Bienvenue sur mon blog et bonne année... Mon nom de domaine a été piraté ou autre effet papillon ! Mais le contenu est préservé... Je tiens à remercier et salue encore toutes les personnes qui naviguent sur mes pages par bonheur et sans se noyer !

Vous trouverez sur ce blog toutes mes humeurs poétiques ; de la poésie plus ou moins libre selon l'envie du moment.

Si vous souhaitez lire l’essentiel, cliquez sur l’onglet recueils libres « A comme Amour » 2009-2017

Les écrits et les illustrations numériques sont de ma plume. Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont j’ignore les auteurs ; je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer. En bas du blog, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre.

« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »


Tous mes poèmes

Nombres de poèmes et de commentaires publiés dans le blog

Nombre total de pages vues

mardi

Un rein sinon rien

Au fond de la cour
Encore quelques miracles
Des infarctus
Des pontages
Des zouaves
Des urgences
Des dentiers qui pleurent
Des prothèses qui s'envolent
Des attentes interminables
Des pressions
Des émotions
Des désillusions
Tous ces échos résonnent
Jusqu'aux cœurs des anges
Qui airent dans les faux plafonds

De la poussière laiteuse
S'échappe du linoléum
En attendant le soleil
Une machine traque
Virus et saloperie
Et s'épousent
Un silence
Un cri
Une musique de chambre
Des sons
Qui tapissent la chair déambulatoire
Des cordes qui vibrent
Des bois qui tremblent
Des cuivres qui cuisinent
Des percussions qui percutent

Pourquoi le diable est là
Enroulé au radiateur
Les os qui battent tambours
Les cornes dirigées vers l'autel
Un père Noël grimpe la façade des urgences
Une ambulance tend ses bras
Une greffe de rein tombe
Sur le lit de la princesse d'une nuit
Où l'aube à ce goût d'éternité

Au fond des abîmes
Encore quelques héros
Des femmes
Des hommes
Des yeux qui entendent
Des lèvres qui touchent
Des mains qui chantent




lundi

Y aura-t-il des boules de neige à Noël ?

Ni pour toi ni pour moi
La gueule de l’emploi 
A la couille enragée 
L'ennemi déclaré
Des neurones des pleurs
Ne broute plus les fleurs
Des moutons numériques
Ni à ces amnésiques
Qui brouillent les parents
Et assomment l'enfant
Avec leurs cryptologies
Sans souffles ni bougies

À ce synapse élan
Avec son éléphant
Le poète burlesque
S'est collé à la fresque 
Encadré par des singes
Et de grands sacs à linges
Si on partait à poil 
Têtes dans les étoiles
Et âmes vagabondes
À la guerre des mondes
Voilà un vrai miracle
Le cloud de ce spectacle

Si déchirés mais dignes
Ces vers lancent un signe
Quelque chose de beau
Consommateur à dos
Hors pollution cachée
Loin d'être dénudé
C'est le conservateur
Écolo à toute heure
Qui gagnera les boules
Internet reste cool
Le vrai père Noël
N'a plus vraiment sommeil

Y aura-t-il des boules de neige à Noël 

*

« C'est quand il y a quelque chose au-dessus de la vie que la vie devient belle. » Jean D'O de là
Toute erreur fatale sera ensevelit sous un mètre de neige.
Bonne fin d'année !
Je me casse...

dimanche

À bouche que tu veux



 « Je suis vieille et je vous encule
Avec mon look de libellule
Je suis vieille et je vais crever
Un petit détail oublié... » 

Brigitte Fontaine n'a jamais Budō
Juste fumée quelques pousses de roseau
Quoique la souplesse de son corps
Comme celle de sa langue 
Au cour de l'au-delà
Est devenue un art martial
Lui a permis d'oser
Alors que d'autres sylphides 
Ce sont retrouvés bec dans l'eau
Au milieu d'une partouze 
D'animaux pleins de bagouzes
Qui aujourd'hui crient
« Balance ton phacochère et tendre »
Pourtant bon marché
L214 est d'accord
Les poules pondeuses
Ainsi auront 
La peau exempte de toutes rides
Pourquoi
Parce qu'elles le valent bien
Facile
Hypocrisie
À bouche que tu veux
Le divers a disparu
Depuis longtemps

Si les temps changent 
Dire comme rire
N'est plus permis
Les libellules resteront 
Légères et lucides
Au-dessus de l'armée des ombres

Et au diable le paradis
Même les phoques de BB
L'auront dans le fion
Un préservatif vient d'être élu 
Roi de France

Et pendant ce temps Areski compose
« Je ne connais pas cet homme »
Moi non plus



samedi

Cadence

La grâce ça se bouffe
Comme la pizza de Naples
Qui entre au patrimoine
Immatériel de l'humanité
Comme un plat de spaghettis
Avec une serviette autour du coup
Pour essuyer tes larmes
Avant de te pendre virtuellement
De perdre tout intérêt pour l'autre

La muse ça s’expose
C'est une question de niveau
Celui sous lequel vit le monde
Minuscule des sensibles et des fragiles
Celui là même qui t'attend
Franchir le pas sans pensée
Pour prendre la lumière
Avant que la neige en deuil
Te paralyse d'aigreur

La beauté ça se diffuse
Il y a les mots en trop
Qui encombrent ton écran
Les mots disparus des grands-parents
Il y a ce manquement de la langue
Qui efface ton féminin
Il y a ces juments vertes
Celles qui ont brisé le silence
Et t'ont métamorphosé en libellule




jeudi

Influx

L'envie lèche la nature morte
Suspendue à la clef de la serrure
Arborescence
La porte s'ouvre
L'orange passe au vert

Sur ce chemin convoité
L'affolement charnel 
Démarre se délie
Deux langues se musent
Parfument l’air
Jusqu'aux plis secrets
Respirent heureuses
Dénouent autant d'ombre
Qu'elles savent partagées 
Autour d'elles
Entre nuit jour et nuit

La vie en soi 
Sont ces bulles de tous les instants
Est-ce que je me vois
À travers elles
L'orange passe au rouge

Contre la beauté batailleuse
Au sommet d'un sapin de Noël
L'énergie se balance
Comme une pomme d'amour
Face au vent d'hiver
À cette hauteur là
Il n'y a plus d'étrange
Juste ce sentiment fragile
De feu et de glace
Qui fige l'empreinte du sang
Sur la vitrine des cœurs






mardi

Nature

L'homme n'est pas le seul être sensible
Je me suis demandé
Si je serais capable de tuer l'animal
Qui est dans mon assiette
J'ai bien commencé un jour par écrire
Sans avoir lu un seul livre

Chacun cherche sa place
Dès que le noir efface nos ombres
Comme la flamme révèle l'absence
De ma vie je n'ai rien à dire
La tienne me parle davantage
Tu le sais bien
Par tes épaules
J'ai franchi l'épais brouillard 
Et mes cauchemars se sont dissous

L'aube descend dans la vallée
De ce corps bleu
Moucheté de couleurs d'automne
Les nuages brûlent
Et mes yeux s'élèvent 
Recueillir la cendre blanche
Un peu de miel de fleur d'oranger

Un rouge-gorge sautille
Sur la treille recouverte de givre
Le citronnier encore vivant
Redonne des forces
À l'étoffe du poète





samedi

À tes yeux

À tes yeux
Sous la pluie 
S’est dissous l'envie
La lune a interrogé ma chair
Sans pensée sans doute
Est venue la mort

Sur le ciel
Je n’ose plus
Tout contre le bonheur
Peindre ni écrire
Je me cache dans ma bouteille
Et j'ai peur 
Que le bouchon s'en aille
Qui sait dans quel sens
Coule le sang

Je regarde ces hommes pleurer
Moi aussi
Mon cœur bat 
Dans un corps étranger
Le temps s'est refroidit
Des flocons se déposent
Sur la dernière rose 
Et mon sourire qui blanchit
Me rappelle qui je suis

À tes yeux
Sous la neige
S’est cristallisée l'envie
La lune a écouté ma chair
Sans pensée sans doute
Est venue l'amour




jeudi

Fleur secrète

Une scène à la pénombre ambiguë
S'effiloche sur le fil ivoire

À l'interstice d'un plaisir
Attachée et suspendue 
Par un laçage codifié
De chanvre de Manille
L'étoile des airs obscurs
Aux longs cheveux noirs 
Et aux yeux renversés
Avale à pleine gorgée 
La liqueur d'Éros
Mon amour
Qui l'enivre et la paralyse

Goutte à goutte insoupçonné 
Par le commun des mortels
Une vérité amère 
La fleur secrète se donne 
Sans terre ni morale
Fille des limbes
Un fin ruban rouge 
Noué autour de son cou
Reliera l'œuvre
À la bibliothèque des enfers

Les corbeaux jugeront
Les grenouilles prieront






mercredi

D'un cake à l'autre ou une fable biodégradable quoique le diable me pardonnera

L'art est un tout ou rien
Ouaf Ouaf
Le noir et gris renifle
Le petit roux à la patte blanche
La vie de chien à moins dix
C'est la SPA du Goulag
Au bord d'un trottoir
Aux pieds et à l'ordre des horloges
Et des travaux forcés
Où l'os à moelle
N'a plus d'amour à torturer
Ni même à accompagner
Au-delà du quai des brumes

La caille se réchauffe
Avec un radiateur SDF
Sous sa dernière plume de canard
Voilà une tronche de cake
Ni figue ni raisin
Une colère qui a fini ses courses
Dans le fossé des oubliés
Avec tous ces égouts
Qui rêvent d'eau potable
Jusqu'à la source d'embouteillage
La turlutte radiophonique annonce
Dans toutes les villes du monde
La terre meurt de soif a besoin d'air

L'art est un tout ou rien
Ouaf Ouaf
Le petit roux renifle
Le noir et gris sans queue ni tête
La vie de chien à plus dix
C'est un Jeff Koons au palais des glaces
Au bord du caniveau
Des crottes amphibies
Flottent librement d’une rive à l'autre
Le monde s'observe
Personne ne sauvera le colombin de Trump
Même pas la Queen des Bains-Douches
Sept Rue du Bourg l'Abbé

Ainsi soit-il Donald et Kim
Seront aux noces d'argent
À la réincarnation de la Queen
En cake design
Pendant l’épisode
La vieille enclume s’est réchauffée
Avec un marteau piqueur Congolais
Un coup d'épée dans l'eau
Signe God save the bit
Et les gros poissons jouissent
Voilà une tranche de tofu
Une bouteille de Villageoise
Et une courte paille

Pendant ce temps Johnny
Quitte le sol de Marnes-la-Coquette
Commune la plus riche par tête de pipe
Avec 106015... autres mortels inconnus du jour
Hormis Jean D'Ormesson et Dédé la Boulange
Pour un vol orbital
À la destination inconnue
Quand vous entendez quelqu'un dire
Je suis comme mort
Finalement la plus grande tragédie de la vie
N'est pas la mort
C'est l'anonymat et la pauvreté
Allumez le feu la nuit sera froide




*

God save the bit
Dieu sauve le peu...
kim jong un... Deux trois 
Donald Trump énormément
Johnny Hallyday on est tous un peu Tennessee (Williams)
Dédé la boulange personnage fictif que tout le monde connaît
Jean D'Ormesson « Mon dernier rêve sera pour vous. »
Le chiffre worldometers.info

mardi

Mineur de rêves

Je sais
Je suis mauvais

Où est la ponctuation 
S'exclame le marchand de sable

Mon écriture est laide

En soi 
Il n'y a pas de petit 
Ou de grand éclaireur
Il existe seulement 
Des sexes et des langues
Liés ou déliés

Par nature
Je suis
Humaniste et curieux

L'aurore se lève 
Autour de milliers de ballons
De recueillements et d'espérances
Suis-je en train de m'élever
Les sens encore courbés 
Sur le souffle de minuit

L'aire délicieuse s'approprie
Une suspension lumineuse
Le noir est une illusion
Comme l'amour est un plaisir
Il peut être une torture 
Entre câlin et baratin
Le cœur bat

Il y a de la couleur 
De la saveur
Un poivre et sel
À l'écriture laide
Quelques touches de miel
Sur l'endroit et le revers
De mes ailes
Suis-je un mineur de rêves




lundi

Brouillon d'instinct

Il y a un temps passé
Où j'écrivais à la lune
Sans crayon ni papier
Fenêtre et gorge ouvertes

À l'estuaire d'un brouillon d'instinct
Je prends la force du large 
Pour rapatrier tous ces mots
Encore habité de paroles d'amour
Sous un arbre baigné de silence
Parfois une étoile filante 
Colore mon ciel de traîne
Me laisse sur la neige immaculée
Des messages anonymes
Sentir sur ma peau
Un parfum humide
À cet instant précis je me dis
C'est pour ça que j'écris

À l'estuaire d'un brouillon d'instinct
Le débit de ma langue
Est presque boueux
Encore habité de paroles d'amour
Les souvenirs me rongent
Comme un pont de vers
Sur des plaies ouvertes
Je me place toujours à part
Entre deux piles de papiers
À la sueur d'une idée simple
Mes syllabes d'automne
Se sont préparées à l'hiver
Une première note soupire

Il y a un temps passé 
Où j'écrivais à la lune
Sans crayon ni papier
Fenêtre et gorge ouvertes




samedi

Au nez et à la barbe

De ce modeste panneau en noyer
Un Christ bénit le monde
Dans la chaleur nous avons aimé
Un chiffre indécent s'est condamné
Sous le marteau d'une commissure secrète

Suite à un petit rafraîchissement
Doux Jésus a perdu sa barbe
Perdu dans les limbes du pacifique
Salvator Mundi
Est à nouveau l'amuse gueule d'un roi

Quand l'art rencontre l'or de l'argent
L'émotionnel est au chômage

Enregistré dans le livre rouge
Les enfants de Léonardo Da Vinci
Crient famine
Et pendant que la peinture sèche
Cristóbal Colón sans se noyer
Découvre l'infranchissable océan

La vie est ce long fleuve tranquille
Où aucun mortel de la dépasser

De la statue de la liberté à Londres
De Monaco à Paris
Les enchérisseurs spéculent comme jamais
Passant de la rive gauche à la rive droite
À bord d'une vedette du pont neuf
Un groupe de Pékinois
Mangent volontiers du Chihuahua
Une viande blanche déplumée
Glousse à tue-tête convaincue
D'être la victime d'un porc épique
Un avocat noir du Pérou à l'écharpe verte
Console une vache normande
Son charolais végétarien se serait pendu
Dans sa cellule de déguisement
Et pour trois euros
La carte postale rentre dans le cadre
Le sacré-cœur cherche son étoile
La Tour Eiffel son terroriste
Mon pamphlet son détracteur
Sa fièvre aphteuse

De ce modeste panneau en noyer
Un Christ bénit le monde
Dans le froid nous avons chanté
Un baiser indécent s'est envolé
Sous le manteau d'un nu exosquelette




vendredi

Étymologie


Au temps où le petit-suisse aimait les tête-de-nègre
Le monde tournait-il moins bien qu'aujourd'hui

À croire
Que le temps sur la peau
Ne prend aucunes rides
Quand les moulins à vent
Parlent aux éoliennes

Le blé blond devient noir
Ce n'est pas une miette de pain
C'est la déclinaison de la terre
Entière
Qu'aimerait l'humus des sens
Ni exploitants ni exploiteurs

D'une plume de l'ombre
À la plume d'Aimé Césaire
Inspirée dramatique et légère
Liée à un mouvement culturel
Quelles différences
Sur le fond des âmes 
Entre un nègre littéraire
L'itinéraire d'un nègre
Ou un petit-suisse

L'un est libre de se cacher
Dans le blanc des yeux
De ses futurs lecteurs
De se détacher
Pour partir attaché
Sur les ailes de sa colombe
Par nécessité de survie
L'autre
Migrant
Attrapé et parqué
Aux heures où l'homme est bête
Est vendu aux enchères
Comme esclave
À un homme au sang bleu
Pendu aux ficelles
De l'ogre bien-pensant
Hasard
Mon prête plume
Est entrain de mûrir
Dans le tiroir de la chancellerie
Où le petit-suisse
Au bord du lac des insignes
Attend des lèvres charnues et roses
Qui lui rappellerons
Vers quelle faim
Il sera applaudi
Au palais des sauveurs

Nations unies
Et puits




dimanche

Ni noirs ni bleus

Sous l'arbre des songes
J'ai demandé la lune
Le monde l'avait perdu

Je m'égare dans tes pâles yeux bleus

Une lueur silencieuse
Traverse la baie
Celle qui fait face
À la montagne chauve
Mes yeux partent en avance
Mes jambes les rejoignent
Du brouillard perle une bruine
Chaude et glaciale
Mes mains quittent l'air
Se glissent dans mes poches

Sous la pluie des cieux
J'ai demandé de la tune
Le banquier ne voulait pas

Je m'égare dans tes pâles yeux noirs

Là-bas sur le toit sans toi
La vie était ce coton blanc
Sans peau ni horizon
L'argent est comme nous
Dans le temps il ment
Ne peut pas se lever
Mais redescendre pour toi
C'est se relever
Je m'égare dans tes grands yeux
Ni noirs ni bleus
Juste rempli d'amour qui dort





jeudi

À l'arbre des songes

Au-dessus du pot aux roses
La grâce voltige 
À deux pas 
Ne boirait-elle plus mes paroles

Et si l'amour 
Dont tu rêvais était ici
Dans le cœur des airs fertiles 
Au lait du rire

Tu es là 
Sous le parapluie 
Jupe et bas noir

Fais semblant 
Ou rentre la chance dans ta vie
Regarde ce fil de lumière 
Qui t'attache 
Te retient
À ce mouvement perpétuel
Où les mots 
En liberté
Sortent de nos poitrines 

Oui ta conscience et les fous 
T'ont mis à genoux
Mais loin des mortels 
Mauves et visqueux qui t'entourent
C’est ta parole 
Douce et candide 
Qui vaincra



*


Poème en lecture 

lundi

L’ordre caché des choses

La vie a ses défauts
Et si je valorisais
Une délicatesse morale
En m'éloignant de l'herbe sèche
D'une terre abandonnée

Le mistral a gercé mes lèvres
De mon aéronef mon amour
Perché entre le refuge du Christ
Et le col de la Lune
J'aperçois la Dent de Burgin
Un chapelet de bois oranger
Couvert d'un grand nuage de lait

L'automne s'efface peu à peu

La mer est bavarde
La montagne est revancharde
Je ne doute pas
Qu’on arrive à une égalité idyllique
La fée des glaces a repris ses aises
Et n'en déplaise aux sirènes
Sous son manteau neigeux
Le silence nous tient à l'abri

S'il existe une autre façon de s'en aller
Comme tout le monde
De l'autre côté de mon rêve
Regagnons nos pénates
Avant que la nuit abroge
L’ordre caché des choses




samedi

Lésion

La tête au-dessus d'un feu follet
De la cire coule d'un crâne
Une poupée de son
Qui ne sait plus son nom

Des cheveux vénitien
Sur un oreiller cochenille
Minerve autour du coup
Le choc de la lumière
Loin des titans
Tout proche d'un banc
Une valise piégée
Des clous des boulons

La souffrance comme l'indicible
Reste une énigme
Tant d'élucubrations 
Aucune image ancienne
Déstabilise le crâne
De ses fantômes

Toutes les nuits
Derrière un drap blanc
Une silhouette s'approche
Libre à elle de s'inviter
Sur l'art d'un périple imaginaire
Où l'amour serait roi
La vie une tulipe rouge
Son tube de dentifrice
Un baiser édifice
Et l'hippocampe
Une armure
Sans failles ni rouille

La tête au-dessus d'un feu follet
De la cire coule d'un crâne
Une poupée de son
Qui ne sait plus son nom



Amnésie mort du passé

vendredi

L'air de rien


Tout a commencé là
Dans la cendre bleue
D'une ruelle d'un no man's land

Il a les doigts sur sa nuque
Avares du jeu qui leur échappe
Ils veulent un peu de temps à eux
Dans la mesure de l'impossible
Les genoux sur des grappes d'épines
Leurs prières n'ont jamais atteint le ciel
Ni même le rouge à lèvres
Du bonheur comme du malheur
Égarement à ses pieds
Le menteur a brisé la glace

À ses cils il a suspendu son chien
Un peu plus vivant et mort
L'histoire s'est arrêtée là




mercredi

Sécheresse

Été brûlant
Automne sec
Sous les larmes orphelines des anges
Le sol syncrétise
L'hermaphrodite lumière
Qui enlace l’ambiguïté des corps
La flore de sa folie

La nature dépérit
Et s'y clone un nouveau monde

En attendant la pluie
Reste l'amour pur
Qui éclate tout nu
Sur la note intérieure






mardi

Déchronologie

Écrit sur un morceau de papier
Je lui ai donné la main
Je lui ai dit de rester avec moi

Encore un automne alambiqué
Où tant de mots dérivent
D'une nacelle à l'autre
Pensée vague
À l'espoir flou
Un contrariant mea culpa d'une mère 
Partie rejoindre Daech
Souhaiterait délibérer

Ne sait-elle pas dans quel sens coule le sang

Des cris arrivent jusqu'à moi
Seule la providence sait
Où refleuriront ses fleurs fossiles
Je regarde pour la première fois
Leurs tendres écritures
Ces prénoms fragiles
Écrit de leurs petites mains

La chancellerie rangera ces cahiers
Qu'elle finira par oublier
Avec la mère qui les portait
Sous l'une des piles
Muettes et poussiéreuses
Qui assourdissent les paroles
Des bien-pensants




samedi

Un dernier pour la route

Terriblement terrible
Autant de crânes 
Qui s'entrechoquent
Et se fracassent 

Si peu de cervelle
En général
Autant de devinettes 
Qui se devinent entre elles
Voilà des fleurs
Des vieux qui pleurent
Des enfants qui respirent
Et chantent l'air de la communion

À côtoyer les bûcherons
L'arbre se raccroche à la poutre
N'oublie pas ses racines
Du sol au plafond 
De sa chapelle Sixtine

L'obéissance est ce marbre
Sans regard au grand cœur
Est-ce un bien un moindre mal

Au milieu de la foule
La pluie ressuscitera quelques vertus
Pour éteindre l'horreur





lundi

Bleu catacombe

Il y a beaucoup trop de morts
Qui le ne savent pas encore
Juste avant le bonheur
Un chant d'oiseau s'envole
Dans le bleu catacombe

Toutes ces rames fantômes
Continuent de chanter seules
Et tous ses rails qui cherchent
Le bon itinéraire
Sur cet océan du vide
Tunnel d'éternité
Au matin des anges
Le nez dans la chair
Je respire encore le bon air
Où l'ambulance troque ses urgences
Contre des papiers d'identités
Et la symphonie fantastique
Tout est nuit noir humide
Je devrais juste me retourner
À l'ombre Denfer Rochereau
Mais les cannes blanches sont interdites
Rabâche le sophiste de service
Marcherions-nous tous sur des œufs
Un mal de crâne m'interpelle
Et me demande si la mort
Est toujours aussi froide
Et le corps de la femme
Toujours aussi chaud
Bien sûr si tu connais l'amour
Personne n'a changé de langage
Sauf quelques prédicateurs

Il y a beaucoup trop de morts
Qui ne le savent pas encore
Juste après l'horreur
Un nom d'oiseau s'envole
Dans le bleu hécatombe





samedi

Les invisibles

Je suis entouré 
Par tant d'invisible 

Quand l'été nous quitte
Nous redémarrons sous la pluie

Une fois de plus 
Ma langue jongle 
D'une saveur sucrée
À une saveur salée 
Et distingue
Toute cette errance 
Qui marche sur la braise

Sommes-nous tous mortels
Quand l'automne appelle à la guerre 

Je suis entouré 
Par tant d'invisible





vendredi

Et j'ai lu ses lignes

Frères et sœurs
Tout a été dit
Tout reste à faire

D'une ambiguïté existentielle
À une heureuse coexistence
Ou simple vue de l'esprit
Peu importe
En attendant le divin
Soyez bienveillants et secourables
Envers ce corps céleste
Qui vous laisse le champ libre
Vous n'êtes pas innocent de votre propre vie
Tout le monde porte son ombre
Étrange comme mon cœur
Je marche dans le labyrinthe
L'ombre court derrière moi
Le soleil n'est jamais très loin
Elle désirait tellement s'élever
Et j'ai lu ses lignes

Je n'appartiens à aucun groupe
Ni parti ni religion
Je n'ai aucune haine
Ni mépris ni jugement
J'accepte que mes valeurs
Et ma liberté de penser
Me donne le droit d'aimer
Je pleure sur le désarroi
Et les peurs transpirantes
Des gens malheureux
Je ne veux point la gloire
 Ni applaudissements ni spéculation
Je vis pour un sourire
La joie
L'amitié
L'amour
La simplicité
J'imagine des épopées merveilleuses
 Voluptueuses
Périlleuses
Suaves
Harmonieuses
Je goûte chaque moment
De tendresse et de plaisir
Avec enivrement et gourmandise
Je vois une nature éblouissante
Blessée par la rage humaine
J'entends la douce musique de la vie
Me fredonner à l'oreille
Un chant de liberté
Tout ce que je ressens
Je le dois à l'ivresse de mes passions

Frères et sœurs
Tout a été dit
Tout reste à faire





Il n'est jamais trop tard

Perdue dans la foule 
Au bordel du livre
Dissimulée sous une pile
De fœtus suralimentés
Par les gardiens du temple
Une poésie anonyme se débat
Pour fuir 
Le syndrome de l'imposteur

Elle veut se détacher de l’idée 
Que seule 
La publication à compte d’éditeur 
Valide son authenticité
Son identité
L'existence même 
De son créateur

Cette beauté pure
Infantile et mûre 
Ce brin de liberté 
Et d'innocence
Aimerait éviter le sanibroyeur
Cette fiction digérée
Par ces empereurs 
De la pipe et du caleçon

Derrière l'image floutée
Le poète a sorti sa plume
Et choisi son récipient d'air
Dépose son encre
Sans passer par la case édition




mercredi

L'ombre d'elle même

Choc d'invasions barbares

Proche de la chute de Rome
Loin d'un roman à l'eau bleue
L'ombre déifie sa vie
Dans la peau d'une autre
Et crèvera en douceur 
Sur le petit bonheur du jour

Mise en scène de soi

Compas à travers calque
Égoportrait plein champ
L'ombre déifie sa vie
Dans la peau d'une autre
Et refermera le cercle noir
Sur un futur poème aveugle 

Angoisse de la mort

Arborescence sans états d'âmes 
Horizon sans clefs ni serrures
L'ombre déifie sa vie
Dans la peau d'une autre
Et tremblera avant d'être éclairée
Comme un éléphant sur la banquise






lundi

Rêve causé par le vol du vent

Légère bulle arachnéenne
Vive et sincère
Dans mon sommeil
Elle n'est pas la seule

Et si son éclat m'a ébloui
Son cœur me retiendra-t-il
Je n'attendrai pas d'être parfait
Pour rejoindre aveuglément
L'étoile
Intra-muros

Avant mon départ en silence
Je me suis assis sur un nuage
À la tonalité étrange
Entre le Christ
De Saint Jean de la croix
Et le cri

Compression terrifiante
Au pays qui m'habite

Ému je supplie
L'inaccessible humanité
Avec l'œil candide
Installé de l'autre côté de la mer
Où toute l'injustice illettrées s'excite
Sur les tâches d'une girafe
Un seul de mes vers
A sauvé l'instant
Plusieurs pourront-ils sauver
Ses frères et sœurs
Rempliront-ils la carafe
De poison ou d'élixir

Au petit matin
Beauté hiératique
Des nuages intermédiaires
Me paraissent plus humains

Impression surréaliste
Au pays de vol au vent

Légère bulle arachnéenne
Vive et sincère
À mon réveil
Nous ne sommes plus seuls


*


 Poème en lecture

mercredi

Clair-obscur

Dans un appartement art déco
Derrière une monumentale porte
Un châle dénudé joue du piano 

Rarement entendu 
Par curiosité je la pousse

Entre le bazar de la paresse
Et la riche marqueterie 
De la bibliothèque rose
L'infiniment me gracie
L'air m'accompagne 
S'émeut et griffe
Les cheveux blond fauve 
De la virtuose Romaine
Qui repaire les sept notes
Dans l'intervalle 
Toutes ses phalanges glissent 
Au-delà de la partition
Comme le premier envol 
D'un jeune cygne
Sur le lac des songes
Les bulles de champagne 
Sont en mouvements 
Les nénuphars du jardin d'hiver
Nagent de bonheur 
Autour des notes saoules
Do ré mi fa sol la si 
Une seule touche 
Avec Maya la chatte noire 
Aux grands yeux verts
Le secret s'agite dans l'antichambre 
Caresse la volupté des voilures
L'élégance de ses rayures zébrées

D'une blanche à la noire
Rarement soumises 

Le piano continu seul 
Derrière une monumentale porte
Dans un appartement art déco




lundi

À l'origine du monde

Sous un parapluie au soleil
En vacances au boulot
Après une journée de folie
Le binôme ne fonctionne pas
Mais de peu

Aux quatre coins de l'espèce
Lingam et Yoni sont seuls

Autant promener son clébard
Au cœur du Bleb
Là où le vert des feuilles fuit le bois
La pisse canine est devenue trop acide
Après tous ses essais nucléaires

Seule la poésie
Permet d'entrer en contact
Avec l'esprit des arbres
Une fois que les champignons
Retournent à la terre
Même avec un ami
Je n'irai jamais creuser aussi loin

Comme dirait le diable
Le bienfait de la compagnie d’un clebs
Tient à ce qu’il est possible
De le rendre heureux
Sans systématiquement
Se sentir redevable
Il ne demande aucune prière
Ni de trucs compliqués
Et son ego
Se limite à montrer ses dents

Et si je me recourbais
À l'origine du monde
Humer un nouveau parfum




Résiste à l'air du sang

En te levant 
Sur l'info du matin
Souviens-toi 
Combien est précieux 
Le privilège de vivre

Pourquoi s'attacher
À la poésie libre
Parce qu'il n'y a rien de plus faux
De se mettre des barrières
Pour libérer l'émotion
Ses émotions

Qui n'a jamais eu envie 
De tout envoyer balader
Quoi qu'il se passe
Résiste à l'air du sang

Projeter sur l'autre ses problèmes
Au lieu de les régler soi-même
Engendre la haine des gens
Garder les pieds sur terre
Pour fouler ses frustrations
Sans oublier l'enfer
De condamner tous ces fous
Qui ne proposent qu'une réponse
À tes questions 
Ne t'en fais pas
Un de perdu
Dix de retrouvés

Mets-toi à la place 
De celui qui tue et meurt 
Pour atteindre son objectif
Il faut l'abandonner
Fais-le pour ceux 
Qui ne le peuvent plus
La vie nous donne toujours 
Une autre chance

Résiste à l'air du sang




samedi

À qui

L'été n'a épargné personne
Les branches du saule pleureur
Ont plongé ses feuilles sèches
Dans l'encre de la rivière
Où désormais
S'élève la brume
Épaisse et fragile
D'un automne accompli

Bientôt le soleil
Lui percera le cœur
Et la nuit
Lui dénichera l'espérance
D'un nid de baiser
Beaucoup de mystère
Et de beauté

À ne pas croire
Sans importance
La lune danse toujours
Sur les paupières du temps
Qui submergent
À chaque printemps
Le carnet blanc du poète
Où toutes les lèvres des filles
Embrassent de nouvelles conquêtes

À l'orée des derniers
Bruissements d'ailes
D'amour et de liberté
Le saule pleureur a écrit
L'oreille abandonnée
À la musique d'Érik Satie
Ce vertige sans confettis




mardi

Révérence

Décoller encore un mot 
Lié à un sentiment aérien
Sur le point d'acheminer
Un air de liberté
À chaque cœur fébrile
Une colombe anonyme
Se faufile lentement
Dans l'œil de la peur

S'infuser d'une ordonnance
Croire en l'autre
À travers soi
Oser l'impression
Pour raviver l'encre
L'âme bleue cible l'exemple
Dans les mânes des ombres
À l'aube naissante

Animé d'un rêve
Le jour se dévide
Sous l'aile de l'incidence
L'eau de vie candide
Ablue la fée du logis
La plume est de sortie
Par surcroît un dernier motif
Pour crier des mots de foi




samedi

Dans le sillage de son parfum

L'harmonie regarde la coquille
Qu’elle vient de quitter

Je saisis ses chevilles
L'or de la suavité
Sans connaître l'alchimie
Tout l'empyreume naissant

La vie est cet extrait dénommé désir

Et lorsque Vénus apparaît
Ma langue reprend le thème
Où narcisse et chrysanthème
Se pendent à cet essai
Dans le sillage de son parfum
Je reprends mon recueil
Lâche la corde et l'orgueil
Cueillir le crépuscule des défunts
Je ne leur ai jamais dit
Je t'aime
Ni même à moi-même

Je ne me suis pas totalement accompli
L'oeuvre n'est pas finie





mardi

Il y a du vent dans mes poumons

Dans ma vie
Il y a la fleur blanche aux bas noirs
La cigale et la fourmi
De grands moments
Inoubliables et intenses
D'autres à oublier
Sans pour autant les nier
Au bout de la voie romaine
À l'ombre d'un vieil arbousier
Un homme en tenu d'Adam
Confirme mes meurtres poétiques
L'insomnie de ma vie

Il y a du vent dans mes poumons

La plume de mon oiseau m'a sauvé
Mon encre ne périra jamais
Ce n’est qu’en partie vrai
Tuer est d'abord une révélation
Une revanche à l'égard du temps
Qui t'amène là
Où personne ne veut finir
Pitié pour la femme qui pleure
Car elle a peur d’oublier
Le goût de mes lèvres
Dans ma vie
Il y a la fleur blanche aux bas noirs





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