« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »
Bienvenue sur mon blog... Mon nom de domaine a été piraté ou autre effet papillon ! Mais le contenu est préservé... Je tiens à remercier et salue encore toutes les personnes qui naviguent sur mes pages par bonheur et sans se noyer !
Vous trouverez sur ce site tous mes mots « poétiques » :
- Des proses et ou poésies d'amours, loufoques, tristes, engagés, satiriques , d'amitiés et autres...
- Des chansons à l'état brut.
- Des citations personnelles.
- Des lettres ouvertes.
- Des bas et des hauts.
Tous les écrits et dessins sont de ma plume à l'exception de certains dessins notifiés en bas du texte. Cependant je peux oublier certains détails car je ne suis qu'un « entremetteur » de mots et d'images... Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont je n'ai pas d'informations sur les auteurs, je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer, si vous les connaissez (Nota : en bas du blog ou du texte, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre).

Tous mes poèmes

Nombres de poèmes et de commentaires publiés dans le blog

Nombre total de pages vues

lundi

L’ordre caché des choses

La vie a ses défauts
Et si je valorisais
Une délicatesse morale
En m'éloignant de l'herbe sèche
D'une terre abandonnée

Le mistral a gercé mes lèvres
De mon aéronef mon amour
Perché entre le refuge du Christ
Et le col de la Lune
J'aperçois la Dent de Burgin
Un chapelet de bois oranger
Couvert d'un grand nuage de lait

L'automne s'efface peu à peu

La mer est bavarde
La montagne est revancharde
Je ne doute pas
Qu’on arrive à une égalité idyllique
La fée des glaces a repris ses aises
Et n'en déplaise aux sirènes
Sous son manteau neigeux
Le silence nous tient à l'abri

S'il existe une autre façon de s'en aller
Comme tout le monde
De l'autre côté de mon rêve
Regagnons nos pénates
Avant que la nuit abroge
L’ordre caché des choses




samedi

Lésion

La tête au-dessus d'un feu follet
De la cire coule d'un crâne
Une poupée de son
Qui ne sait plus son nom

Des cheveux vénitien
Sur un oreiller cochenille
Minerve autour du coup
Le choc de la lumière
Loin des titans
Tout proche d'un banc
Une valise piégée
Des clous des boulons

La souffrance comme l'indicible
Reste une énigme
Tant d'élucubrations 
Aucune image ancienne
Déstabilise le crâne
De ses fantômes

Toutes les nuits
Derrière un drap blanc
Une silhouette s'approche
Libre à elle de s'inviter
Sur l'art d'un périple imaginaire
Où l'amour serait roi
La vie une tulipe rouge
Son tube de dentifrice
Un baiser édifice
Et l'hippocampe
Une armure
Sans failles ni rouille

La tête au-dessus d'un feu follet
De la cire coule d'un crâne
Une poupée de son
Qui ne sait plus son nom



Amnésie mort du passé

vendredi

L'air de rien


Tout a commencé là
Dans la cendre bleue
D'une ruelle d'un no man's land

Il a les doigts sur sa nuque
Avares du jeu qui leur échappe
Ils veulent un peu de temps à eux
Dans la mesure de l'impossible
Les genoux sur des grappes d'épines
Leurs prières n'ont jamais atteint le ciel
Ni même le rouge à lèvres
Du bonheur comme du malheur
Égarement à ses pieds
Le menteur a brisé la glace

À ses cils il a suspendu son chien
Un peu plus vivant et mort
L'histoire s'est arrêtée là




mercredi

Sécheresse

Été brûlant
Automne sec
Sous les larmes orphelines des anges
Le sol syncrétise
L'hermaphrodite lumière
Qui enlace l’ambiguïté des corps
La flore de sa folie

La nature dépérit
Et s'y clone un nouveau monde

En attendant la pluie
Reste l'amour pur
Qui éclate tout nu
Sur la note intérieure






mardi

Déchronologie

Écrit sur un morceau de papier
Je lui ai donné la main
Je lui ai dit de rester avec moi

Encore un automne alambiqué
Où tant de mots dérivent
D'une nacelle à l'autre
Pensée vague
À l'espoir flou
Un contrariant mea culpa d'une mère 
Partie rejoindre Daech
Souhaiterait délibérer

Ne sait-elle pas dans quel sens coule le sang

Des cris arrivent jusqu'à moi
Seule la providence sait
Où refleuriront ses fleurs fossiles
Je regarde pour la première fois
Leurs tendres écritures
Ces prénoms fragiles
Écrit de leurs petites mains

La chancellerie rangera ces cahiers
Qu'elle finira par oublier
Avec la mère qui les portait
Sous l'une des piles
Muettes et poussiéreuses
Qui assourdissent les paroles
Des bien-pensants




samedi

Un dernier pour la route

Terriblement terrible
Autant de crânes 
Qui s'entrechoquent
Et se fracassent 

Si peu de cervelle
En général
Autant de devinettes 
Qui se devinent entre elles
Voilà des fleurs
Des vieux qui pleurent
Des enfants qui respirent
Et chantent l'air de la communion

À côtoyer les bûcherons
L'arbre se raccroche à la poutre
N'oublie pas ses racines
Du sol au plafond 
De sa chapelle Sixtine

L'obéissance est ce marbre
Sans regard au grand cœur
Est-ce un bien un moindre mal

Au milieu de la foule
La pluie ressuscitera quelques vertus
Pour éteindre l'horreur





lundi

Bleu catacombe

Il y a beaucoup trop de morts
Qui le ne savent pas encore
Juste avant le bonheur
Un chant d'oiseau s'envole
Dans le bleu catacombe

Toutes ces rames fantômes
Continuent de chanter seules
Et tous ses rails qui cherchent
Le bon itinéraire
Sur cet océan du vide
Tunnel d'éternité
Au matin des anges
Le nez dans la chair
Je respire encore le bon air
Où l'ambulance troque ses urgences
Contre des papiers d'identités
Et la symphonie fantastique
Tout est nuit noir humide
Je devrais juste me retourner
À l'ombre Denfer Rochereau
Mais les cannes blanches sont interdites
Rabâche le sophiste de service
Marcherions-nous tous sur des œufs
Un mal de crâne m'interpelle
Et me demande si la mort
Est toujours aussi froide
Et le corps de la femme
Toujours aussi chaud
Bien sûr si tu connais l'amour
Personne n'a changé de langage
Sauf quelques prédicateurs

Il y a beaucoup trop de morts
Qui ne le savent pas encore
Juste après l'horreur
Un nom d'oiseau s'envole
Dans le bleu hécatombe





samedi

Les invisibles

Je suis entouré 
Par tant d'invisible 

Quand l'été nous quitte
Nous redémarrons sous la pluie

Une fois de plus 
Ma langue jongle 
D'une saveur sucrée
À une saveur salée 
Et distingue
Toute cette errance 
Qui marche sur la braise

Sommes-nous tous mortels
Quand l'automne appelle à la guerre 

Je suis entouré 
Par tant d'invisible





vendredi

Et j'ai lu ses lignes

Frères et sœurs
Tout a été dit
Tout reste à faire

D'une ambiguïté existentielle
À une heureuse coexistence
Ou simple vue de l'esprit
Peu importe
En attendant le divin
Soyez bienveillants et secourables
Envers ce corps céleste
Qui vous laisse le champ libre
Vous n'êtes pas innocent de votre propre vie
Tout le monde porte son ombre
Étrange comme mon cœur
Je marche dans le labyrinthe
L'ombre court derrière moi
Le soleil n'est jamais très loin
Elle désirait tellement s'élever
Et j'ai lu ses lignes

Je n'appartiens à aucun groupe
Ni parti ni religion
Je n'ai aucune haine
Ni mépris ni jugement
J'accepte que mes valeurs
Et ma liberté de penser
Me donne le droit d'aimer
Je pleure sur le désarroi
Et les peurs transpirantes
Des gens malheureux
Je ne veux point la gloire
 Ni applaudissements ni spéculation
Je vis pour un sourire
La joie
L'amitié
L'amour
La simplicité
J'imagine des épopées merveilleuses
 Voluptueuses
Périlleuses
Suaves
Harmonieuses
Je goûte chaque moment
De tendresse et de plaisir
Avec enivrement et gourmandise
Je vois une nature éblouissante
Blessée par la rage humaine
J'entends la douce musique de la vie
Me fredonner à l'oreille
Un chant de liberté
Tout ce que je ressens
Je le dois à l'ivresse de mes passions

Frères et sœurs
Tout a été dit
Tout reste à faire





Il n'est jamais trop tard

Perdue dans la foule 
Au bordel du livre
Dissimulée sous une pile
De fœtus suralimentés
Par les gardiens du temple
Une poésie anonyme se débat
Pour fuir 
Le syndrome de l'imposteur

Elle veut se détacher de l’idée 
Que seule 
La publication à compte d’éditeur 
Valide son authenticité
Son identité
L'existence même 
De son créateur

Cette beauté pure
Infantile et mûre 
Ce brin de liberté 
Et d'innocence
Aimerait éviter le sanibroyeur
Cette fiction digérée
Par ces empereurs 
De la pipe et du caleçon

Derrière l'image floutée
Le poète a sorti sa plume
Et choisi son récipient d'air
Dépose son encre
Sans passer par la case édition




mercredi

L'ombre d'elle même

Choc d'invasions barbares

Proche de la chute de Rome
Loin d'un roman à l'eau bleue
L'ombre déifie sa vie
Dans la peau d'une autre
Et crèvera en douceur 
Sur le petit bonheur du jour

Mise en scène de soi

Compas à travers calque
Égoportrait plein champ
L'ombre déifie sa vie
Dans la peau d'une autre
Et refermera le cercle noir
Sur un futur poème aveugle 

Angoisse de la mort

Arborescence sans états d'âmes 
Horizon sans clefs ni serrures
L'ombre déifie sa vie
Dans la peau d'une autre
Et tremblera avant d'être éclairée
Comme un éléphant sur la banquise






lundi

Rêve causé par le vol du vent

Légère bulle arachnéenne
Vive et sincère
Dans mon sommeil
Elle n'est pas la seule

Et si son éclat m'a ébloui
Son cœur me retiendra-t-il
Je n'attendrai pas d'être parfait
Pour rejoindre aveuglément
L'étoile
Intra-muros

Avant mon départ en silence
Je me suis assis sur un nuage
À la tonalité étrange
Entre le Christ
De Saint Jean de la croix
Et le cri

Compression terrifiante
Au pays qui m'habite

Ému je supplie
L'inaccessible humanité
Avec l'œil candide
Installé de l'autre côté de la mer
Où toute l'injustice illettrées s'excite
Sur les tâches d'une girafe
Un seul de mes vers
A sauvé l'instant
Plusieurs pourront-ils sauver
Ses frères et sœurs
Rempliront-ils la carafe
De poison ou d'élixir

Au petit matin
Beauté hiératique
Des nuages intermédiaires
Me paraissent plus humains

Impression surréaliste
Au pays de vol au vent

Légère bulle arachnéenne
Vive et sincère
À mon réveil
Nous ne sommes plus seuls


*


 Poème en lecture

mercredi

Clair-obscur

Dans un appartement art déco
Derrière une monumentale porte
Un châle dénudé joue du piano 

Rarement entendu 
Par curiosité je la pousse

Entre le bazar de la paresse
Et la riche marqueterie 
De la bibliothèque rose
L'infiniment me gracie
L'air m'accompagne 
S'émeut et griffe
Les cheveux blond fauve 
De la virtuose Romaine
Qui repaire les sept notes
Dans l'intervalle 
Toutes ses phalanges glissent 
Au-delà de la partition
Comme le premier envol 
D'un jeune cygne
Sur le lac des songes
Les bulles de champagne 
Sont en mouvements 
Les nénuphars du jardin d'hiver
Nagent de bonheur 
Autour des notes saoules
Do ré mi fa sol la si 
Une seule touche 
Avec Maya la chatte noire 
Aux grands yeux verts
Le secret s'agite dans l'antichambre 
Caresse la volupté des voilures
L'élégance de ses rayures zébrées

D'une blanche à la noire
Rarement soumises 

Le piano continu seul 
Derrière une monumentale porte
Dans un appartement art déco




lundi

À l'origine du monde

Sous un parapluie au soleil
En vacances au boulot
Après une journée de folie
Le binôme ne fonctionne pas
Mais de peu

Aux quatre coins de l'espèce
Lingam et Yoni sont seuls

Autant promener son clébard
Au cœur du Bleb
Là où le vert des feuilles fuit le bois
La pisse canine est devenue trop acide
Après tous ses essais nucléaires

Seule la poésie
Permet d'entrer en contact
Avec l'esprit des arbres
Une fois que les champignons
Retournent à la terre
Même avec un ami
Je n'irai jamais creuser aussi loin

Comme dirait le diable
Le bienfait de la compagnie d’un clebs
Tient à ce qu’il est possible
De le rendre heureux
Sans systématiquement
Se sentir redevable
Il ne demande aucune prière
Ni de trucs compliqués
Et son ego
Se limite à montrer ses dents

Et si je me recourbais
À l'origine du monde
Humer un nouveau parfum




Résiste à l'air du sang

En te levant 
Sur l'info du matin
Souviens-toi 
Combien est précieux 
Le privilège de vivre

Pourquoi s'attacher
À la poésie libre
Parce qu'il n'y a rien de plus faux
De se mettre des barrières
Pour libérer l'émotion
Ses émotions

Qui n'a jamais eu envie 
De tout envoyer balader
Quoi qu'il se passe
Résiste à l'air du sang

Projeter sur l'autre ses problèmes
Au lieu de les régler soi-même
Engendre la haine des gens
Garder les pieds sur terre
Pour fouler ses frustrations
Sans oublier l'enfer
De condamner tous ces fous
Qui ne proposent qu'une réponse
À tes questions 
Ne t'en fais pas
Un de perdu
Dix de retrouvés

Mets-toi à la place 
De celui qui tue et meurt 
Pour atteindre son objectif
Il faut l'abandonner
Fais-le pour ceux 
Qui ne le peuvent plus
La vie nous donne toujours 
Une autre chance

Résiste à l'air du sang




samedi

À qui

L'été n'a épargné personne
Les branches du saule pleureur
Ont plongé ses feuilles sèches
Dans l'encre de la rivière
Où désormais
S'élève la brume
Épaisse et fragile
D'un automne accompli

Bientôt le soleil
Lui percera le cœur
Et la nuit
Lui dénichera l'espérance
D'un nid de baiser
Beaucoup de mystère
Et de beauté

À ne pas croire
Sans importance
La lune danse toujours
Sur les paupières du temps
Qui submergent
À chaque printemps
Le carnet blanc du poète
Où toutes les lèvres des filles
Embrassent de nouvelles conquêtes

À l'orée des derniers
Bruissements d'ailes
D'amour et de liberté
Le saule pleureur a écrit
L'oreille abandonnée
À la musique d'Érik Satie
Ce vertige sans confettis




mardi

Révérence

Décoller encore un mot 
Lié à un sentiment aérien
Sur le point d'acheminer
Un air de liberté
À chaque cœur fébrile
Une colombe anonyme
Se faufile lentement
Dans l'œil de la peur

S'infuser d'une ordonnance
Croire en l'autre
À travers soi
Oser l'impression
Pour raviver l'encre
L'âme bleue cible l'exemple
Dans les mânes des ombres
À l'aube naissante

Animé d'un rêve
Le jour se dévide
Sous l'aile de l'incidence
L'eau de vie candide
Ablue la fée du logis
La plume est de sortie
Par surcroît un dernier motif
Pour crier des mots de foi




samedi

Dans le sillage de son parfum

L'harmonie regarde la coquille
Qu’elle vient de quitter

Je saisis ses chevilles
L'or de la suavité
Sans connaître l'alchimie
Tout l'empyreume naissant

La vie est cet extrait dénommé désir

Et lorsque Vénus apparaît
Ma langue reprend le thème
Où narcisse et chrysanthème
Se pendent à cet essai
Dans le sillage de son parfum
Je reprends mon recueil
Lâche la corde et l'orgueil
Cueillir le crépuscule des défunts
Je ne leur ai jamais dit
Je t'aime
Ni même à moi-même

Je ne me suis pas totalement accompli
L'oeuvre n'est pas finie





mardi

Il y a du vent dans mes poumons

Dans ma vie
Il y a la fleur blanche aux bas noirs
La cigale et la fourmi
De grands moments
Inoubliables et intenses
D'autres à oublier
Sans pour autant les nier
Au bout de la voie romaine
À l'ombre d'un vieil arbousier
Un homme en tenu d'Adam
Confirme mes meurtres poétiques
L'insomnie de ma vie

Il y a du vent dans mes poumons

La plume de mon oiseau m'a sauvé
Mon encre ne périra jamais
Ce n’est qu’en partie vrai
Tuer est d'abord une révélation
Une revanche à l'égard du temps
Qui t'amène là
Où personne ne veut finir
Pitié pour la femme qui pleure
Car elle a peur d’oublier
Le goût de mes lèvres
Dans ma vie
Il y a la fleur blanche aux bas noirs





lundi

Irma

Lorsqu'Irma éteint la lumière
La solitude n'attend aucun message
 Juste cette peur qui perce la chair
Plus pointue qu'une aiguille
Où est le ciel si vif
Que tu en oublies sa couleur
Écrasé sur une terre éclatée
Tu joues le jeu des vers
Ou des morts vivants













vendredi

Il est temps d'aimer

Il est temps de s'éveiller
À la douceur de l'être
Avec l'aurore des anges
Et les verbes d'une colombe
À la charmante mort
D'une jeunesse couchée
Sur le divan d'un sablier
De graines de tournesol
À un sentiment de sécurité

Il est temps de s'unir
À toutes ses ombres
Qui caressent l'air
Peuplé d'esprit voltigeur
Aux Dieux du stade
Le risque est beau
D'aller toujours plus haut
D'escalader les murs sombres
À la posture flamboyante

Il est temps d'aviver
À la prochaine pleine lune
Tous ses battements d'ailes
Assoiffés sur le flanc d'un nuage
Qui entraînent en pleine terre
L'impossible vérité
Pour cueillir ses fruits défendus
Loin des marécages
Du monde matériel

Il est temps d'aimer
Cette beauté rugueuse
Dont le grain s'accroche
Légèrement à la langue
Élégance translucide
Sur la chair et tendre
Où les doigts courent
Sans anicroche
Ah l'amour et toujours





mercredi

Banc d'essai

Au bout de la terre
Si on veut savoir où l'on va
Il faut savoir d'où l'on vient

Comme une blessure
Une saignée déchire
La peau d'une étoile
Suis-je tombé
Dans un univers parallèle
En imaginant la matière sombre
Au-delà de l'horizon cosmologique
J'écris des multivers

À cœur d'une inflation amoureuse
Éternelle aspiration
Ni passé ni présent ni futur
Juste une vibration de cordes qui résonne
La conversation m'engage
Celle qui parle de désir
Où « nos rêves sont un fil à plomb
Qui nous relie à la vérité de notre être »

T'es-tu déconnecté
Pendant ton séjour
Là où tu sais
Je n'ai pas réussi
Comment l'expliques-tu
J'angoisse
J'angoisse de retrouver mes vieilles habitudes
De tomber sur de vieilles photos
Et toi
Je ne me pose pas la question
Le temps n'a pas d'heure
J'écris aux étoiles
Là où tu sais



*

Hommage à Anne Dufourmantelle
« La douceur peut être une force majeure de résistance à l'oppression »
« Être doux avec les choses et les Êtres, c'est les comprendre dans leur insuffisance, leur précarité, leur immanence, leur bêtise. C'est ne pas vouloir rajouter à la souffrance, à l'exclusion, à la cruauté, et inventer l'espace d'une humanité sensible, d'un rapport à l'autre qui accepte sa faiblesse, et ce qui pourra décevoir en soi. Et cette compréhension profonde engage une vérité. »

jeudi

Gripman

Lorsque l'homme se précipite
Le diable sourit-il

Sous mes pieds 
Entre Hyde et Lombard Street 
Les rails bourdonnent de plus en plus
Et passe à pleine vitesse
Chargé comme une mule
Aux heures de gloire
De la ruée vers l'or
L'icône de fer et de bois 
Le San Francisco Cable Car

Ses étincelles dévalent la pente
Sans perdre conscience
Et frappent si fort mon objectif
Que l'image instantanée 
Est un amas de copeaux de lumière
Où seuls se distinguent
Accrochées à la poignée
Les dents du Gripman

Un demi-tour attractif
Et le manège redémarre





mercredi

Golden Gate Bridge

Un matin d'hiver en plein été
Mon petit gars mon amour 
Il ne m’était jamais venu à l’esprit 
Que je pouvais te faire pleurer 
Que je marchais sans être suivi

Je ne peux pas garder ça pour moi seul
Tout ce qui n’est pas vu s'efface

En embrassant l'aurore
La brume s'évapore 
Des ombres rouges apparaissent 
Et se dressent à la lumière endiablée
Une structure inouïe 
Surgit de nulle part
Chantant l'air pacifique

Admiration et vertige 
Sur le Golden Gate Bridge






mardi

Sidewalk

South of Market
Et tendu là
Quémandent
Tant de bras mauves
D'indifférence
De ces yeux sans logement
Se décroche la démence
Qui roule jusqu'à mes pieds

La libellule prend la plume
Mais ne parle pas sa langue

L'homme de Financial District ne réagit
Que lorsqu'il a du sang sur les mains

À l'air libre de Twin Peaks
Le ventre plein d'œufs
Vrombit une mouche bleue
Une araignée faucheuse l'observe
Et l'a piège dans sa toile
Le travail accompli
L'araignée s'en va
Tisser l'esprit du poète






Sacramento

À Old Sacramento
Je marche sur des planches
Qui chantent le Far West
Entendent siffler le train
Et les balles perdues
D'un duel au soleil
Sous le porche de la librairie vintage
Je vois dépasser d'une étagère 
La tête de Benjamin McCulloch
Avec une étoile de Shérif
Où Presumed Innocent
Et Farewell My Lovely
Cherchent preneur

La ruée vers l'or a quitter les quais
Mais un monstre d'acier noir 
Campé sur ses rails
Évoque avec force
L'effervescence de ses années folles
Où la liberté avait un prix

Libéré sous caution
Mes yeux descendent la rivière
Rejoindre la baie de San Francisco





jeudi

Géant

Ce corps qui me porte
 A rejoint mon imagination
Pour jouer à cache-cache
Dans l'amphithéâtre de Bryce Canyon
Entre Hoodoos et Shipmunks
Pour respirer l'immensité 
Du Grand Canyon
Où mes yeux cherchent encore l'abîme
Le fil de l'histoire
Pour chausser la courbe d'eau verte
D'Horseshoe Bend
Les pieds au bord du précipice
Pour marcher le long de la rivière Virgin
Au cœur des falaises de Zion
Pour caresser le dos ciselé 
Du Cheskerboard Mesa
Pour me mesurer aux séquoias géants
Du Général Sherman

Cette âme qui m'emporte
A rejoint le fantastique
Death Valley
Où le temps finira par m'embaumer 
De sel et de sable magique
Sur la vapeur horizontale de la fournaise

Je voyage pour être étonné




Diné bikéyah

Plus profond qu'un rêve
Plus déchiré qu'une souffrance
Monument Valley
Et ses dentelles rouges
Qui affrontent l'azur
M'offrent un tableau grandiose

Je m'approche sur la pointe de ma curiosité

À ces pieds
Des maisons de fortunes
Des hommes libres et prisonniers
De la couleur de leur terre
Qui forment un cercle soudé
À l'intérieur d'une réserve interdite

Un mirage d'espoir après le crime

De chaque côté du bitume
Une ligne continue de barbelés
Rappelle que la croix
Divise l'air des sains esprits

Et si le blanc hisse un drapeau
Avec des étoiles qui évoquent l'union
Tant de paradoxe
Au cœur des quatre montagnes sacrées
Le rouge se tourne vers Hesperus Mountain
Où l'étoile du soir
Tient le crépuscule dans ses mains
Et chante
" Souffrez que je vous salue "

À la fois émerveillé et révolté
Je m'endors à Mexican Hat
Au bord du fleuve San Juan
Avec ce goût de terre brûlée
Qui questionne mes lèvres gercées

Demain le ciel sera-t-il encore vierge




Las Vegas

En pleine kermesse populaire
Épouserais-je l'ombre verdâtre
Sur le carreau d'un dernier vertige

Mais où est donc passé 
Mon ultime Washington
Sans doute dans la fente du hasard
Où s'évanouissent 
Les uns après les autres 
Tous ces uppercuts du rêve clandestin
Toujours en ébullition
Même dans les pensées les plus avares
Ou casanières

Cette vieille dame de trèfle
Qui pique nos poches de coeur
Las Vegas la stupéfiante
M'a flingué pour un temps
Ma paranoïa écophile

Je nage désormais 
Dans la cour des miracles
De sons et de lumières
Ininterrompus

Au petit matin 
Hors champ des miroirs
Une fumée d'ocre rouge 
S'échappe de mes pieds 
Est-ce le ciel de Monument Valley
Qui appelle à la méditation




Une belle histoire

De kingman à Seligman
Quelques vestiges
Ressemblent aux pièces du puzzle
De la fameuse transcontinentale

Entre vieilleries poussiéreuses
Et souvenirs importés d'asie
J'achète un magnet 66
Pour le Frigidaire
Et traverse l'air
De trois clichés de carcasses
Qui ne demandent qu'à mourir en paix

Cloué à l'asphalte
J'essaie de maintenir la légende

Ce n'étaient que des mots écrits sur du sable
Une belle histoire




mardi

Bullhead

Le désert est-il le paradis
Uniquement des géologues
Et autres animaux sans compagnie

42 degrés à l'ombre d'un joshua tree
En plein désert des Mojaves
Je tombe sur un bruit de crécelle
Bien que la seule chose que je maîtrise
Est le pardon
Il y a des moments de solitude
Où seul l'amour te dirige
Vers la bonne destination

Sans courir l'effet de foehn
Me sèche le bas du dos
Plus vite qu'un James Dyson
Face au vert gris du Colorado
De l'autre côté du fleuve
Les lumières d'un bateau casino
Invitent la nuit à la roulette
Alors qu'ici le jour ne meurt jamais

Les yeux dans mes tongs O'neill
Toujours du gras entre deux jetskis
La climatisation bat la mesure
Mes oreilles chantent
Born in the moon

Je me suis réveillé
Les pieds dans la machine à glaçons
Prêt à repartir
Vers plus de pitié

En attendant la route 66
Bullhead restera une énigme
Un poisson en plein désert




lundi

Los Angeles

Les pieds dans le sable du Pacifique
En passant chez Universal
On se ramène ici pour rêver
Mais tous les piétons sont suspects
La vie c'est la clef du toucher
Ici on court après
Le mythe s'éteint
La colline porte-t-elle bien son nom
Au bout d'Hollywood boulevard
Les étoiles se confondent
À la misère des sens
Les détritus tuent
Je n'avais jamais vu autant
De graisse autour d'un squelette
Je quitte l'enflure
Plein Est
Demain sera un autre jour





jeudi

La minimalité

Tatoué d'amour
L'oiseau de mes veines
Plume douce et zen
Parcourt encore
Le cœur de la muse
Ma fausse destinée
Ce n'est pas pour autant
Qu'aujourd'hui
À contretemps
Elle s'est éloignée

Il y a toujours ces heures
Qui pleuvent et se vantent
Sourient et pleurent

Je soulage ses ailes
Qui balancent leur sang
Contre les fenêtres de la nuit
Et si l'incertitude trace mes jours
Elles peindront mon corps
Aux pieds tendres
De la fontaine parfumée
Où mes sens s'enfuiront
Rejoindre l'aurore

Tatoué d'amour
J'ai le goût de l'essentiel
La minimalité





vendredi

Pataquès

De miss univers à miss galère
Le cerf broute le gazon de mars
Et ça repart

Il y a des gestes prosaïques
Qui sont des gestes invincibles
L'ogive n'est pas une plume noire 
Juste une nervure musicale 
Une encre numérique pour l'éternité

Si l'on sait naviguer
Sur l'eau trouble de la toile
Envie de moderniser le long
Avant de voler au secours du court
Ma fibre est-elle en bon état
Pour attirer l'audience à écouter
Votre agrément est essentiel

Bien qu'avec l'âge
Il est plus difficile
De masquer la fatigue
Après une séance d'hygiène
Cet art d'être ensemble
Me pousse encore plus près de vous
De vous sentir avec moi
Contre moi
Une quête du bonheur
Où les « fousentiments »
Sont des oiseaux de paradis
En vol stationnaire
Et les ogres
Des nains de jardins en paille
Enduit de saindoux

Ah si j'avais pris l'avion à l'heure
Je ne serais pas là
À écrire des vers
Sans étoiles ni têtes
Finalement
Être conscient et reconnaissant
D'avoir la chance
De vivre librement
Au coin du feu
Ou allongé sur une peau de bête
Qu'on n'a pas tué
Parce qu'elle n'est que pure imitation

Libérer
Ce n'est pas écrire
Ou parler
C'est faire
Alors faisons

Ah et si j'ai décidé de faire le contraire
De ce qu'on m'a toujours dit
Ce n'est pas simple
Mais ça rend plus fort
Cynique et pessimiste
Je crois à des jours meilleurs
Orgueilleux ou péremptoire
Juste une paire audacieuse
Démotivé et paresseux
Un brin pragmatique
Égoïste et jouisseur
Un brin de vérité
Avec une part visible d'altruisme
Quand tu touches à l'autre
Par identification
Tu me touches

Alors requinqué





jeudi

Miettes sauvages

Inutile de prendre des coups
Pour ressentir la douleur
La foule a encore les stigmates
Des corbeaux
Qui fonçaient droit sur elle
Un jour de fêtes

Accolé à la baie du monde
J'ai dispersé les miettes
Et changé
 Pour ne pas être
Une cible
Mais un phare
Partir rejoindre 
La promenade des anges
Comme un heimatlos
Face à l'immonde

Toujours là
Où se gangrène la douleur 
À chaque drame qui s’invite
Où l'aspiration m'écache
Contre l'énergie crucifiée
De mes plus fidèles convictions
Au pied de stèles inconnues

Après le choc
Reprendre la parole
Au-delà de la brume meurtrière 
Qui cristallise nos êtres 
Pour vivre des nuits douces 
Sans armes sous le manteau

 Par la gravité
Voguent les cristaux
Tendres vertiges
L'équilibre est primordial

Comment survivre
Le cœur entre deux continents
Sur cette sphère obèse
Où une poignée sert la ceinture

Outlow face à l'éternel
Amour
Déchire la fin




mardi

D'une berge à l'autre

L'âme sœur
A sur ses paupières 
Ta beauté
Qui puise la couleur 
Où boit l'arc-en-ciel

Tu n'es pas encore
Vraiment toi
Juste pluriel

Il te reste à franchir 
Le pont de l'arc
À devenir cette fleur
Sans t'éloigner
De ton propre visage
Être vivante
Pas davantage




lundi

Seul le tonnerre absout

L'inconnue céleste de juillet
M'attire au plus près 
Vers d’autres significations 
De la canicule à l'arc-en-ciel
En électron libre
Dans l'enceinte
Je me décharge 

De ce sourire violet en tête à tête
Entre un enfant bleu et la mort
 Je me rappelle de cette course folle
La bouche encore pleine d'alcool
  De cette fleur indigo qui se lève
Sous les larmes d'un fusil
Du pollen infiniment vert
Sous un drap blanc
Se faner à la nuit tombée

De ce souvenir bleu de ses yeux
Disparu dans un funeste mystère
Je me rappelle d'un sol en mouvement
Qui a perdu tous ses repères
 De cette étendue
Émeraude et fauve
Chasser les nuages du ciel
La mer se retirer avec une vague
À l'écume d'une famine éprouvée

De cette terre bleue
À la fois amère et sanguine
Je me rappelle de cette berceuse
Incantatoire d'un souffre-douleur
L'herbe est toujours plus jaune ailleurs
Seul le tonnerre absout





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