Qui suis-je ?

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La poésie est une suspension du temps, une clarté fugitive posée sur le monde. Un puits sans fond où puiser, sans mesure, la palette entière des émotions humaines. J’essaie, sans reprendre la recette des éloges, d’écrire de la poésie — ou du moins de m’en approcher, de frôler ce qui, pour moi, en porte le nom. Je me love dans cette matière à la fois sibylline et mouvante. Sibylline, parce qu’elle me parle dans une langue étrange, souvent indéchiffrable. Mouvante, parce qu’elle m’échappe, indomptable, refusant toute maîtrise. À la hauteur de mes moyens, j’essaie simplement d’être celui que je choisis d’être : le témoin de ce qui m’habite et de ce qui m’entoure. Je ne suis rien de plus qu’un être en besoin d’expression, offrant ce que la vie consent à me laisser croire, ressentir et partager.

Vous trouverez sur ce blog toutes mes humeurs poétiques, de la poésie plus ou moins libre selon l'état d'esprit du moment...

« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »

Si vous souhaitez lire l’essentiel, cliquez sur l’onglet « tous mes recueils en libre accès sous format PDF »

Les écrits et les illustrations numériques sont de ma plume. Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont j’ignore les auteurs ; je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer. Il peut arriver aussi qu'un vers se glisse et qu'il ne m'appartienne pas, par pur hasard ou pas, je l'indique lorsque je pense qu'il en est nécessaire. En bas du blog, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre... Attention je ne tiens pas à jour tous les liens... Et souvenez vous que la poésie est une suspension qui éclaire le monde !

Toutes les fautes d'orthographes sont corrigées au fur et à mesure des rencontres... Et toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite

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lundi

On dit que tout va bien

On dit que tout va bien.
On dit que ça va passer.
On dit beaucoup de choses
Quand on n’écoute plus rien.

La culture serait morte.
Pas assassinée.
Non.
Asphyxiée.
Sous les écrans,
Sous l’instant,
Sous l’urgence de produire
Quelque chose
Qui ressemble à quelque chose.
Le plus petit murmure.
La petite chuchote.
La normale s’essouffle.
La moyenne se répète.
La grande se vend.
La plus grande
S’oublie.
Créer, c’était risquer.
Maintenant, c’est remplir.
Transmettre, c’était relier.
Maintenant, c’est distraire.
 
L’éducation agonise.
Pas dans le sang.
Dans la fatigue.
Des classes pleines.
Des têtes lourdes.
Des cerveaux en veille.
On apprend à cocher
Avant d’apprendre à douter.
On apprend à répondre
Avant d’apprendre à questionner.
On fabrique des compétences,
Pas des consciences.
Des profils,
Pas des esprits libres.

Extrême droite.
Droite.
Centre.
Macron.
Gauche.
Extrême gauche.
Même décor.
Mêmes promesses recyclées.
Même distance.
Ils parlent d’en haut
À des gens d’en bas
Qui ne lèvent même plus la tête.
Ils parlent chiffres.
On parle loyers.
Ils parlent croissance.
On parle survie.
La politique est hors sol.
Et nous,
On s’enfonce.

La violence est banalisée
Parce qu’elle est partout
Et qu’on n’a plus de mots
Pour la dire autrement.
20 ans : déjà blasé.
16 ans : déjà en colère.
12 ans : déjà exposé.
On se rassemble
Sans horizon.
On se plante
Sans surprise.
On se flingue
Sans futur.
À feu.
À sang.
À tort.
À travers.
Quand plus personne n’écoute,
Les poings prennent la parole.

La colère naît tôt.
Très tôt.
Elle est déjà là
Au berceau.
Mais sans carte.
Sans nord.
Sans main tendue.
Elle brûle.
Elle éclaire.
Puis elle consume
Celui qui la porte.

FIN ?
Ou début.
 
Si on accepte
D’ouvrir les mains
Avant de lever le poing.
Si on accepte
De penser ensemble
Avant de s’affronter.
Parce que la solution
N’est peut-être pas
Dans ce qu’on crie…

…mais dans le moment
Où on recommence
À s’écouter.

*  
Version Recueil

On dit que tout va bien.
Comme si on fermait les volets trop tôt,
pour ne pas voir la lumière qui baisse.

On dit que ça va passer,
comme une averse d’été,
alors que l’humidité reste dans les murs.

On dit beaucoup de choses.
Des mots qui tombent juste,
mais jamais au bon endroit.

La culture ne meurt pas.
Elle fermente.
Comme un fruit oublié derrière une vitre,
trop mûr pour être mangé,
pas assez mort pour disparaître.

On crée. Ou plutôt —
on remplit le vide avec du bruit.

Avant, fragile.
Aujourd’hui, sûr de plaire.
Par peur. Par fatigue. Par silence.

Je repense à une salle de classe.
Un matin de novembre.
L’air trop chaud, les manteaux encore sur les chaises.

Un élève fixe la fenêtre.
Mais il regarde son reflet.
Comme s’il vérifiait qu’il est encore là.

Un autre scrolle sous la table.
Son pouce a pris de l’avance sur sa pensée.

Quelqu’un répond.
Juste. Rapidement.
La bonne réponse.
Pas forcément la bonne question.

On avance dans le programme
comme on coche une liste de courses.

Comprendre ?
On verra après.

Douter ?
On n’a pas le temps.

L’éducation s’use.
Comme une craie trop courte
qu’on continue d’utiliser
jusqu’à écrire avec la peau des doigts.

On apprend à être fonctionnel.
Efficace. Adaptable.

Et doucement,
presque sans s’en rendre compte,
on devient capable de tout faire
sauf de s’arrêter.

Dehors, les discours tournent.
Droite. Centre. Gauche.

On n’écoute plus pour comprendre.
On écoute pour confirmer ce qu’on savait déjà.

La distance s’infiltre,
comme une fuite lente dans un mur porteur.

La violence surgit.
Dans un regard.
Dans un geste qu’on ne fera pas.
Dans un film au lieu d’un acte.

La colère commence tôt.
Silence trop long. Chaise vide.

Elle éclaire, puis déforme.
Elle désigne des coupables.
Soulage un instant.

Alors — fin ?
Peut-être pas.

Peut-être commence-t-on
par une main ouverte.
Une question posée.
Sans réponse immédiate.
Accepter de ne pas avoir raison seul.

Crier, on sait.
S’opposer aussi.
Écouter vraiment — rare.

Et ça fait peur.

Ce n’est pas une solution.
C’est une responsabilité.
Un espace qu’on rouvre —
sans garantie qu’il reste habitable.

Pour entendre
ce qui était couvert par le bruit.

Et voir,
s’il reste assez de voix
ou de silence
pour recommencer à vivre.


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