« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »
Bienvenue sur mon blog... Mon nom de domaine a été piraté ou autre effet papillon ! Mais le contenu est préservé... Je tiens à remercier et salue encore toutes les personnes qui naviguent sur mes pages par bonheur et sans se noyer !
Vous trouverez sur ce site tous mes mots « poétiques » :
- Des proses et ou poésies d'amours, loufoques, tristes, engagés, satiriques , d'amitiés et autres...
- Des chansons à l'état brut.
- Des citations personnelles.
- Des lettres ouvertes.
- Des bas et des hauts.
Tous les écrits et dessins sont de ma plume à l'exception de certains dessins notifiés en bas du texte. Cependant je peux oublier certains détails car je ne suis qu'un « entremetteur » de mots et d'images... Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont je n'ai pas d'informations sur les auteurs, je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer, si vous les connaissez (Nota : en bas du blog ou du texte, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre).

Tous mes poèmes

Nombres de poèmes et de commentaires publiés dans le blog

Nombre total de pages vues

mardi

Il y a du vent dans mes poumons

Dans ma vie
Il y a la fleur blanche aux bas noirs
La cigale et la fourmi
De grands moments
Inoubliables et intenses
D'autres à oublier
Sans pour autant les nier
Au bout de la voie romaine
À l'ombre d'un vieil arbousier
Un homme en tenu d'Adam
Confirme mes meurtres poétiques
L'insomnie de ma vie

Il y a du vent dans mes poumons

La plume de mon oiseau m'a sauvé
Mon encre ne périra jamais
Ce n’est qu’en partie vrai
Tuer est d'abord une révélation
Une revanche à l'égard du temps
Qui t'amène là
Où personne ne veut finir
Pitié pour la femme qui pleure
Car elle a peur d’oublier
Le goût de mes lèvres
Dans ma vie
Il y a la fleur blanche aux bas noirs





lundi

Irma

Lorsqu'Irma éteint la lumière
La solitude n'attend aucun message
 Juste cette peur qui perce la chair
Plus pointue qu'une aiguille
Où est le ciel si vif
Que tu en oublies sa couleur
Écrasé sur une terre éclatée
Tu joues le jeu des vers
Ou des morts vivants













vendredi

Il est temps d'aimer

Il est temps de s'éveiller
À la douceur de l'être
Avec l'aurore des anges
Et les verbes d'une colombe
À la charmante mort
D'une jeunesse couchée
Sur le divan d'un sablier
De graines de tournesol
À un sentiment de sécurité

Il est temps de s'unir
À toutes ses ombres
Qui caressent l'air
Peuplé d'esprit voltigeur
Aux Dieux du stade
Le risque est beau
D'aller toujours plus haut
D'escalader les murs sombres
À la posture flamboyante

Il est temps d'aviver
À la prochaine pleine lune
Tous ses battements d'ailes
Assoiffés sur le flanc d'un nuage
Qui entraînent en pleine terre
L'impossible vérité
Pour cueillir ses fruits défendus
Loin des marécages
Du monde matériel

Il est temps d'aimer
Cette beauté rugueuse
Dont le grain s'accroche
Légèrement à la langue
Élégance translucide
Sur la chair et tendre
Où les doigts courent
Sans anicroche
Ah l'amour et toujours





mercredi

Banc d'essai

Au bout de la terre
Si on veut savoir où l'on va
Il faut savoir d'où l'on vient

Comme une blessure
Une saignée déchire
La peau d'une étoile
Suis-je tombé
Dans un univers parallèle
En imaginant la matière sombre
Au-delà de l'horizon cosmologique
J'écris des multivers

À cœur d'une inflation amoureuse
Éternelle aspiration
Ni passé ni présent ni futur
Juste une vibration de cordes qui résonne
La conversation m'engage
Celle qui parle de désir
Où « nos rêves sont un fil à plomb
Qui nous relie à la vérité de notre être »

T'es-tu déconnecté
Pendant ton séjour
Là où tu sais
Je n'ai pas réussi
Comment l'expliques-tu
J'angoisse
J'angoisse de retrouver mes vieilles habitudes
De tomber sur de vieilles photos
Et toi
Je ne me pose pas la question
Le temps n'a pas d'heure
J'écris aux étoiles
Là où tu sais



*

Hommage à Anne Dufourmantelle
« La douceur peut être une force majeure de résistance à l'oppression »
« Être doux avec les choses et les Êtres, c'est les comprendre dans leur insuffisance, leur précarité, leur immanence, leur bêtise. C'est ne pas vouloir rajouter à la souffrance, à l'exclusion, à la cruauté, et inventer l'espace d'une humanité sensible, d'un rapport à l'autre qui accepte sa faiblesse, et ce qui pourra décevoir en soi. Et cette compréhension profonde engage une vérité. »

jeudi

Gripman

Lorsque l'homme se précipite
Le diable sourit-il

Sous mes pieds 
Entre Hyde et Lombard Street 
Les rails bourdonnent de plus en plus
Et passe à pleine vitesse
Chargé comme une mule
Aux heures de gloire
De la ruée vers l'or
L'icône de fer et de bois 
Le San Francisco Cable Car

Ses étincelles dévalent la pente
Sans perdre conscience
Et frappent si fort mon objectif
Que l'image instantanée 
Est un amas de copeaux de lumière
Où seuls se distinguent
Accrochées à la poignée
Les dents du Gripman

Un demi-tour attractif
Et le manège redémarre





mercredi

Golden Gate Bridge

Un matin d'hiver en plein été
Mon petit gars mon amour 
Il ne m’était jamais venu à l’esprit 
Que je pouvais te faire pleurer 
Que je marchais sans être suivi

Je ne peux pas garder ça pour moi seul
Tout ce qui n’est pas vu s'efface

En embrassant l'aurore
La brume s'évapore 
Des ombres rouges apparaissent 
Et se dressent à la lumière endiablée
Une structure inouïe 
Surgit de nulle part
Chantant l'air pacifique

Admiration et vertige 
Sur le Golden Gate Bridge






mardi

Sidewalk

South of Market
Et tendu là
Quémandent
Tant de bras mauves
D'indifférence
De ces yeux sans logement
Se décroche la démence
Qui roule jusqu'à mes pieds

La libellule prend la plume
Mais ne parle pas sa langue

L'homme de Financial District ne réagit
Que lorsqu'il a du sang sur les mains

À l'air libre de Twin Peaks
Le ventre plein d'œufs
Vrombit une mouche bleue
Une araignée faucheuse l'observe
Et l'a piège dans sa toile
Le travail accompli
L'araignée s'en va
Tisser l'esprit du poète






Sacramento

À Old Sacramento
Je marche sur des planches
Qui chantent le Far West
Entendent siffler le train
Et les balles perdues
D'un duel au soleil
Sous le porche de la librairie vintage
Je vois dépasser d'une étagère 
La tête de Benjamin McCulloch
Avec une étoile de Shérif
Où Presumed Innocent
Et Farewell My Lovely
Cherchent preneur

La ruée vers l'or a quitter les quais
Mais un monstre d'acier noir 
Campé sur ses rails
Évoque avec force
L'effervescence de ses années folles
Où la liberté avait un prix

Libéré sous caution
Mes yeux descendent la rivière
Rejoindre la baie de San Francisco





jeudi

Géant

Ce corps qui me porte
 A rejoint mon imagination
Pour jouer à cache-cache
Dans l'amphithéâtre de Bryce Canyon
Entre Hoodoos et Shipmunks
Pour respirer l'immensité 
Du Grand Canyon
Où mes yeux cherchent encore l'abîme
Le fil de l'histoire
Pour chausser la courbe d'eau verte
D'Horseshoe Bend
Les pieds au bord du précipice
Pour marcher le long de la rivière Virgin
Au cœur des falaises de Zion
Pour caresser le dos ciselé 
Du Cheskerboard Mesa
Pour me mesurer aux séquoias géants
Du Général Sherman

Cette âme qui m'emporte
A rejoint le fantastique
Death Valley
Où le temps finira par m'embaumer 
De sel et de sable magique
Sur la vapeur horizontale de la fournaise

Je voyage pour être étonné




Diné bikéyah

Plus profond qu'un rêve
Plus déchiré qu'une souffrance
Monument Valley
Et ses dentelles rouges
Qui affrontent l'azur
M'offrent un tableau grandiose

Je m'approche sur la pointe de ma curiosité

À ces pieds
Des maisons de fortunes
Des hommes libres et prisonniers
De la couleur de leur terre
Qui forment un cercle soudé
À l'intérieur d'une réserve interdite

Un mirage d'espoir après le crime

De chaque côté du bitume
Une ligne continue de barbelés
Rappelle que la croix
Divise l'air des sains esprits

Et si le blanc hisse un drapeau
Avec des étoiles qui évoquent l'union
Tant de paradoxe
Au cœur des quatre montagnes sacrées
Le rouge se tourne vers Hesperus Mountain
Où l'étoile du soir
Tient le crépuscule dans ses mains
Et chante
" Souffrez que je vous salue "

À la fois émerveillé et révolté
Je m'endors à Mexican Hat
Au bord du fleuve San Juan
Avec ce goût de terre brûlée
Qui questionne mes lèvres gercées

Demain le ciel sera-t-il encore vierge




Las Vegas

En pleine kermesse populaire
Épouserais-je l'ombre verdâtre
Sur le carreau d'un dernier vertige

Mais où est donc passé 
Mon ultime Washington
Sans doute dans la fente du hasard
Où s'évanouissent 
Les uns après les autres 
Tous ces uppercuts du rêve clandestin
Toujours en ébullition
Même dans les pensées les plus avares
Ou casanières

Cette vieille dame de trèfle
Qui pique nos poches de coeur
Las Vegas la stupéfiante
M'a flingué pour un temps
Ma paranoïa écophile

Je nage désormais 
Dans la cour des miracles
De sons et de lumières
Ininterrompus

Au petit matin 
Hors champ des miroirs
Une fumée d'ocre rouge 
S'échappe de mes pieds 
Est-ce le ciel de Monument Valley
Qui appelle à la méditation




Une belle histoire

De kingman à Seligman
Quelques vestiges
Ressemblent aux pièces du puzzle
De la fameuse transcontinentale

Entre vieilleries poussiéreuses
Et souvenirs importés d'asie
J'achète un magnet 66
Pour le Frigidaire
Et traverse l'air
De trois clichés de carcasses
Qui ne demandent qu'à mourir en paix

Cloué à l'asphalte
J'essaie de maintenir la légende

Ce n'étaient que des mots écrits sur du sable
Une belle histoire




mardi

Bullhead

Le désert est-il le paradis
Uniquement des géologues
Et autres animaux sans compagnie

42 degrés à l'ombre d'un joshua tree
En plein désert des Mojaves
Je tombe sur un bruit de crécelle
Bien que la seule chose que je maîtrise
Est le pardon
Il y a des moments de solitude
Où seul l'amour te dirige
Vers la bonne destination

Sans courir l'effet de foehn
Me sèche le bas du dos
Plus vite qu'un James Dyson
Face au vert gris du Colorado
De l'autre côté du fleuve
Les lumières d'un bateau casino
Invitent la nuit à la roulette
Alors qu'ici le jour ne meurt jamais

Les yeux dans mes tongs O'neill
Toujours du gras entre deux jetskis
La climatisation bat la mesure
Mes oreilles chantent
Born in the moon

Je me suis réveillé
Les pieds dans la machine à glaçons
Prêt à repartir
Vers plus de pitié

En attendant la route 66
Bullhead restera une énigme
Un poisson en plein désert




lundi

Los Angeles

Les pieds dans le sable du Pacifique
En passant chez Universal
On se ramène ici pour rêver
Mais tous les piétons sont suspects
La vie c'est la clef du toucher
Ici on court après
Le mythe s'éteint
La colline porte-t-elle bien son nom
Au bout d'Hollywood boulevard
Les étoiles se confondent
À la misère des sens
Les détritus tuent
Je n'avais jamais vu autant
De graisse autour d'un squelette
Je quitte l'enflure
Plein Est
Demain sera un autre jour





jeudi

La minimalité

Tatoué d'amour
L'oiseau de mes veines
Plume douce et zen
Parcourt encore
Le cœur de la muse
Ma fausse destinée
Ce n'est pas pour autant
Qu'aujourd'hui
À contretemps
Elle s'est éloignée

Il y a toujours ces heures
Qui pleuvent et se vantent
Sourient et pleurent

Je soulage ses ailes
Qui balancent leur sang
Contre les fenêtres de la nuit
Et si l'incertitude trace mes jours
Elles peindront mon corps
Aux pieds tendres
De la fontaine parfumée
Où mes sens s'enfuiront
Rejoindre l'aurore

Tatoué d'amour
J'ai le goût de l'essentiel
La minimalité





vendredi

Pataquès

De miss univers à miss galère
Le cerf broute le gazon de mars
Et ça repart

Il y a des gestes prosaïques
Qui sont des gestes invincibles
L'ogive n'est pas une plume noire 
Juste une nervure musicale 
Une encre numérique pour l'éternité

Si l'on sait naviguer
Sur l'eau trouble de la toile
Envie de moderniser le long
Avant de voler au secours du court
Ma fibre est-elle en bon état
Pour attirer l'audience à écouter
Votre agrément est essentiel

Bien qu'avec l'âge
Il est plus difficile
De masquer la fatigue
Après une séance d'hygiène
Cet art d'être ensemble
Me pousse encore plus près de vous
De vous sentir avec moi
Contre moi
Une quête du bonheur
Où les « fousentiments »
Sont des oiseaux de paradis
En vol stationnaire
Et les ogres
Des nains de jardins en paille
Enduit de saindoux

Ah si j'avais pris l'avion à l'heure
Je ne serais pas là
À écrire des vers
Sans étoiles ni têtes
Finalement
Être conscient et reconnaissant
D'avoir la chance
De vivre librement
Au coin du feu
Ou allongé sur une peau de bête
Qu'on n'a pas tué
Parce qu'elle n'est que pure imitation

Libérer
Ce n'est pas écrire
Ou parler
C'est faire
Alors faisons

Ah et si j'ai décidé de faire le contraire
De ce qu'on m'a toujours dit
Ce n'est pas simple
Mais ça rend plus fort
Cynique et pessimiste
Je crois à des jours meilleurs
Orgueilleux ou péremptoire
Juste une paire audacieuse
Démotivé et paresseux
Un brin pragmatique
Égoïste et jouisseur
Un brin de vérité
Avec une part visible d'altruisme
Quand tu touches à l'autre
Par identification
Tu me touches

Alors requinqué





jeudi

Miettes sauvages

Inutile de prendre des coups
Pour ressentir la douleur
La foule a encore les stigmates
Des corbeaux
Qui fonçaient droit sur elle
Un jour de fêtes

Accolé à la baie du monde
J'ai dispersé les miettes
Et changé
 Pour ne pas être
Une cible
Mais un phare
Partir rejoindre 
La promenade des anges
Comme un heimatlos
Face à l'immonde

Toujours là
Où se gangrène la douleur 
À chaque drame qui s’invite
Où l'aspiration m'écache
Contre l'énergie crucifiée
De mes plus fidèles convictions
Au pied de stèles inconnues

Après le choc
Reprendre la parole
Au-delà de la brume meurtrière 
Qui cristallise nos êtres 
Pour vivre des nuits douces 
Sans armes sous le manteau

 Par la gravité
Voguent les cristaux
Tendres vertiges
L'équilibre est primordial

Comment survivre
Le cœur entre deux continents
Sur cette sphère obèse
Où une poignée sert la ceinture

Outlow face à l'éternel
Amour
Déchire la fin




mardi

D'une berge à l'autre

L'âme sœur
A sur ses paupières 
Ta beauté
Qui puise la couleur 
Où boit l'arc-en-ciel

Tu n'es pas encore
Vraiment toi
Juste pluriel

Il te reste à franchir 
Le pont de l'arc
À devenir cette fleur
Sans t'éloigner
De ton propre visage
Être vivante
Pas davantage




lundi

Seul le tonnerre absout

L'inconnue céleste de juillet
M'attire au plus près 
Vers d’autres significations 
De la canicule à l'arc-en-ciel
En électron libre
Dans l'enceinte
Je me décharge 

De ce sourire violet en tête à tête
Entre un enfant bleu et la mort
 Je me rappelle de cette course folle
La bouche encore pleine d'alcool
  De cette fleur indigo qui se lève
Sous les larmes d'un fusil
Du pollen infiniment vert
Sous un drap blanc
Se faner à la nuit tombée

De ce souvenir bleu de ses yeux
Disparu dans un funeste mystère
Je me rappelle d'un sol en mouvement
Qui a perdu tous ses repères
 De cette étendue
Émeraude et fauve
Chasser les nuages du ciel
La mer se retirer avec une vague
À l'écume d'une famine éprouvée

De cette terre bleue
À la fois amère et sanguine
Je me rappelle de cette berceuse
Incantatoire d'un souffre-douleur
L'herbe est toujours plus jaune ailleurs
Seul le tonnerre absout





mardi

Décence

En dansant sur la terre
Ferme et poussiéreuse
Elle a croisé
Des rosaires d'être humain
À la fois magnifiques et déshérités
Un si fragile vernis de bonté
Une substance culturelle
L'erreur peut être dramatique
Si l'on place l'éthique 
Avant l'éducation

En dansant sur l'écume
Frémissante et grise
Elle a croisé
Des marées de semblables
À la fois terrifiées et soulagées
Un si fragile équilibre d'humanité
À la manière d'Antigone
La pertinence l'a acheminé
Sur un radeau d'encre ivre
Et vertueux

Décence
Un acte morale
Pour les uns
Une opportunité
Pour les autres
Peu l'importe
 L'oiseau partage sa dextérité
Avec le vent et les nuages
Comme le poète engagé
Sa plume et son courage





dimanche

Autour de ma clairière

Désenchanté 
De tous ceux qui séduisent 
Avec des mots
Sans vertiges ni langages
Je ferme les yeux

C'est l'été
L'air enivrant m'effleure les paupières
Une fugue vers l'enfance
J'ai hérité d'une clairière 
Où je me rendais à la tombée de la nuit

Un présent 
Où je rencontre mes souvenirs
Hume l'allégresse 
Celle de la matière 
Qui ne se perd jamais

Un après-midi
Où le vent déborde du cadre
Accompagné par les branches 
D'un arbre fatigué qui se cambre
Et se libère de ses chaînes

Une feuille 
À la chlorophylle 
Toujours lumineuse
Se dépose à mes pieds 
M'offre le récit de son voyage

Un endroit
Ni saint ni damné
Où les vivants et les morts 
S'alimentent
Ne changent pas de place

Là et nulle part ailleurs
Autour de ma clairière
C'est l'été
L'air enivrant m'effleure les paupières
Je ferme les yeux






samedi

Fable du vers

Parmi le vent des chênes verts
La joubarbe s'agrippe aux pierres
Et la menthe de la bâtisse
Puise la fraîcheur de la terre
Assise à l'ombre des canisses
Panse toujours ses cicatrices

L'aloès a la grâce entière
Comme l'ange parti en guerre
Tente de gagner l'interstice
Face aux démons d'une prière
Vers des nuits pleines d'artifices
Où tous les amoureux s'unissent

L'olivier extraordinaire
A la mémoire séculaire
Des uns et des autres délices
Appelle l'âme embryonnaire
À ses pieds s'éveille l'épice
La belle bleue la séductrice

L'homme est cet enfant sans frontières
Dont l'innocence coud ces vers
De rien sans aucuns sacrifices 
Un poème peut sauver l'air
Voilà le monde qui s'éclipse
Et apparaît l'être complice






Improvisation

La fragilité dessinait partout des cœurs
Bleus ciel 
Sur la peau des courriels
Vairons
Sur les ailes des papillons 

Sans aucun bagage
Ces mots découvrent un nuage

Bonjour étranger
Au visage caché
Je vais venir près de toi comme chroniqueur




jeudi

Sur le quai 34

Question cruciale
Pourquoi la taille trente quatre
A vingt fois plus de choix de vêtements
Que la druidesse du sacré cœur

Rouler sur un cheveu blanc
Rendrait l'homme plus sage

Le génie de la mode
Préfère la pédale 
Qu'un exercice de la contrariété

Vertu porte bonheur
La passion n'a pas de ceinture

Penser 
Sans hésitation ni maladresse
Aux lignes oubliées
À la sensuelle rondeur 
Au sourire innocent
Qui débarquent sur le quai
De la beauté au naturel

Une rangée de vélib' 
Cherche les longues jambes 
Sans retouches
De la pin-up du jour

Loin des chapelles
Suivons le miroir de la muse





mardi

L'eau à la bouche

Derrière le rideau 
L'au-delà s'écoule toujours 
Le long du zinc 
Jusqu'au bac à fleurs
Éclairé par des pattes de verre 
Il reflète le paysage d'hier
Une silhouette filiforme

Elle obéit à une règle d’or 
Celle des contrastes

Exacerbé par sa finesse 
Je pose mes mains sur ses hanches
Dans mon enfance 
La pierre était blanche

C’est quand elle est dénudée
Qu'il est possible d'envisager

Aujourd'hui elle s'écrie
Reviens vite
Ou ne reviens jamais




dimanche

Filament

Mes pensées 
Mon poison 
S'asphyxient
Je ne peux pas t'aider
L'étuve secrète
Contribue à l'aridité
De mes sous vers 

Hors cadre
Tu pourras toujours suivre 
Dans le gel trouble 
D'une prochaine nuit 
Mon filament lumineux
Caché dans la goutte d'eau
Qui se détachera de tes yeux

Au fur et à mesure
La glace de ton corps
Se fendillera sous tes pas
Quelques étoiles t'éclaireront
Tu seras dans mes bras
Nous tournoieront 
Avec toutes ses liaisons 
Du temps présent
Tu danseras 
Sur la queue de la comète
Lovée à son halo d'éther
Colorier le noir en vertige





jeudi

Hors du temps

Sang solitaire
De l'étoile rouge
Sur le vaisseau du monde
Comme un chanvre récréatif
Dans une sphère sous vide
Où il n'y a pas de rêveur
Ni de dresseur de lune
Juste un apparatchik
Au bout du pont

Toute voie cherche la liberté
Un dernier regard détaché
Dépeint ses ecchymoses
Où intrigues et abandons
Ont recouvert de lichen
L'arbre de sa vie
Sentirais-je l'incarcération

Attendrait-elle la communion
Brûlante à l'agonie
D'un bouquet de mémoire
Comme une abeille
Dans une nature
Où il n'y a plus de fleurs
Ni de ruches écarlates
Juste une tour sans fenêtre
Au bout du champ des morts

Toute voix cherche la prière
Son dernier souffle
Balaie ses cauchemars
Où anges et démons
Ont découvert le ciel
Son nouvel abri
Si loin si proche de nous





mercredi

Dis-moi

Dis-moi 
Dis-moi pourquoi 
Ne pas libérer
Toutes ces notes bleues 
Qui gisent sur le corps blanc 
De mon piano accroche-cœur
La fumée verte de mes pensées
Ce jet translucide 
Qui à l'orée du bois
Parfume l'eau vive
D'une éclaboussure
L'intimité des fleurs

Dis-moi
Dis-moi pourquoi 
Ne pas courtiser
L'onduleux libre-échange
L'animation mortelle 
De l'orchidée sauvage
Sur l'air de mon oreiller
La fragilité 
Même déguisée
De ses yeux d'angelot 
Qui séduisent la colère 
De mes glorieux os 

Dis-moi 
Dis-moi pourquoi
Ne pas adorer 
Le noctambule silence
De la nuit
Le désordre ordonné 
Du jour
L'audace singulière et velours 
De ces instants
 À la liberté asservie 
L'âme du vent des libellules 
Les douze coups de minuit

Dis-moi
Dis-moi pourquoi
Ne pas libérer
Ne pas courtiser
Ne pas adorer 
Dis-moi
Dis-moi pourquoi
Ne pas vivre
La légèreté 
D'une dernière fantaisie
Avant de refermer
La dernière page 
De ma poésie




vendredi

D'un arcane à l'autre

L'ombre s'exhume des griffes de la nuit
Rejoindre les étoiles les apollons 
Et toutes ses vagues vierges d'abandons
Qui dansent sur l'onde des belles de nuit
J'embrasse dès lors son visage d'airain
Pour la réanimer au petit matin
Heureux l'imago s'invite à la lumière
Lorsque l'amour fou s'accorde sans chimère
À l'extérieur des murs sous les ponts hors sol
La peau des titans n'est ni morte ni folle
La misère se patine avec le temps
Du plus sensible au milieu du champ en pleure
L'insensible caresse le sens bâtant
Plié en quatre le trèfle perd ses fleurs

Face aux ombres anesthésiées indicibles
Et toute la crème avorteuse visible
Meurent seuls trop de mains tendues de cœurs
Malgré la douce montée des ascenseurs 
Des cartons de l'usure un chien une bâche
Un chariot d'hyper une sombre gouache
À quoi bon la vie la pluie ne mouille plus
Pourquoi l'amour le soleil ne brûle plus
L'ombre s'exhume des griffes de la nuit
Rejoindre les étoiles les apollons 
Et toutes ses vagues vierges d'abandons
Voilà l'intacte création de l’arcane
Qui danse sur l'onde des belles de nuit
Pour coulisser libre à leurs cous diaphanes





mardi

Nomade

L'illusionniste 
Ne tire pas encore 
De plans sur la comète
Le mouvement est à l'orée du bois
Jour et nuit
Tout rentre et sort
Il n'y a que le fossile qui dort
À l'abri du R.M.I

L'arbre traverse le toit de la prison
Cultiver la loi du soleil
La peau de mouton du berceau 
Câline le ventre du nourrisson
Le chien assis compte les étoiles
De la constellation du Verseau
Le jazz s'amuse 
Derrière le grillage d'un Lidl
Loin de l'herbe plébiscitée
Autour du feu
L'enceinte pleure les yeux noirs
La guitare suspendue
À la branche la plus solide
Se balance entre les doigts 
De l'éternelle liberté






R.M.I : Revenu Minimum d'Insertion

vendredi

Phénix ou dragon

Il y a des peaux blanches voilées
Qui défilent asservies... Comptez !
Face à elles, un air vacillant
En bas résille, cheveux au vent.

De son aréopage, il domine
Ce serpentin de bandit vermine,
Représentant de l'obscurantisme,
Un faux membre d'SOS racisme.

La débroussailleuse débroussaille
L'herbe folle en ordre de bataille
Entre la fumée et les pollens,
L'orage sauve les marjolaines.

La vie n'est pas une série
Télé, du vivre libre en esprit,
Juste la reproduction naïve
De quelques mules roses furtives.

L'ascension a lieu à la cimaise
D'un ciel gris et d'une terre glaise.
Annonce-t-elle la venue 
D'un archange ou d'un hurluberlu ?

Où est la graine de nos ancêtres ?
Qui s'empiffrera de tout son être
De poissons gras d'endives sableuses
De riz vert de salades pouilleuses ?

 Visite guidée sans bouger l'os,
La moelle épinière a la fosse,
Mince ! Que ne faut-il pas se mettre,
Pour ne pas succomber, dans le ventre.

Vie éternelle de guerre lasse,
Furieuse de son indépendance,
La libellule n'est pas people
Et ne rejoindra pas la coupole...





mercredi

De zéro à l'infini


Zéro
Un numéro de série anonyme
Quelques mystères
Un élan promut
Dans le système en vol
Coordonnées tous azimuts
Comme cette goutte d'eau
Au milieu du désert 
Qui prend tout d'un coup
Un poids infini
Et t'aide à traverser l'enfer

Même musclée d'inquiétude
La libellule n'a pas choisi
Dans la langue de la minorité
La douleur
Tente d'inventer le réel
Une aile devant l'autre
Pour supprimer les fantômes

La contenance quelque part
Au-delà de l'indigence
Un coït avec le ciel
L'amour dans les yeux
Elle invite a dénuder l'air vicié
A ravaler de rire la colère

Quelques convaincus
Trop plein de certitudes
Buveur de bière
 Haïrons notre logiciel
Le pauvre gonflé d'orgueil
Le riche menteur
L'ogre adultère
Avec ce goût de terre 
Qui nous rappellera
Que le pas qui nous porte
Est trop proche du gouffre
Pour revenir en arrière

Volons
Volons tous ensemble
Jusqu'à l'infini



lundi

Au plus près de l'amour

Ni seules ni mortes 
Belles comme la lumière
Deux flaques d'encres nocturnes
Ondulent sur les larmes 
D'une rivière d'or 
Et m'emportent
D'où vient cette brise légère
Qui souffle sur nos pores
Entre les mailles de la libellule
Cet air d'espoir si tendre
Loin des querelles

Envolons-nous
Élevons-nous
Encore plus haut 
Avec tous ces nuages fraternels
Libres et égaux
 Et reposons-nous
Sur l'immensité d'une plaine
À la singularité plurielle
Au plus près de l'amour




samedi

Inadvertance

J'ai traversé seul la frontière
Dans le silence du hibou
Mes yeux restés derrière moi
Achèveront mon périple émotif
Dans ce pays géométrique
À la luminosité romantique
Où le soleil se baigne
Dans le lac des cygnes

L'extase sera-t-elle au bout du voyage
Pour marquer le début d'une nouvelle page

Il y a ce corps délicat
Qui promet l'étoile de la nuit
Travail achevé au pied du lit
Des notes entrelacs
Parviennent à l'oreille
Le piano accompagne le violoncelle
Tout devient universel

La voix des draps annonce des averses
Soutenues par une forte bise
L'eau glisse sur nos joues
Nos cheveux rejoignent
Les branches centenaires du cèdre
Dénicher l'havre de paix des nations unies

Si j'avais eu envie d'être heureux
Je ne m'y serais pas pris autrement
La joie un moment
A eu lieu

Je m'accroche au cerf-volant
Les racines dans le vide
Le cœur gonflé comme la libellule
À l'heure où la terre bascule
Vers la pleine lune
Je termine ce que je ne finirai 
Sans doute jamais
Perdu au milieu des dunes



Continue la vie

À la veille d'un nouvel essor
Proche de l'urne du crépuscule
Lieu de cauchemar
Chaque destin hésite encore 
Par tant de mouvement de dégoût

Par les interstices
Aucun oiseau en cage ne manque d'air
Pour eux la liberté 
Se love au sein des verrous

Ailleurs
Songe à la nature
Sur le clapotis du jour
Condamné à l'amour
L'arbre en fleur 
Célèbre ses murmures
À bout de lèvre
Et danse

Ses feuilles dessinent 
Sur la nouvelle mosaïque
Les ombres du bonheur

Volubile
Continue la vie





vendredi

Un dimanche à la campagne

Troublé par l'ondée verticale
Encore un matin
Qui berce les tuiles de l'euphorie
Un réveil immortel
Pour les gastéropodes 
Les rainettes vertes
Les corbeilles d'argent
Les sirènes oubliées 

J'entends à la gloire de mon père 
Les feuilles du chêne prier
Les yeux face à terre
La pergola en fer forgé
Agiter son chapeau de paille
L'épouvantail s'éventrer 
Sous les cris du merle noir

Le temps change précipitamment 
Par-delà le champ d'honneur
L'urne vient d'accueillir tous les nuages
Les blancs comme les indécis 

J'entraperçois quelques insoumis
Une mésange bleue se détacher du ciel
Dont la plume a pris l'eau
Un faisan en marche
Saluer un chasseur

Un seul remède 
Partir avec mon pigeon ramier
Écrire à l'encre de seiche
Mes affabulations
Et souhaiter un bon dimanche
À Madame l'éphémère 





Point de vue

Au bord de la cage
L'amour de l'animosité
Est la singerie de quelques aliénés
Nourris d'agressivité
Qui rêvent de devenir les sauveurs
De l'humanité
De manier le fouet de la peur
Jusqu'à l'insoutenable
De mettre la main entière
Dans le sac de l'opulent
Pour apprivoiser l'oublié
Et lui arracher le coeur

Je me griffe
Regarde 
Intensément 
Rêveusement 
L'intelligible
Pour voir vraiment
Le sens visible de la vie

Un bon poète 
Est plus utile 
Qu'un mauvais politique




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