Qui suis-je ?

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La poésie est une suspension du temps, une clarté fugitive posée sur le monde. Un puits sans fond où puiser, sans mesure, la palette entière des émotions humaines. J’essaie, sans reprendre la recette des éloges, d’écrire de la poésie — ou du moins de m’en approcher, de frôler ce qui, pour moi, en porte le nom. Je me love dans cette matière à la fois sibylline et mouvante. Sibylline, parce qu’elle me parle dans une langue étrange, souvent indéchiffrable. Mouvante, parce qu’elle m’échappe, indomptable, refusant toute maîtrise. À la hauteur de mes moyens, j’essaie simplement d’être celui que je choisis d’être : le témoin de ce qui m’habite et de ce qui m’entoure. Je ne suis rien de plus qu’un être en besoin d’expression, offrant ce que la vie consent à me laisser croire, ressentir et partager.

Vous trouverez sur ce blog toutes mes humeurs poétiques, de la poésie plus ou moins libre selon l'état d'esprit du moment...

« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »

Si vous souhaitez lire l’essentiel, cliquez sur l’onglet « tous mes recueils en libre accès sous format PDF »

Les écrits et les illustrations numériques sont de ma plume. Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont j’ignore les auteurs ; je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer. Il peut arriver aussi qu'un vers se glisse et qu'il ne m'appartienne pas, par pur hasard ou pas, je l'indique lorsque je pense qu'il en est nécessaire. En bas du blog, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre... Attention je ne tiens pas à jour tous les liens... Et souvenez vous que la poésie est une suspension qui éclaire le monde !

Vous trouverez également sur ce blog des chansons et des poésies chantées ou lues. Les voix et les musiques sont réalisées avec l’aide de l’intelligence artificielle, via Song.do, à partir de prompts préalablement élaborés par mes soins. Les textes, eux, restent le fruit de ma plume ; l’IA intervient dans leur mise en voix et leur habillage musical.
Toutes les fautes d'orthographes sont corrigées au fur et à mesure des rencontres... Et toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite

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lundi

Ce que la terre délie

La terre a été retournée.

Des pierres sont remontées,
avec leur vieille nuit
coincée dans les veines.

Sous les ongles,
un peu de monde
s’est mis à saigner.

Des graines ont été semées
sans savoir
ce qui s’enterrait.

Quelques jours plus tard,
une tige a soulevé la terre.

Un fil vert,
une fêlure dans le noir.

Aucun mot.

Les arbres savent
ce que les mots
font mourir.

Le vieil olivier
garde au creux de ses branches
des nids désertés.

La mousse gagne les pierres.
Le temps ne fait pas de bruit.

Les feuilles tombent.
Aucune ne se retourne.

Des allées étaient prévues,
des bordures,
une place pour chaque chose.

Mais une herbe folle
a traversé le gravier.

Puis une autre.

Le jardin déplaçait les limites
sans toucher aux clôtures.

Un coin fut laissé
à l’abandon.

La friche y dressa
ses antennes minuscules.

Des insectes reprirent
possession de l’air.

Un oiseau se posa
sur le manche de la bêche.

Rien ne bougea.

Pour une fois,
rien ne demandait
d’attendre.

Le soir,
les outils refroidissent
contre le mur.

Dans l’herbe,
une fleur blanche
retient entre ses pétales
un peu de jour.

L’Éden avait-il des grilles
ou quelqu’un avait-il fermé
la porte derrière lui ?

La clé n’a jamais été retrouvée.

Chaque jour,
la terre est remuée.

Parfois, une racine
vient avec la mauvaise herbe.

Le jardin ne corrige personne.

Il pousse.

Un matin, peut-être,
les racines quitteront
leur cachette.

Pour l’instant,
tout demeure là.

Une fleur tremble
au bord du regard.

Reste à savoir
si quelqu’un la regarde
ou si elle attend
que tout disparaisse
pour s’ouvrir.

3 commentaires:

  1. Ton poème est profondément perrouxien. La matière devient mémoire et le vivant échappe à l'ordre humain...Le silence parle à la place des mots et la fin reste ouverte. Bravo !

    RépondreSupprimer
  2. Un peu d'eau à cette fleur oubliée, qui ne demande rien que de pousser en Paix, dans un jardin piétiné... Un peu de douceur dans ce monde... brut !

    RépondreSupprimer
  3. Retournez la terre sur peu de profondeur car la terre végétale ne subsiste qu'en surface.
    Vous verrez vos légumes prospérer et la faune sauvage n'en point demeurer aphone.
    Les chevreuils sont ne sont point petits fans...(témoignage de jardinier confirmé)

    RépondreSupprimer

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