Mon travail effaçait les traces de la boue, tandis qu’une petite fille à la chevelure blanche demeurait là, immobile, au milieu des champs de betteraves. Elle aimait la solitude. Elle contemplait la pluie, s’immergeait dans les nuances du soleil, observait le monde avec son chat posé à la fenêtre. Puis elle s’endormait, paisiblement, sur la margelle du temps.
L’éternité, comme les almanachs, semblait avoir atteint sa dernière page. Elle continuait pourtant de hanter les craintifs, les autels des sorcières, les infirmières dévouées et les amoureux de la mythologie. Si loin et si proche à la fois, elle n’était qu’un bref intermède offert aux cinq sens.
Pendant qu’elle savourait une dernière chicorée, le coin de la pièce se réchauffait lentement. Une libellule s’approchait, réclamant des dettes de caresses, des baisers oubliés, des poésies longtemps retenues.
Ne parlons pas trop. Il n’existe jamais plus de temps que celui qu’il faut pour tout perdre. Dans le sac, je rangeais ce désir discret de contrebande intérieure, tandis que la longévité continuait de nous échapper. Nous ne vivons qu’une fois, et pourtant nous mourons plusieurs fois. Alors, apprenons des maîtres de l’immatériel l’art fragile de prédire sans tromper. Cherchons notre boule de cristal : non pour connaître l’avenir, mais pour déjouer la routine et le conformisme.
Elle est honnête, et je l’accueille.
Elle est empathique, et je l’apprends.
Elle est exigeante, et je l’accepte.
Dans cet accord silencieux, le temps consent enfin à se taire.


J'ai apprécié les 4 premiers §. Moins la suite.
RépondreSupprimerOK... C'est un bon début.
SupprimerQuel beau conte fait d'une ribambelle de métaphores, aussi belles les unes que les autres.
RépondreSupprimerJe te tire mon chapeau, c'est écrit avec une manière exquise.
Au début j'ai eu du mal à rentrer dans ce texte car j'aime les poèmes, et rarement les textes courts ou longs...
Mais franchement j'ai été bluffé par ton écriture raffinée et surprenante.
Ton langage allume des éclairs, des soleils et le monde en a vraiment besoin à l'heure actuelle...
En un mot : Bravo
Pat
Si mes phrases allument quelques éclairs, les tiennes savent faire naître des soleils.
SupprimerMerci...