Dans l’entrée dort encore l’écharpe
oubliée derrière la porte,
comme un mot perdu quelque part
que personne jamais n’emporte.
Ils s’éloignent sans bruit, sans geste,
comme si l’amour n’avait plus de reste.
Ils s’éloignent, et rien ne retient,
pas même un mot, pas même un lien.
L’air n’a pas tremblé, rien ne cède,
tout reste en place, presque égal.
Mais sous la peau fine du monde tiède,
une fissure trace son signal.
La plante près de la fenêtre
penche un peu du même côté,
depuis que leurs gestes peut-être
ont cessé de la partager.
Ils s’éloignent sans bruit, sans geste,
comme si l’amour n’avait plus de reste.
Ils s’éloignent, et rien ne retient,
pas même un mot, pas même un lien.
Il reste un livre entrouvert
à la page où tout s’est arrêté,
et sur la vitre un peu d’hiver
que ses yeux aimaient regarder.
Cette absence s’est installée,
calme comme un meuble ancien,
et prend toute la place laissée
par ce qui ne revient plus de rien.
Ils s’éloignent sans bruit, sans geste,
comme si l’amour n’avait plus de reste.
Ils s’éloignent, et rien ne retient,
pas même un mot, pas même un lien.
Et dans ce vide qui respire,
sans colère et sans adieu,
tombe une neige qui expire,
lente, au fond de leurs yeux.
Ils s’éloignent sans bruit, sans geste,
comme si l’amour n’avait plus de reste.
Ils s’éloignent, et tout s’éteint,
sans même un « après », sans même un demain.
Qui suis-je ?
- James perroux
- La poésie est une suspension du temps, une clarté fugitive posée sur le monde. Un puits sans fond où puiser, sans mesure, la palette entière des émotions humaines. J’essaie, sans reprendre la recette des éloges, d’écrire de la poésie — ou du moins de m’en approcher, de frôler ce qui, pour moi, en porte le nom. Je me love dans cette matière à la fois sibylline et mouvante. Sibylline, parce qu’elle me parle dans une langue étrange, souvent indéchiffrable. Mouvante, parce qu’elle m’échappe, indomptable, refusant toute maîtrise. À la hauteur de mes moyens, j’essaie simplement d’être celui que je choisis d’être : le témoin de ce qui m’habite et de ce qui m’entoure. Je ne suis rien de plus qu’un être en besoin d’expression, offrant ce que la vie consent à me laisser croire, ressentir et partager.
Vous trouverez sur ce blog toutes mes humeurs poétiques, de la poésie plus ou moins libre selon l'état d'esprit du moment...
« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »
Si vous souhaitez lire l’essentiel, cliquez sur l’onglet « tous mes recueils en libre accès sous format PDF »
Les écrits et les illustrations numériques sont de ma plume. Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont j’ignore les auteurs ; je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer. Il peut arriver aussi qu'un vers se glisse et qu'il ne m'appartienne pas, par pur hasard ou pas, je l'indique lorsque je pense qu'il en est nécessaire. En bas du blog, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre... Attention je ne tiens pas à jour tous les liens... Et souvenez vous que la poésie est une suspension qui éclaire le monde !
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Sans bruit sans geste (Chanson)
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Une très, très belle chanson sur cet amour qui casse, en silence, sans bruit, sans geste...
RépondreSupprimerJe me suis retrouvé, dans cette chanson, d'une ancienne histoire mais les histoires ne finissent jamais réellement, elles continuent d'une autre façon, je pense, et parfois même elles continuent d'exister sans nous.
C'est bien entendu triste, cette chanson, mais les larmes ont la beauté du cristal traversé par le soleil.
Merci du partage.
Mes amitiés