J’ai rencontré un lieu étrange :
Je l’ai traversée,
puis j’ai suivi ses ombres.
Elles glissaient devant moi,
silencieuses,
sur la mélodie lente
de la saison des pluies.
Après les brûlures de l’été,
la terre respirait.
Sous mes pas,
les brindilles craquaient,
réveillant des souvenirs
que je croyais perdus.
Des rets de lumière
suspendaient l’air.
Dans leurs mailles,
dansaient les insectes,
les pollens,
quelques poussières d’or.
Je ne savais plus
si je marchais
dans la forêt
ou dans ma mémoire.
Alors, le parfum
des fleurs sauvages
est venu jusqu’à moi,
comme une musique
sans instrument.
Dans le clair-obscur,
quelqu’un semblait attendre.
Deux yeux mordorés
ont rencontré les miens.
Rien n’a bougé.
Pourtant,
le silence
s’est mis à battre.
Ma mémoire gardera
le parfum de cet instant,
et cette main
qui s’est glissée dans la mienne,
avec la douceur
de ce qui ne demande
aucune promesse.
Depuis,
je sais que l’amour
ne tient presque à rien :
une lumière entre les feuilles,
un souffle,
une main dans une autre,
une goutte de rosée.
Il lui faut la force du vivant
pour naître,
s’épanouir
et, peut-être,
mourir en souriant.

L' espoir qui devient réalité...et c' est beau!
RépondreSupprimerMerci pour le message
SupprimerDans l’incertitude de la vie, une rencontre inattendue fait renaître la mémoire et le sentiment amoureux. La forêt devient le miroir de l’intériorité : entre ombre et lumière, un instant fragile révèle que l’amour peut naître de presque rien — un regard, un parfum, une main — et qu’il appartient au vivant, avec sa beauté comme sa possible disparition.
RépondreSupprimerTon poème révèle une vérité: la forêt est un havre de paix...
RépondreSupprimerElle a sa mémoire, elle est la mémoire, lorsqu'on revient dans une forêt dans laquelle on n'a pas été depuis longtemps, on a l'impression que rien n'a vraiment changé, qu'elle est toujours la même, celle qu'on a gardé en mémoire...
Et ton poème nous permet de nous évader en entrant dans ta forêt...
Amitiés...
Hubix.
Merci pour cette lecture qui me touche beaucoup.
SupprimerJ’aime penser que la forêt garde quelque part nos pas,
nos silences
et même ce que nous croyions avoir oublié.
Si mon poème t’a permis d’y entrer un instant,
alors ma forêt
a trouvé un autre chemin pour continuer à vivre...