Qui suis-je ?

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La poésie est une suspension du temps, une clarté fugitive posée sur le monde. Un puits sans fond où puiser, sans mesure, la palette entière des émotions humaines. J’essaie, sans reprendre la recette des éloges, d’écrire de la poésie — ou du moins de m’en approcher, de frôler ce qui, pour moi, en porte le nom. Je me love dans cette matière à la fois sibylline et mouvante. Sibylline, parce qu’elle me parle dans une langue étrange, souvent indéchiffrable. Mouvante, parce qu’elle m’échappe, indomptable, refusant toute maîtrise. À la hauteur de mes moyens, j’essaie simplement d’être celui que je choisis d’être : le témoin de ce qui m’habite et de ce qui m’entoure. Je ne suis rien de plus qu’un être en besoin d’expression, offrant ce que la vie consent à me laisser croire, ressentir et partager.

Vous trouverez sur ce blog toutes mes humeurs poétiques, de la poésie plus ou moins libre selon l'état d'esprit du moment...

« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »

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Les écrits et les illustrations numériques sont de ma plume. Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont j’ignore les auteurs ; je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer. Il peut arriver aussi qu'un vers se glisse et qu'il ne m'appartienne pas, par pur hasard ou pas, je l'indique lorsque je pense qu'il en est nécessaire. En bas du blog, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre... Attention je ne tiens pas à jour tous les liens... Et souvenez vous que la poésie est une suspension qui éclaire le monde !

Toutes les fautes d'orthographes sont corrigées au fur et à mesure des rencontres... Et toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite

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mercredi

La porte entrouverte

Il est des jours
où les mots frappent à la vitre
comme des oiseaux perdus.
Je baisse les yeux.
La feuille blanche attend.
L'horloge rumine les heures,
et le café refroidit
dans sa tasse ébréchée.
 
Je pourrais refermer le cahier,
laisser le silence
déposer sa fine poussière
au fond de ma poitrine.

Pourtant,
je prends le stylo.

Au bord d'une flaque,
une libellule suspend le matin.
Ses ailes recueillent
un éclat de ciel,
si léger
que même le vent
semble retenir son souffle.

Il suffit
d'une herbe qui frissonne,
d'un cercle
qui s'élargit dans l'eau,
de l'ombre d'une feuille
qui glisse sur une pierre,
du chant d'une mésange
entre deux branches,
pour que le monde
oublie un instant
de courir après lui-même.

Alors je cherche
ceux
qui rentraient
avec l'odeur de la résine
accrochée à leurs manches,
les paumes tachées de myrtilles,
des morceaux de nuages
plein les yeux,
ceux qui connaissaient
les chemins avant les rues,
qui bâtissaient des royaumes
dans une souche creuse,
et croyaient
qu'une branche assez haute
pouvait toucher le ciel.

Où sont-ils passés ?

Je croise des visages
éclairés par une lumière bleue,
des doigts
qui glissent
sur des vitres sans poussière,
des pas
qui suivent
des itinéraires
dessinés bien avant eux.

Pourtant,
il reste
quelqu'un
qui suspend son pas
au chant d'un merle,
une femme
qui ferme les yeux
pour accueillir
l'odeur de la pluie,
un vieil homme
qui sourit
devant un pissenlit
éparpillant ses étoiles,
un enfant
qui éclate de rire
en regardant un escargot
traverser le chemin
avec toute l'éternité devant lui.

Ce sont eux
qui empêchent les fenêtres
de devenir des murs,
qui entretiennent
une braise discrète
sous les cendres des habitudes,
qui rappellent
que la beauté laisse simplement
une empreinte de pollen
sur la manche du passant.

Alors j'écris.
Non pour convaincre.
Seulement
pour laisser la porte entrouverte,
afin que demain,
une libellule
franchisse le seuil,
dépose sur la table
une goutte de lumière,
et rappelle,
qu'il suffit parfois
d'une aile transparente
pour que toute la journée
change de couleur.

1 commentaire:

  1. CinquiemeValleejuillet 16, 2026

    Belle présentation d'un poète sensible à l'indicibilité fugitive du beau...
    ...Ou, mieux dit :
    "L'insoutenable légèreté de l" être"

    RépondreSupprimer

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