les yeux clos
elle dérive encore
dans son huis clos salé
Un souffle d’éventail
effleure ses tempes
comme si l’air hésitait
à troubler son sommeil
Une chanson de corail
glisse entre ses lèvres
comme une matière de sel
L’amour traverse les seuils
sans bruit, sans rive
porté par une lente dérive
De la mousse d’un instant
naît un rivage sans nom
où même les méduses
perdent leur forme
Sur son visage endormi
s’ouvre une étendue sans bord
Sous un voile de sauvagine
corps de sel, peau de brume
elle flotte encore
Elle n’est plus qu’un silence
qui a appris à durer
une sirène sans histoire
Le monde, au loin, se défait
dans un murmure ancien
mais rien ne la rejoint
Une lueur insiste
au bord de ses paupières
comme une main du large
Elle cède sans comprendre
et quelque chose en elle
remonte lentement

Un splendide poème !
RépondreSupprimerUn poème où l’amour devient mer et dissout le sujet.
Comme c'est beau et doux j'ai pensé à Brigitte Bardot une sirène à jamais merci
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