Qui suis-je ?

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La poésie est une suspension du temps, une clarté fugitive posée sur le monde. Un puits sans fond où puiser, sans mesure, la palette entière des émotions humaines. J’essaie, sans reprendre la recette des éloges, d’écrire de la poésie — ou du moins de m’en approcher, de frôler ce qui, pour moi, en porte le nom. Je me love dans cette matière à la fois sibylline et mouvante. Sibylline, parce qu’elle me parle dans une langue étrange, souvent indéchiffrable. Mouvante, parce qu’elle m’échappe, indomptable, refusant toute maîtrise. À la hauteur de mes moyens, j’essaie simplement d’être celui que je choisis d’être : le témoin de ce qui m’habite et de ce qui m’entoure. Je ne suis rien de plus qu’un être en besoin d’expression, offrant ce que la vie consent à me laisser croire, ressentir et partager.

Vous trouverez sur ce blog toutes mes humeurs poétiques, de la poésie plus ou moins libre selon l'état d'esprit du moment...

« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »

Si vous souhaitez lire l’essentiel, cliquez sur l’onglet « tous mes recueils en libre accès sous format PDF »

Les écrits et les illustrations numériques sont de ma plume. Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont j’ignore les auteurs ; je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer. Il peut arriver aussi qu'un vers se glisse et qu'il ne m'appartienne pas, par pur hasard ou pas, je l'indique lorsque je pense qu'il en est nécessaire. En bas du blog, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre... Attention je ne tiens pas à jour tous les liens... Et souvenez vous que la poésie est une suspension qui éclaire le monde !

Toutes les fautes d'orthographes sont corrigées au fur et à mesure des rencontres... Et toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite

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mardi

On n’apaise pas la nuit

Elle a choisi.
Moi, j’entends : elle a été laissée seule.
Seule.

Pas sans monde autour.
Sans point d’appui.

Marcher pieds nus
sur un sol qui recule.

Ses jours glissent.
Sans prise.
Sans relief.

Vingt-cinq ans.
Vingt-cinq.
À cet âge, on brûle.
Pas disparaît dans une case.

Noelia —
Ton prénom claque.
Pas un point final.
Un courant d’air.
Un doute qui reste.

On parle de dignité.
Mais quelle dignité
quand on remplace des bras
par des procédures ?
Quand l’espoir devient un dossier classé ?

Non.
Non à cette douceur qui ressemble à une démission.
Non au calme qui sent la fatigue collective.

Mourir
ne devrait jamais être
la solution la plus accessible.

Imagine.

Quelqu’un tombe dans un puits.
Pas de cri.
Juste un souffle.
Un frottement.

Et nous — en haut —
on débat :
« Veut-il remonter ? »
« Est-ce son choix ? »

On n’envoie pas de corde.

Je refuse ça.
Je refuse qu’on appelle ça du respect.

Qui reste
quand ça tremble ?

Pas quand c’est racontable.
Pas quand c’est beau.
Quand c’est lourd.
Quand ça use.

On n’est pas à court de règles.
Ce qui manque,
c’est quelqu’un qui ne détourne pas les yeux
quand la chute dure trop longtemps.

Des voix
qui ne cherchent pas les mots justes
mais restent assez près
pour empêcher le silence de gagner.

Qui disent :
« Reste. »

Même mal.
Même brisé.
Même sans y croire.

Parce que parfois, sauver quelqu’un
ce n’est pas le sortir du noir.
C’est descendre avec lui
et refuser de le laisser seul dedans.

Noelia,

Si ton silence fait autant de bruit,
c’est qu’il refuse de devenir normal.
Qu’il dérange.
Qu’il insiste.

Qu’il nous oblige à regarder
ce qu’on appelle trop vite
une solution.

On n’apaise pas la nuit…


en abandonnant
ceux
qui la traversent. 

jeudi

Souffle qui respire

Berceau en cicatrices,
plis du drap, matin suspendu.

Quelque chose glisse
dans la pliure du cœur,
silence qui respire.

Les mots tremblent,
tombent —
poussière de feuilles mortes sur la pierre froide.

Parfums collés aux regards,
visages aimés suspendus
dans le souffle gelé que je traverse.

L’incertitude roule sous mes pas,
routes sans balises,
horizons effacés.

Départ incandescent :
un train s’élance,
la lumière le dévore,
la terre fond derrière lui.

Chaque seconde goûte
sa première fois,
murs d’arbres serrés
comme des mains qui protègent
du mistral et du sirocco,
tous ces frissons qui me traversent.

Mille gestes invisibles
me pardonnent
d’être machine à poèmes :
inspirer comme pour respirer la vie.


*

Version 2

Berceau en cicatrices, plis du drap, matin suspendu.
Quelque chose glisse dans la pliure du cœur — silence qui respire.

Les mots tremblent, tombent,
poussière de feuilles mortes
sur la pierre froide.

Parfums accrochés aux regards,
visages aimés suspendus
dans le souffle gelé que je traverse.

L’incertitude roule sous mes pas,
routes sans balises,
horizons effacés.

Départ incandescent :
un train s’élance,
la lumière le dévore,
la terre fond derrière lui.

Chaque seconde goûte
sa première fois.

Murs d’arbres serrés,
comme des mains,
protègent du mistral et du sirocco
les frissons qui me traversent.

Mille gestes invisibles
me pardonnent.

J’inspire —
et quelque chose en moi
continue.


*

Version minimaliste


Berceau en cicatrices.
Matin suspendu.

Quelque chose glisse
dans le cœur.

Silence.

Mots tombés —
feuilles mortes
sur pierre froide.

Visages.
Un souffle gelé.

Routes sans signes.

Un train —
lumière.

La terre disparaît.

Une seconde.

Des arbres serrés
comme des mains.

Le vent passe.

J’inspire.

Encore.


mercredi

Quelque chose veille

Elle me l'avait soufflé
Sur une feuille trop mince —
L'amour, 
Une grappe. 

Chaque saison
Y dépose son goût,
Tend sa peau,
Charge ou retire le sucre.

Certaines années
Se tiennent, serrées,
Jusqu'à la tige. 
D'autres éclatent trop tôt.

On y revient pourtant,
Même après la coupe nette du temps,
Comme la langue revient
À une brûlure ancienne.

Même dans le sommeil
Quelque chose veille,
Circule bas,
Entre les nerfs.

Tu dors déjà ?
Légère,
Presque retirée du monde.

Et soudain, 
Sans bruit, 
Quelque chose s'ouvre.

mardi

La neige tient encore

Un nuage se déchire.
Je revois mon vieil ami,
tempes blanchies par le froid.

Sur la neige,
ne remuons plus
les braises anciennes.
Le silence les enfouit.

Pour toi —
lumière droite,
cœur sans détour,
résistant
aux murs qui se referment.

Pour toi —
marche seule,
matin dur,
là où l’air mord.

À vous deux,
jours clairs
adossés au ciel,
vallées ouvertes,
ombre
au pied des arbres.

Rien n’est perdu
tant que vous tenez,

si vous osez
vous reconnaître,
et, simplement,
vous aimer.



Version 2


Un nuage se déchire —
pas de lumière franche,
plutôt une usure du ciel.

Dans cette fente :
ton visage.
Le froid déjà à l’œuvre.

Ne rien reprendre ici.
La neige garde
ce qui a brûlé sans feu.

Les murs savent.
Les tables aussi —
leurs places vides.

Jour clair,
sans détour :
tu tiens encore
dans l’étreinte des seuils,
là où l’on cède d’habitude.

Jour sombre,
tu avances
dans l’égalité du gel.
Le matin casse net
sous le pas.

Entre vous —
presque rien :
un espace qui insiste,
respire à peine.

Pourtant
quelque chose demeure,
au ras du ciel,
dans le pli des terres ouvertes.

À condition de ne pas fuir.
D’habiter là.

De vous choisir

jeudi

Le silence à des dents

Tu regardes la télé —
parce que le silence a des dents,
qu’il mord et qu’il grince
entre tes pensées.

Le canapé t’engloutit jusqu’aux genoux,
l’horloge mastique les secondes
comme un chien affamé sous la table,
ses dents claquant dans le vide.

L’écran s’allume :
un œil de néon crache des visages flottants,
ombres qui se débattent
dans des vies volées.

Les images tombent,
pluie d’aluminium froissé,
scintillante, crépitante,
tranchant tes yeux et ta peau,
empoisonnant tes oreilles,
et la pensée tente de pousser
comme herbe verte
entre les dalles sèches d’un monde cassé.

La lampe penche la tête,
comme un vieux sage épuisé
qui voit tout et ne dit rien.

Tu regardes la télé —
parce que l’ennui est un serpent invisible,
serpentant dans la pièce,
reniflant, froissant tes idées,
sifflant entre tes côtes.

La télé n’est qu’une boîte lumineuse
où l’on jette des poignées de lumière
pour occuper la bête. 

Mais parfois,
entre deux publicités,
un silence tombe de l’écran
comme une pluie noire.

Pendant une seconde,
le monde entier devient
une question oubliée,
une brûlure douce derrière les paupières,
un souffle où la pensée
pousse enfin, sauvage,
comme un feu vert à travers la poussière.

*
Version 2

Tu regardes la télé —
parce que le silence a des dents,
qu’il mord entre tes pensées.

Le canapé t’engloutit jusqu’aux genoux.
L’horloge mastique les secondes,
chien affamé sous la table.

L’écran s’allume :
un œil de néon crache des visages,
ombres prises dans des vies qui ne sont pas les leurs.

Les images tombent —
pluie d’aluminium,
crépitante.

Elles coupent.
Et la pensée tente de pousser,
herbe maigre
entre les dalles d’un monde sec.

La lampe penche la tête,
vieux témoin
qui ne dit rien.

Tu regardes la télé —
parce que l’ennui rampe,
animal sans forme,
qui renifle et froisse tes idées.

La télé,
boîte de lumière
jetée à la bête.

Mais parfois,
entre deux publicités,
un silence tombe.

Une seconde —

le monde devient
question,

une brûlure douce
derrière les paupières,

et la pensée pousse enfin,
sauvage,

comme un feu vert
dans la poussière.

lundi

Cliché d'hiver (Chanson)

De ce corps brûlé par le froid
L’heure est d’atteindre le jour
À l’interstice azur
L’air me chante une chanson d’amour
De cette lumière
Enveloppée d’une grâce mystérieuse
Naissent des images majestueuses
Dont les filigranes s’envolent
Jusqu’au bain migrateur
Où des yeux d’outre-mer
S’immergent à la marine
Lucide et vertigineuse

Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et si le vent emporte nos heures,
Qu’il garde au moins cette lueur :
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson d’amour.

À l’orée du syndrome
Fragilité aérienne
L’amour est bien cet aéronef
Où les nuages
Boivent le suc laiteux des anges
Hument leurs encensés parfums
Et passent au-dessus du monde
Comme des rêves sans fin

Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et si le vent emporte nos heures,
Qu’il garde au moins cette lueur :
Ta voix qui revient dans l’azur
Comme une chanson d’amour.

Si hier
Au crépuscule du foyer condamné
De la chambre noire
La libellule changeait de cadre
Se détestait
Parlait toute seule
Je veux qu’on me laisse
Avec mes grains scarifiés
Qui protègent mes ailes
Du cyclone humain

Aujourd’hui
À fleur d’espérance
Au sein de son anticyclone
Le cliché d’hiver la réconforte
Sous son ciel de lit en bois de rose

Emmène-moi là où le ciel s’ouvre,
Là où nos silences deviennent des mots,
Je ferai de la nuit une chambre douce,
Où ton amour réchauffe ma peau.
Et quand quelqu’un frappera à la porte,
Que la mémoire nous emporte,
Car la diapositive dans nos cœurs
Reste reine du monde disparu

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