quelque chose s’arrime
sec, presque coupant,
à la lisière des cils.
Puis ça décroche.
Sans prévenir.
Comme une trace de froid
qu’on croit tenir
et qui glisse hors du contact.
Je ne sais pas où ça bascule
quand ça cède —
mais la paume, elle,
reste entrouverte,
habitée d’un reste de chaleur
qui ne correspond plus à rien.
Sur les doigts,
une odeur âpre,
comme si la peau avait frotté
contre une pièce trop longtemps oubliée.
Dans la gorge :
une vibration basse,
pas un son —
plutôt un animal immobile
qui refuse de partir.
Puis la lumière tranche.
Net.
Comme si l’espace lui-même
se retirait d’un coup.
J’ai voulu serrer.
Les phalanges blanchissent —
ça imprime,
ça entame,
mais ça ne retient rien.
Alors je laisse passer.
De travers.
Ça accroche.
Les mots viennent en morceaux,
comme une présence collée au noir —
on la devine dans la pression de l’air
avant qu’elle prenne forme,
sans savoir
si elle tiendra.
Parfois je m’acharne.
Je pousse —
et tout se défait d’un bloc.
Alors j’abandonne.
J’attends
que quelque chose cède de l’intérieur,
que ça relâche
ce point dur
planté sous les côtes.
Accepter
de ne pas localiser
ce qui insiste,
ni même ce que c’est.
Et quand enfin ça affleure,
c’est déjà hors de portée :
il n’y a plus de prise.
C’est passé.
Le corps, lui,
réagit trop tard —
comme s’il reconnaissait
une empreinte retirée.
Mais déjà
ça n’a plus de forme.

Bravo pour ce poème explore des thèmes profonds de l’absence, de la perte et de l’impuissance face aux émotions.
RépondreSupprimerHello James... La recherche de ce qui se cache derrière les mots et les sensations est poignante, et l’idée d’accepter l’incertitude est un message universel qui touche profondément. Amicalement Pat
SupprimerAlors il te faut refermer tes doigts sur cette paume ouverte et les garder bien serrés pour y conserver tous ces sentiments douloureux en attendant de plus agréables sensations.
RépondreSupprimerJ'espère avoir bien compris le sens de ce texte.
Bien amicalement ODE
J’attends
RépondreSupprimerque ça lâche de l’intérieur,
que ça desserre
ce nœud têtu
dans la poitrine.
Accepter
de ne pas savoir
où ça bat,
ni quoi.
C'est triste de lire la douleur des autres. Toujours. Mais c'est un privilège des humains de pouvoir la communiquer et de toucher la sensibilité des autres.
lilia
Bonjour,
RépondreSupprimerLes mots, les phrases "cassés", ce côté lancinant comme un couteau qui s'enfonce doucement dans les chairs.
Te lisant, je suis tombé avec toi.
Un poème intimiste qui créé du lien.
J'ai vraiment beaucoup aimé.
Mes amitiés.