parce que le silence a des dents,
entre tes pensées.
Le canapé t’engloutit jusqu’aux genoux,
l’horloge mastique les secondes
comme un chien affamé sous la table,
ses dents claquant dans le vide.
L’écran s’allume :
un œil de néon crache des visages flottants,
ombres qui se débattent
dans des vies volées.
Les images tombent,
pluie d’aluminium froissé,
scintillante, crépitante,
tranchant tes yeux et ta peau,
empoisonnant tes oreilles,
et la pensée tente de pousser
comme herbe verte
entre les dalles sèches d’un monde cassé.
La lampe penche la tête,
comme un vieux sage épuisé
qui voit tout et ne dit rien.
Tu regardes la télé —
parce que l’ennui est un serpent invisible,
serpentant dans la pièce,
reniflant, froissant tes idées,
sifflant entre tes côtes.
La télé n’est qu’une boîte lumineuse
où l’on jette des poignées de lumière
Mais parfois,
entre deux publicités,
un silence tombe de l’écran
comme une pluie noire.
Pendant une seconde,
le monde entier devient
une question oubliée,
une brûlure douce derrière les paupières,
un souffle où la pensée
pousse enfin, sauvage,
comme un feu vert à travers la poussière.

Voici un poème très réussi riche d'images fortes et originales, tout cela dans un ensemble bien construit et architecturé avec une belle progression de la pensée jusqu'à cette chute méditative.
RépondreSupprimerFélicitations.
Je plussoie l'avis d'Hellian
RépondreSupprimerBravo pour ces vers vraiment libres