Noelia
Elle a choisi.
C'est ce qu'on dit.
Moi,
j'entends autre chose.
Une chambre
où les murs s'éloignent.
Un sol
qui cède sous les pas.
Marcher pieds nus
sur une terre qui recule.
Les jours glissent.
Sans prise.
Sans contour.
Vingt-cinq ans.
À cet âge,
la lumière brûle encore
même lorsqu'on ne la voit plus.
Noelia.
Ton prénom
reste entrouvert.
Il ne ferme rien.
Il traverse les pièces
comme un courant d'air
qu'aucune fenêtre
n'explique.
Les mains disparaissent.
À leur place,
des feuilles,
des signatures,
des portes qui se referment
sans bruit.
Le silence
apprend à remplir les couloirs.
Imagine.
Quelqu'un tombe
dans un puits.
On ne voit presque rien.
Seulement
la pierre humide.
Un souffle.
Une paume
qui cherche la paroi.
Là-haut,
le ciel continue.
On échange quelques mots.
Puis le vent.
La corde
reste enroulée.
Longtemps.
Très longtemps.
Qui demeure
quand la nuit
ne promet plus l'aube ?
Quand les heures
usent les épaules
comme l'eau
polit la roche.
Il suffit parfois
d'une présence.
Un souffle.
Une voix
qui ne cherche pas à convaincre.
Une main
posée contre le vide.
Assez près
pour que le silence
ne devienne pas
la seule réponse.
Alors quelqu'un murmure :
« Reste. »
Non comme un ordre.
Comme une lampe
déposée
au bord d'un chemin
qu'on ne distingue plus.
Noelia,
ton absence
ne cesse pas de parler.
Elle remue la poussière
des certitudes.
Elle laisse
une corde immobile
au bord d'un puits.
Et cette corde,
chaque regard
la voit différemment.
On n'apaise pas la nuit.
On apprend seulement
à la traverser,
ensemble.

