Elle a changé.
Mais le trottoir parle encore.
Rien n’a changé.
Alors elle se tait.
Le matin est un poisson violet
Qui nage dans les coins de sa chambre.
Le chat à trois yeux a oublié son nom
Et ses chaussures ont disparu sous le plafond.
Sa peau flotte dans un verre d’eau
Où nagent des horloges molles
Qui comptent les battements d’une étoile cassée.
Le vent souffle des lettres mortes
Dans les interstices de ses doigts.
Les lampadaires ont des visages
Et sourient quand le bitume éternue.
Le soleil pèse des oranges rouges
Dans sa poitrine
Et le ciel a des cordes
Pour tirer les souvenirs
Hors de ses cheveux.
Elle marche sur des rivières figées
Qui rêvent de marcher à sa place.
Ses gestes deviennent des constellations
Et chaque étoile est un souffle
Qui la retient ou la repousse.
Rien ne fuit.
Rien ne reste.
Tout tremble
Dans un battement trop grand pour sa cage thoracique.
Changer ?
Changer est une tache d’encre
Qui se dilue dans le vert des murs
Et se moque de ses pieds nus.
Elle suspend le temps
À quelques centimètres du vide
Où les pierres rient et les nuages hurlent
Que tout est déjà arrivé
Avant d’être imaginé.
Et peut-être que tenir
N’est pas respirer
Mais se fondre
Dans le fracas
Et la lumière
Et l’absence.
*
Version 2
Elle a changé.
Mais le trottoir parle encore.
Rien n’a changé.
Alors elle se tait.
Le matin est un poisson violet
qui nage dans les coins de sa chambre.
Le chat à trois yeux a oublié son nom,
et ses chaussures se sont glissées sous le plafond.
Sa peau flotte dans un verre d’eau
où nagent des horloges molles
qui comptent les battements d’une étoile cassée.
Le vent souffle des lettres mortes
entre ses doigts.
Les lampadaires ont des visages
et sourient quand le bitume éternue.
Le soleil pèse des oranges rouges
dans sa poitrine.
Le ciel a des cordes
pour tirer les souvenirs
hors de ses cheveux.
Elle marche sur des rivières figées
qui rêvent de marcher à sa place.
Ses gestes deviennent des constellations,
chaque étoile un souffle
qui la retient ou la repousse.
Rien ne fuit.
Rien ne reste.
Tout tremble
dans un battement trop grand pour sa cage thoracique.
Changer ?
Changer est une tache d’encre
qui se dilue dans le vert des murs
et se moque de ses pieds nus.
Elle suspend le temps
à quelques centimètres du vide,
où les pierres rient
et les nuages hurlent
que tout est déjà arrivé
avant d’être imaginé.
Et peut-être que tenir
n’est pas respirer,
mais se fondre
dans le fracas,
la lumière,
l’absence.
*
Version 3
Elle a changé.
Le trottoir, lui, parle encore.
Alors elle se tait.
Le matin est un poisson violet.
Il nage lentement dans les coins de la chambre,
frôle les murs,
revient.
Elle le regarde sans bouger.
Peut-être qu’il cherche une sortie.
Peut-être qu’elle l’a oubliée.
Le chat à trois yeux ne vient plus.
Ou peut-être qu’il est là,
mais sans nom.
Elle essaie de se souvenir du sien.
Rien ne répond.
Ses chaussures ont glissé jusqu’au plafond.
Elles attendent.
Immobiles.
Comme si marcher
était devenu impossible.
Sa peau flotte dans un verre d’eau.
Les horloges dérivent autour.
Elles ne comptent plus les heures.
Seulement quelque chose
qui bat mal.
Elle met la main dedans.
Le temps se brise.
Le vent lui glisse des lettres entre les doigts.
Elle en retient une.
Elle casse.
Les lampadaires ont des visages.
Ils sourient.
Pas à elle.
Le soleil roule dans sa poitrine.
Des fruits trop lourds.
Chaque mouvement résonne.
Trop fort.
Elle s’arrête.
Le ciel descend des cordes.
Il tire doucement
quelque chose hors d’elle.
Un souvenir.
Puis un autre.
Elle ne dit rien.
Elle marche sur une rivière figée.
Sous ses pieds, l’eau insiste.
Elle voudrait avancer à sa place.
Ses gestes se dispersent.
Des étoiles sans ciel.
Certaines la retiennent.
D’autres l’oublient.
Elle ne sait plus
si elle avance
ou si elle se défait.
Rien ne fuit.
Rien ne reste.
Seulement ce tremblement
trop grand pour son corps.
Changer —
C’est une tache d’encre
qui s’approche lentement.
Elle recule.
Ou croit reculer.
Ça ne touche jamais.
Ça ne s’arrête jamais.
Alors elle suspend le temps.
Juste là.
Avant.
Les pierres rient.
Les nuages savent.
Tout est déjà arrivé.
Même ça.
Et tenir —
ce n’est pas respirer.
C’est rester.
Jusqu’à ne plus attendre.
Jusqu’à ne plus chercher.
Jusqu’à devenir
ce qui faisait du bruit.
Et comprendre, trop tard,
que le silence
venait d’elle.
*
Version 4
Elle a changé.
Le trottoir, lui, parle encore.
Alors elle se tait.
Le matin est un poisson violet. Il nage dans les coins de la chambre. Il revient.
Elle ne bouge pas.
Peut-être qu’il cherche une sortie.
Peut-être qu’il n’y en a jamais eu.
Le chat à trois yeux ne vient plus.
Ou bien il est là, sans nom.
Elle cherche le sien.
Rien.
Ses chaussures ont glissé jusqu’au plafond.
Elles attendent.
Sa peau flotte dans un verre d’eau.
Les horloges dérivent autour.
Elles comptent mal.
Quelque chose bat. À côté.
Elle plonge la main.
Ça casse.
Le vent glisse des lettres entre ses doigts.
Elle en retient une.
Elle cède.
Les lampadaires ont des visages.
Ils sourient.
Pas à elle.
Le soleil roule dans sa poitrine.
Trop lourd.
Elle s’arrête.
Le ciel descend des cordes.
Il tire.
Un souvenir.
Puis rien.
Elle ne suit pas.
Elle marche sur une rivière figée.
Sous ses pieds, l’eau insiste.
Ses gestes se dispersent.
Des étoiles sans ciel.
Certaines tirent.
D’autres lâchent.
Elle ne sait plus.
Si elle avance
ou si elle disparaît.
Rien ne fuit.
Rien ne reste.
Seulement ce tremblement
trop grand.
Changer —
une tache d’encre
qui s’approche.
Elle recule.
Ou croit.
Ça ne touche pas.
Ça ne finit pas.
Alors elle suspend le temps.
Juste avant.
Les pierres rient.
Les nuages savent.
Tout est déjà arrivé.
Même ça.
Tenir —
ce n’est pas respirer.
C’est rester.
Jusqu’à
ne plus attendre.
Ne plus chercher.
Jusqu’à devenir
le bruit.
Puis
comprendre
trop tard
que le silence
venait d’elle.
*
Version 5
Elle a changé.
Le trottoir, lui, parle encore.
Alors elle se tait.
Le matin est un poisson violet.
Il nage dans les coins de la chambre.
Il revient.
Toujours.
Elle ne bouge pas.
Peut-être qu’il cherche une sortie.
Peut-être qu’il n’y en a jamais eu.
Le chat à trois yeux ne vient plus.
Ou bien il est là, sans nom.
Elle cherche le sien.
Rien.
Ses chaussures ont glissé jusqu’au plafond.
Elles attendent.
Comme si marcher
avait été retiré du monde.
Sa peau flotte dans un verre d’eau.
Les horloges dérivent autour.
Elles comptent mal.
Quelque chose bat.
À côté.
Elle plonge la main.
Ça résiste.
Puis ça cède.
Le temps se fend.
Le vent glisse des lettres entre ses doigts.
Elle en retient une.
Elle la serre.
Elle disparaît.
Les lampadaires ont des visages.
Ils sourient.
Pas à elle.
Le soleil roule dans sa poitrine.
Trop lourd.
Chaque mouvement résonne.
Alors elle s’arrête.
Le ciel descend des cordes.
Il tire.
Lentement.
Un souvenir.
Puis un autre.
Puis presque rien.
Elle ne suit pas.
Elle marche sur une rivière figée.
Sous ses pieds, l’eau insiste.
Elle voudrait avancer à sa place.
Ses gestes se dispersent.
Des étoiles sans ciel.
Certaines tirent.
D’autres lâchent.
Elle ne sait plus
si elle avance
ou si elle disparaît.
Rien ne fuit.
Rien ne reste.
Seulement ce tremblement
trop grand pour son corps.
Changer —
une tache d’encre
qui s’approche sans jamais atteindre.
Elle recule.
Ou croit reculer.
Ça ne touche pas.
Ça ne finit pas.
Alors elle suspend le temps.
Juste avant.
Les pierres rient.
Les nuages savent.
Tout est déjà arrivé.
Même ça.
Tenir —
ce n’est pas respirer.
C’est rester.
Jusqu’à ne plus attendre.
Jusqu’à ne plus chercher.
Jusqu’à devenir
ce qui faisait du bruit.
Et comprendre, trop tard,
que le silence
venait d’elle seule.
Bonjour cher James
RépondreSupprimerTrop beau poème
Merci pour cette balade poétique cordialement.