J’ose la poésie comme un souffle d’exil,
Pour dissiper l’étau des angoisses clandestines.
Mes yeux s’égarent sur la fissure du monde,
Affiche effritée où le murmure des indociles
Tremble encore, fragile et obstiné.
Au cœur d’un rond-point de mutisme,
Là où se délite la patience des veines,
Je voudrais enlacer l’absence
Comme on recueille un mirage,
Et laisser affleurer les chances enfouies
Sous les poussières du quotidien.
Je découvre son âme sous une pluie d’ambre,
Étincelle infime mais incorruptible,
Flamme que nul secret ne parvient à étouffer.
Les arbres, drapés d’écorces anciennes,
Ancrent nos destins dans la même argile,
Où nos consciences, irréparables,
Apprennent à dialoguer avec l’harmonie.
J’enlace son cœur aux charnières lucides,
Forteresse déliée des ombres antiques.
L’eau indomptée de ses lèvres
Ébauche des confidences en clair-obscur,
Sur la démesure des blessures
Et l’ivresse débordante des songes.
J’ose fracturer le temps pour le voir renaître,
Plus tendre, plus respirable,
Dans le clair-obscur de nos frayeurs apaisées.
Le voile doré de l’instant s’entrouvre,
Et, dans la danse étincelante des rires,
Nos âmes vibreront encore
Sous la lumière neuve de l’inattendu.
*
Même dans le silence ou l’oubli, il y a une activité intense, presque chorégraphiée, un monde souterrain de sens et d’émotions.


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire