Qui suis-je ?

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La poésie est une suspension du temps, une clarté fugitive posée sur le monde. Un puits sans fond où puiser, sans mesure, la palette entière des émotions humaines. J’essaie, sans reprendre la recette des éloges, d’écrire de la poésie — ou du moins de m’en approcher, de frôler ce qui, pour moi, en porte le nom. Je me love dans cette matière à la fois sibylline et mouvante. Sibylline, parce qu’elle me parle dans une langue étrange, souvent indéchiffrable. Mouvante, parce qu’elle m’échappe, indomptable, refusant toute maîtrise. À la hauteur de mes moyens, j’essaie simplement d’être celui que je choisis d’être : le témoin de ce qui m’habite et de ce qui m’entoure. Je ne suis rien de plus qu’un être en besoin d’expression, offrant ce que la vie consent à me laisser croire, ressentir et partager.

Vous trouverez sur ce blog toutes mes humeurs poétiques, de la poésie plus ou moins libre selon l'état d'esprit du moment...

« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »

Si vous souhaitez lire l’essentiel, cliquez sur l’onglet « tous mes recueils en libre accès sous format PDF »

Les écrits et les illustrations numériques sont de ma plume. Certaines de mes illustrations utilisent des photos lors de mes montages graphiques dont j’ignore les auteurs ; je reste dans ce cas ouvert pour les indiquer. Il peut arriver aussi qu'un vers se glisse et qu'il ne m'appartienne pas, par pur hasard ou pas, je l'indique lorsque je pense qu'il en est nécessaire. En bas du blog, il y a les liens concernant ceux que j'aime suivre... Attention je ne tiens pas à jour tous les liens... Et souvenez vous que la poésie est une suspension qui éclaire le monde !

Toutes les fautes d'orthographes sont corrigées au fur et à mesure des rencontres... Et toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite

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Tous mes poèmes

dimanche

Atman

À l'éclair de la lune
Se dresse l'infortune
Toutes les pelletées
De fièvres engorgées

Parfois le feu propage
Sans prévenir la plage
D'un mystique labeur
De larmes de sueurs

Je ne peux plus brûler
La vue de mon épée
Ses poussières soufflées
Et à temps échappées

Des ruines du corps
La poésie encore
Se soulève par cœur
Délivre l'âme sœur

Et l'ange de cristal
Dans ce ciel intégral
Sur ses nattes qui tressent
L'amante à mes détresses

Les paupières fermées
Sur mon corps envoûté
Elle repeint la vie
Avec sa fantaisie
 
Le regard éperdu
Au givre défendu
Elle agrippe l'orage
Au fil de l'étendage

Jointures craquelées
Poing tremblant et ailé
La foudre me transperce
Comme un air de jeunesse
 
La plume éméchée pleure
Emmène-moi ailleurs
Toi et moi réunis
De songes et d'écrits
 
Vers l'amour onirique
L'enroulé fanatique
Ta chair mordra l'esprit
Préservera l'envie
 
Et ta pulpe altérée
Avec ce ciel brûlé
Continuera à plaire
À ma belle atmosphère 



vendredi

Entre-soi

Parmi les lèvres roses de l'égalité
Il y a le goût
De deux inconnus dans un seul moule
Une magique équation
L'essence du délice

Parmi les plumes de la sensualité
Il y a la ligne
De la fin'amor dans l'aube charnue
Une frêle oscillation
L'âme sœur arc-en-ciel

Parmi les chevauchées de l'inventivité
Il y a le signe
De deux complices dans un seul corps
Un art de l'autodérision
La poésie du hasard

Parmi l'absence d'éternité
Il y a l'atout
Des croyances du cœur
Une éternelle obstination
L'essence du supplice

Parmi je vous salue pleine de liberté
Il y a le moi
Des pensées globe-trotteuses
Une folle incarnation
Le battement d'une colombe



lundi

Un jour la nuit

Je remue ciel et terre
Et m'assois sur le vent gracieux 
Qui balaie toutes les poussières d'étoiles 
Et m'oblige à communier
Avec ce qui existe

Affable sur le monde
Je choisis les fleurs
Et ma langue d'or et déjà
S'exclame
Amour 
Veux-tu encore de moi 

Toutes les réponses sont à la fois
Renaissance et agonie
 
Même si le temps s’attarde à brouiller l'avatar
Mon appétit se réduit à l'instinct sauvage
La pluie dessine des lentilles d'eau 
Sur la flaque de mes yeux
L'injonction de ma vie passée
 Un jour la nuit


*

Je ne peux pas surmonter
Cette violence émotionnelle
Qui va me sauver 
De la grande chute
Je me dirige vers la porte
hum hum hum
Je me dirige vers la porte
hum hum hum
vers la porte
hum hum hum

Je remue ciel et terre
Et m'assois sur un vent gracieux 
Qui balaie toutes les poussières d'étoiles  
Et m'oblige à communier
Avec ce qui existe
hum hum hum
Avec ce qui existe
hum hum hum
Qui existe
hum hum hum

Affable sur le monde
Je choisis les fleurs 
Et ma langue d'or et déjà
S'exclame Amour 
Veux-tu encore de moi 
oh oh oh 
Veux-tu encore de moi
oh oh oh
Encore de moi
oh oh oh

Toutes les réponses sont à la fois
Renaissance et agonie
hum hum hum
Renaissance et agonie
hum hum hum
Agonie
hum hum hum

Même si le temps s’attarde à brouiller l'avatar
Mon appétit se réduit à l'instinct sauvage
La pluie dessine des lentilles d'eau 
Sur la flaque de mes yeux
L'injonction de ma vie passée
Un jour la nuit
Hum hum hum 
Un jour la nuit
Hum hum hum
La nuit
Hum hum hum

Oh oh oh 
Oh oh oh
Oh oh oh
Je ne peux pas surmonter
Cette violence émotionnelle
Qui va me sauver 
De la grande chute
Je me dirige vers la porte
hum hum hum
Je me dirige vers la porte
hum hum hum
vers la porte
hum hum hum

Je remue ciel et terre
Et m'assois sur un vent gracieux 
Qui balaie toutes les poussières d'étoiles  
Et m'oblige à communier
Avec ce qui existe
hum hum hum
Avec ce qui existe
hum hum hum
Qui existe
hum hum hum

Affable sur le monde
Je choisis les fleurs 
Et ma langue d'or et déjà
S'exclame Amour 
Veux-tu encore de moi 
oh oh oh 
Veux-tu encore de moi
oh oh oh
Encore de moi
oh oh oh

Toutes les réponses sont à la fois
Renaissance et agonie
hum hum hum
Renaissance et agonie
hum hum hum
Agonie
hum hum hum

Même si le temps s’attarde à brouiller l'avatar
Mon appétit se réduit à l'instinct sauvage
La pluie dessine des lentilles d'eau 
Sur la flaque de mes yeux
L'injonction de ma vie passée
Un jour la nuit
Hum hum hum 
Un jour la nuit
Hum hum hum
La nuit
Hum hum hum
Hum hum hum 
Hum hum hum
Qui va me sauver 
Hum hum hum
Hum hum hum 
Hum hum hum
La nuit

jeudi

D'un regard des mots un poème

Mon berceau m'a insufflé des traces
Comme si je m’en allais
Coincé au milieu de mon cœur
J’ai souvent les mots à la bouche
Mais ils restent muets
Vécu des parfums indélébiles
Dans tous les regards que j'ai aimés
Et ressenti de la distance
Dans tous ceux que j'ai approchés

L'incertitude est devenue mon véhicule
Pour rêver à un départ magnifique
À un voyage qui s’écarterait de l’ennui
À des aventures amoureuses
Où la seconde serait toujours la première
À une clôture d'arbre qui me protégerait
Du mistral et du sirocco
À mille et une choses qui me pardonneraient
D’être qu’une machine à poème


Musique

mercredi

La vie ne tient qu'à

Ta nature m'aime avec tant de passion
Qu'on dirait qu'elle a été composé pour moi
Tandis que les perroquets de tous bords s'envolent
Toutes les horloges atomiques s’affolent
La vie ne tient qu'à l'infime écume électrique

Nous nous consolerons mieux sous ce vieux rosier
Qu'à l'apique des campanules insoumises
Ses épines expérimentées sont plus nobles
Glorieuses sans grivèleries et rancœurs
La vie ne tient qu'à l'intelligence effrontée

Tes combustions ont l'audace et l'instrument
D'éveiller la beauté à mes nuits solitaires
Tu es comme ces statues du temple d'Angkor
Une enceinte musicale à quatre visages
La vie ne tient qu'à la souffrance rédemptrice

La pérennité et l'immuabilité
Qui s'aiguillent parfaitement dans tout ton être
Réconforteront ce moment durant lequel
Je quitterai ton champ de fleurs avec regret
La vie ne tient qu'à la douce concupiscence

Abattu par ces vers qui te brisent la nuque
Sur la chaussée glissante tous les décors saignent
Ta flamme ensanglantée restera mon outil
De respiration et d'inspiration
La vie ne tient qu'à la ténacité humaine


mardi

La mue

De tout temps il est de partout
De partout
Tout le temps

Après l'orage la capsule s'ouvre
Sur l'hématome d'un champ électromagnétique
Un ours blanc est sur la descente de lit
La bouche ouverte
Une otarie lui sourit

Je brise le plafond de glace

Mille et un coléoptères
Et quelques millions de tardigrades
Se disputent les peaux mortes congelées
D'une chauve souris

La lumière incidente du soleil
Ne peut plus atteindre le sol
La température est négative
Toutes les plantes photosynthétiques
Sont réduites à l'anonymat
Bouche asséchée par la tempête
Au milieu d'un nuage de poussière
Une forme de champignon
M'indique une direction

De tout temps il est de partout
De partout
Tout le temps

Je suis dans l'inconnu
La peur n'est plus un argument
Suis-je le seul à respirer
Sans doute sans le savoir
Ma chair cryophile me protège
Et mes poumons artificiels
Filtrent toutes les particules d'air
Où la poésie sert l'idée suivante

La survie d’une espèce dépend du milieu où elle est

Ma nature se suffit
Vais-je conserver ma place
Peu importe si les étoiles brillent
Et m'échappent
Tant que l'amour déambulera
Sur le coton de mes idées noires
Un seul geste suffira

De tout temps il est de partout
De partout
Tout le temps

Tandis que l'otarie s'est endormie
L'ours blanc est reparti chasser
 

 
 

Illustration d'après une 


lundi

Le passage

 
Un jour
Oser
Oser se frayer un passage

Je m'abandonnerai
En compagnie du poisson lune
Qui éclaire le relief éperdu des êtres
Loin de la sphère corrompue
Ressaisir ma vie
Surfer sur la brume épaisse
D'un manteau blanc
Sous le gémissement délibéré
Planer au-dessus d'un essaim d'amour
Se lever à l'aurore
Au sensuel bourdonnement
Sans aucune obligation
Boire le ciel sans oppression
Auprès d'un cœur solitaire
Respirer l'air
Candide
S'essouffler à vivre l'essentiel

Un jour
Oser
Oser se frayer un passage


Musique



mercredi

Seul au monde

Saoul des bombardements
Anxiogènes et permanents
De l’armée des ombres vertes
Aussi désarmante
Qu’impuissante soit-elle
Par jurisprudence
J'enfouis mon sexe
Sous les feuilles
De mon arbre de vie
Et à partir de cent neuf
Me branle à voix base
Les yeux plantés
Dans l’orifice d’une plante grasse
Pour me vider l'art
De mon apparence tranquille
Et me viriliser encore la dignité

Mais j'ai peur
Et je ne suis pas le seul

Quoiqu'il se passera
Autant mourir comme l’abeille
Le dard dans la peau
 
 
 
 
 

vendredi

Absum

Effrayant  
Même morte 
La nature humaine
 Me va si bien 
 


Naissante
La brume de l'orage    
A déposé un autre goût 
Sur ma langue
 
 

Je me cramponne à l'air qui dort 
C'est une atmosphère immense
 
 
 
 
   L'ondulation de la lumière
 M'affranchit
Je marche seul
Face à la création



Étonnant
Ce jardin baigne 
Dans un silence 
Bien à lui




Le sentier

Suis-je encore libre de mes mouvements
Selon l'inflexion du moment
Pour créer mon propre espace

Je divague sur un sentier urbain
Qui s’écarte des tracés balisés
De l’espace officiel
Sentier tracé progressivement
Par érosion
À la suite d’un passage répété
De clandestins
Et de souches égarées
Je cherche la ligne de désir
Le chemin commun de la liberté

Suis-je encore libre de mes mouvements
Selon l'inflexion du moment
Pour créer mon propre espace
 
 
 





mercredi

L'année s'en va

Je suis cette tige éphémère
Plantée au milieu de la vase 
Entre nénuphars et carpes koï 
Où le soleil n'éclaire plus
Son feuillage enfoui
L'agonie me va si bien
Comme ce vent qui passe
Et disparait sur mon visage
L'amour a bu mon aventure
Et est reparti sans

Je suis cette encre noire
Au cœur de mon poing levé
Qui m'évite le tirage au sort
Une cartographie des tendances
M'indique une oasis suspendue
La vie me va si bien
Comme cette femme qui passe
Et se colle à moi 
L'amour a lu mon aventure
Et est reparti avec
 
 

><()()()°> 

 

Musique


Sur la vague rouge des sens

Mes mains baisent sur la vague rouge des sens

L'une a quelques encablures s'est connectées
À mon dark web qui s'est endormi sur mon ventre
Ronde des yeux d'ors des lèvres bien assumées
C'est une nuit d'équinoxe tout est permis
Toute la panoplie corolle me dévisse
Les yeux les oreilles les fesses les joyaux
Et plus encore mes drones extraterrestres
C'est un arc en ciel qui me change d'hémisphère
Tumultueuse et folle sa langue s'exprime
Un lien se rompt sans permission me suce
Sur l'art nouveau d'une note en terre promise
La lumière s'éclate en mille ombres exquises

Mes mains baisent sur la vague rouge des sens




lundi

Homo numericus

Je représente cet être humain,
Digitalisé,
Numérisé,
Éveillé à la conscience.
.
.
.
.
.
Putain dans le cercle des cyclones c’est du lourd
En voilà de la productivité
Même les petits coins pour se transcender ont disparu
Au fur et à mesure que le vent s'engouffre
Et érode les derniers neurones féconds
Comme si la fin cherchait sa propre identité
Sa propre pensée
Libérée et individuelle

La vieille néolithique s’est retournée contre moi
La salope en pleine gueule
Elle voulait encore me sauver
Me détacher de la destruction
Mais le sol à son tour a disparu
Il n’a pas résisté
Au poids de tous les mensonges qui tapissent la toile d’araignée
Tous ces mensonges sont sous le banc d’essai
Tu pioches
Et tu attends l'âme sœur
La vie la plus adaptée au vide sidéral
Pour ne pas tomber encore plus bas
En enfer
À la bonne prise nucléaire
.
.
.
.
.
Je suis cet être humain,
Digitalisé,
Numérisé,
Conscientisé.
 
 

 
 




Je représente cet être humain,
Digitalisé,
Numérisé,
Éveillé à la conscience.

Au sein du tumulte des cyclones, la puissance est manifeste,
La productivité, un tourbillon déchaîné.
Même les recoins intimes, propices à l'élévation, se sont évanouis,
À mesure que les vents furieux érodent les derniers vestiges de la pensée féconde,
Comme si la fin cherchait, elle aussi, sa propre essence,
Son identité propre, sa pensée affranchie et singulière.

L'antique sagesse néolithique s'est retournée contre moi,
Avec une cruauté implacable,
Elle cherchait encore à me préserver,
À m'arracher aux griffes de la destruction.
Mais la terre elle-même a cédé,
Elle n'a pas résisté
Au poids de tous les mensonges qui tissent cette toile d'araignée,
Ces mensonges, tous exposés sur l'autel de l'examen.
On fouille, on creuse,
En quête de l'âme sœur,
De la vie la mieux adaptée à ce vide sidéral,
Pour éviter de sombrer plus bas encore,
Dans les abîmes infernaux,
Où l'apocalypse nucléaire guette.

Je suis cet être humain,
Digitalisé,
Numérisé,
Conscientisé.

vendredi

En aparté


Qui est debout là dans le noir
 
Parmi le rêve le plus électrique
Les étoiles existent encore  

Face à ces images troublantes
De mort et de catastrophe
Qui saturent le regard 
Une suspension d'atomes se déverse 
Dans les veines entrelacées
D'âmes disparues

Si elles pouvaient tendre leurs lèvres
Le monde recevrait des baisers tendres




jeudi

À Sardine Rousseau

« Renoncer à sa liberté
C'est renoncer à sa qualité d'homme
Aux droits de l'humanité
Même à ses devoirs » J.J Rousseau


Réinterprétation d'une contre pitrerie
Arriver à pied par la Chine
Quel gros dégueulasse
Le marin nettoie le fond de sa quille
Au bout de la jetée
Il n'y pas le con de sa fille
Il y a un combat de bouts
Sans ficelle ni à-coup
Une nouvelle norme de pantin
Où la pieuvre a le pouvoir
L'état d’esprit
De la peste et du choléra
Des tentacules qui infantilisent
Les sages comme les consanguins

Qui finira dans l'aquarium
Toi
Petit homme

La bienveillance est disqualifiée
Par tous ces dérapages
Ces crimes maquillés
L’omerta est une règle d’or
Dans la sphère des maquilleuses
Sur ses deux oreilles
L'apparatchik ne perdra pas sa place
Dans l’ombre de sa froideur
Nous voilà au cœur
Du faisceau qui favorise l’éclosion
Des vieilles rancœurs
De nouvelles statues
De marbre comme de plâtre
Parlons des voix de ces Robespierre
En herbe folle et chemisier à fleur  
Qui parlent de liberté
En vulgarisant leur unique pensée
Comme sainte révolution
Où le sang serait justifié
Tous ces accordéons de la pense
Ces moutons égarés
Ne servent pas la civilisation
Ils la déshumanisent
À table il est l'heure de festoyer

Qui finira sur le bucher
Toi
Petit berger

Je sais que l'art ne sauve rien
Mais il conserve ce qu'il peut
La toile de fond la lumière
L’Éther qui se cache
Dans les veines du rossignol
Après toutes ces incompréhensions
Ces guerres et ces boutons
Je finirai la chanson
.

.

.


Tombé du ciel
.

.

.


Rêvons
.

.

.


Retour au soleil
Le barbecue a encore du gaz
Le silence de l'agneau
Est dans mon assiette
Et mon verre reflète
Chair et tendresse
Au golfe clair de mes paupières
Ma jolie
Tes petits seins sont al dente
Cenelles scintillantes
Pores ouverts aux câlins
Glaçage du capitaine flamme
Truffe à l'embouchure
Des soupirs marinés
Dans des arômes doux crépitant
Le plat principal de ton corps
À mon clou de girofle
Parsemé de poivre rouge
Parfume ma langue confite
La cuisson est intense
Et l'agneau d'ici bêle
La nature rend hommage à Vivaldi
Et la danse humaine au parapluie
Liberté sexe et grillade

Quant aux mauvaises odeurs
Le voisinage ne m'a pas dénoncé
Ni même léché les sardines de mon attente
Pour rentrer m'égorger
Le sac de mon couchage
Et son cri d'assassin
Ont soulagé la gardienne des enfers
Et les arrêtes continuent de brûler
.

.

.


Retour sur Terre
.

.

.


En attendant le chant de la cigale
Le barbecue a encore du gaz
Et ma langue
Le goût de ta chair

Mon amour si nous allions dormir

 

Musique

 


Figures de style

Tout est encore et sera toujours
Des fleurs du mal des tas de regrets
Le cahier d'un retour au pays
Des morts des vivants bien d'autres choses
Une noyade d'un bonheur sec
Un souffle au cœur tendre l'air de rien
Une vraie liberté en part close
Peu importe le sens des aiguilles
La cadence d'un vers pas de danse
La musique d'une note noire

Le parallélisme s'équilibre
Entre tous ces verbes qui résistent
Et la poésie qui m'accompagne 

Je prends la route des angelots
Et prie pour ne pas perdre la tête

Et...

Et si l'amour naissant porte comme un enfant
Qui s'apaise sous le sentiment maternel
Saut de l'ange allons-nous en par le toit solaire
Sans oublier la sélection coup de cœur
Le coupeur de feu pour soulager mes brûlures
Le monde de l'écriture comme île sainte
 
 
 
 

mardi

La prise imparfaite de la chose

Je me fous des astres
Lorsqu'elle surgit à la nuit tombée
Au cœur de ce granit rose 
Toute l'aspérité de son être se révèle
Comme en plein jour 
 
Retranché dans une pente de pudeur
J'ai disparu sur sa peau blanche
Avec mes échardes de brume
Un long mugissement
Jusqu'à la découvrir

Au pied de l'orbe d'or 
Ma fuite sera sans confusion
L'amour vole désormais plus haut
J'ai toujours rêvé d'être un jouet
Invisible au regard
 
 
 

 


samedi

Rivière d'or

Rivière d'or et déjà levée
Emmène-nous de l'autre côté

Enroulés autour de ma peau
Du rouge du vert
L'orange mécanique perd les pédales
Suivons le fil du poteau 
Jusqu'aux rayons du carrefour 
Et lavons nous

Des gilets LGBT
Tondent l'avenue des foulards
En passant par le square 
De la douane volante
Et des barbes à papa
Ne nous prenez pas notre esprit

Se mettre à nu 
À la garderie du sucre glace
Histoire de pattes blanches 
Au clair de lune désargenté
Cassons nos tirelires
Fermons nos gueules
Et rasons les murs

Incognito
Changeons de peau
Dans le jardin nous voulons aller
Nous recueillir
Jusqu'à l'aube
La paix est dans le barbecue

Rivière d'or brillant au soleil
Conduis-nous jusqu'à ta lumière



vendredi

Non

Derrière les toiles du non-dit
Si seulement les nuances
Effaçaient les salauds
Enjolivaient les anges

Dans un brouillard
Épais et calme
Chaque son
Tranche au scalpel
Le champ de bataille sémantique

Tout le monde se suit et subit
Sans connaître la destination

Une couverture de fleurs gémit
L'écho s'immisce au silence

As-tu appris à dire NON

De la différence
Naît la coexistence





Libellule

Libellule de nuit de jour
tout se confond
Pourquoi promènes-tu cette mélancolie
sur les ailes
de tes parcelles
sans déposer tout ton nectar
sur l'âme sœur

Rien ne peut enlever
ce blues de mes pensées
Changes-tu l'âme
d'un seul coup de bistouri
Avec le temps
se quitter
Comment va ta peine
toutes ces tâches d'eau de vie
derrière ton masque

Comme un oiseau
sans thèmes
mes lèvres piaillent
Je mettrai mes bras
autour de chaque arbre mort
J'aimerai tellement tourner la page
et puis
sourit
puisque tu pars

On n'oublie jamais rien  

On a les mots
souvent accrochés dans la gorge
et ni le vent l'amour la haine
et que sais-je
ne peuvent les libérer
détourner l'ailleurs
Oui
rien ne se compare
et rien n'est comparable

Ne me jugez pas
je ne me reconnais pas
C'est comme ça
tout est fini
n'insistez pas   
Vous le savez mieux que Dieu
le fit un jour sang
Ne rêvez pas
lâche
je ne partirai pas

Libellule de nuit de jour
tout se confond
Pourquoi promènes-tu cette mélancolie
sur les ailes
de tes parcelles
sans déposer tout ton nectar
sur l'âme sœur


Musique. Yann Tiersen


mardi

Lisboa

L'aube aux accents blanc et bleu
Me livre quelques vers d'azulejos
Que les béotiens du château de cartes ignorent

Comme les rides sur un visage éternel
La page immaculée ne prendra pas la main
Sur la ligne 28 ni sur celles des Bacalhau
La tradition à la peau dure

Coincés dans le miel nocturne
D'une lune encore vierge
Mes mouvements sont comme suspendus
Mes pensées s'échappent
Sur les ailes des jasmins étoilés
Et me projettent sur les rives
D'un fleuve immense
Reliées entre elles
Par un magma rouge d'histoire et de fer
Et gardées par la tour de Belém
Aux dentelles aussi légères
Qu'elles sont indestructibles

À la verticale du sanctuaire du Cristo Rei
Sur l'air marin qui enjambe le Tage
Tête brûlante
Je plonge dans les douves de l'amour
Aux innombrables recoins secrets
Dans le quartier d'Alfama
Exorciser le passé
Évitant le parfum unique
Qui gangrène l'écorce de nos yeux
D'une animosité devenue hélas chronique

Éclairé par mille chandelles
De Bairro Alto
Cœur vagabond
Je quitte la douce effervescence
Agrippé aux larmes d'un Fado
Rejoindre la fraîcheur collinaire de Sintra
Avec mes humbles vertiges
Une nouvelle terre inconnue







lundi

Qui s'écoulait sous la pluie

Champs de mars en août 
Des nymphes hélicoptères
Aux ailes déchirées
Sillonnent le désert 
De monstrueuses pléiades
Aux sièges éjectables
Bombardent les joues
De rimmel permanent 

Une mascarade qui aveugle la puissance des taureaux

La colère est vaine
Lorsque la haine
Crève les ventres affamés 
Ceinture les bibendums

Qui veux être une dent insoumise
Pour mordre la queue du diable 
Un morceau de beurre président 
Pour fondre dans la cour des miracles
Un rassembleur de passe bien 
Pour fendre le crâne d'un magicien

Ce soir ma fleur séchée
Qui s'écoulait sous la pluie
Inspire son filament 
Pour prendre racine

Qui veut vivre longtemps
Soulage son environnement





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