« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »
Bienvenue sur mon blog... Mon nom de domaine a été piraté ou autre effet papillon ! Mais le contenu est préservé... Je tiens à remercier et salue encore toutes les personnes qui naviguent sur mes pages par bonheur et sans se noyer !
Vous trouverez sur ce site tous mes mots « poétiques » :
- Des proses et ou poésies d'amours, loufoques, tristes, engagés, satiriques , d'amitiés et autres...
- Des chansons à l'état brut.
- Des citations personnelles.
- Des lettres ouvertes.
- Des bas et des hauts.
Tous les écrits et dessins sont de ma plume à l'exception de certains dessins notifiés en bas du texte. Cependant je peux oublier certains détails car je ne suis qu'un « entremetteur » de mots et d'images... Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont je n'ai pas d'informations sur les auteurs, je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer, si vous les connaissez (Nota : en bas du blog ou du texte, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre).

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mardi

Souffrance d'un amour perdu

Lieu de souffrance où le vent de ta solitude s'est échoué et a érodé un premier amour d'ombre et de lumière. Ta vie est si pâle qu’il me semble que ton corps ne respire plus le même air que moi. 
La courbure burlesque de tes épaules, l'inquiétude dans ton regard, le secret de ton faux sourire m'exaspèrent. Quel doute germe et geint encore dans ton cœur ?  
Et tu es seule comme un cri dans la gorge; seule témoin de ta douleur, seule vivant chez les morts; seule en toit de toi, seule comme est vide ton ciel imaginaire. 
Et plus je te regarde, plus tu ressembles à cette fleur aux désirs exponentiels gravitant jour et nuit sur une pensée mélancolique, riche et profonde, à la recherche des derniers rayons de soleil pour ne pas mourir ; un peu comme une étoile filante qui chercherait à se déposer sur le cœur d'un être disparu, d'un parent pour à nouveau revivre et briller, pour ne pas se perdre aux confins d'un univers sordide.
Tous les univers sont sordides, à partir de l'instant où tu ne fais rien, atermoyant le vide pour qu'il te remplisse le cœur.
Ce matin, les premières gelées sont apparues au milieu de ce champ de bataille souligné d’un grand rectangle bleu de Prusse encadré par ta fenêtre de bois blond face à ta couche. Un ciel qui a découvert un lit froid et défait comme après un long sommeil au milieu d'une tempête de neige.
Et affalée, les yeux hagards, tu essaies sans cesse de te rappeler du bon battement de ses cils et de son cœur ici ou ailleurs pour qu’il te ramène à lui.
Serais-tu un scintillement d'espoir et d'amour assis sur un fil téléphonique attendant un appel ou l’exode comme un rang d’oiseau migrateur cherchant le bon moment pour décoller ?
Tu vis encore à travers tes souvenirs sans qu’il te les souffle à nouveau avec des mots ou te les dépose sur ta peau. 
Il te reste de lui un filigrane, une image nébuleuse... Et tu devrais tourner la page ! Car cette destinée en absence de signes te rend si dépressive. Je connais cette difficulté à vivre normalement alors que nos pensées ne sont jamais avec nous.
Le temps est là pour me faire dire qu’il ne reviendra plus te caresser ton corps de porcelaine ni te baiser tes lèvres pulpeuses ; et de jour en jour, j’aperçois avec douleur ton sourire s’atrophier d’amertume au milieu de ton visage jadis si emblématique.
Oublier, ne serait-il pas le verbe le plus approprié pour ne pas mourir d'une maladie d’amour lointaine ?
Tu es tellement accrochée à cet homme à présent, qu’il vient se noyer dans tes larmes comme s'il était devenu un mythe perpétuel à tes yeux. S'il aura été ton âme sœur pour un temps dans ta jeunesse, désormais il se consumera pour toujours dans la fiction. 
Alors, je te souhaite profondément de réussir le bon envol, qu'il soit un véritable oubli et t'offre ta liberté.

vendredi

Papa ... Pourquoi il est bleu le ciel

Le bleu du ciel est le résultat de la diffusion de la lumière solaire par l'atmosphère.
Si celle-ci n'existait pas, on verrait une voûte céleste toute noire et les étoiles seraient visibles en plein jour.

Et si la poésie n'existait pas, le monde serait de quelles couleurs ?
Et quand le soleil brille ... La nuit est-elle toujours là ?
Et moi, qui suis-je ?

Quand le soleil brille les nuages se cachent la lune rigole et une lumière blanche vient se décomposer sur le prisme de ma vie en une multitude de couleurs.
C’est un faisceau de lumière solaire, un spectre brillant qui à l’instar de celui qui révèle l’arc-en-ciel Ô combien coloré, celui-ci serait-il réduit par habitude à la série traditionnelle des sept couleurs dites primitives, le rouge, l’orangé, le jaune, le vert, le bleu, l’indigo et le violet. Ces couleurs habituellement s’enchainent les unes aux autres, si l’on observe de plus près on s’aperçoit des raies obscures dans le spectre du soleil. Elles se retrouvent d’une fixité absolue, lorsque la lumière du jour réfléchie par les nuages ainsi dans celle de la lune, ces raies constituent un caractère indélébile.
Et si ma vie était dictée par ses sept couleurs, un peu comme un chemin de croix, une représentation de la passion en vers quelque chose d’inconnu et d’irrémédiable.

Je ne suis qu’une poussière dans le milieu interstellaire mais parmi les hommes qui suis-je ?

Je suis rouge quand une fille me fait les yeux doux, est-ce de la timidité ? Et puis le rouge c’est la passion. Etre passionné, c’est comme être pris par un frisson d’hiver avec de la température et une sensation de chaleur parcourant le corps et l'esprit. La passion fait-elle moins de mal que l'ennui, la passion tendrait-elle toujours à diminuer, tandis que l'ennui tendrait-il toujours à s'accroître ? Je le crois et j’attise mes brûlures pour ne pas être mangé par les vers.
Je suis orangé quand le soleil me caresse tendrement la peau, suis-je issue d’une addition entre deux caractères distincts, une carotte ou un âne qui court après, une vitamine C ou un amas d'agrumes juteux lorsqu’on me presse … Acide et sucré voilà sans doute la dualité de mon caractère.
Je suis jaune quand je suis primaire ou malade, une écorce de citronnier spontanée, un avertissement, serais-je un péril ou une croisière tout dépend de la météo ?
Et je me prends au jeu des couleurs et je crée un label, je commence par le bleu.

Bleu couleur froide à l'horizon de mes artères
Violettes joues aux premiers frimas de l'hiver
Invite au calme et à la détente
Serais-tu une Tibétaine à la sagesse transcendante
Bleu sensation d'éloignement et d'immatérialité
Ciel clair mélancolique et rêve glacé de ta féminité
Procure une sensation d'introspection sur soi
Serais-tu une déesse aux forces vitales détenues par l'esprit du Roi
Bleu symbolique de tendresse et d'idéale à foison
Turquoise caressant notre sensibilité en émotion
Purifie nos âmes capricieuses en transparences
Serais-tu demi-dieux en équilibre sous notre correspondance
Bleu portant le voile céleste dans le ciel
Azur heureux révélant nos énergies irréelles
Calme et fuyant tu ne bloques pas mon regard
Serais-tu me laisser me perdre en elle sans crier gare
Bleu drap teinté froissé vestige d'une nuit amniotique
Parure qui révèle l'éclat de ta sensualité analgésique
Vague perlée de saphir amoureux
Bleu reflet pure et limpide je te veux

Je complète et poursuis avec le rouge, la couleur de la fusion.

Rouge couleur chaude par excellence
Carmin dévoilant tes lèvres en turbulence
Sensation de proximité
Capteur de ton attention survoltée
Rouge éclair sanglant de nos nuits
Rose dentelle dévoilant ton corps nu épanoui
Étoffe légère soulignant tes fesses rondes
Surprend et invite à la fronde
Rouge vibration intense et dominante
Jaune passion et joie de vivre virevoltante
Silence de colère sur ton expression toute entière
Chaleur de tes mains au cœur de nos ébats aurifères
Rouge omniprésent dans le feuillage automnal
Auburn cheveux sur tes épaules apétales
Vin d'un cépage d'une bonne terre
Couleur d'ivresse de tes artères
Rouge en déclinaison
Camaïeu de mes pulsions
En hiver le rouge te va si bien
Du soir au matin

Je pourrais continuer à me coller ces sept couleurs sur la peau ou sur mes pensées peu importe, le monde s’en fout de savoir ce que je ressens, qui je suis, le monde marche si vite et si seul. Plus nous sommes nombreux plus on évite les autres, comme si l’autre devenait un adversaire à abattre, une couleur négative ou une nuance sans importance, comme si nous étions soit noir soit blanc. Serions-nous sur le déclin, sur une pente où seule la victoire compte ? Nous n’avons jamais autant aimé les pyramides, pourvu que l’on se trouve au sommet, à dominer la poussière, à faire jeu égal avec les nuages et toucher au plus près ces fameux faisceaux de lumière solaire. Comme si nous voulions à la fois être purifié et assener la vérité absolue ...

Alors, qui suis-je ? Sans doute qu'une poussière qui pense aux autres avant de penser à elle !

Et j’aimerai conclure sur cette nuance si pure qu’est le blanc.
Blanc serais-tu dans l'atmosphère la somme de nos couleurs vitales
Un arc-en-ciel en irisation
Le passage de nos nuits horizontales
Où la page de nos jours sans imagination
La blancheur de ton sourire
Vient se poser sur ma bouche
A chaque fou rire
A chaque fois que l'on se touche
Blanc serais-tu un secret en correspondance à notre lumière intérieure
Un mariage d'une beauté tout en douceur
Une représentation de la sagesse
Où un antonyme sacrifice tout en finesse
Alors mes bras d'ivoires plongent sur ma bien-aimée
Vers ce corps cotonneux immaculé
Où mes pensées rejoignent cette divinité
Aux pentes innocentes et aux formes chahutées
Blanc serais-tu le cycle nycthéméral de notre vie par défaut
Une blanche silhouette aux parois enneigées
En passant du matin à la matité de sa peau
Au soir à la brillance de sa pureté
Avec toi je vois le noir en blanc
Les nuages en transparence
Où la lune flirte avec le ciel et ses nuances
Sous ton regard bienveillant
Blanc serais-tu notre amour éthéré
Au-delà de tout raisonnement
Notre invisible échiquier
Où l'archange annoncerait notre fusion éternellement dévouée
Blanc neutralité de mon for intérieur
Tu es mon porte bonheur
Alors continue à me délivrer une âme candide
Pour vivre encore longtemps sur cette Atlantide

mardi

Le poète déchu engendre un acte d'amour


J’aimerais écrire une belle prose
C’est drôle pour le début d’une pose
Je distingue une page blanche
Etendue et légère devant moi
Se dissimulant les hanches
Aux bords lisses comme un fil de soie
Attendrait-elle la pointe de mon Stabilo
Bien qu’aujourd’hui je n’aie rien à dire
Je ne comprends plus très bien ce besoin d’écrire
J’ai beau me l’avoir expliqué avec mes mots
Dans « le synopsis d’une plume »
Je reste perplexe envahi d’un rhume
Les matins sont plus froids l’hiver s’approche
Et ma pensée reste coincée dans ma poche
Celle-ci ne me parle plus comme hier
Elle a changé de caractère
Elle ne pense plus de la même façon
Elle pense plus à Troy Davis
Qu'à la coupe Davis
A l'enfer qu'au paradis
Bref je change de tamis
Pour que l'eau coule plus vite sous les ponts
J’écrirais bien pour ne rien raconter
Mais n’est-ce pas là le fruit défendu
Du poète déchu
Qu’aimeriez-vous me dire sans vous cacher
Derrière votre voilage virtuel
Corps céleste pluriel
Je suis arrivé là avec la passion libre
Et je repars en déséquilibre
Pendu sur l’arbre de ma vie réelle
Inondé par mon amertume virtuelle
Prisonnier d’une paire d’ailes
Ailes du désir
Ailes déployée sans avenir
Ailes pour souffrir
Je suis arrivé là avec la passion libre
Et je repars en déséquilibre
Suspendu aux nuages noirs sans pluie
Immergé par un fluide glacial sans autonomie
Prisonnier d’une paire d’ailes
Belle comme le jour
Belle comme l’amour
Belle comme un cœur d’hirondelle
Et je suis parti sans être là avec la désillusion
Et je ne reviendrais pas peu m’importe l’occasion
Irrésolu sentiment d’un être fuyant
Vaincu d’un mirage trop élégant
Vais-je continuer à écrire une belle prose
C’est drôle pour le début d’une pose
Je ne distingue plus ma page blanche
Détendue et légère sous moi
Se caressant les hanches
Au rebord ronronnant comme un chat siamois
Attendrait-elle la pointe de mon Stabilo

lundi

L'annonce d'Everest Smoking

Après quelques tentatives de « speed dating », Everest Smoking passe de la minuterie d'un « Pub » tombée dans un anonymat infernal à une annonce mondiale sans prise «RJ45» , une annonce lumineuse littéraire sur une page Web. Une sorte de grande cour de récréation Wifi où toute la planète vient courir, jouer et surfer sans contraintes ni obligations et cordon ombilical.
Et c'est sur une étagère bleue ciel et blanche d'une page vierge Word à travers sa main droite déterminée, qu'il s'exprime et dépose sans encre ni assaut vertigineux son appel au secours.
Et d'un « copié collé » sa prose se calque sur cette feuille, où la plume de son cœur a compilé ces quelques phrases humoristiques :

« L'homme qui ne tombe jamais à pic est intéressé par vous et par un minimum de culture au sens large de sa collection de boules à neige, d'assiettes souvenirs et de râteaux de plage.
Après avoir dévoré jour et nuit toutes les collines et ruelles du pays d'Aglaé et Sidonie orchestré en si bémol avec alcools et fumées, il s'accorderait volontiers une cure de jouvence amoureuse stable et sans arrières pensées avec un manche souple et de caractère, s'il n'est pas en fer car il préfère le paradis.
En réalité, un manche en bois ou en corne de muse enrobé d'une robe mousseline couverte de pétales d'un cœur d'artichaut qui aimerait l'art comme le cochon et les autres aspects désastreux de notre civilisation lui conviendrait.
Libre ou pas, peu importe, à partir du moment que le vent danse en duel sur la neige et le sable, car une congère même éphémère gèle moins vite qu'une frustration de chair et fond comme chocolat sous les feux de l'amour.
Si gravir une pente en plein milieu de la nuit à la belle étoile réjouit votre libido, l'homme à l'artifice sublimera sans concessions votre aurore ; et il osera croire et même dire alors, que vous serez à cet instant sa face Est, son levé de soleil tant désiré.
Et, c'est sans contrefaçon, que ses volets vous attendent, ceux de ses sensibles et beaux horizons.
L'homme tombera-t-il à pic ?  Amoureusement votre Everest Smoking ».

Il vous transmettra, si cette libre annonce sans filet vous a séduite, sa vie sous clé USB, en textes et images 3D, alors munissez-vous d'une paire de lunette adaptée car un éléphant ça trompe énormément.

jeudi

Funérailles

C’est l’apothéose du dernier exercice
Sans peeling ni laser
Ni feu d’artifice
Sur un fil de lumière
Défile en équilibre
En ce mois de novembre
Entre sapins et bouleaux
Une éclatante peau
Un teint uni de jeune fille
Un esprit ascensionnel
Une force de la nature
Un cœur en devanture
On n’est pas un saint
Sans qu’un grand bonheur
S’en soit mêlé le jour de la Toussaint
Et il est l’heure
De l’ascension
De la plus grave erreur de la création
De la dernière bataille
Quelque chose de très proche
De nos funérailles
C’est l’appel de l’amour
Et de l'ombre sans détour
A l’abri-sous-roche
Où l’on coupe le cordon ombilical
Où la lumière cautérise le mal
Nous essuierons toutes larmes
De nos yeux sous son charme
Nous resterons accrochés à ses bras
Dans tout ce qu’il souhaitera
Et de mort il n'y en aura plus
Car l'ancien monde s'en est allé
Pour retrouver l'éternité
A travers ses eaux du lac éperdues
A travers ses montagnes enchantées
A travers ses champs fleuris et verts
Et à travers ces derniers vers

A mon Grand-père Maternel.
1916-2011.

mercredi

Ma bibliothèque maternelle

En ce jour ensoleillé d'automne
Sur le rebord de notre monde
Se mêlent le vide et le plein
Le présent et le passé
L'absence et la présence
Les yeux ruissellent et s'illuminent
Les cœurs balancent et battent
Les mains se crispent et caressent
Les jambes tremblent et marchent
Les ventres se tordent et ronflent
Les bouches pleurent et sourient
Les paroles bégaient et brûlent
Les mots s'égrènent et se soudent
Et
Sur le bord du lac
Ma bibliothèque maternelle
Celle de mes souvenirs heureux
De mes rires
De mes joies
De mes apprentissages
De mes valeurs
A quitté le plancher des vaches
Pour rejoindre celui des anges
Sur le rebord de l’autre monde
En ce jour ensoleillé d'automne
Je laisse couler mes larmes
Egoïstement

mardi

Vivre à tout prix

Passe un nuage
Devant ma tombe
Un message
De toi
Ma destinée

Pour mon enterrement
Il y a aura des larmes de fleurs
Remplies de pollens de souvenirs
Une femme chrysanthème
Et un ange chutera du clocher
Pour recueillir mon âme
Et vivre à nouveau
Sur un nuage





lundi

Diaphragme

Sur l’accord du silence
Un cliché
Caresse nos absences
Figées
Dans l’écoulement presque noir
D’un jour de Bise
Une dentelle d’écume ivoire
Recouvre la table basse où gisent
Bourbon et pistache
Et en spirale
Se détache
Une idée de martingale
Porteuse d'amour
Du velours
De tes yeux

Et heureux
L'iris s'oxyde
Sur le cuivre
De ta peau ivre
Bercée sous l'abside


*


Bise : La Bise est un vent caractéristique de secteur Nord à Nord-Est qui souffle sur le Plateau suisse, le bassin lémanique ainsi qu'en région lyonnaise ainsi que dans toute la Franche-Comté.
Relativement froid et sec, il est réputé avec raison comme vent de beau temps, à la différence de la Bise noire qui souffle par temps bouché et même parfois pluvieux.

366 jours année bissextile

Je poserai bien une question stupide comme : « Qu'aimeriez-vous changer en vous ? ».
Et je reçois une vague de réponses … Elles me répondent brunes et blondes, la tête dans la lune ou sur les épaules, fausses ou vraies comme est la vie aujourd’hui. Une vie un peu mythomane ; une vie qui s’organise autour d’une névrose de la personnalité. Serait-ce la cause d’un manque d’affectivité et d'émotivité ?

«(…) Depuis petite je suis complexée. Parce que je ne grandissais pas aussi vite que les filles de mon âge. Je me trouvais petite, je détestais cette situation. Et maintenant, je mesure 1m60 environs et j'en suis très contente. Mes copines ne sont pas beaucoup plus grandes que moi et les filles plus grandes, je ne les envie pas.
J'ai une copine dans ce cas-là, et, elle galère à trouver un homme à sa taille ...

J'aime être petite et me sentir fragile dans les bras d'un homme !
Si je pouvais changer quelque chose, je me ferais refaire les seins. Je fais du C mais j'aimerais encore plus gros !
Je me ferais refaire le nez.
Je déteste ma tâche de naissance sur mon genou gauche, j'aimerais l'enlever, mais elle est grande et ça coute cher. L'assurance ne prend pas sa en charge car cela relève de la chirurgie esthétique !
Mais j'adore mes yeux, mon visage dans l'ensemble et je suis assez bien dans mon corps.

Si je pouvais, j'aimerais bien changer sa mère par une autre.

Ma peau qui suit un peu trop mes sautes d'humeur je ne la supporte plus ! Il suffit que je sois stressée, triste ou malade pour que je vois apparaître rougeurs et petites imperfections ! ... Et oui, j'ai hérité d'une peau lunatique !
J'ai deux gros complexes : ma taille et ma petite poitrine.
Tout simplement parce que parmi mes ami(e)s, je suis une des plus petite. Quant à ma poitrine, j'aimerais passer au C, car j'ai pas mal de hanches et cette intervention rééquilibrerait un peu mes courbes du coup ! A part ça, j'ai hérité du nez de ma mère, un peu grand, un peu rond, bref je ne l'aime pas non plus celui-là !
Ah, j'oubliais, mes vergetures au niveau des cuisses, je n'ai que 18 ans et je dois les trimbaler depuis mes 13 ans suite à une perte de poids ! J'ai tout essayé mais elles ne partent pas.

J'avais un complexe avec mes doigts, car je me rongeais les ongles, ce qui n’est pas top du tout pour une fille ...
Mais mon plus gros complexe reste mon ventre. Toujours ballonnée, je ressemble à une femme enceinte, moi qui aie du mal à avoir un bébé. Donc, si j'avais une baguette magique, je gommerai ce ventre !
J'ai aussi mes pieds, que j'aimerai avoir plus fins, pour pouvoir mettre n'importe quel escarpin !

A mon homme, je ne lui changerai rien, il est beau et grand avec une belle bouche et de belles dents, et de beaux cheveux.
Et croyez-moi, il est beau partout ! Je ne vois vraiment pas ce que je pourrais faire de plus pour l'améliorer, je suis vraiment gâtée et j'en remercie la vie chaque jour.

Ce qui est certain, c’est que les réponses se focalisent autour du physique hormis l'épisode de la belle-mère. L’esprit et le comportement quant à eux ne changeront pas. Avec cette tendance de placer le physique au sommet de l’affiche, nous finirons tous hystériques et névrotiques. Seuls les chirurgiens esthétiques et autres acolytes aujourd’hui se frottent les mains.
Et je vous rappelle que je ne suis pas psychologue ni sociologue. Et puis cette question m’entraine vers la folie et des scies, je me referais bien le « porc trait » :

« Si on ne choisit pas sa tête
Peut-on choisir ses amis
C'était un jour de fête
Par ici les amis
Je vous annonce que je vais changer
D'abord mon nez
Je ne toucherai plus tes seins Paméla
Ni ton cul en latex
Où ton vernis Bondex
Ailleurs ou sous mes draps
Quand je vous ferai la bise à vous mes stars Nathalie, Isabelle, Catherine, Emmanuelle
Je me sentirai moins un Cyrano virtuel
Et vous d'avoir une pipe au bout de vos lèvres
En bec de lièvre
Et les oreilles
Ah Mickey j'en ai marre de lui piquer la vedette
Bref pas bête la bête
Cela ne sera plus pareil
Comme avec la coiffeuse Mireille
Mathieu sympa ta coupe de cheveux
Elle dure tu fais des envieux
Et pas un seul cheveu blanc
Teinture à la fiente de pélican
Ou un truc comme cela
Bah
Je vais me faire aussi des implants
J'éviterai d'être un crâne d'œuf
Comme Monsieur Franck Lebœuf
A la fin je ressemblerai sans doute à Titeuf
Pour finir aussi con que Barthez le Mac Donald de Laurent Blanc
Bon et pour les dents
Je vais me mettre l'aligneur
D'Invisalign pour faire « cheese » comme les acteurs
D'Hollywood chewing-gum « what else Nespresso »
C'est quasimodo
Non c'est le beignet
Qui George Clooney
Eliot Ness avait prévu Etienne Daho
Mais il est tombé Be bop pieds nus sous la lune et pour la France
Moi avec ma nouvelle gueule à la Bodganoff j'aimerais courir nu dans le stade de France
Ou alors passer à temps X en live pour faire la pub à Meetic
Laissez tomber j'ai trouvé Paris Hilton une extraterrestre son pseudo MissTic
Always seins plats gonflés à l'hélium
Une foutue blonde et je finirai sans freak comme le cirque Barnum ».

Ce n’est pas fini ce cirque ? Non, j’ai bien peur que nous n’avons pas tous vus !

Et moi, je répondrai comme Julio Iglésias : « non je n’ai pas changé, je suis toujours ce jeune homme étranger … » .
J’essaie d’écrire des romances et je suis un peu fou comme vous. Par contre, j’ai attrapé un virus, celui d'écrire partout et n'importe où, dans mon lit, allongé sur le tapis, au bureau, dans les salles d'attentes, au bord de l'eau, sur les bancs publics, en mangeant sur les quais de gare, sur les murs des toilettes publiques, oui c’est moi...
J'écris des lettres à contre temps, des morceaux de phrases verbales ou pas, contre des courants d’airs ou le temps, à contre sens des saisons, contre toutes attentes, j'écris.
J'écris, des vers vides ou pleins, sans substances ni alcool ou fumées, de la prose, des bouts de textes, des expressions, des citations, des fragments d'eau douce en court-bouillon.
Je n’ai jamais envoyé quelques morceaux éparpillés ou de papiers déchirés à la poubelle comme un papier de chocolat.

Le jour sans idée, l’envie arrivera celle de ne plus pouvoir écrire quelque chose, alors j'imagine le voyage de ces mots glissés dans la soie d’une enveloppe tabac carrée et cet imprévisible décalage du temps, tout a pu changer, l’état d’esprit de l’instant, l’écriture, l'homme...

Faut-il ouvrir ce tiroir secret où les émotions, les sentiments et les colères sont couleur d’encre bleue de la mer méditerranée ?
Faut-il s’inscrire dans ses tempêtes et ses fracas obscurs des naufrages ?
Le texte voyage entre deux respirations, la sienne la mienne.

A un clavier froid et impersonnel, je préfère le contact du papier le crissement de la pointe de mon Stabilo PointVisco orange à la pointe ronde qui bave quand il fait trop chaud.
J’aime la lettre manuscrite, si rare, glissée au milieu de prospectus sur la table basse de mon dentiste, oui, je cache des mots et j’attends les réponses à ces nombreuses questions sans importance. Qui aime le dentiste ? Qui aimerait lui dire : « monsieur, vous êtes si délicat que je peux plus me passer de vous ».

J’ai reçu une réponse, je l’ouvre comme un dessert, je le savoure avec délice, je la renifle pour savoir si je reconnais le parfum, je déteste cette lassitude de l’attente d’une réponse, j’aime la page blanche indécente, juste dans sa nudité obscène avec un petit numéro de téléphone disant : « appelle moi et écris moi encore… ».
Peut-on écrire les silences et l’attente dans laquelle les mots se dissolvent ? J'adorerais le croire.
Écrire avec le désir de vous plaire, de vous séduire, mettre des odeurs sous mon Stabilo paré d’artifices d’une plume pour ombrer vos yeux de mes couleurs d’anges transfigurées et lumineuses.
Lettre interrompue jetée au dernier rendez-vous chez le dentiste, là où le message peut être cueilli et lu.
Tous les mots posés ici, sont voués à l’errance, à la solitude d’une caresse sans fin, une naissance et une mort, étroitement mêlées.
Serait-ce un stratagème pour susciter un attendrissement, entrer dans l’âme du lecteur et s’y dissoudre vers une recherche d'affection et d'admiration ?
Les mots partent à la dérive sur un navire, sans voile ni gouvernail, déchirés par les écueils lacérés, par les vents contraires, petite bouteille remplie de vers à la mer, rejetée sur un rivage sans nom, chahutée par les vagues qui écrivent sur le sable des éphémères dentelles, mousseline blanche où ces mots s’abandonnent à la floraison, écume d'émaux jusqu’à en épouser la transparence.

Invisible, serais-je devenu ici sur cette terre ? Alors j'écris jusqu’à plus d’encre pour exister...

Et puis, j’ai reçu ce message un jour sous un de mes textes :
«(…) j'ai lu ton poème trois fois depuis hier soir et je voulais te dire à quel point il m'a touché par l'amour qu'il dégage et à quel point ton père était une personne qui a compris que la vie puise son sens dans la joie et le partage avec les siens et les autres.
Le plus merveilleux est qu'il a réussi à te transmettre son message de la vie, donc je dis qu'il a réussi sa vie tout court.
Ainsi son esprit continue à se manifester à travers toi et puis à travers ses petits enfants! En lisant cet hommage à ton père, j'ai dû penser à mon propre père qui - selon les dires de ses frères et amis - réunissait certains traits de caractère du tien ce qui me fait sentir une parenté spirituelle avec ton père. Le mien est parti à l'âge de quarante ans, fauché par un accident de voiture.
Est-ce injuste? Est-ce un Dieu extérieur qui nous infligerait nos souffrances? Chacun trouvera sa réponse au moment voulu(…)».

Le premier avril j'ai perdu une amie qui avait mon âge et avec qui je montais à cheval. Elle a connu une longue galère due à un cancer à la jambe pendant une dizaine d'années. Au moment où elle croyait être sortie du tunnel pour recommencer une nouvelle vie avec une jambe en moins, un autre cancer qui s'est déclaré à l'endroit de l'amputation l'a fauchée en l'espace de huit mois. Pour son enterrement j'avais rédigé un texte dont voici un extrait :

«(…) Toutes les personnes qui ont connu V. étaient impressionnées par la lourdeur de sa maladie, mais aussi par sa combativité et son courage face à cette maladie, et même le personnel de « l’hôpital des cancéreux » qui pourtant est confronté quotidiennement aux cas les plus difficiles, lui témoignait son affection et son admiration. Il est facile de parler de courage, mais il faut toujours être conscient que ne peut être courageux que celui qui a connu la peur.
Et la peur était sûrement un des plus fidèles compagnons des dernières années de la vie de V. Mais je pense que même à ce niveau-là, le cheval l’a aidée souvent à surmonter bien des moments de découragement car un cavalier qui tombe doit toujours surmonter sa peur en remontant tout de suite sur le dos de celui qui l’a fait tomber. Et pendant longtemps c’est l’idée de remonter un jour sa jument G. qui l’a motivée à se battre encore et encore.
Alors que dire d’une histoire comme celle de V. Que la vie est injuste ? Que la vie est dégueulasse ? Qu’elle n’a vraiment pas mérité ça ? Qui parmi nous ne l’a pas pensé à un moment donné en voyant sa galère ? Qui ne s’est pas dit : et si c’était moi, serais-je capable d’affronter cela ? V.et sa maladie nous ont obligés à nous questionner sur nous-mêmes, sur le sens de tout cela, sur le sens de la vie, sur le sens de notre vie et sur qui nous sommes.
Et si sens il y a, pourrait-on dire qu’il résidait dans le partage ? Dans le partage de sa vie qui s’entrelaçait avec celle de chacun de nous, chacun à sa façon et à un niveau particulier. Et que tout cela n'arrivait pas par hasard. Pourrait-on dire qu’il y avait une sorte d’interaction entre tous ceux qui ont touché la vie de V, une sorte d’entrelacement qui engendrait l'époustouflante tapisserie de sa vie.
Chaque fil suit sa voie, mais croire que chaque fil est "seul" ne serait-ce pas se méprendre immensément sur le processus de la création de la Grande Trame ? Je crois profondément qu’au moment de quitter son corps, V. a découvert la belle face du grand tableau de sa vie, elle a compris que chaque chose avait sa place et se trouvait exactement au bon endroit, qu’elle n’a jamais été seule et qu’elle ne sera jamais seule, alors que nous, nous sommes encore en train d’essayer de comprendre à quoi peuvent bien servir ces bouts de fils et ces nœuds qui pendent à l’arrière du cadre et qui semblent non seulement n’avoir aucun sens à nos yeux mais qui nous attristent dans leur imperfection. V. nous voulait joyeux et non pas abattus. Savait-elle déjà que le tableau qu’elle allait découvrir dépasserait tout ce qu’elle a pu imaginer en beauté, en lumière et en amour ?

Et si V. m’a appris quelque chose à travers ces années de maladie et surtout pendant les derniers mois de sa vie c’est que vivre l’instant présent ne revêt de sens que s’il est vécu dans l’amour(…)».

Un vieux proverbe nous raconte que les talents de quelqu'un ne sont jamais assez reconnus par les siens. Et naît la bulle internet ! Et l'idée d'y écrire à l'intérieur comme dans une bande dessinée me brûle les doigts et m’asperge l’esprit aussi d'y voir toutes ces images fixent ou animées.
J'emmagasine et j'attends une brûlure vive pour que quelqu'un, ou soyons fous, pour que tout le monde reconnaisse mes cris mon écriture ... Virtuellement, certes mais c'est toujours ça de pris.
De toute façon, l'écriture reste virtuelle, elle n'est qu'un support à l'action. Et c'est grâce à l'action que l'homme survit.
Sur la toile du web, il y a tant d'horizons, d'origines, d'amour et de haine toutes ces contradictions ne peuvent pas mentir. Il ne faut pas être dupe, juste un peu rêveur et savourer l'instant, car bien souvent la mariée est trop belle.

Quand la brûlure est artificielle car avec le temps j'ai appris à doser mon exposition, je me soigne en restant près du feu de l'automne à l'hiver pour finir de consommer les calories en trop, c'est ma cure de jouvence et d'espoir, un remède assainissant à la fois spirituel et corporel.

Et vous êtes heureux, le temps passe et lorsque vous démarrez pour arrêter cet amour sous la fenêtre, l'écran redevient noir comme l'espoir d'y avoir cru.

Mais quoiqu'il arrive la poésie reste belle, même la nuit ; et il suffit de lire dans les étoiles, les messages subliminaux que les anges nous envoient et attendre l'archange qui nous les sublime à travers nos sentiments.
Si l'on est curieux et généreux, les anges savent nous récompenser à notre juste valeur.

Et je viens de glisser un dernier mot sans être le chevalier de l'ordre du mérite ; je ne suis qu'un poète clandestin qui navigue sans sextant sur cette pluie d'automne où l'encre se dilue moins vite que mes pensées. Alors je m'accroche aux dernières feuilles qui tourbillonnent dans ce vent chaud et humide automnal. Et là l'homme rayonne et se questionne pour savoir où est notre terre promise.

Et c'est à cette minute que j'appelle encore une fois la chanteuse dérivant sur le lac des cygnes qui chante sans cesse les cendres, le sang, la haine entre les lignes, d'enfants aux blessures de feu, sous son limpide ciel bleu. Et au sortir de la vague déferlante, je la supplie de leur offrir une étoile et de leur immerger une lumière céleste sur leur miséreuse île ; de délivrer ces enfants de la peur un nouveau monde sans armures et une perle d’émeraude enchâssée dans un écrin de verdure.
Aidez-moi à les sortir de la cité oubliée où les arbres sont en béton mâché ; où la mauvaise herbe pousse entre le bitume volatilisé ; où le loisir est le plaisir de se sacrifier et où leurs rêves s'épuisent à forcer la porte de la cage d'ascenseur. Comme s'ils ne voulaient plus s'envoler en apesanteur.
Tague-leur sur le champ une étincelle de fierté et dessine-leur une clé de voûte sur une arche de fraternité.

Et je me souviens qu'ici, près du lac au fond de l'allée derrière un portillon en bois gris, se tenait un beau verger bordé d'un majestueux platane.
Allongé sous son ombre de titane, des songes en mots au jus de citron, j’ai gravé sur son tronc tous mes mots d’amoureux dans la joie dans la peine d'être né libre et heureux. Et toujours il me rappelle la liberté de penser sous la grâce de la belle.
Ce soir je suis passé près de lui, seul dans la nuit. Une nuit de pleine lune ce soir, j’ai recouvert mes yeux d'un voile superstitieux et ses branches chuchotaient comme si elles m’appelaient : « Tout contre moi mon ami, tu trouveras la force un coin de paradis ».
Et la brise légère continue à chanter sous ses feuilles devenues ombrage, tout droit sur mon visage. Mon esprit chagrin s’envola, je ne l’ai pas accompagné sur le lac des cygnes tant aimé.
Aujourd'hui mon platane vient d'être coupé, vingt ans après le verger où la cité est née. Pour voir à la place pousser un amas de tôles ondulées où ils vendent des fruits provenant des quatre coins du monde ; où ces racines vivantes chantaient hier encore la vraie nature du monde.

Et si l'homme de génie inventa la roue, il a inventé aussi le mépris et le dégoût envers la terre qui ne tourne plus dans le bon sens.
Mes racines mourront-elles sans qu'il en prenne conscience et ma révolte partira-elle en fumée ?
Sans doute sous le joug coupable d’une humanité anesthésiée et par une planche à billets lobbyistes nébuleuses.

Et me voilà au cœur d’une légende comateuse, où mon pèlerinage poétique contre le mal, se métamorphose en un voyage astral m’infligeant des blessures de trompe-la-mort ; je le sens dans mon corps qu'un déchirement envahit mon être argileux. Je vois ma chair qui saigne, mes os se tordent frileux et des poils me recouvrent le visage.
Me transformerais-je en loup-garou ? Serais-je devenu un esclave parmi les loups ? Où sont mes philtres magiques intemporels ? Où est mon aspect contemplatif originel d’homme cueilleur pieds nus et libre ?
Je ne cherche qu'un brin d’herbe en équilibre. Je ne suis pas un apôtre logorrhée, je suis juste un poète concerné qui ne baissera pas les mains ni les yeux même devant le diable et Dieu.
Certains me disent que si je continue à cimenter cette bulle d'amour je vais finir chez Eiffage prisonnier dans le béton ... Comme constructeur de châteaux de cartes !
Mais je ne vois rien dans les cartes, je vois seulement un bout de terre dans une bulle encore belle et humaine ...
Alors je m'y accroche et je vous y invite en essayant d'écrire et de construire votre vie dedans en prenant garde à cette mariée trop belle qu'est internet et de se rappeler que nul n'est prophète sur terre ; car même si l'homme sait faire des bulles avec un chewing-gum, bien souvent elles lui éclatent au visage.
Et c’est le vol au-dessus du lac des cygnes à la rencontre du troisième type. Un jour de départ sous un grand ciel bleu. Un bleu outremer intense couronnant les montagnes brunes vêtues d’une couverture blanche avec à l’horizon une ligne épaisse grise et franche.
Annoncerait-elle déjà l’arrivée du mauvais temps au profil inquiet de mes yeux ?

Je les ferme un instant pour oublier et décolle sans en connaître la raison. Libéré de la gravité, je gagne l’apesanteur sans contre-épreuve, mon corps fait corps avec cet esprit invisible en combinaison venu d’ailleurs les bras et les jambes écartés comme l’homme de Vitruve.
Je flotte comme la plume d’un cygne au-dessus du lac d’Annecy.
Serais-je en train de danser à mille pieds le ballet de Tchaïkovski ?
Lecteur rappelle-toi de la visse aérienne de Léonard de Vinci.
Serais-je vu de la terre habillé de cette invention d'un blanc immaculé et toujours en vie ou suis-je tout simplement un fou du volant en plein ciel nerveux ?
Je suis un être à la fois pur tendre léger volatile voluptueux et nuageux. Je ne suis pas Alphonse de Lamartine au bord du lac du Bourget mais un ovni croisant pavillon sur « les pages web poétiques » pour mon culte éternel à la poésie. Et d'elle de mon manège romantique et virtuose qui ne s’achèvera pas ici en plein vol si j’ose en névrose pour proclamer mon amour fidèle à la chose.
Je n'ai plus aucun trouble même les pieds dans l’eau.
Je les garde sur terre avec mon petit oiseau sans appréhender le moindre nouveau trouble.
Et le clan est né, cette idée nouvelle de ne plus reculer mais d’avancer. Et j’écris une lettre enluminée pour le paradis car j'ai toujours pensé que ce qui donnait un sens à la vie d'un homme, c'était de protéger une femme :

« Serais-je une enveloppe au bout d’une corde
Sans adresse ni destination
Sans timbre de voix en ballade
Une simple lettre écrite au jus de citron
Serais-je une ombre au bout d’un chemin
Sans traces ni flambeaux à nos pas
Sans signal de détresse enfin
Un ver luisant comme seul repas
Serais-je une stèle au bout d’une scène
Sans décor ni sujet d’adaptation
Sans lumière à l’ombre obscène
Une statue démembrée en perdition
Serais-je une mèche au bout d’un fumigène
Sans amour ni trait d'union
Sans fluide pour nourrir mes veines
Un cerveau asséché en irrigation
Serais-je une carpe au bout du fleuve
Sans oxygène ni hameçon polymère
Sans mots immergés à mes épreuves
Une langue endormie sous une surface amère

Et puis le coup de tonnerre la femme tant désirée
Née pour m'aimer à tort ou à perdre la raison
Née pour cultiver jour et nuit une destinée
Née pour vivre et mourir ensemble une passion
J'oblitère la flamme de son sceau d'espoir
La foudre joyeuse cautérise mon âme écorchée
L'adresse s'inscrit sur mon miroir
L’écriture apparaît sous le feu de cette illuminée
Elle a des yeux merveilleusement remplis d'humanité
Deux astres radieux étincellent ma pénombre
Théâtre sublime d'un cœur réanimé
Eblouie mes poèmes épicées de novembre
La bonté qu’elle envoie m’irradie
Je ne vois plus qu’elle en fermant les yeux
Déesse limpide à la pureté infinie
Corps de sagesse providence des cieux
Elle guide ma pensée sous sa bonne étoile
M'aperçoit rêver imaginer jubiler
Se rapproche cachée derrière mon voile
Et sème mes cendres fertiles en gaieté
Je reprends le souffle à nouveau
Réinvente le sel de la vie
Surfe sur les flots à nouveau
Revis ... et vive la vie ».

Et une voix lointaine proche de l’ancien verger répond : « J'aime le doute qui se profile à chacun de tes vers puis l'amour comme une révélation, ta muse a su t'inspirer un très beau poème ».
Et je me dis, si la perfection n'était pas chimérique, elle n'aurait pas tant de succès.
Comme il n’y a qu'un remède à l'amour : aimer davantage car l'amour excuse tout dans un cœur enflammé. Enfin j’ose l’imaginer.
Et si on parlait de l’année bissextile ; c’est une année comptant 366 jours au lieu de 365, tous les quatre ans, il a une année comprenant un 29 février, ce qui entraine une moyenne de 365,25 jours. On résout ce problème en comptant tous les quatre ans un jour de plus. Tout le monde s’en fout et si on changeait d’heure ?

vendredi

11 novembre et des poussières

À peine dix-huit ans avait mon Grand-père
Lorsqu'il a été appelé
Pour partir à la guerre
Une première qui en appellera d'autres
Vierge et imberbe
Les yeux bleus la fleur dans l'âme

Poilu il est revenu
Tranchée de la tête aux pieds
Et retranchée
Face à la mort
Sans Dieu ni loi ni foi
Il a mangé des rats
Du plomb au gaz moutarde
Accompagné d'eau de pluie
Rouge et acide

Il s'est dissous un 11 novembre
Un survivant parmi les morts
En 1979
Il revenait du banquet des anciens combattants
J'avais treize ans
Je m'en souviens
J'étais à l'internat
Et j'ai pleuré
Qui allait jouer aux dames avec moi
Ou à la belotte
J'ai fini aux chiottes
Avec son immense mouchoir en tissu à carreaux
Brodé avec ses initiales JP
Et j'ai pensé à lui
Au peu de fois où il m'a raconté

L'intolérable
La souffrance
La démesure
La démence
L'alcool
La folie
Le bruit
L'abrutissement
Le silence
La fureur
La peur
La haine
La merde
La patrie

Et
Je pense à lui
Comme chaque 11 novembre
Il aimait la vie
Manger boire et chanter
Il aimait la vie
Comme je le comprends
Encore mieux aujourd'hui
Il est parti d'avoir trop mangé
Tombé sur le trottoir
Et il a fini dans le noir
Sous un éclair
L'air détendu
Et heureux
Je m'en souviens
C'était un 11 novembre

Est-il mort pour rien
Sont-ils mort pour rien
Comme ses millions d'anonymes
Et chaque jour qui passe en appelle un autre

Un jour ses yeux se sont éteints
Au milieu d’un visage d’enfant sans teint
Comme une bougie une fois que la flamme a bien consommé la mèche
Tout doucement calmement et sûrement à la fraîche
Son cœur ne brûle plus comme un gosse dans une cour de récré
Avec un foulard autour du cou meurt à l’étouffée
Vu par des profs aussi déboussolés
Que leurs parents sont désespérés

Un jour ses yeux se sont éteints
Au milieu d’un visage d’adolescent déteint
Comme une artère qui n’a pas de veine une fois que le sang a bien irrigué la daube blanche en sens unique
Tout doucement calmement et sûrement pour un monde fantastique
Son cœur a lâché comme une vache à lait
Lâche sa pub et son Yoplait
Pour des millions de bouche à pipe
Pour finir aux chiottes avec la bite en « half-pipe »

Un jour ses yeux se sont éteints
Au milieu d’un visage d'une jeunesse angélique sans parfum
Comme la boulimie de ses égéries cadavériques une fois que la bouffe est bien rentrée il suffit de tout gerber
Tout doucement calmement et sûrement dans l’évier
Son cœur s’est envolé comme les oies sauvages que l’on gave pour les festivités
Avec un « cheese-burger » et toutes ses saletés
Ingurgité par des moutons de panurge
Prêt à se pendre à l'extasy accompagné d'une grosse murge

Un jour ses yeux se sont éteints
Au milieu d’un visage sans domicile fixe sans festin
Comme de sniffer l’alcool une fois la plaie bien imbibée il y a plus qu'à recoudre
Tout doucement calmement et sûrement sans en découdre
Son cœur s’est noyé comme l’innocent dans la seine
Sans rien dire il est parti en flottant sur cette scène
Devant ses antonymes sans-culottes étatiques aux mortes couilles
Que son dieu le sauve de ses andouilles

Un jour ses yeux se sont éteints
Au milieu d’un visage heureux sans refrain
Comme de vivre tranquille devient tout bonnement culpabilité une horreur
Tout doucement calmement et sûrement le déshonneur
Son cœur a explosé comme un ballon sous une trop forte pression
Après cent plans sur la comète d'éteindre la machine en pleine action
L'odeur du placard devenait insupportable et acide
Compression de César contre un arbre c'est le suicide

Un jour ses yeux se sont éteints
Au milieu d’un visage familier au bord du ravin
Comme si cela ne suffisait pas de crever la bouche ouverte
Son cœur s'est desséché comme une morue au dessus de la banquise découverte
Après les ours blancs c'est l'homme à son tour qui cherche sa nourriture
Dans les poubelles de Lidl vidées à l'arrachée quelle torture
Pour finir à l'hôtel dans les beaux quartiers couché à même le sol
Où il faut faire la queue sans dignité et encore si tu as du bol

Un jour ses yeux se sont éteints
Au milieu d’un visage d’une impératrice « Saint Glinglin »
Comme de vieillir cela ne suffisait pas on frappe c’est l'arène de la mise à mort
Tout doucement calmement et sûrement sans aucun remord
Son cœur s’est libéré de cette prison pour retraiter comme Icare a sombré en mer pour échapper à l’ennemi
Maltraitée elle a fondue au soleil de minuit
Le monde est-il devenu fou aveugle coupable
Selon le légiste elle s’est empoisonnée la folle dingue roulant autrefois en décapotable

Un jour ses yeux se sont ouverts
Au milieu de ce monde aux visages sans grand destin aux portes de l'enfer
Comme de mourir en paix cela ne lui convenait pas c’est avec de la pitié qu'il quitte cette terre d'injustice
Tout doucement calmement et sûrement avec préjudice
Son cœur s’est refermé à nouveau comme celui de tant d’êtres humains
Tombés au nom de Dieu ou de la force sans avoir compris l'enjeu de cette histoire sans fin
Aujourd'hui relégué aux actualités entre une pub sur la pilule du lendemain et Yoplait
Un monde nouveau est arrivé mais cela ne sera plus le sien s'il vous plaît

Un jour ses yeux se sont éteints
Je m'en souviens
C'était un 11 novembre
Je viens de recevoir un SMS
Par un pigeon d'argile

Effluves amoureux

Sur la fuite du jour
Croquerais-je la nymphe
Cette argile sauvage
Sous l’orchestre de chambre
Bercé dans sa sonatine
En aurore et ruisseau
A fleur d’allégresse
A fleur d’écho

Sur les vapeurs de l’eau
Le nymphéa arctique
Aime le renouveau
Le coulis d'opale

Croquerai-je la nymphe
Ranimer l’âme du lit
Humecter l'ombre du fleuve
Avant que la belle soulage
Ne chante son hymne sensuel
Dans les palmes du vent
M’engouffrais-je encore
Dans le siphon infernal

Signification puissante
Je ne rêve pas

De la chair à la tomate

Le titre pouvait faire penser à un hommage pour les victimes d'AZF ou un rappel que le cerveau ne contrôle pas tout. Alors que sur les marchés boursiers ou de Rungis, la bourse joue au yoyo, rougissant de plaisir et blanchissant d'inquiétude. Ce mauvais temps m'immisce l'esprit dans un long couloir glacé sans glace de peur de voir à mon tour mon visage se métamorphoser en fraisier.
C'est un couloir éclairé par des tubes fluorescents comme dans un rayon frais de supermarché. Un endroit impersonnel aux odeurs aseptisées où l'homme a perdu depuis longtemps l'origine des choses.
Au fond de ce tunnel, j'aperçois une lumière rouge, une grappe de tomates exposée et achalandée comme « Hiromi Oshima » lors d'un « shooting photos ».
Une grappe de tomates vierge d'oligo-éléments naturels car elles ne poussent plus les racines dans la terre mais dans les airs. Nos ingénieurs agronomes appellent cette culture hors sol.
Cette lumière froide avec ce point rouge en son cœur, me bat et m'éclaire un vieux souvenir, lorsque mon père me racontait ses péripéties de jeunesse dans la voiture quand je l'ai accompagné à sa première chimiothérapie ; il m'avait éveillé dans cette conversation qui n'avait jamais été aussi riche entre nous « le jour où les légumes pousseront ailleurs que dans la terre, l'homme commencera à cet instant à perdre le goût et l'essence de la vie ».
Hier, l'homme permettait le commerce de l'homme par l'homme et on ne culpabilisait pas puisque cette ignominie était rentable et officiait selon la loi. La déclaration des droits de l'homme de 1789 n'a pas abolit l'esclavage, c'est un comble ... La mauvaise herbe était l'engrain du légume phare ! Et elle a attendu la troisième révolutions, c'est à dire soixante ans pour ne plus être asservit.
Cette vente en ligne de produit frais exotique s'est déroulée aussi pendant le siècle des lumières avec lequel nous grandissons à leur coté à l'école aujourd'hui. Il est clair qu'avec la lumière, cette vente en ligne était une superbe représentation de la cruauté et de l'horreur.
Internet ou le siècle de nos belles lumières n'ont rien inventé. Ils ont juste permis d'accélérer les échanges et d'accentuer le nombre de scélérats !
C'est comme Albert Einstein déjeunait sans doute aussi sur l'herbe folle sans broyer du noir avec sa formule magique E= Mc² ; et Lise Meitner entre autres qui a découvert la fission nucléaire, tous deux ne pensaient pas à ce moment-là à Hiroshima. Mais à l'amour et à l'humanité enfin j'espère ...Alors ... Einstein, responsable mais pas coupable ?  Et Oppenheimer, le pionnier universitaire de la mécanique quantique ?
Pour ce qui est de l’invention de la bombe, elle est attribuée aux travaux effectués au Collège de France et pour l’anecdote, la France ne réclama pas de redevance après les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki ... Et si Léon Blum avait à la fois le front à l'air et populaire, il avait par contre un mauvais flair et n'a pas senti venir d'outre-Rhin  le nuage toxique !
On ne refait pas l'histoire ... Et on ne nous dit pas tout !
Le responsable ne serait-ce pas l'Homme avec un grand H comme Humaniste... Encore une fois tout le monde peut se tromper !
Le monde est vraiment irrationnel ; il prouve que la majorité ne détient pas toute la raison et conduit parfois l'homme à l'aveuglement, à la passivité et à son propre intérêt comme devant un démagogue tragique Caporal ou un paysan aisé Kmer devenu rouge.
A l'heure où j'écris il reste encore des salauds qui vendent ou font exploser de la chair humaine au nom de tout et de rien et eux de l'humanité ils s'en moquent.
Le monde s'en fout car leurs élus démocrates comptent les sous avec les banquiers en oubliant de se remettre en question. Un salarié qui fait une faute, on le licencie, alors qu'un ministre ou un banquier ils changent de fauteuil avec un matelassage plus confortable.
C'est vrai que l'on ne change pas une équipe qui gagne et la vie n'est qu'un jeu comme dans question pour un couillon, le savoir ne rapporte plus alors que la bêtise bien plus ! 
Pauvre école ! Même celle de la vie ne rapporte plus si tu es honnête.
Et il y a des hommes qui sont passés de la chair à la tomate en faisant le négoce des végétaux soumis à l'économie de marché qui donne ce goût de plastique dans nos assiettes.
L'augmentation des rendements, l'accroissement de la qualité et de la sécurité des produits alimentaires, la simplification des itinéraires techniques et l'abaissement des coûts de production invitent les pays à la culture hors sol ; un voyage culturel où l'oseille et la science ont remplacé le hasard et la poésie.
Je vais stopper mon hémorragie neurologique avant qu'une rupture d'anévrisme me rende plus bête que je ne suis... Et je retiendrais juste que la vitesse de la lumière dans le vide est la même pour tous et que la mort au bout de la vie est pour nous tous.
Alors je souris en battant des cils pour éviter cette lumière provenant du vide et ainsi je survis.
Il est bientôt midi alors bon appétit et n'oubliez pas le sel sur vos tomates histoire d'aseptiser la plaie !

jeudi

Nul n'est prophète sur terre

Un vieux proverbe nous raconte que les talents de quelqu'un ne sont jamais assez reconnus par les siens. Et soudain naît la bulle internet ! Et l'idée d'y écrire à l'intérieur comme dans une bande dessinée me brûle les doigts et aussi d'y voir toutes ces images fixent ou animées que j'emmagasine me brûle la rétine.
J'attends une brûlure vive pour que quelqu'un, ou soyons fous, pour que tout le monde reconnaisse mes cris mon écriture ...Virtuellement, certes mais c'est toujours ça de pris. De toute façon l'écriture reste virtuelle, elle n'est qu'un support à l'action. Et c'est grâce à l'action que l'homme survit.
Sur la toile du web, il y a tant d'horizons, d'origines, d'amour et de haine toutes ces contradictions ne peuvent pas mentir. Il ne faut pas être dupe, juste un peu rêveur et savourer l'instant, car bien souvent la mariée est trop belle.
Quand la brûlure est artificielle car avec le temps j'ai appris à doser mon exposition, je me soigne en restant près du feu de l'automne à l'hiver pour finir de consommer les calories en trop, c'est ma cure de jouvence et d'espoir, un remède à la fois spirituel et corporel.

Et vous êtes heureux, le temps passe et lorsque vous démarrez pour arrêter cet amour sous la fenêtre, l'écran redevient noir comme l'espoir d'y avoir cru.

Mais quoiqu'il arrive la poésie reste belle, même la nuit ; et il suffit de lire dans les étoiles, les messages subliminaux que les anges nous envoient et attendre l'archange qui nous les sublime à travers nos sentiments.
Si l'on est curieux et généreux, les anges savent nous récompenser à notre juste valeur.

Et je viens de glisser un dernier mot sans être le chevalier de l'ordre du mérite ; je ne suis qu'un poète clandestin qui navigue sans sextant sur cette pluie d'automne où l'encre se dilue moins vite que mes pensées. Alors je m'accroche aux dernières feuilles qui tourbillonnent dans ce vent chaud et humide automnal. Et là l'homme rayonne et se questionne pour savoir où est notre terre promise.

Et c'est à cette minute que j'appelle encore une fois la chanteuse dérivant sur le lac des cygnes qui chante sans cesse les cendres, le sang, la haine entre les lignes, d'enfants aux blessures de feu, sous son limpide ciel bleu. Et au sortir de la vague déferlante, je la supplie de leur offrir une étoile et de leur immerger une lumière céleste sur leur miséreuse île ; de délivrer ces enfants de la peur un nouveau monde sans armures et une perle d’émeraude enchâssée dans un écrin de verdure.
Aidez-moi à les sortir de la cité oubliée où les arbres sont en béton mâché ; où la mauvaise herbe pousse entre le bitume volatilisé ; où le loisir est le plaisir de se sacrifier et où leurs rêves s'épuisent à forcer la porte de la cage d'ascenseur. Comme s'ils ne voulaient plus s'envoler en apesanteur.
Tague-leur sur le champ une étincelle de fierté et dessine-leur une clé de voûte sur une arche de fraternité.
Et je me souviens qu'ici, près du lac au fond de l'allée derrière un portillon en bois gris, se tenait un beau verger bordé d'un majestueux platane.
Allongé sous son ombre de titane, des songes en mots au jus de citron, j’ai gravé sur son tronc tous mes mots d’amoureux dans la joie dans la peine d'être né libre et heureux. Et toujours il me rappelle la liberté de penser sous la grâce de la belle.
Ce soir je suis passé près de lui, seul dans la nuit. Une nuit de pleine lune ce soir, j’ai recouvert mes yeux d'un voile superstitieux et ses branches chuchotaient comme si elles m’appelaient : « Tout contre moi mon ami, tu trouveras la force un coin de paradis ».
Et la brise légère continue à chanter sous ses feuilles devenues ombrage, tout droit sur mon visage. Mon esprit chagrin s’envola, je ne l’ai pas accompagné sur le lac des cygnes tant aimé.
Aujourd'hui mon platane vient d'être coupé, vingt ans après le verger où la cité est née. Pour voir à la place pousser un amas de tôles ondulées où ils vendent des fruits provenant des quatre coins du monde ; où ces racines vivantes chantaient hier encore la vraie nature du monde.
Et si l'homme de génie inventa la roue, il a inventé aussi le mépris et le dégoût envers la terre qui ne tourne plus dans le bon sens.
Mes racines mourront-elles sans qu'il en prenne conscience et ma révolte partira-elle en fumée ?
Sans doute sous le joug coupable d’une humanité anesthésiée et par une planche à billets lobbyistes nébuleuses.
Et me voilà au cœur d’une légende comateuse, où mon pèlerinage poétique contre le mal, se métamorphose en un voyage astral m’infligeant des blessures de trompe-la-mort ; je le sens dans mon corps qu'un déchirement envahit mon être argileux. Je vois ma chair qui saigne, mes os se tordent frileux et des poils me recouvrent le visage.
Me transformerais-je en loup-garou ? Serais-je devenu un esclave parmi les loups ? Où sont mes philtres magiques intemporels ? Où est mon aspect contemplatif originel d’homme cueilleur pieds nus et libre ?
Je ne cherche qu'un brin d’herbe en équilibre. Je ne suis pas un apôtre logorrhée, je suis juste un poète concerné qui ne baissera pas les mains ni les yeux même devant le diable et Dieu.
Certains me disent que si je continue à cimenter cette bulle d'amour je vais finir chez Eiffage prisonnier dans le béton ... Comme constructeur de châteaux de cartes !
Mais je ne vois rien dans les cartes, je vois seulement un bout de terre dans une bulle encore belle et humaine ...
Alors je m'y accroche et je vous y invite en essayant d'écrire et de construire votre vie dedans en prenant garde à cette mariée trop belle qu'est internet et de se rappeler que nul n'est prophète sur terre ; car même si l'homme sait faire des bulles avec un chewing-gum, bien souvent elles lui éclatent au visage.

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