une forme a appris à lire sans comprendre.
Elle suivait les lettres
comme on suit un chemin tracé dans la poussière,
avec la certitude qu'il ne mène nulle part.
Île sans drapeau.
Mais avec des empreintes
sur les objets du quotidien.
Je ne l'ai pas assez lue.
Ou bien je lisais à côté,
dans le silence autour des phrases.
Elle a cessé d'écrire.
(Ce n'est pas une décision,
plutôt une fatigue qui a fini par signer.)
Elle a cessé de chanter.
La voix est restée quelque part,
suspendue hors d'atteinte.
Corde de violoncelle :
tendue dans une pièce
où personne n'entre vraiment,
sauf les excuses,
qui ont appris à grincer.
Je ne l'ai pas assez écoutée.
Les repères se sont défaits
sans bruit.
Quelque chose dans le temps
a lâché prise,
comme une couture qu'on découvre ouverte
au moment de partir.
Sa peau n'a jamais cherché l'or.
Elle recueillait ce qui brûlait chez les autres
et le gardait
sans savoir que cela brûlait aussi en elle.
Puis il y a eu un jour sans événement.
Pas de bascule.
Juste un léger retard du monde
sur lui-même.
Et depuis,
tout continue,
mais pas au bon endroit.
Une machine douce tourne encore
dans une pièce vide
dont les murs ont changé de place
sans prévenir personne.

C’est un très beau texte
RépondreSupprimerBravo d’avoir réussi à le mettre en chanson de la sorte ! C’est très poétique ! Une vrai réussite
Moi aussi j’ai mis certains de mes poèmes en chanson donc je suis sensible à cet exercice…
Bien à toi,
LBC