Chaque matin,
une lumière étrangère
redessine les pommettes,
efface une fatigue,
repousse une ride hors du cadre.
Les écrans déposent sur les yeux
des étés sans sueur,
des nuits sans solitude,
des sourires qui ne tremblent jamais.
Alors chacun avance
avec son reflet
au bout d’une laisse invisible.
Dans les vitrines du monde,
les corps se tiennent immobiles
sous la lumière.
Une bouche se resserre,
un visage se redresse,
et le moindre défaut disparaît
comme une tache d’eau sur le verre.
Mais quelque part,
derrière le miroir,
un visage oublié
continue de respirer.
Il ne demande rien.
Une mèche lui tombe sur le front.
Une chaussette est seule,
l’autre a disparu.
Et soudain,
le miroir ne sait plus quoi faire.
La beauté est sortie du cadre.
Elle marche pieds nus,
les cheveux en bataille,
avec une tache sur le genou
et le soleil dans les yeux.
Elle ne regarde plus le miroir.
Elle avance.
Qui suis-je ?
- James perroux
- La poésie est une suspension du temps, une clarté fugitive posée sur le monde. Un puits sans fond où puiser, sans mesure, la palette entière des émotions humaines. J’essaie, sans reprendre la recette des éloges, d’écrire de la poésie — ou du moins de m’en approcher, de frôler ce qui, pour moi, en porte le nom. Je me love dans cette matière à la fois sibylline et mouvante. Sibylline, parce qu’elle me parle dans une langue étrange, souvent indéchiffrable. Mouvante, parce qu’elle m’échappe, indomptable, refusant toute maîtrise. À la hauteur de mes moyens, j’essaie simplement d’être celui que je choisis d’être : le témoin de ce qui m’habite et de ce qui m’entoure. Je ne suis rien de plus qu’un être en besoin d’expression, offrant ce que la vie consent à me laisser croire, ressentir et partager.
Vous trouverez sur ce blog toutes mes humeurs poétiques, de la poésie plus ou moins libre selon l'état d'esprit du moment...
« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »
Si vous souhaitez lire l’essentiel, cliquez sur l’onglet « tous mes recueils en libre accès sous format PDF »
Les écrits et les illustrations numériques sont de ma plume. Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont j’ignore les auteurs ; je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer. Il peut arriver aussi qu'un vers se glisse et qu'il ne m'appartienne pas, par pur hasard ou pas, je l'indique lorsque je pense qu'il en est nécessaire. En bas du blog, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre... Attention je ne tiens pas à jour tous les liens... Et souvenez vous que la poésie est une suspension qui éclaire le monde !
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La beauté est sortie du cadre
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Narcisse...Le reflet de soi-même que l'on aime plus que tout mais l'apparence est-elle si importante ?
RépondreSupprimerTexte original. Merci !
Merci pour ce beau commentaire.
SupprimerNarcisse nous rappelle que le reflet peut devenir un piège lorsque l’apparence prend toute la place.
Mais derrière le miroir, il reste ce que le regard ne peut ni lisser ni retoucher : les failles, les émotions, les souvenirs…
Peut-être que la vraie beauté commence justement lorsque l’on cesse de vouloir se reconnaître dans son propre reflet.
Dans un monde d’aberration les faces de pleine lune finiront par effacer les miroirs jusqu'au tain.
RépondreSupprimerEt quand les miroirs auront rendu l’âme,
Supprimeril ne restera plus qu’à demander à la lune de faire les selfies !
C'est malin ! l'image ne va pas me quitter de la journée !
SupprimerToujours là... Bon signe ?
Supprimer« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu plus
RépondreSupprimeravant de renvoyer les images. »
Jean Cocteau
Il est vrai que nous regardons l’image, mais rarement ce qu’elle cache.
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