Ne pas vêtir sa nature,
la laisser nue,
comme une vérité
qui n’a besoin de personne.
Nudité du corps,
nudité de l’être :
quelque chose en soi
qui demeure sans nom.
Je rêve encore
au printemps des poètes,
à cette image de toi
qui n’existe nulle part,
sinon dans le pli secret
où le rêve se déshabille.
Soudain,
quelques libellules noires
traversent l’horizon
et l’obscurcissent.
Je suis ce berger
qui ne compte plus ses moutons,
à force de chercher
celui qui s’est échappé de lui.
Trop de silence
pour une seule nuit.
La lune,
inconnue et troublante,
se reflète
dans la lucarne du portable.
Elle n’y peut rien.
Quand les conteuses déraisonnent,
les compteurs débordent.
Et l’îlot de solitude
affiche complet.
Du bronze au marbre,
seules les statues
peuvent rester nues dans les villes,
sous les ailes indifférentes
des pigeons.
Mais toi,
tu demeures vêtue
de ce que je ne sais pas dire.
Alors,
quelque chose en moi
lâche prise.
Et pourtant,
j’aperçois un piano sur la mer.
Je ne suis plus qu’une épave
échouée entre deux marées,
attendant qu’une sirène,
un soir de folie douce,
me rende à l’océan.

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