« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »
Bienvenue sur mon blog... Mon nom de domaine a été piraté ou autre effet papillon ! Mais le contenu est préservé... Je tiens à remercier et salue encore toutes les personnes qui naviguent sur mes pages par bonheur et sans se noyer !
Vous trouverez sur ce site tous mes mots « poétiques » :
- Des proses et ou poésies d'amours, loufoques, tristes, engagés, satiriques , d'amitiés et autres...
- Des chansons à l'état brut.
- Des citations personnelles.
- Des lettres ouvertes.
- Des bas et des hauts.
Tous les écrits et dessins sont de ma plume à l'exception de certains dessins notifiés en bas du texte. Cependant je peux oublier certains détails car je ne suis qu'un « entremetteur » de mots et d'images... Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont je n'ai pas d'informations sur les auteurs, je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer, si vous les connaissez (Nota : en bas du blog ou du texte, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre).

Tous mes poèmes

Nombres de poèmes et de commentaires publiés dans le blog

Nombre total de pages vues

mardi

Nomade

L'illusionniste 
Ne tire pas encore 
De plans sur la comète
Le mouvement est à l'orée du bois
Jour et nuit
Tout rentre et sort
Il n'y a que le fossile qui dort
À l'abri du R.M.I

L'arbre traverse le toit de la prison
Cultiver la loi du soleil
La peau de mouton du berceau 
Câline le ventre du nourrisson
Le chien assis compte les étoiles
De la constellation du Verseau
Le jazz s'amuse 
Derrière le grillage d'un Lidl
Loin de l'herbe plébiscitée
Autour du feu
L'enceinte pleure les yeux noirs
La guitare suspendue
À la branche la plus solide
Se balance entre les doigts 
De l'éternelle liberté






R.M.I : Revenu Minimum d'Insertion

vendredi

Phénix ou dragon

Il y a des peaux blanches voilées
Qui défilent asservies... Comptez !
Face à elles, un air vacillant
En bas résille, cheveux au vent.

De son aréopage, il domine
Ce serpentin de bandit vermine,
Représentant de l'obscurantisme,
Un faux membre d'SOS racisme.

La débroussailleuse débroussaille
L'herbe folle en ordre de bataille
Entre la fumée et les pollens,
L'orage sauve les marjolaines.

La vie n'est pas une série
Télé, du vivre libre en esprit,
Juste la reproduction naïve
De quelques mules roses furtives.

L'ascension a lieu à la cimaise
D'un ciel gris et d'une terre glaise.
Annonce-t-elle la venue 
D'un archange ou d'un hurluberlu ?

Où est la graine de nos ancêtres ?
Qui s'empiffrera de tout son être
De poissons gras d'endives sableuses
De riz vert de salades pouilleuses ?

 Visite guidée sans bouger l'os,
La moelle épinière a la fosse,
Mince ! Que ne faut-il pas se mettre,
Pour ne pas succomber, dans le ventre.

Vie éternelle de guerre lasse,
Furieuse de son indépendance,
La libellule n'est pas people
Et ne rejoindra pas la coupole...





mercredi

De zéro à l'infini


Zéro
Un numéro de série anonyme
Quelques mystères
Un élan promut
Dans le système en marche
Coordonnées tous azimuts
Comme cette goutte d'eau
Au milieu du désert 
Qui prend tout d'un coup
Un poids infini
Et t'aide à traverser l'enfer

Même musclés de certitudes
Ne choisissons pas la douleur
Tentons d'inventer le réel
En supprimant nos fantômes
Un pied devant l'autre
Le visage quelque part
Au-delà de l'horizon
Un coït avec le ciel

L'amour dans les yeux
Nous dénuderons l'air vicié
Mettrons du rire dans nos colères
De l'espoir dans nos vers

Sur nous
Tout le chemin
Encore des chaînes 
Où commence la vie
De zéro
Les mains déliées

Quelques convaincus
Trop plein de certitudes
Buveur de bière
 Haïrons notre logiciel
Le pauvre gonflé d'orgueil
Le riche menteur
L'ogre adultère
Avec ce goût de terre 
Qui nous rappellera
Que le pas qui nous porte
Est trop proche du gouffre
Pour revenir en arrière

Marchons
Marchons ensemble
Jusqu'à l'infini



lundi

Au plus près de l'amour

Ni seules ni mortes 
Belles comme la lumière
Deux flaques d'encres nocturnes
Ondulent sur les larmes 
D'une rivière d'or 
Et m'emportent
D'où vient cette brise légère
Qui souffle sur nos pores
Entre les mailles de la libellule
Cet air d'espoir si tendre
Loin des querelles

Envolons-nous
Élevons-nous
Encore plus haut 
Avec tous ces nuages fraternels
Libres et égaux
 Et reposons-nous
Sur l'immensité d'une plaine
À la singularité plurielle
Au plus près de l'amour




samedi

Inadvertance

J'ai traversé seul la frontière
Dans le silence du hibou
Mes yeux restés derrière moi
Achèveront mon périple émotif
Dans ce pays géométrique
À la luminosité romantique
Où le soleil se baigne
Dans le lac des cygnes

L'extase sera-t-elle au bout du voyage
Pour marquer le début d'une nouvelle page

Il y a ce corps délicat
Qui promet l'étoile de la nuit
Travail achevé au pied du lit
Des notes entrelacs
Parviennent à l'oreille
Le piano accompagne le violoncelle
Tout devient universel

La voix des draps annonce des averses
Soutenues par une forte bise
L'eau glisse sur nos joues
Nos cheveux rejoignent
Les branches centenaires du cèdre
Dénicher l'havre de paix des nations unies

Si j'avais eu envie d'être heureux
Je ne m'y serais pas pris autrement
La joie un moment
A eu lieu

Je m'accroche au cerf-volant
Les racines dans le vide
Le cœur gonflé comme la libellule
À l'heure où la terre bascule
Vers la pleine lune
Je termine ce que je ne finirai 
Sans doute jamais
Perdu au milieu des dunes



Continue la vie

À la veille d'un nouvel essor
Proche de l'urne du crépuscule
Lieu de cauchemar
Chaque destin hésite encore 
Par tant de mouvement de dégoût

Par les interstices
Aucun oiseau en cage ne manque d'air
Pour eux la liberté 
Se love au sein des verrous

Ailleurs
Songe à la nature
Sur le clapotis du jour
Condamné à l'amour
L'arbre en fleur 
Célèbre ses murmures
À bout de lèvre
Et danse

Ses feuilles dessinent 
Sur la nouvelle mosaïque
Les ombres du bonheur

Volubile
Continue la vie





vendredi

Un dimanche à la campagne

Troublé par l'ondée verticale
Encore un matin
Qui berce les tuiles de l'euphorie
Un réveil immortel
Pour les gastéropodes 
Les rainettes vertes
Les corbeilles d'argent
Les sirènes oubliées 

J'entends à la gloire de mon père 
Les feuilles du chêne prier
Les yeux face à terre
La pergola en fer forgé
Agiter son chapeau de paille
L'épouvantail s'éventrer 
Sous les cris du merle noir

Le temps change précipitamment 
Par-delà le champ d'honneur
L'urne vient d'accueillir tous les nuages
Les blancs comme les indécis 

J'entraperçois quelques insoumis
Une mésange bleue se détacher du ciel
Dont la plume a pris l'eau
Un faisan en marche
Saluer un chasseur

Un seul remède 
Partir avec mon pigeon ramier
Écrire à l'encre de seiche
Mes affabulations
Et souhaiter un bon dimanche
À Madame l'éphémère 





Point de vue

Au bord de la cage
L'amour de l'animosité
Est la singerie de quelques aliénés
Nourris d'agressivité
Qui rêvent de devenir les sauveurs
De l'humanité
De manier le fouet de la peur
Jusqu'à l'insoutenable
De mettre la main entière
Dans le sac de l'opulent
Pour apprivoiser l'oublié
Et lui arracher le coeur

Je me griffe
Regarde 
Intensément 
Rêveusement 
L'intelligible
Pour voir vraiment
Le sens visible de la vie

Un bon poète 
Est plus utile 
Qu'un mauvais politique




mardi

D'un printemps à l'autre

Loin du vivier de l'horreur
Porté sur le talisman des heures
Au bout de son smartphone
Mon cœur en détresse sonne 
À la vie à l'ivresse
Fleur de lune et d'épice
Au regard d'un caprice
Couleur chair brune
L'émotion tremble
Nous sommes déjà en mai
Folie la neige s'est invitée
Sur le vent tiède de nos corps
Le temps s'édulcore

Vogue l'oasis du vaisseau
Sur l'écume du renouveau
Où ses chansons parcourent 
La voûte de mes sens nuit et jour
Avec ce qui ne peut plus être séparé
Bercent l'homme dressé
Sans fausses notes ni colères
Message personnel
Je ne suis rien sans elle
Et je franchis gonflé d'orgueil
L'aube de ses frontières 
L'œil éveillé sur ses peintures
Le temps c'est de l'aventure

Petit à petit j'entends le son
Perdu au sceau de son nombril
À peine précipitée 
Sur la voie ombragée
Ma flûte boit ses larmes d'avril
Charmée par le génie 
La libellule s'envole bénie
Demain nous nous élèverons
Sur les bassins dévastés
Avec les mots qu'il nous faut
S'il existe d'autres horizons
Et bien nous verrons
Le temps c'est de l'amour




lundi

Où sont les mouches

Sur une passerelle en fil d'or et de soie
Riche abstention je ne serai plus avec toi

Par le bris du miroir de la vitalité
J'ai vu tant de pauvreté pour ne rien cacher
Des jours immobiles qui deviennent des nuits
Des milliers d'ailes chastes déjà avachies
Des vies fantômes sans l'ombre d'une jouissance
Il y a la silhouette aux longues fréquences 
Avec ses mensonges aux histoires vécues
Et le jeune énarque à la langue bien pendue
Je change de hauteur pour dépeindre la foule
Une basse-cour où s'affrontent coqs et poules
Cochon de l'espèce cheval de Troie d'ailleurs
La faucille du paysan veut l'argent du beurre
Et ses sots finiront borgnes ou cul-de-jatte
Dans l'écurie des purs-sangs à grand coup de latte
Au coin de l'assemblée un coiffeur chirurgien
Coud la sainte perruque de Marianne en vain
Sur le crâne élu le plus vieux sage en déplaise
Et ses bigoudis à la comédie française

Dit petit prince dessine-moi un mouton
In fine je voterai sans grande illusion




vendredi

Ineptie

J'entrevoie encore 
Quelques corridors terrestres
Un désert froid 
Un corps solide et résistant
Le pied sur un pâturage de lichen blanc
Indispensable pour ses rennes
Un désert chaud
Un corps agile et léger
Les yeux fixés sur son bétail 
Indispensable pour sa famille
Aux confins la maîtrise de la vie
Est le garant de la survie

J'entrevoie encore
Quelques îles suspendues
Mais le facteur du coq est mort
Avec son béret en tartan 
Rejoindre le timbre de sa voix
Avec l'élu à la case vide
Un dernier message conscient
Nous avons ce trésor infini 
Et tout ce que nous savons créer
Sert au pillage
Ici-bas une poignée de dollars
Suffit pour vivre un vrai cauchemar





« La politique est devenue une pub, une mise en scène, un affrontement entre vendeurs où la cravate et la belle robe camouflent efficacement la vacuité et l'ineptie du discours. » Jean Dion.

dimanche

Dilemme

Le carillon a du fil à retordre
Ce que j'ai voulu taire
Cette nuit je l'ai entendu
Pour bien vivre
Tu ne dois pas penser à la mort

Difficile
Elle m'accompagne

Une présence qui m'aide à croire
Le long des sentiers glacés
Poumons purifiés

Proche du Penseur
Une absence un ailleurs
La tête dans les cirrus
Pour oublier
Coexister

Apprendre à respirer
Avant d'apprendre à mourir
La voix des cieux

La mélancolie me regarde
Sans tout à fait me voir
Je tombe le masque
Rentre en création

Il y a ce passage noir
Qui me plonge dans une tragédie
Mélange de naïveté
Parfum d'utopie
Qui nous manque si cruellement
Et si la poésie était l'arme fatale
Contre le désenchantement
Actuel du monde libre

Rêver encore
Écouter les échos de la vie
Qui n'a pas envie
D'être sur le chemin
Le chemin d'un ange
Je rentre dans ses yeux
Très grands
C'est une capture vert-noisette
Voilà ce qui me fascine
L'émotion




vendredi

L'innocence

Spotify se lève Deezer se couche
La musique caresse mes sens
Ses mélodies figent mes absences

Tant d'idées importantes me tournent autour
Elles sont venues au monde 
Comme cet oisillon 
En équilibre sur sa branche

Il y a tous ses malentendants
Qui écoutent ronfler leurs discours
Dans un paysage à la figure décomposée

Je distingue l'aveugle 
Au milieu de son champ d'honneur
Qui suit le ver luisant
Sans saisir son stratagème
Un petit oiseau
Courageux et innocent
Suivi d'un vieux rapace
Fourbe et méchant

Vous n'allez pas me dire
Tout le monde vole de la même façon

L'innocence n'est pas une chair noire



Hommage aux victimes de l'attaque chimique à tous ses innocents qui tombent chaque jour

dimanche

Streaming

L'audace est nécessaire à l'ivresse
Pour s'épanouir
Ma main prolonge ce point de vue
Accélère les particules
Délivre les larmes
De ses blessures du cœur
De ses sentiments prisonniers

Au diable le soupçon lyrique
Une petite lueur sur les naufragés
Le flux continue
Même six pieds sous terre
L'au-delà reste ouvert
Aux réseaux clandestins
Si vous me suivez du soir au matin
Il est vrai que parfois
Je me perds 
Mais plus tu creuses plus tu t'aères

Du tien du mien des chiens
Je retourne à la niche 
Aider les apprentis lecteurs
À prendre confiance
Il est l'heure
Pour qu'ils ne me regardent plus
Comme le loup qui regarde l'agneau

J'ose vous dire
À quoi bon de me lire
Si vous n'écrivez pas la suite
De la plus fausse
À la plus vraisemblable
Peu importe 
Ce que je sais
C'est que les idées ne germent pas comme ça
Si tu ne leur consacres pas
Placidité et persévérance

Avec ce qui me reste à vivre
J'essaie d'autogérer ma sphère
Face à cette putréfaction
Livrée chaque jour
Par le monde





samedi

Contradiction

Regard vertical
Du champ de blé aux étoiles
« Bavérité » au coin des lèvres
Chercherais-je le discernement

Ma langue pointe vers l'orgie
Glisse sur le sol
Avec le blanc de la neige
Le chemin de la raison
Se dissout facilement

La cime est toute proche
Un pic où la poésie
Est l'hésitante de mes clairs de lune
L'amante de mes nuits fauves

Cernes violets
Lovés au cordeau
Regrets et consolation
M'emportent sur le souffle
De la voix qui m'interpelle
L'encre s'épuise
Sur l'iris des contradictions

Hier j'ai vu une lueur d'espoir
Laisse-moi te regarder
Sourire et pleurer
Demain le soleil
Nous éblouira de vérité





mercredi

Devant mes mots

Regard incliné il s'écrit
Sueur et mélancolie
De la pluie des soupirs
L'eau grise nos os
Le temps n'a pas de pitié
Entraîne nos corps vers le néant 
Dans le silence d'une mort annoncée

Erreur de mise en scène
Ou guerre civile
Il n'y avait qu'elle 
Et ma honte

Dans le ciel
Une nourrice offre ses seins
Poison ou vin
Être sombre à jamais

Elle coud sur le plancher des fleurs 
Parfumée de mille senteurs
Essaye de se remémorer le passé
La fenêtre attire son miroir
Ouverte comme une rose
Elle est sans pareille
 Dans l'apparente quiétude
Brûle la nuit
Devant mes mots
Sainte lumière
Elle ne s'est jamais échappée
Même si elle n'a pas pu tout prendre




vendredi

Muse et châtiment

Puis-je résister au chagrin
Changeras-tu mes larmes en vin

Il y a ce compte à rebours
 Le trafic arbitraire des muses
Dès l'effleurement
Elles rallument le feu
Dans le livre virtuel
Et tu attends l'obscurité
Celle qui t'a touché

Il y a ce sentiment indéfini 

Un soupçon de poésie
Une infusion un clavier 
Une petite idée 
Voici l'heure musicale
Qui embaume la nuit
Irréversiblement

Il y a ce chat noir à la fenêtre
Qui ouvre sur le grand ouest
Balayé par un vent humide
L'attente a creusé
Dans la chair une échappée
La verge bleutée
L'âme chante

Puis-je résister au chagrin
Changeras-tu mes larmes en vin





mercredi

Envol d'un petit bonheur

Suspendus à une branche morte
Est-ce le moment
De nous dire adieu

Défions la terreur à pied d'œuvre
Conservons le venin pour l'empoissonner
Jusqu'à la prochaine équipée sauvage
Toutes ses intoxications manifestes
Polluent les reliefs du monde
Bouffent la vie le goût de l'être
L'odeur de la tourbe la fluidité
Quand disparaît le sens des choses
Il me reste le sens des mots
Pour me déposer à l'endroit que j'ai choisi
Proche d'une éclaboussure à la couleur franche
Comme celle qui tapisse
Les fibres de mon for intérieur
Entre les senteurs de Provence
Et le cœur des trois vallées

Voyage à pas d'éléphant

Croisons le bonheur au pied levé
Préservons ses pas pour les partager
La muse des neiges se dandine
Sous un ciel bleu de Prusse
Mes yeux s'adressent à la malice
Face à la maison où j'ai grandi
Au grand jour de notre complicité
Tout est ivresse et onctuosité
J'ai glissé sur toutes les pentes
Encore vives dans leurs écrins
Laissant mes mains sur le clavier
J'ai écrit toute la nuit
L'esprit dans le grenier de la lune
Laissé mes mains sur son corps alcalin

C'est le moment
De nous dire à tout se suite
Dans le jardin blanc





mardi

Aujourd'hui

Avant qu'ils se tuent
Tous les oiseaux de l'avenue 
Chantent les yeux fermés
Tous leurs post-scriptum
Les croyants tombent des nues

Il y a ceux qui sont bons et justes
Il y a les fourbes les arrivistes
Les salauds et tous les autres

Je voulais être sans affectation
Un anonyme
Ne pas me prendre la tête
En dépit de la brume à l'horizon

La clarté m'invite
J'ouvre les yeux
C’est la vie même qui me parle
Elle a retrouvé la parole




lundi

Une porte s’est ouverte

Une voix douce
Aussi vive et légère
Qu'une demoiselle
Une perception 
Qu'elle entremêle
Une main la décale
Sur la voie de l'absurde
Pétrie d'anxiété
Condamnée au silence 
Presque expiatoire

Dissidente
Sur l'air volage
Ses yeux voient loin
Comme un marin 
Met au point sa longue-vue
Vers l'île au trésor

Elle aime la sombre douceur 
Du corps masculin
Tout cela remonte à bien longtemps
Quand son panier était rempli
De dattes et de roses
Le lit couvert de pollens
Où la bise transportait 
Le parfum de ses nuits passées
Au cœur du cercle
De ses chuchotements

Son encre bleue
Est le flot de ses émotions
Son vaisseau clandestin
Les oiseaux les plus proches 
Sont à des dizaines de lieues

Il n’y a qu'un mot sur terre
Qu'elle voudrait posséder

Dans la forêt des mots
Sur la branche des je t'aime
Jusqu'à l'impact
Dieu que l'amour est rebelle

Une porte s’est ouverte



vendredi

Délire

J'ai l'impression de perdre mon temps
De ne rien retenir 
De ne rien comprendre
Moi qui n'aime pas lire
Je vous conseille le contraire

Pour me détacher 
Je m'attache à lire
Son abus est une source de lumière
Pour porter des verres progressifs
Se laisser pénétrer par l'abondance
Pour mieux la filtrer
Lire protège

Moi qui essaie d'écrire de la poésie
La rue est noire je marche seul
À l'angle mort
Une enseigne lumineuse
Des notes de musique une voix
Encensent ma vie
Lire est doux

Ce soir la pluie donne du relief
Des flaques d'eaux réfléchissent
Pour comprendre l'autre
Et ses hiéroglyphes
J'appelle Champollion
Il est sur répondeur
Lire est une aventure

J'écoute le vent 
M'approprie quelques images
Rejoins le toit du monde
Par le colimaçon tournoie en spirale
Et évite le ciel plein de corbeaux
Lire c'est voyager

Je laisse derrière moi quelques refrains
Toutes ses ombres qui se promènent
Le long des murs
Pour m'endormir avec quelqu'un de différent
Une voix me souffle 
De ne pas me laisser infirmer
Ni par l'autre ni par moi
Lire libère

Ma prose est un arc indéfiniment tendu
Et si quelques flèches survolent mon aire
Nulles m'atteignent
Dans la folle ignorance 
Blessé je l'ai été 
Lire soigne

Au-dessus du chapiteau en pierres bénites
Ni anges ni démons
Un va-et-vient s'immisce à la chair complice
Monte et descend un éléphant rose
Sous la voûte du saule pleureur
Une minuscule lueur lunaire
Lire console

La brume a recouvert ma nuit blanche
D'un manteau suave
Je rejoins avec Morphée
Mes souvenirs oubliés
Et me repose entre deux feuilles écrues
Entre liberté et enfermement

D'où me vient cette mystérieuse sensation
De déjà-lu




samedi

Peut-être

L'aurore s'approche
Encore une journée 
Qui veut changer le monde
L'envie passe 
Comme toutes ses heures blanches
Chargées de nuages 
Tantôt blancs tantôt noirs

J'écris dans un état normal
Assoiffé de vie
Rêve banal 
Écrire est un acte d'espoir
Je suis dans le flou
Traverse des nuages
Une maison jaune 
Aux volets verts et gris
Je vois tes mains 
Dessiner un calligramme
Tu sais tu me fais rire

Je sais le monde est rempli de bonnes personnes
Je me retourne vers toi
Tu oses m'aimer
La raison est un grand cœur tendre

Avec le soleil et les chiens
J'irai te cueillir 
Un bouquet de fleurs
Sur la colline des roses rouges
Face au rond point 
Des anciens combattants





jeudi

Figure d'une hypotypose

L'hexagone comme le monde dérive 
Sur le flanc hostile 
À la démocratie
Celle des lois 
Appliquées et inventées
Par la seule plume 
Dont l'homme possède

À son insu
Le miroir réfléchit 
La peau de ses crimes
Jusqu'alors inouï

Entre vous et moi
Elle vit
Sur tous ses cadavres 
Où glissent encore
Le sable de l'allégorie
De la vallée de l'ombre 
Celle de la mort

Inexorablement

Sentiment de désolation 
Sur le champ de mars
Où le temps lui aussi 
S'aliène à la folie

Ma tête
Se démêle et se confond
À l'absurde
À tous ses boulets 
Aux courbes ensanglantées
Elle est une survivante
Une messagère et rien d'autre
À la fois libre et condamnée




mardi

Un gène ou deux

Toute substance illicite est la bienvenue
Lorsque par chance
Sa fumée douce m'échappe
Sans qu'elle m'oublie

Une continuité
Une unité
Je considère la figure ci-contre
Fleur bleue de la nuit
Elle a des pétales 
Que je peux épétaler
Me place dans son repère
Considère deux points
Finalement
Je calcule les coordonnées du milieu
La théorie du genre
Ou le monde rêvé des anges
Il y a toujours un père
Une mère
Je ne sors pas du néant

Je m'approche de l'extravagance 
L'émotion est mon eau forte
Et mon trouble ne se filtre pas
À l'élégance rêveuse

Je ne me laisse pas abandonner
Même seul en ma compagnie
Argument valide

C'est l'admiration qui m'émeut
L'allégorie s'impose à moi
Elle est le lieu de la révolution
De l'amour de la lumière

Je renouvelle l'appréhension du réel
Lieu favorable 
À l'exercice de mon secret

Un gène ou deux
Pour vivre heureux
Avec les mots
Avec elle




lundi

Goutte à goutte

Jambes écartées
Entre deux sentiments
L'espoir et la crainte
Assèchent l'évasion

Je tends les bras à l'eau du ciel
Vers le sol qui m'a vu naître
 Où la dernière fleur du jour
Envahie par l'herbe folle
M'embrasse et sanglote

N'y entendre goutte
 Mes lèvres se ressourcent
Ma langue récolte son parfum
Et mon cœur desserre l'aube

 Elle tombe dans mes yeux
Et pollinise la pureté de l'instant

Mon amour offre-moi ton sein




samedi

Vis-à-vis

 Vous ne pouvez pas me voir de là
Où je me regarde en moi

Pour accepter la vie
Dites-moi 
Ne faudrait-il pas
Que la vie se change en neige
Que la neige se change en eau
Et que l'eau se change en mémoire

Toutes mes pensées
Saines et troubles
Tout ce que j'écris
Avec et sans lumière
Se posent et se métamorphosent
Sur le versant caché de la forêt des songes
Où je viens évacuer ma peine
Loin de l'asphalte
Proche de la combe vierge
Où je viens écouter le silence
Qui s'insinue à mes veines

Au hasard des rencontres
J'accepte la vie
Et je peux la voir de là
Où elle se regarde en elle




dimanche

La nuit tient l'équilibre

Sur son lit de douleur
Elle écrit de petites chansons
Avec les maux des autres
 Debout dans le noir
Elle n'a plus besoin de se battre avec son corps
Sa voix ne la fait pas souffrir
Et ses oreilles entendent davantage

Elle commence par une chanson a cappella
J'ai traversé toutes les ombres noires
Me voilà face à la misère en manteau chic
Nous n'avons rien à perdre sauf la liberté
Désormais tu me fais mordre l'essentiel
Nous voilà face à l'ombre bleue 
Dans une chasse furieuse à la vie

En humant sa peau blanche et amère
Je compose un nouvel air 
Et glisse entre son rouge baiser
Le monde entier qui a été défiguré
Le vide immense qui nous reste à combler

Et si encore une fois 
Elle sentirait le vertige l'abattre
Quand elle me tient comme ça
Les mains ferment dans mon dos 
Elle ne tomberait plus

La nuit tient l'équilibre




vendredi

Jour blanc

La vérité est dans la neige
Comme la neige est dans mon sang
Je m'approche et je glisse dessus
Je n'ai plus de stress

Mes traces ont disparu dans le velours blanc
Le soleil a peint mon visage
Et à nouveau joue à cache-cache
Entre les pommes de pin et les crêtes
Peu à peu les flocons suppléent les rais
Dans un bal de sens affranchis

S'étale le jour blanc
Et s'immerge à mon sang
L'ivresse

Des lueurs oranges viennent clore le jour
Le feu chante une dernière fois
La page se tourne




dimanche

Sur l'écume de l'équité

Au fond des poitrines airent l'insaisissable
Somnole le bleu nuit à la fenêtre
Le bien-être
Érigé en véritable philosophie
 S'endormir sur un cachemire de Mongolie
Est un long moment d'union

De l'autre côté
Le temps n'a pas de pitié
Même le dimanche les débris de la vie s'étalent
Sur le parquet d'un château de sable
Sur la boue d'un trottoir de fortune
Sans aucun doute proche d'ici
Un paquet de kleenex à moitié vide
Une toux sèche un porte clé un peu d'espoir
Encore un brin d'herbe une fleur douce à nos pieds

Les squelettes de l'avenue ondulent sous le vent
La perspective s'allonge jusqu'à la mer
Suivre la ligne
Écarter les poumons
Et tous les cœurs abandonnés se rassembleront
Sur l'écume de l'équité
La vie est neuve
Et bientôt les cadavres retourneront
Flirter la chlorophylle

Le mistral éparpille les graines de tournesol
Les oiseaux chantent l'arrivée des beaux jours
Et l'envie d'être heureux murmure
Continuer à écrire sur les murs
Comme un autiste libéré et captif






vendredi

La citation

L'aube et toutes ses leds bleues bercent l'insomnie

En murmurant dans l'infini silence
L'heure vient de me voir passer 
Pourrait-elle demander à la suivante
De me donner la mesure humaine
La bonne vibration qui endort le froid et noie la peur
La force paisible qui gomme toutes ces parodies suspendues 

Je me suis emparé du commun
Et abandonné des milliers de lieux qui recèlent bien des mystères 
Sur mon bureau 
Une citation étrangère 
L'amour est un stimuli réglé de désaccords et d'accords

J'assujettis ma vie en écrivant parmi les feuilles blanches
Selon l'évaporation de la neige
Sur des pentes silencieuses le chemin s'inscrit 
C'est le mien et le tien





mercredi

Sœurs jumelles

Tu meurs tu vis
Fil rouge d'une mélodie
Sœurs jumelles
Belles et cruelles

Souvent occultées
Elles aiment l'obscurité
L'intérieur des corps
La réflexion des corridors
L'appel au secours
Le bonheur-du-jour

D'une ébauche à l'autre
D'un cliché à l'autre
Sur le fardeau des paupières
Il y a le ciel et la mer
L'espoir de découvrir 
L'espoir de s'enfuir

L'ultime face à face 
Impudique et vorace
Telle une perce-muraille
Ronge les entrailles
Mange ses métaphores
Tel un monstre carnivore

Tu meurs tu vis
Fil rouge d'une mélodie
Sœurs jumelles
Belles et cruelles

Encor un best of
Du sang du bœuf
Au coin d'une rue
Viol d'un inconnu
Nombril en confettis
En pleine place d'Italie

Entre les poux du canapé
Joueur invertébré
Il l'a mire
Jaloux il tire
Entre les fleurs du mur
Ses couilles murmurent

Demain je vais le publier
Lunettes usées
Il se croit séduisant
Au moins une fois par an
À la saint glin-glin
Il signera la fin

Tu meurs tu vis
Fil rouge d'une mélodie
Sœurs jumelles
Belles et cruelles



mardi

La chute

Dans le cercle de sa tour d'ivoire
L'inspiratrice lactescente
Au manteau pourpre
Des montées et des descentes
Sait que le berger des nuages a fui 
L'état de grâce absolu

Rien n'est pire que la répétition
Elle lui rédige un poème
Qui exprime son admiration
Parmi les dix huit vers
Il ne reste à la fin de la mission
Aucun survivant

L'apothéose est à nouveau libre
D'aller et venir dans le sanctuaire
Où les oiseaux sont rois
Elle était en quête d'un amour total
Exclusif
Qu'il ne pouvait pas lui accorder





dimanche

La fuite du jour

De ses mains
Tachetées d'eau de vie
Des fils d'encre de seiche 
Cousent des vagues bleues 
Sur son manteau rapiécé
Un chaos abstrait en camaïeu de gris

De ses méandres
La beauté s'effiloche
Les cernes violet épuisés
Laissent s'enfuir encore
Quelques paillettes diaphanes
À travers le chien-assis

Les rives du ciel sépia
Bordent la fuite du jour
Avec le temps la mémoire a pâli
Comme la photo de son amour
Immortel par ses désirs
Qui suivent l'arbre sans fruits

Entre la croix du sud
Et l'étoile du nord
Ne vous inquiétez pas
La fuite du jour s'est colmatée 
Dans un air de pastel 
À la veine préhensile de ma main




jeudi

Fruit pressé

Nuages noirs et gris
Quelques blancs me sourient

J'ai escaladé l'arbre pour voir le monde

La pluie glacée du jour se déhanche
Sur les pommettes roses reconnues
Je marche sur la laine blanche
À la cadence militaire et soutenue
 Un baiser volé au son des cloches
Mains froides dans les poches
Je sens couler son cher tremblement
D'un bras à l'autre humblement
 Je suis l'étonnement perpétuel
À l'idée mandarine et ponctuelle
D'un paradis entre les jambes
Nid sans paille où je flambe

Je suis redescendu pour presser l'onde

Quelques bleus me supplient
Nuages pulpeux et sexy




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