Attends que le jour baisse
et rejoins-moi sur la lune.
Prends l’échelle du grenier,
celle en bois de rose
qui garde dans ses barreaux
quelques échardes d’enfance.
Ouvre la lucarne.
Sois rock,
comme un ouragan
qui aurait perdu le nord.
On laissera nos semelles
prendre leur retraite
et le sol se débrouiller sans nous.
Mon amour,
c’est là que l’imprudence
apprend à voler
sans demander la météo.
Rappelle-moi
le goût de ta langue,
cette petite mer
où mes mots perdent pied.
La terre après la pluie.
Nos chemises gonflées de vent.
Sur la peau,
ce que la mer oublie.
Alors,
je chercherai ta bouche
dans le désordre du vent.
J’embrasserai ta peau de pluie
avec des phrases mal coiffées,
des mots qui dérapent
et ne s’excusent pas.
Je préfère raconter nos orages
plutôt que cadrer nos silences.
Les images ont parfois
des barreaux aux fenêtres.
Ouvre ton parapluie.
Les étourneaux sont de retour.
Ils traversent le ciel
comme s’ils avaient rendez-vous
avec quelque chose
que nous avons oublié.
Viens.
La lune n’a pas de serrure.
Et cette nuit,
je voudrais que le monde
nous cherche
à la mauvaise adresse.

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