n’est pas une réponse
posée au bout d’une question.
Elle n’est pas un portrait
qu’on cloue au mur
pour empêcher le temps
de changer son visage.
Elle entre.
Sur la table,
un coin de page se soulève.
Le livre était fermé
depuis longtemps.
Certaines arrivent
avec la mer accrochée aux cheveux,
d’autres portent dans les yeux
une neige ancienne
où mes pas n’ont jamais marché.
Elle vous emmène parfois
jusqu’au bout d’une rue inconnue
sans que la chaise
cesse de grincer sous votre poids.
Trois mots dans la poche,
un vieux ticket froissé,
un petit caillou ramassé en chemin
dont on a oublié la provenance
mais jamais le poids.
Les années passent.
Le caillou pèse
plus lourd que la poche.
Elle pousse une porte,
entre sans bruit.
Dans la maison,
une chaise n’est plus tout à fait
à sa place.
On ne la remet pas.
Un soir,
elle ne trouve plus les mots.
Ses mains entourent la tasse.
La cuillère touche la porcelaine.
Puis plus rien.
Parfois, elle s’en va.
Il reste un verre à moitié plein,
une chaise légèrement tirée,
un café qui refroidit
sur la table.
La lumière glisse.
Une miette tombe.
Personne ne la ramasse.
Le soir avance
contre les vitres.
La porte reste ouverte.
Au fond de la tasse,
une dernière goutte
brille encore.
Et dans la pièce,
sans qu’on sache pourquoi,
il y a toujours
une place pour elle.

Bonjour James, ton poème est magnifique.
RépondreSupprimerUne femme entre dans une vie et en change doucement les habitudes. Les objets du quotidien gardent alors la trace de sa présence. Même lorsqu’elle s’éloigne, le lien demeure, et la porte reste ouverte.