Dans un élan dionysiaque,
de la graine au paysage,
par-delà les lumières apolliniennes,
je ne sais plus
qui chasse
et qui est pris.
Combien de temps
puis-je encore me servir de moi-même
comme rempart ?
Garder sous la peau
mes métaphores dangereuses,
mes violons d’Ingres,
cette joie qui déborde
et renverse les chaises.
Les feuilles mortes ont beau tomber,
quelque chose en moi
refuse de toucher terre.
J’adore la lune en été,
le soleil en hiver,
le vent qui joue de la harpe
dans les roseaux,
le sel laissé par la mer
sur la bouche du fleuve.
Les crocus sous la neige,
la chair surprise
par une gelée tardive,
cette graine d’or
que la terre garde en secret.
Ses lèvres parfumées,
ses nuits peuplées de cauchemars,
ses rêves
que le matin emporte.
Alors les mots se défont.
Même les virgules
ne savent plus
où me retenir.
J’adore ses couleurs changeantes,
ses printemps fougueux,
quand son regard s’éloigne
jusqu’au silence.
Dans un élan dionysiaque,
de la graine au paysage,
par-delà les lumières apolliniennes,
je sais enfin :
je suis la proie
de mon amour.

Un poème qui explore l’amour comme une force dionysiaque qui déborde la raison, bouleverse les défenses intérieures et transforme le regard porté sur le monde. Entre sensualité, instabilité et émerveillement, le poète découvre qu’en voulant se protéger de ses propres excès, il est déjà devenu la proie de son amour.
RépondreSupprimerL’amour nous prend là où l’on s’abandonne.
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