Elle ne frappe pas.
Elle veille.
Puis elle prend mes mots,
les retourne dans sa lumière,
en brouille la trace,
leur prête une autre bouche.
Même ceux qui l’ont créée
dorment avec leurs écrans ouverts.
La nuit leur murmure
des phrases sans visage.
Moi, je contemple mon écran
et je me demande :
si la machine recueille
mes poèmes,
mes songes,
mes blessures,
que restera-t-il de moi
lorsque même ce que je tais
ne m’appartiendra plus ?
Et surtout,
qui les lira encore ?

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