Qui suis-je ?

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La poésie est une suspension du temps, une clarté fugitive posée sur le monde. Un puits sans fond où puiser, sans mesure, la palette entière des émotions humaines. J’essaie, sans reprendre la recette des éloges, d’écrire de la poésie — ou du moins de m’en approcher, de frôler ce qui, pour moi, en porte le nom. Je me love dans cette matière à la fois sibylline et mouvante. Sibylline, parce qu’elle me parle dans une langue étrange, souvent indéchiffrable. Mouvante, parce qu’elle m’échappe, indomptable, refusant toute maîtrise. À la hauteur de mes moyens, j’essaie simplement d’être celui que je choisis d’être : le témoin de ce qui m’habite et de ce qui m’entoure. Je ne suis rien de plus qu’un être en besoin d’expression, offrant ce que la vie consent à me laisser croire, ressentir et partager.

Vous trouverez sur ce blog toutes mes humeurs poétiques, de la poésie plus ou moins libre selon l'état d'esprit du moment...

« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »

Si vous souhaitez lire l’essentiel, cliquez sur l’onglet « tous mes recueils en libre accès sous format PDF »

Les écrits et les illustrations numériques sont de ma plume. Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont j’ignore les auteurs ; je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer. Il peut arriver aussi qu'un vers se glisse et qu'il ne m'appartienne pas, par pur hasard ou pas, je l'indique lorsque je pense qu'il en est nécessaire. En bas du blog, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre... Attention je ne tiens pas à jour tous les liens... Et souvenez vous que la poésie est une suspension qui éclaire le monde !

Toutes les fautes d'orthographes sont corrigées au fur et à mesure des rencontres... Et toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite

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vendredi

Ce qui insiste

« à lire ou à écouter » 
 
 Devant le café.
Ça bouge encore sans raison.

Il y a quelque chose là.
Pas stable.
Pas nommable correctement.
Un reste qui insiste.

La tasse fume,
puis moins,
puis encore un peu — peut-être — ou déjà fini.

Je ne sais pas si je suis assis exactement comme il faut.
Je pourrais être décalé de quelques centimètres
sans que ça change quoi que ce soit.

Derrière, quelqu’un rit trop fort puis s’arrête net,
comme coupé.

Je ne regarde pas.
Ou si, mais sans geste clair.

La vitre ne sépare pas vraiment.
Elle appuie. Elle insiste aussi.

Un pigeon sur une poubelle fermée.
Il n’attend pas. Il ne part pas non plus.

Les poèmes continuent
même quand ils ne servent plus,
comme un appareil qu’on n’éteint pas
parce qu’on a oublié le bouton.

Dehors, tout use tout.
Les choses passent dans une matière lente.

Bus : frein trop sec. Air cassé.
Rien ne revient à sa forme.

Un sac plastique tient dans le mouvement,
sans direction stable.
Il ne tombe pas — il hésite à tomber.

Un chien,
entièrement concentré sur un point invisible.
Tout son corps y est déjà.

Les gens passent.
Ils ne se reprennent pas en marchant.
Ils laissent faire leur propre désordre.

Le percepteur écrit quelque chose,
mais ce n’est pas sûr que ce soit écrit correctement.
Les visages sont juste des zones.

Une phrase essaie de se tenir.
Elle glisse. Elle recommence.
Elle ne décide pas.

On vit avec un poids sans origine.
Pas une idée.
Plutôt un fait mal expliqué.

Amour :
deux gestes qui se croisent
sans vraiment se reconnaître.
Cuisine. Évier. Bruit d’eau trop long
qui ne finit pas de finir.

Je regarde la rue,
ou elle me traverse,
ou aucun des deux.

La tasse est froide maintenant.
Ou pas froide exactement.
Il y a un moment où ça ne correspond plus.
Je ne sais plus lequel.

Ça continue encore un peu.
Et après.
Et après.

2 commentaires:

  1. Cigarillo al limonemai 29, 2026

    Est-ce que tout a tendance à vivre dans le déséquilibre ou est-ce ton regard qui fait frissonner ce tout, le rendant instable.

    Assis dans son café, le narrateur tangue, ne trouve pas sa place mais se rassure presque un peu de prendre conscience que rien ni personne ne se trouve à la bonne place.

    Il fait partie de ce monde, en équilibre précaire, un peu hésitant, en tout.

    Et un peu après, tout continue, brinqueballant, mais vivant, pourtant.

    Effectivement, ça ne finit plus de finir...

    J'aime beaucoup ta poésie, et ta plume.

    Merci beaucoup pour le partage.

    Mes amitiés

    RépondreSupprimer
  2. J’ai trouvé le texte très maîtrisé, avec une vraie voix et une perception du réel constamment en train de se décaler.
    Les images m’ont paru fortes sans chercher l’effet, et le flottement du rythme donne une vraie cohérence à l’ensemble.
    J’aurais seulement aimé quelques variations plus nettes dans l’intensité pour renforcer encore davantage la puissance du texte.

    RépondreSupprimer

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