Il y a une invitée plantée dans la neige tiède de mes songes.
Pas dans la tête.
Plus bas.
Là où ça fond sans bruit.
Elle circule
comme si elle connaissait déjà le chemin.
Bête marine,
sans contour,
elle dérive.
Je la regarde.
Sa tête cherche des lèvres.
J’embrasse
non pas une bouche,
mais une lumière
qui hésite encore
à devenir matière.
Insomnie.
Le téléphone a redémarré tout seul.
Le corps devient trop étroit pour la nuit.
Quelque chose cogne
contre les parois internes.
Insiste.
On recouvre nos nuits
de draps blancs
en croyant disparaître.
Mais quelque chose revient toujours :
une buée,
un reste,
un minuscule animal
sous la glace.
Ça craque.
Ça brûle froid.
Alors j’obéis.
Je laisse derrière moi
des silhouettes
qui tiennent une seconde,
puis se dissolvent
comme de la buée
sur une vitre.
La boue devient mousse
sous mes pas imaginaires.
Je tiens mal la nuit.
Elle me porte
mieux que moi.
J’avale des flocons.
Écrire n’est pas un choix.
C’est rester.
Quand je ne peux plus,
j’écris quand même.
Je dérive
sur une mer immobile,
page ouverte.
Et l’invitée
est toujours là.
Pas une présence.
Pas une idée.
Un battement
sans origine.
Puis quelque chose bascule.
Elle ne tient plus
dans sa forme.
Elle devient eau.
Je n’ai pas répondu.
Il restait
un message non lu.

Bonjour,
RépondreSupprimerJ'ai adoré ma lecture et découvrir cette invitée qui semble avoir plusieurs visages.
J'espère que l'un de ces visages prendra pour longtemps quartier en toi, que je puisse encore te lire.
Mes amitiés
Le rythme du texte, avec ses phrases qui alternent entre contemplation et action, crée une atmosphère immersive qui captive l’attention. La manière dont l’écriture est présentée comme une nécessité vitale (“Écrire n’est pas un choix. C’est rester.”) renforce l’idée que l’art peut être un refuge face aux tumultes de la vie.
RépondreSupprimerLa progression vers la transformation de l’invitée en eau, qui symbolise peut-être l’évanescence des sentiments ou des pensées, est particulièrement puissante. La fin, avec la mention d’un message non lu, ajoute une touche d’irrésolution et de mystère, laissant le lecteur avec un sentiment d’inachevé.
Je découvre la une belle écriture. Fluide. Et qui saute mouton parmi les sentiments.
RépondreSupprimerJ’ai aimé cette retenue
Amitiés
Gavots