Version poésie
J’ignore
Quelles tronches peuvent avoir ces AK-47
Dans le ciel noir de Paris,
Tous ces brûleurs de liberté,
Je les imagine
Sous le trait d’un pauvre type
Qui a flingué la vie
Parce qu’elle était là,
Vive et sans lui.
Dans le ciel noir de Paris,
AK-47, brûleurs de vie,
Liberté au cœur des ombres,
Renaissance sur les décombres.
Ces pourritures m’ont perforé les deux bras,
Et noyé mes frères avec mon sang.
If I was a god,
We’d have to move.
L’histoire est un perpétuel recommencement,
Dans le désordre,
Omaha Beach sous la pluie,
Les fleurs repoussent,
Et les croix blanches rappellent,
Des Bouzigues à même le comptoir,
Entouré de mes amis.
Paris brûle-t-il?
Bataille du pavé des martyrs,
Victoire des chevaliers des royaumes francs,
La profondeur d’un Graves
Entre Bichat et Alibert,
Le frisson d’un vrombissement,
J’entends mon grand-père chialer,
Boulevard Voltaire.
Dans le ciel noir de Paris,
AK-47, brûleurs de vie,
Liberté au cœur des ombres,
Renaissance sur les décombres.
L’ivresse d’un feu d’artifice,
Mes chrysanthèmes résistent.
Encore du cochon dans la basse-cour,
Gay de jolies bulles dorées,
Crache le sang,
Oasis kamikazes.
Le petit prince est mort dans le désert,
Le lâcher-prise absolu d’une nuit.
Kings of the Kalachnikov,
Oppressante monstruosité,
Et drapeau noir,
Dansent sur du funk en toutes circonstances.
L’Aubrac et son apaisante immensité,
Le fou rire de mes garçons,
Le hurlement assourdissant des autres,
Une vierge flottant sur la mer morte,
Une autre,
La gorge enfoncée dans le sol du Bataclan.
Dans le ciel noir de Paris,
AK-47, brûleurs de vie,
Liberté au cœur des ombres,
Renaissance sur les décombres.
L’art sous toutes ses formes,
Métal hurlant,
Un piège à rat,
La lueur d’une bougie,
Le délire sans limite
D’une soirée d’outre-tombe,
L’odeur d’une bière orpheline,
Les palpitations de l’inattendu.
Tant de choses à partager
D’horreur absolue
Et de beauté assassinée.
Ma tête éclate,
Je reviens à moi,
Deux exigences :
Seulement du vrai,
Toujours du respect.
L’art n’a rien à voir avec la morale,
L’absurdité a tout à voir avec ses ordures,
Notre sol doit maintenir vivante la vie.
Dans le ciel noir de Paris,
AK-47, brûleurs de vie,
Liberté au cœur des ombres,
Renaissance sur les décombres.
Si j’étais poète,
Il faudrait que je remue-méninge,
Je suis Paris.
*
Version chanson
Refrain (hook scandé)
Je suis Paris — quand ça craque sous les néons
Paris — dans le bruit qui efface les noms
Paris — même quand tout devient flou
je reste debout dans les trous
Je suis Paris — fendu mais vivant
Paris — dans le choc, dans le sang du temps
Paris — ça tient sans raison
dans les fissures du béton
Couplet 1 — Vision
J’vois des silhouettes dans le noir digital
des visages sans contours, sans signal
des gens perdus dans leurs propres réseaux
qui confondent le réel et les échos
ça passe vite, ça regarde sans voir
comme si le monde avait perdu la mémoire
et la ville respire par à-coups
comme un cœur qu’on entend plus trop
et puis — pause
le réel décroche, s’impose
Refrain
Je suis Paris — quand ça craque sous les néons
Paris — dans le bruit qui efface les noms
Paris — même quand tout devient flou
je reste debout dans les trous
Je suis Paris — fendu mais vivant
Paris — dans le choc, dans le sang du temps
Paris — ça tient sans raison
dans les fissures du béton
Couplet 2 — Mémoire
L’histoire revient en fragments cassés
Omaha sous la pluie, saturé
des ordres tombent comme du plomb mouillé
et la terre garde tout ce qu’on veut oublier
Boulevard Voltaire, voix fantômes dans l’air
des traces humaines dans la poussière
la ville recoud ses propres failles
avec du béton et du détail
De Bichat à Alibert la nuit
ça circule encore, ça ne finit pas, ça fuit pas
Refrain
Je suis Paris — quand ça craque sous les néons
Paris — dans le bruit qui efface les noms
Paris — même quand tout devient flou
je reste debout dans les trous
Je suis Paris — fendu mais vivant
Paris — dans le choc, dans le sang du temps
Paris — ça tient sans raison
dans les fissures du béton
Couplet 3 — Vie
Mais la vie insiste, elle négocie pas
dans les verres levés, les voix, les repas
une table bancale, un rire qui déborde
quelque chose de simple qui nous raccorde
L’Aubrac immense, silence ouvert
des gamins qui traversent l’univers
une lumière tremble sur les peaux
et le hasard fait pas de cadeau
même au bord du bruit qui insiste encore
la beauté revient sans mode d’emploi ni décor
Refrain (montée)
Je suis Paris — quand ça craque sous les néons
Paris — dans le bruit qui efface les noms
Paris — même quand tout devient flou
je reste debout dans les trous
Je suis Paris — fendu mais vivant
Paris — dans le choc, dans le sang du temps
Paris — ça tient sans raison
dans les fissures du béton
je suis Paris quand tout recommence
dans la faille et dans la danse
Paris — fragile mais debout
et je respire malgré tout
Couplet 4 — Ombre
y’a l’ombre qui reste dans le décor
plus lourde que les récits de mort
le monde danse sur ses fractures
et maquille ses fissures
des rires cassés dans le vacarme
une réalité qui perd ses armes
et sous le bruit et sous la colère
la terre continue sans faire de commentaire
Outro — spoken, presque chuchoté
reste peu de choses au fond
du vrai
du vivant
une table
une lumière basse
et quelqu’un en face
je suis Paris
et Paris tient
même quand tout s’éteint