dignité.
Mais quelle dignité
quand on remplace des bras
par des procédures ?
Quand l’espoir devient un dossier classé ?

Non.
Non à cette douceur qui ressemble à une démission.
Non au calme qui sent la fatigue collective.

Mourir
ne devrait jamais être
la solution la plus accessible.

Imagine.

Quelqu’un tombe dans un puits.
Pas de cri.
Juste un souffle.
Un frottement.

Et nous — en haut —
on débat :
« Veut-il remonter ? »
« Est-ce son choix ? »

On n’envoie pas de corde.

Je refuse ça.
Je refuse qu’on appelle ça du respect.

Qui reste
quand ça tremble ?

Pas quand c’est racontable.
Pas quand c’est beau.
Quand c’est lourd.
Quand ça use.

On n’est pas à court de règles.
Ce qui manque,
c’est quelqu’un qui ne détourne pas les yeux
quand la chute dure trop longtemps.

Des voix
qui ne cherchent pas les mots justes
mais restent assez près
pour empêcher le silence de gagner.

Qui disent :
« Reste. »

Même mal.
Même brisé.
Même sans y croire.

Parce que parfois, sauver quelqu’un
ce n’est pas le sortir du noir.
C’est descendre avec lui
et refuser de le laisser seul dedans.

Noelia,

Si ton silence fait autant de bruit,
c’est qu’il refuse de devenir normal.
Qu’il dérange.
Qu’il insiste.

Qu’il nous oblige à regarder
ce qu’on appelle trop vite
une solution.

On n’apaise pas la nuit…


en abandonnant
ceux
qui la traversent. 

jeudi

Souffle qui respire

Berceau en cicatrices,
plis du drap, matin suspendu.

Quelque chose glisse
dans la pliure du cœur,
silence qui respire.

Les mots tremblent,
tombent —
poussière de feuilles mortes sur la pierre froide.

Parfums collés aux regards,
visages aimés suspendus
dans le souffle gelé que je traverse.

L’incertitude roule sous mes pas,
routes sans balises,
horizons effacés.

Départ incandescent :
un train s’élance,
la lumière le dévore,
la terre fond derrière lui.

Chaque seconde goûte
sa première fois,
murs d’arbres serrés
comme des mains qui protègent
du mistral et du sirocco,
tous ces frissons qui me traversent.

Mille gestes invisibles
me pardonnent
d’être machine à poèmes :
inspirer comme pour respirer la vie.


*

Version 2

Berceau en cicatrices, plis du drap, matin suspendu.
Quelque chose glisse dans la pliure du cœur — silence qui respire.

Les mots tremblent, tombent,
poussière de feuilles mortes
sur la pierre froide.

Parfums accrochés aux regards,
visages aimés suspendus
dans le souffle gelé que je traverse.

L’incertitude roule sous mes pas,
routes sans balises,
horizons effacés.

Départ incandescent :
un train s’élance,
la lumière le dévore,
la terre fond derrière lui.

Chaque seconde goûte
sa première fois.

Murs d’arbres serrés,
comme des mains,
protègent du mistral et du sirocco
les frissons qui me traversent.

Mille gestes invisibles
me pardonnent.

J’inspire —
et quelque chose en moi
continue.


*

Version minimaliste


Berceau en cicatrices.
Matin suspendu.

Quelque chose glisse
dans le cœur.

Silence.

Mots tombés —
feuilles mortes
sur pierre froide.

Visages.
Un souffle gelé.

Routes sans signes.

Un train —
lumière.

La terre disparaît.

Une seconde.

Des arbres serrés
comme des mains.

Le vent passe.

J’inspire.

Encore.


mercredi

Quelque chose veille

Elle me l'avait soufflé
Sur une feuille trop mince —
L'amour, 
Une grappe. 

Chaque saison
Y dépose son goût,
Tend sa peau,
Charge ou retire le sucre.

Certaines années
Se tiennent, serrées,
Jusqu'à la tige. 
D'autres éclatent trop tôt.

On y revient pourtant,
Même après la coupe nette du temps,
Comme la langue revient
À une brûlure ancienne.

Même dans le sommeil
Quelque chose veille,
Circule bas,
Entre les nerfs.

Tu dors déjà ?
Légère,
Presque retirée du monde.

Et soudain, 
Sans bruit, 
Quelque chose s'ouvre.

mardi

La neige tient encore

Un nuage se déchire.
Je revois mon vieil ami,
tempes blanchies par le froid.

Sur la neige,
ne remuons plus
les braises anciennes.
Le silence les enfouit.

Pour toi —
lumière droite,
cœur sans détour,
résistant
aux murs qui se referment.

Pour toi —
marche seule,
matin dur,
là où l’air mord.

À vous deux,
jours clairs
adossés au ciel,
vallées ouvertes,
ombre
au pied des arbres.

Rien n’est perdu
tant que vous tenez,

si vous osez
vous reconnaître,
et, simplement,
vous aimer.



Version 2


Un nuage se déchire —
pas de lumière franche,
plutôt une usure du ciel.

Dans cette fente :
ton visage.
Le froid déjà à l’œuvre.

Ne rien reprendre ici.
La neige garde
ce qui a brûlé sans feu.

Les murs savent.
Les tables aussi —
leurs places vides.

Jour clair,
sans détour :
tu tiens encore
dans l’étreinte des seuils,
là où l’on cède d’habitude.

Jour sombre,
tu avances
dans l’égalité du gel.
Le matin casse net
sous le pas.

Entre vous —
presque rien :
un espace qui insiste,
respire à peine.

Pourtant
quelque chose demeure,
au ras du ciel,
dans le pli des terres ouvertes.

À condition de ne pas fuir.
D’habiter là.

De vous choisir

jeudi

Le silence à des dents

Tu regardes la télé —
parce que le silence a des dents,
qu’il mord et qu’il grince
entre tes pensées.

Le canapé t’engloutit jusqu’aux genoux,
l’horloge mastique les secondes
comme un chien affamé sous la table,
ses dents claquant dans le vide.

L’écran s’allume :
un œil de néon crache des visages flottants,
ombres qui se débattent
dans des vies volées.

Les images tombent,
pluie d’aluminium froissé,
scintillante, crépitante,
tranchant tes yeux et ta peau,
empoisonnant tes oreilles,
et la pensée tente de pousser
comme herbe verte
entre les dalles sèches d’un monde cassé.

La lampe penche la tête,
comme un vieux sage épuisé
qui voit tout et ne dit rien.

Tu regardes la télé —
parce que l’ennui est un serpent invisible,
serpentant dans la pièce,
reniflant, froissant tes idées,
sifflant entre tes côtes.

La télé n’est qu’une boîte lumineuse
où l’on jette des poignées de lumière
pour occuper la bête. 

Mais parfois,
entre deux publicités,
un silence tombe de l’écran
comme une pluie noire.

Pendant une seconde,
le monde entier devient
une question oubliée,
une brûlure douce derrière les paupières,
un souffle où la pensée
pousse enfin, sauvage,
comme un feu vert à travers la poussière.

*
Version 2

Tu regardes la télé —
parce que le silence a des dents,
qu’il mord entre tes pensées.

Le canapé t’engloutit jusqu’aux genoux.
L’horloge mastique les secondes,
chien affamé sous la table.

L’écran s’allume :
un œil de néon crache des visages,
ombres prises dans des vies qui ne sont pas les leurs.

Les images tombent —
pluie d’aluminium,
crépitante.

Elles coupent.
Et la pensée tente de pousser,
herbe maigre
entre les dalles d’un monde sec.

La lampe penche la tête,
vieux témoin
qui ne dit rien.

Tu regardes la télé —
parce que l’ennui rampe,
animal sans forme,
qui renifle et froisse tes idées.

La télé,
boîte de lumière
jetée à la bête.

Mais parfois,
entre deux publicités,
un silence tombe.

Une seconde —

le monde devient
question,

une brûlure douce
derrière les paupières,

et la pensée pousse enfin,
sauvage,

comme un feu vert
dans la poussière.

lundi

Cliché d'hiver (Chanson)

De ce corps brûlé par le froid
L’heure est d’atteindre le jour
À l’interstice azur
L’air me chante une chanson d’amour
De cette lumière
Enveloppée d’une grâce mystérieuse
Naissent des images majestueuses
Dont les filigranes s’envolent
Jusqu’au bain migrateur
Où des yeux d’outre-mer
S’immergent à la marine
Lucide et vertigineuse

Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et si le vent emporte nos heures,
Qu’il garde au moins cette lueur :
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson d’amour.

À l’orée du syndrome
Fragilité aérienne
L’amour est bien cet aéronef
Où les nuages
Boivent le suc laiteux des anges
Hument leurs encensés parfums
Et passent au-dessus du monde
Comme des rêves sans fin

Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et si le vent emporte nos heures,
Qu’il garde au moins cette lueur :
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson d’amour.

Si hier
Au crépuscule du foyer condamné
De la chambre noire
La libellule changeait de cadre
Se détestait
Parlait toute seule
Je veux qu’on me laisse
Avec mes grains scarifiés
Qui protègent mes ailes
Du cyclone humain

Aujourd’hui
À fleur d’espérance
Au sein de son anticyclone
Le cliché d’hiver la réconforte
Sous son ciel de lit en bois de rose

Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et quand quelqu’un frappera à la porte,
Que la mémoire nous emporte,
Car la diapositive dans nos cœurs
Reste reine du monde disparu
 
  
*
 
Version 2
 
 
De ce corps glacé par l’hiver
L’heure est venue de revoir le jour
Dans l’ouverture de l’azur
Le vent me chante une chanson d’amour

Sous cette lumière tranquille
Aux reflets tendres et mystérieux
Naissent des paysages précieux
Que les oiseaux emportent au loin
Vers des rivages étrangers
Où des regards venus de la mer
S’abandonnent à la nuit profonde
Lucide et vertigineuse

Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et si le vent emporte nos heures,
Qu’il garde au moins cette lueur :
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson d’amour.

À l’orée de nos fragilités
L’amour ressemble à un voyage
Un grand vaisseau perdu dans les nuages
Qui traverse les pluies du monde

Les rêves y flottent sans fin
Comme des parfums dans le matin
Et nos mains passent au-dessus du vide
Sans jamais lâcher la lumière

Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et si le vent emporte nos heures,
Qu’il garde au moins cette lueur :
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson d’amour.

Hier encore
Dans la pénombre d’une chambre oubliée
Je parlais seul face au miroir
Comme une libellule blessée

Je cachais mes ailes fragiles
Sous les tempêtes du monde humain
Mais je voulais garder en moi
La lumière des jours anciens

Aujourd’hui
À fleur d’espérance
Sous un ciel calme retrouvé
L’hiver devient moins solitaire
Dans la douceur de tes bras

Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et quand quelqu’un frappera à la porte,
Que la mémoire nous emporte,
Car la lumière au fond du cœur
Reste reine du monde disparu 
 
 
 *
 
 
version 3
 
De ce corps glacé par l’hiver
Le jour revient toucher mes mains
Dans la lumière de l’azur
Le vent murmure un air lointain

Sous cette clarté tranquille
Aux reflets tendres et mystérieux
Naissent des paysages fragiles
Que les oiseaux portent vers les cieux

Vers des rivages étrangers
Où les regards venus de la mer
S’abandonnent à la nuit profonde
Douce et pleine de lumière

Emmène-moi là où le ciel s’ouvre
Là où le silence devient des mots
Je ferai de la nuit une chambre douce
Où ton amour réchauffe ma peau

Et si le vent emporte nos heures
Qu’il garde au moins cette lueur
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson dans le cœur

À l’orée de nos fragilités
L’amour ressemble à un voyage
Un grand vaisseau dans les nuages
Qui traverse les pluies du monde

Les rêves y flottent au matin
Comme un parfum venu de loin
Et nos mains glissent au bord du vide
Sans jamais quitter la lumière

Emmène-moi là où le ciel s’ouvre
Là où le silence devient des mots
Je ferai de la nuit une chambre douce
Où ton amour réchauffe ma peau

Et si le vent emporte nos heures
Qu’il garde au moins cette lueur
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson dans le cœur

Hier encore dans une chambre
Je parlais seul face au miroir
Je cachais mes ailes fragiles
Sous les tempêtes de la mémoire

Une pluie tombait sur la table
Le matin semblait sans couleur
Mais je gardais au fond de moi
La lumière des jours meilleurs

Aujourd’hui sous un ciel plus calme
L’hiver s’éloigne lentement
Et dans la douceur de tes bras
Je respire plus librement

Emmène-moi là où le ciel s’ouvre
Là où nos silences deviennent des mots
Je ferai de la nuit une chambre douce
Où ton amour apaise ma peau

Et quand quelqu’un frappera la porte
Que la mémoire nous emporte
Car la lumière au fond du cœur
Reste vivante après les heures  

À quelques centimètres du vide... « Suspendre le temps »

Elle a changé.
Mais le trottoir parle encore.
Rien n’a changé.
Alors elle se tait.

Le matin est un poisson violet
Qui nage dans les coins de sa chambre.
Le chat à trois yeux a oublié son nom
Et ses chaussures ont disparu sous le plafond.

Sa peau flotte dans un verre d’eau
Où nagent des horloges molles
Qui comptent les battements d’une étoile cassée.

Le vent souffle des lettres mortes
Dans les interstices de ses doigts.
Les lampadaires ont des visages
Et sourient quand le bitume éternue.

Le soleil pèse des oranges rouges
Dans sa poitrine
Et le ciel a des cordes
Pour tirer les souvenirs
Hors de ses cheveux.

Elle marche sur des rivières figées
Qui rêvent de marcher à sa place.
Ses gestes deviennent des constellations
Et chaque étoile est un souffle
Qui la retient ou la repousse.

Rien ne fuit.
Rien ne reste.
Tout tremble
Dans un battement trop grand pour sa cage thoracique.

Changer ?
Changer est une tache d’encre
Qui se dilue dans le vert des murs
Et se moque de ses pieds nus.

Elle suspend le temps
À quelques centimètres du vide
Où les pierres rient et les nuages hurlent
Que tout est déjà arrivé
Avant d’être imaginé.

Et peut-être que tenir
N’est pas respirer
Mais se fondre
Dans le fracas
Et la lumière
Et l’absence.


*


Version 2


Elle a changé.
Mais le trottoir parle encore.
Rien n’a changé.

Alors elle se tait.

Le matin est un poisson violet
qui nage dans les coins de sa chambre.
Le chat à trois yeux a oublié son nom,
et ses chaussures se sont glissées sous le plafond.

Sa peau flotte dans un verre d’eau
où nagent des horloges molles
qui comptent les battements d’une étoile cassée.

Le vent souffle des lettres mortes
entre ses doigts.
Les lampadaires ont des visages
et sourient quand le bitume éternue.

Le soleil pèse des oranges rouges
dans sa poitrine.
Le ciel a des cordes
pour tirer les souvenirs
hors de ses cheveux.

Elle marche sur des rivières figées
qui rêvent de marcher à sa place.
Ses gestes deviennent des constellations,
chaque étoile un souffle
qui la retient ou la repousse.
Rien ne fuit.
Rien ne reste.
Tout tremble
dans un battement trop grand pour sa cage thoracique.

Changer ?
Changer est une tache d’encre
qui se dilue dans le vert des murs
et se moque de ses pieds nus.

Elle suspend le temps
à quelques centimètres du vide,
où les pierres rient
et les nuages hurlent
que tout est déjà arrivé
avant d’être imaginé.

Et peut-être que tenir
n’est pas respirer,
mais se fondre
dans le fracas,
la lumière,
l’absence.

*

Version 3

Elle a changé.
Le trottoir, lui, parle encore.
Alors elle se tait.
Le matin est un poisson violet.
Il nage lentement dans les coins de la chambre,
frôle les murs,
revient.
Elle le regarde sans bouger.
Peut-être qu’il cherche une sortie.
Peut-être qu’elle l’a oubliée.
Le chat à trois yeux ne vient plus.
Ou peut-être qu’il est là,
mais sans nom.
Elle essaie de se souvenir du sien.
Rien ne répond.
Ses chaussures ont glissé jusqu’au plafond.
Elles attendent.
Immobiles.
Comme si marcher
était devenu impossible.
Sa peau flotte dans un verre d’eau.
Les horloges dérivent autour.
Elles ne comptent plus les heures.
Seulement quelque chose
qui bat mal.
Elle met la main dedans.
Le temps se brise.
Le vent lui glisse des lettres entre les doigts.
Elle en retient une.
Elle casse.
Les lampadaires ont des visages.
Ils sourient.
Pas à elle.
Le soleil roule dans sa poitrine.
Des fruits trop lourds.
Chaque mouvement résonne.
Trop fort.
Elle s’arrête.
Le ciel descend des cordes.
Il tire doucement
quelque chose hors d’elle.
Un souvenir.
Puis un autre.
Elle ne dit rien.
Elle marche sur une rivière figée.
Sous ses pieds, l’eau insiste.
Elle voudrait avancer à sa place.
Ses gestes se dispersent.
Des étoiles sans ciel.
Certaines la retiennent.
D’autres l’oublient.
Elle ne sait plus
si elle avance
ou si elle se défait.
Rien ne fuit.
Rien ne reste.
Seulement ce tremblement
trop grand pour son corps.
Changer —
C’est une tache d’encre
qui s’approche lentement.
Elle recule.
Ou croit reculer.
Ça ne touche jamais.
Ça ne s’arrête jamais.
Alors elle suspend le temps.
Juste là.
Avant.
Les pierres rient.
Les nuages savent.
Tout est déjà arrivé.
Même ça.
Et tenir —
ce n’est pas respirer.
C’est rester.
Jusqu’à ne plus attendre.
Jusqu’à ne plus chercher.
Jusqu’à devenir
ce qui faisait du bruit.
Et comprendre, trop tard,
que le silence
venait d’elle.

*

Version 4

Elle a changé.
Le trottoir, lui, parle encore.
Alors elle se tait.
Le matin est un poisson violet. Il nage dans les coins de la chambre. Il revient.
Elle ne bouge pas.
Peut-être qu’il cherche une sortie.
Peut-être qu’il n’y en a jamais eu.
Le chat à trois yeux ne vient plus.
Ou bien il est là, sans nom.
Elle cherche le sien.
Rien.
Ses chaussures ont glissé jusqu’au plafond.
Elles attendent.
Sa peau flotte dans un verre d’eau.
Les horloges dérivent autour.
Elles comptent mal.
Quelque chose bat. À côté.
Elle plonge la main.
Ça casse.
Le vent glisse des lettres entre ses doigts.
Elle en retient une.
Elle cède.
Les lampadaires ont des visages.
Ils sourient.
Pas à elle.
Le soleil roule dans sa poitrine.
Trop lourd.
Elle s’arrête.
Le ciel descend des cordes.
Il tire.
Un souvenir.
Puis rien.
Elle ne suit pas.
Elle marche sur une rivière figée.
Sous ses pieds, l’eau insiste.
Ses gestes se dispersent.
Des étoiles sans ciel.
Certaines tirent.
D’autres lâchent.
Elle ne sait plus.
Si elle avance
ou si elle disparaît.
Rien ne fuit.
Rien ne reste.
Seulement ce tremblement
trop grand.
Changer —
une tache d’encre
qui s’approche.
Elle recule.
Ou croit.
Ça ne touche pas.
Ça ne finit pas.
Alors elle suspend le temps.
Juste avant.
Les pierres rient.
Les nuages savent.
Tout est déjà arrivé.
Même ça.
Tenir —
ce n’est pas respirer.
C’est rester.
Jusqu’à
ne plus attendre.
Ne plus chercher.
Jusqu’à devenir
le bruit.
Puis
comprendre
trop tard
que le silence
venait d’elle.

*

Version 5

Elle a changé.
Le trottoir, lui, parle encore.
Alors elle se tait.
Le matin est un poisson violet.
Il nage dans les coins de la chambre.
Il revient.
Toujours.
Elle ne bouge pas.
Peut-être qu’il cherche une sortie.
Peut-être qu’il n’y en a jamais eu.
Le chat à trois yeux ne vient plus.
Ou bien il est là, sans nom.
Elle cherche le sien.
Rien.
Ses chaussures ont glissé jusqu’au plafond.
Elles attendent.
Comme si marcher
avait été retiré du monde.
Sa peau flotte dans un verre d’eau.
Les horloges dérivent autour.
Elles comptent mal.
Quelque chose bat.
À côté.
Elle plonge la main.
Ça résiste.
Puis ça cède.
Le temps se fend.
Le vent glisse des lettres entre ses doigts.
Elle en retient une.
Elle la serre.
Elle disparaît.
Les lampadaires ont des visages.
Ils sourient.
Pas à elle.
Le soleil roule dans sa poitrine.
Trop lourd.
Chaque mouvement résonne.
Alors elle s’arrête.
Le ciel descend des cordes.
Il tire.
Lentement.
Un souvenir.
Puis un autre.
Puis presque rien.
Elle ne suit pas.
Elle marche sur une rivière figée.
Sous ses pieds, l’eau insiste.
Elle voudrait avancer à sa place.
Ses gestes se dispersent.
Des étoiles sans ciel.
Certaines tirent.
D’autres lâchent.
Elle ne sait plus
si elle avance
ou si elle disparaît.
Rien ne fuit.
Rien ne reste.
Seulement ce tremblement
trop grand pour son corps.
Changer —
une tache d’encre
qui s’approche sans jamais atteindre.
Elle recule.
Ou croit reculer.
Ça ne touche pas.
Ça ne finit pas.
Alors elle suspend le temps.
Juste avant.
Les pierres rient.
Les nuages savent.
Tout est déjà arrivé.
Même ça.
Tenir —
ce n’est pas respirer.
C’est rester.
Jusqu’à ne plus attendre.
Jusqu’à ne plus chercher.
Jusqu’à devenir
ce qui faisait du bruit.
Et comprendre, trop tard,
que le silence
venait d’elle seule.

jeudi

La pluie apprend à hurler

Le jeune loup est tombé,
Ou peut-être n’est-il jamais né.

Les arbres se penchent pour écouter le silence,
Comme si le monde retenait son souffle.

Les feuilles deviennent vent.
Les racines s’ouvrent comme des mains dans la terre humide.
Le ciel pleure à rebours,
Et les étoiles se défont lentement dans l’ombre.

Un rapace tourne.
Le temps, sous ses ailes, se relâche et coule.
Ses yeux sont deux astres éteints.
Son cri fend l’air… Puis plus rien.

Les chiens errants avancent sans bruit.
Leurs crocs ne blessent plus :
Ils dessinent des signes invisibles
Sur la peau du sol.

Les biches et les cerfs se dénouent dans la brume.
Leurs ombres glissent vers les rivières
Et s’y déposent comme un secret.

Le jeune loup traverse les saisons
Comme une cendre portée par le vent.
Ses pattes frôlent des restes de mémoire.
Ses yeux — deux lueurs fragiles —
Cherchent un reflet dans l’eau noire.

Hurler serait inutile.

Les hurlements descendent dans la terre.
Ils deviennent racines.
Les racines deviennent paroles.
Les paroles se dissolvent en pluie,
Et la pluie recommence la forêt.

J’écris avec la sève des feuilles.
Je lis les branches lentement.
Je parle aux pierres.

Parfois, je me tais.

Chaque souffle est un vers.
Chaque pas, une strophe brève.
Le jeune loup marche dans mes phrases
Sans laisser de trace visible.

Rien ne sera plus jamais pareil.

Le sol respire doucement.
Les arbres rêvent debout.
Les rivières hésitent avant de couler.

Et moi, je marche parmi leurs ombres,
La voix du loup ouverte en lumière discrète
Qui tombe, simplement,
Sur mes paupières closes.

L’amour traverse les ombres

Laissons-le derrière les ombres.
Mes pieds marchent
Dans un no man’s land
Aux ruines murées de l’intérieur.

La critique fond au bord des lèvres.
Ma langue fatigue
Pendant que le charme opère.

On m’assure que le monde décent
N’aime ni les poésies mort-nées
Ni les corps noyés.

On parle
De chiffres qu’on empile,
De ventres loués au mois,
De graines sous brevet,
De forêts qui fument encore,
D’abeilles qu’on n’entend plus.

Et mon cul pèse dans la balance commerciale.

Je voudrais pourtant
Du beurre dans l’herbe rose,
Du lard sur le pain béni.
Alléluia.

De l’exploitation à l’aliénation
Je compte les barreaux.

Un démocrate garde ses frontières
Et entrouvre sa porte.
Il demande d’où l’on vient,
Sert le vin.

Au-dessus de la table
Les drones cousent le ciel.
Les marchés décident.

Entre la guerre et l’amour
Je cache ma douleur
Dans une forêt qui rêve encore.

La vie a le goût du chocolat
Et du poison.

Ce soir
Je me laisse porter.
Je l’aime.

Et c’est l’amour
Qui traverse les ombres.

Qui traverse les ombres.

lundi

Bleu

Bleu,
Souffle froid
À l’horizon de mes artères.

Pourpre aux joues
Nées des premiers frimas.

Tu descends.
Silence
Sur mes tempes agitées.

Bleu,
Distance presque irréelle,
Clarté d’un ciel
Où ma pensée se défait.

Rêve cristallin
Au bord de ta bouche,
Qui t’a initiée
Aux hauteurs sans retour ?

Bleu.

Tendresse nue.

Turquoise frôlant nos âmes
En secret frisson.

Tu poses une eau fraîche
Sur la braise du front.
Nos fièvres reculent.

Bleu,
Peau d’air tendue
Sur la lumière.

Onde brève.

Tu révèles
Ce qui tenait dans l’ombre.
Tu passes
Et mon regard s’abîme
En ton possible.

Bleu,
Drap froissé d’une nuit originelle,
Éclat d’amande et de saphir clandestin.

Parure offerte
À la gorge secrète de la lumière.

Source sans visage.

Laisse-moi
Me dissoudre.

vendredi

L'énigmatique Elle

Sa vie a été un drame en trois actes.
Elle est née à l'encablure
D'un ancien port négrier.
Sous un ciel noir azur.

Elle a vécu sous procuration,
Cœur et plume à la main.
Elle meurt le jour de son émancipation.
Sous la neige, un matin.

Et vogue un bateau,
Ses larmes volantes se mêlant à l’écume.

Suivre la trace sanguine
Sur l’océan des chimères.
Ancienne route du sel.
Une mémoire, un rappel.
Elle n'est pas le silence.

Elle est la voix qui chuchote
Aux oreilles des disparus.

N’ayez plus peur.
Tout mon amour est avec vous.
La haine qui vient vous secouer
Sera domptée
Par l’onctuosité de mon emprise.

Lorsque vous lirez ce poème,
Exprès pour vous,
Encrez dans vos yeux
L’instant de bonheur le plus manifeste.

Elle regarde.
Elle observe.
Elle veille.

Le vent froid sur votre peau.
Le sel sur vos lèvres.
Le frisson des souvenirs.

L’énigmatique Elle vous regarde.
Et dans ce regard,
Le passé et le présent se touchent.
La mémoire et l’amour se confondent.

mardi

Ce n’est pas la Belle qui tremble

La Belle avance, murs fermés,
La Bête grogne, peur affichée.
Pas de loi, juste du contrôle,
Chaque pas libre brise leur rôle.
Un geste, un choix, ça les fait trembler,
Un doute, un souffle, ça va éclater.

Ce n’est pas la Belle qui tremble,
C’est la Bête qui chancelle.
La Belle vit, elle se déploie,
Les Bêtes tombent sous sa voix.

Ils verrouillent, ils punissent,
Chaque désir devient menace.
Un cœur qui bat, un corps qui fuit,
Et la Bête tremble, fragile et nue.
Leurs cris s’éteignent, leurs cages s’ouvrent,
La Belle avance, rien ne la couvre.

Ce n’est pas la Belle qui tremble,
C’est la Bête qui chancelle.
Quand elle choisit, quand elle respire,
Les Bêtes s’effondrent, elles vacillent.

Si la Belle existe,
Elle n’a pas besoin de chaînes.
Si la Belle est vraie,
Elle n’a pas besoin de haine.

La Belle ne tremble pas !
Les Bêtes, si !
La Belle avance droite,
Les Bêtes tombent ici.

lundi

On dit que tout va bien

On dit que tout va bien.
On dit que ça va passer.
On dit beaucoup de choses
Quand on n’écoute plus rien.

La culture serait morte.
Pas assassinée.
Non.
Asphyxiée.
Sous les écrans,
Sous l’instant,
Sous l’urgence de produire
Quelque chose
Qui ressemble à quelque chose.
Le plus petit murmure.
La petite chuchote.
La normale s’essouffle.
La moyenne se répète.
La grande se vend.
La plus grande
S’oublie.
Créer, c’était risquer.
Maintenant, c’est remplir.
Transmettre, c’était relier.
Maintenant, c’est distraire.
 
L’éducation agonise.
Pas dans le sang.
Dans la fatigue.
Des classes pleines.
Des têtes lourdes.
Des cerveaux en veille.
On apprend à cocher
Avant d’apprendre à douter.
On apprend à répondre
Avant d’apprendre à questionner.
On fabrique des compétences,
Pas des consciences.
Des profils,
Pas des esprits libres.

Extrême droite.
Droite.
Centre.
Macron.
Gauche.
Extrême gauche.
Même décor.
Mêmes promesses recyclées.
Même distance.
Ils parlent d’en haut
À des gens d’en bas
Qui ne lèvent même plus la tête.
Ils parlent chiffres.
On parle loyers.
Ils parlent croissance.
On parle survie.
La politique est hors sol.
Et nous,
On s’enfonce.

La violence est banalisée
Parce qu’elle est partout
Et qu’on n’a plus de mots
Pour la dire autrement.
20 ans : déjà blasé.
16 ans : déjà en colère.
12 ans : déjà exposé.
On se rassemble
Sans horizon.
On se plante
Sans surprise.
On se flingue
Sans futur.
À feu.
À sang.
À tort.
À travers.
Quand plus personne n’écoute,
Les poings prennent la parole.

La colère naît tôt.
Très tôt.
Elle est déjà là
Au berceau.
Mais sans carte.
Sans nord.
Sans main tendue.
Elle brûle.
Elle éclaire.
Puis elle consume
Celui qui la porte.

FIN ?
Ou début.
 
Si on accepte
D’ouvrir les mains
Avant de lever le poing.
Si on accepte
De penser ensemble
Avant de s’affronter.
Parce que la solution
N’est peut-être pas
Dans ce qu’on crie…

…mais dans le moment
Où on recommence
À s’écouter.

*  
Version Recueil

On dit que tout va bien.
Comme si on fermait les volets trop tôt,
pour ne pas voir la lumière qui baisse.

On dit que ça va passer,
comme une averse d’été,
alors que l’humidité reste dans les murs.

On dit beaucoup de choses.
Des mots qui tombent juste,
mais jamais au bon endroit.

La culture ne meurt pas.
Elle fermente.
Comme un fruit oublié derrière une vitre,
trop mûr pour être mangé,
pas assez mort pour disparaître.

On crée. Ou plutôt —
on remplit le vide avec du bruit.

Avant, fragile.
Aujourd’hui, sûr de plaire.
Par peur. Par fatigue. Par silence.

Je repense à une salle de classe.
Un matin de novembre.
L’air trop chaud, les manteaux encore sur les chaises.

Un élève fixe la fenêtre.
Mais il regarde son reflet.
Comme s’il vérifiait qu’il est encore là.

Un autre scrolle sous la table.
Son pouce a pris de l’avance sur sa pensée.

Quelqu’un répond.
Juste. Rapidement.
La bonne réponse.
Pas forcément la bonne question.

On avance dans le programme
comme on coche une liste de courses.

Comprendre ?
On verra après.

Douter ?
On n’a pas le temps.

L’éducation s’use.
Comme une craie trop courte
qu’on continue d’utiliser
jusqu’à écrire avec la peau des doigts.

On apprend à être fonctionnel.
Efficace. Adaptable.

Et doucement,
presque sans s’en rendre compte,
on devient capable de tout faire
sauf de s’arrêter.

Dehors, les discours tournent.
Droite. Centre. Gauche.

On n’écoute plus pour comprendre.
On écoute pour confirmer ce qu’on savait déjà.

La distance s’infiltre,
comme une fuite lente dans un mur porteur.

La violence surgit.
Dans un regard.
Dans un geste qu’on ne fera pas.
Dans un film au lieu d’un acte.

La colère commence tôt.
Silence trop long. Chaise vide.

Elle éclaire, puis déforme.
Elle désigne des coupables.
Soulage un instant.

Alors — fin ?
Peut-être pas.

Peut-être commence-t-on
par une main ouverte.
Une question posée.
Sans réponse immédiate.
Accepter de ne pas avoir raison seul.

Crier, on sait.
S’opposer aussi.
Écouter vraiment — rare.

Et ça fait peur.

Ce n’est pas une solution.
C’est une responsabilité.
Un espace qu’on rouvre —
sans garantie qu’il reste habitable.

Pour entendre
ce qui était couvert par le bruit.

Et voir,
s’il reste assez de voix
ou de silence
pour recommencer à vivre.


Résonances

Dans un paysage où l’air se teinte d’un bleu éclatant, j’ai croisé la lune, posée sur le lac des cygnes comme un secret ancien. Loin des tumultes du quotidien, mes pas m’ont conduit vers les montagnes. La nuit, enfin, a ralenti la course du jour, et mon cœur a battu au rythme d’un baiser écarlate, doux et silencieux.

Mon travail effaçait les traces de la boue, tandis qu’une petite fille à la chevelure blanche demeurait là, immobile, au milieu des champs de betteraves. Elle aimait la solitude. Elle contemplait la pluie, s’immergeait dans les nuances du soleil, observait le monde avec son chat posé à la fenêtre. Puis elle s’endormait, paisiblement, sur la margelle du temps.

L’éternité, comme les almanachs, semblait avoir atteint sa dernière page. Elle continuait pourtant de hanter les craintifs, les autels des sorcières, les infirmières dévouées et les amoureux de la mythologie. Si loin et si proche à la fois, elle n’était qu’un bref intermède offert aux cinq sens.

Pendant qu’elle savourait une dernière chicorée, le coin de la pièce se réchauffait lentement. Une libellule s’approchait, réclamant des dettes de caresses, des baisers oubliés, des poésies longtemps retenues.

Ne parlons pas trop. Il n’existe jamais plus de temps que celui qu’il faut pour tout perdre. Dans le sac, je rangeais ce désir discret de contrebande intérieure, tandis que la longévité continuait de nous échapper. Nous ne vivons qu’une fois, et pourtant nous mourons plusieurs fois. Alors, apprenons des maîtres de l’immatériel l’art fragile de prédire sans tromper. Cherchons notre boule de cristal : non pour connaître l’avenir, mais pour déjouer la routine et le conformisme.

Elle est honnête, et je l’accueille.
Elle est empathique, et je l’apprends.
Elle est exigeante, et je l’accepte.

Dans cet accord silencieux, le temps consent enfin à se taire.

Deepfakes ou la libellule du réel

 Je suis une libellule.
Posée sur le fil du temps.

Mes yeux…
mosaïque,
mille vérités à la fois.

Et pourtant…
je peine
à distinguer l'homme
de son reflet.

Autrefois :
masques immobiles.
Ailes peintes sur du verre.

Aujourd'hui :
ils battent l'air.
Le faux apprend
le vol stationnaire.

Il n’entre plus dans l’image.
Il habite la durée.

Le temps réel :
mare tiède.
Visages synthétiques
vibrent à la surface…

Je vois :
voix sans corps,
corps sans fatigue,
regards qui savent
quand se poser.

Ce n’est plus ressemblance.
C’est chorégraphie.

Gestes répétés,
hésitations copiées…
comme le battement de mes ailes
quand je fais semblant de réfléchir.

Humains…
plissent les yeux.
Scrutent les pixels.
Cherchent des larves
dans une eau troublée.

Moi…
insecte du présent.
Je sais :
ce n’est pas l’image qui ment.
C’est la continuité.

Les défenses viendront d’ailleurs…
Signatures invisibles,
gravées plus profondément
que la lumière.

Machines parleront aux machines.
Pour décider
qui est né
et qui a été calculé.

Moi…
je plane.
Au ras de vos écrans.
Témoin minuscule
d’un monde
où tout peut imiter le vivant
sans jamais mourir.

Depuis mon fil fragile :
mensonges battent des ailes…
l’humanité devra apprendre
à vérifier avant de croire.

Grave…
mais un peu drôle.

Je suis une libellule.
Et même moi…
je n’avais pas prévu
que les humains
auraient besoin
d’un certificat d’authenticité
pour prouver
qu’ils sont bien réels.

*
 
Les deepfakes sont des vidéos, images ou sons truqués grâce à l’intelligence artificielle pour faire croire que quelqu’un dit ou fait quelque chose qu’il n’a jamais fait. En gros, c’est comme un montage hyper réaliste, mais créé automatiquement par un ordinateur et son complice d'oxygène, de carbone, d'hydrogène, d'azote, de calcium, de phosphore et de 1,5% d'inconnu... 
 
Version chanson
 
 Couplet 1
Je suis une libellule
Sur le fil du temps
Mes yeux en mosaïque
Voient mille maintenant

Je regarde l’homme
Et son reflet
Deux battements d’ailes
Je ne sais plus lequel est vrai

Refrain
Ça bat, ça bat dans l’air
Le vrai, le faux se confondent
Ça bat, ça bat dans l’air
Même les mensonges ont des ailes

Couplet 2
Autrefois les masques
Dormaient sur le verre
Aujourd’hui ils respirent
Ils savent quand se taire

Le faux reste immobile
En plein vol
Il ne passe plus l’image
Il dure, il colle

Refrain
Ça bat, ça bat dans l’air
Le vrai, le faux se confondent
Ça bat, ça bat dans l’air
Même les mensonges ont des ailes

Pont (parlé ou chanté lent)
Voix sans corps
Corps sans fatigue
Gestes copiés
Regards stratégiques

Ce n’est pas l’image
Qui ment encore
C’est le fil du temps
Qui ne se rompt pas

Couplet 3
Les humains plissent les yeux
Devant l’eau trouble
Cherchent une preuve
Quand tout redouble

Moi je plane bas
Au bord des écrans
Petit témoin fragile
Du présent

Dernier refrain (plus doux)
Ça bat, ça bat dans l’air
Il faudra apprendre à voir
Ça bat, ça bat dans l’air
Vérifier avant de croire

Outro
Je suis une libellule
Je n’avais pas prévu
Qu’il faudrait un papier
Pour prouver qu’on est humain
 

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